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Absurde

Absurde

Bourlingueur en quête d’un absolu mêlant intelligence, optimisme, émancipation à l’endroit des pouvoirs et soif de vivre demain.

Tableau de bord

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Derniers commentaires



  • Absurde Absurde 3 janvier 2009 06:37

    GENIAL !!!!!

    LE MEILLEUR COM, VRAIMENT !

    UN GRAND, GRAND, GRAND MERCI !!!



  • Absurde Absurde 3 janvier 2009 06:33

    Salut Archibald !

    L’aptitude au bonheur... Là on est dans une énigme métaphysique du même ordre que l’aptitude à l’ennui. Pour moi c’est un peu la même chose, et c’est peut-être du même ressort qu’il s’agit. Tu as des gens qui ont toujours besoin d’avoir quelque chose à faire, qui s’en inventent quand ils n’ont rien à faire, sans quoi ils sombrent dans le spleen. Certains que j’ai observés m’ont paru s’ennuyer en se livrant aux besognes qu’ils s’imposaient. D’autres peuvent lézarder à longueur de journées, ils ne s’ennuieront jamais. Eh bien pour moi, Archibald, l’aptitude au bonheur est du même ordre.Je serais incapable de la définir mais pour ce que j’en aie vu, c’est du même tonneau. Certains, accablés de "biens" et de fric, vivant dans des lieux enviables, de surcroît physiquement sains, saufs et bien de leurs personnes, passeront leur temps à broyer du noir. A l’opposé, j’en ai connu qui vu de l’extérieur n’avaient aucun meuble à sauver, mais alors rien pour eux, mal fichus, pauvres, la totale... et il leur suffisait d’un jeu de boules, d’une belote, d’un disque de Frédéric François, d’une foutaise pour flirter avec la félicité. 

    Quand on présume un sens à la vie, on oublie de parler de l’aptitude au bonheur. C’est fondamental. Et je crois qu’il y a là dessous une question d’ouverture d’esprit. 

    Exemple, plus haut, Halman est ulcéré de voir des jeunots arborer le costard et en prendre pour vingt ans de crédit pour une baraque. Moi j’essaie de comprendre le truc parce que j’ai des jeunes dans mon entourage qui ont choisi cette voie, et que les voir vivre comme ça ne me tracasse pas outre mesure. Je vois d’autres jeunes, la trentaine, stagner dans de misérables boulots, laisser chaque mois la moitié d’une paye à un proprio félon, raquer eau, électricité, assurances et se contenter de rêver d’une autre vie parce qu’ils n’ont pas eu les mêmes chances au départ. Les premiers savent la chance qu’ils ont et ils en tirent parti. Les seconds n’ont pas le choix et rongent leur frein. Leur continuelle frustration les rend inaptes au bonheur. 

    Ma femme et moi on a eu le cran de tout plaquer le jour où on en a eu marre d’engraisser du proprio dans une région trop chère à vivre. On a donné ce qu’on avait de trop, fourgué ce qu’on pouvait fourguer, et on a mis les bouts là où avec le peu qu’on a, on peut se tricoter ce qui ressemble à une forme de vie acceptable. Mais on se dit que si on a eu le cran de tout plaquer c’est parce qu’on avait, elle et moi, un vécu un petit peu "à l’ouest", pas dans les clous. Autrement on subirait comme la plupart en se disant qu’il y a plus malheureux que nous. 

    Cette société n’enferme personne dans aucune espèce de fatalité, ni sous Sarko ni avant. L’enfermement c’est dans la tête de chacun qu’il se tient, dans les habitudes, le qu’en dira-t-on, les "liens" de toutes sortes, les obligations qu’on se fabrique par rapport au regard d’autrui, la peur du gendarme, la peur d’être jugé, d’être mis à l’écart, tout ça.



  • Absurde Absurde 2 janvier 2009 19:07

    Bravo Archibald, ce temps-là je l’ai connu aussi, j’ai vécu il n’y a pas si longtemps dans des meubles et du matos de récupe, là j’ai une table et un fauteuil de bureau à moi, un ordi d’occasion et toujours pas la télé, ma femme s’est acheté un sofa, elle apprend à faire de l’ordi sur du matos que je lui ai fabriqué, on se fait de la rando, des raquettes, des virées plusieurs fois par an dans un Kangoo qui flirte avec les 200000 kilomètres. On n’a pas l’ombre d’un crédit. Pas de portable non plus. On vit dans une petite ville de montagne où les gens sont modestes et vivants. Et on ne se pose plus la question du sens ni du bien-être de l’humanité. On prend notre pied aussi souvent que possible, le reste on s’en fout.  




  • Absurde Absurde 2 janvier 2009 18:57

    Vous abordez là, Halman, la question de la vocation et de l’éthique. On vous propose un job bien payé à la Seita, vous en préférez un moins bien payé à la banque des chômeurs, expliquant que pour vous la notion d’humanité a plus de valeur que votre éventuel confort personnel. A présent, vous suivez une voie conforme à ce qui vous paraît être votre vocation : être utile à autrui, aider les autres. 

    Imaginons qu’on ne vous ait pas laissé ce choix. Imaginons que ce job à la Seita, on vous le propose aujourd’hui comme un "job valable" à la Sarko. Pas d’alternative possible, c’est ça ou la cessation de droits Assedic. Alors vous y allez en raclant des talons, mais vous y allez, la nécessité l’emportant sur vos aspirations. 

    Tout est affaire de contexte. Pour que s’épanouisse une vocation, pour qu’un individu soit à même de vivre une vie qui soit conforme à ses aspirations, il faut un environnement propice à ce que des choix soient posés, d’une, et de deux, il faut à cet individu (individu étant pris dans le sens de l’individuation) trouver le bon interlocuteur, la personne je dirais de bonne volonté qui saura lui fournir les clés de la réalisation de son projet de vie. 

    Les parents dont vous dites qu’ils se préoccupaient plus de la couleur des murs de la cantine et des dimensions du bureau de leur patron, que de savoir qu’ils étaient les chevilles ouvrières d’une aventure aéronautique dont ils se fichaient éperdument, moi je les vois plutôt comme des ouvriers qui avaient compris que ce boulot n’était jamais que leur gagne-pain, et que les avions, les hélicos qu’ils fabriquaient, ce n’est pas à eux qu’ils allaient rapporter argent et renommée, ce n’est pas eux non plus qui voyageraient à bord, non Halman ! Ne leur jetez pas la pierre d’avoir compris que l’histoire de l’aéronautique ne retiendrait pas leur nom. Et ne leur en veuillez pas d’avoir été si matérialistes : on est matérialiste quand on est riche et on est matérialiste quand on est pauvre, vu que des deux côtés, on sait la valeur de l’argent. Pour les premiers c’est une culture, pour les seconds c’est de la petite vie au quotidien. 

    La question du sens étant un luxe pour les deux bords. 
    Elle est restée un luxe. 
    Personnellement, je laisse ce luxe à qui souhaite s’en prévaloir. Trop revenu de toutes les expériences hors-circuit auxquelles j’ai pu me prêter. Communautés, bourlingue, réflexion philosophique, quête de je ne sais quelle utopie, assistance aux SDF, poésie, création artistique... Je n’ai pas su m’arrêter à temps et aujourd’hui n’existe plus à mes yeux qui commencent à se flétrir, que la quête du plaisir égoïste. En somme je suis devenu un nihiliste comme les autres, qui se fout de tout pour avoir pigé que rien ne sert à rien, puisqu’il n’y a rien. 



  • Absurde Absurde 2 janvier 2009 18:24

    Il se pose peut-être pour eux la question de la vie ou de la survie, alors jouent-ils la carte de l’hyper-adaptation en se disant que ce sera toujours mieux que de faire stagiaire de carrière comme les copains moins bien lotis. Les jeunes bourges que vous décrivez (du moins classe moyenne), ont hérité de leur parents une façon de concevoir l’existence dans le sens d’un "ordre des chose" établi sur le mode du plan de carrière. Leur extraction leur offre au départ de disposer d’un arsenal (éducation, études, moyens de s’installer, accès au crédit) qui les pousse à s’investir dans une voie que nous jugerons conservatrice, et peut-être se poseront-ils par la suite la question du sens, ou ne se la poserot-ils pas. Peu importe : ils avancent, et c’est à mes yeux plus important que trop réfléchir au pourquoi du comment de ce que l’on fait ou pourrait faire. 

    Le jeune issu du monde ouvrier, ou d’un milieu pas aussi aisé que notre jeune Tycoon, n’a pas plus envie de se poser la question du sens. C’est un luxe de nos jours que se la poser. Ce jeune-là peut décider de plaquer sa cité de Sarcelles pour aller cultiver les patates dans le Larzac, oui. Il le peut. Sauf qu’on ne le laissera pas cultiver ses patates tranquille, parce que pour ça il faut disposer d’un terrain, d’un tracteur, de moyens. S’il veut courir le monde, il peut tendre le pouce, parcourir quelque distance, mais au bout d’un moment il sera suspendu à la volonté du passant de lui glisser la pièce pour acheter un sandwich. Là, le choix devient contrainte. Dans sa cité, de choix il n’en a pas. C’est la galère ou la galère. 

    On peut faire tous les choix que l’on veut, le réel est tenace. Alors je peux comprendre le jeune qui endosse un costard. 

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