Correction : Ce n’est pas au moment
où nous serons à court d’énergie que nous aurons la capacité d’opérer une
mutation salutaire et tranquille de notre mode de vie.
Il est de mauvaises nouvelles devant lesquelles tous les
arguments sont bons pour se rassurer et rester dans le déni.
Il n’est pas très
étonnant que les doutes émis par des Vincent Courtillot et des Claude Allègre
aient été accueillis avec tant de soulagement et de ferveur par une partie de
la population qui, sans posséder les notions scientifiques suffisantes pour
juger de la validité des avis contradictoires à ce sujet, s’est sentie menacée
dans son mode de vie, ses habitudes et son confort, tout relatif d’ailleurs.
Je comprends que M. Dugué puisse être fortement perturbé par
les thèses qui évoquent une possible influence des activités humaines sur le
climat, mais il ne présente ici, comme argument, que son opinion personnelle
qui repose sur une profession de foi (ou peut-être de mauvaise foi ?) en se
plaçant bizarrement sur un terrain complètement étranger au domaine
scientifique. Oublierait-il les nombreux exemples historiques d’hypothèses
scientifiques bousculant le credo dumonde des « savants », qui ont été ensuite vérifiées et
intégrées par ce même milieu comme des avancées dans le domaine des
connaissances ? .
Pour ma part, je serais plus prudent. J’attends que les
faits départagent les tenants et les détracteurs de ces thèses. En tout cas, je
ne me porterai pas volontaire pour soutenir une thèse aussi stupidement
tranchée que celle de l’auteur de cet article.
Par contre, si des mesures visant à diminuer très fortement
notre dépendance aux énergies fossiles pouvaient nous préserver des effets d’un
changement climatique dramatiqued’origine anthropique, je ressentirais comme déraisonnable et
irresponsable de ne pas les prendre dès maintenant. Ceci d’autant plus que de
toutes façons nous y serons contraints tôt ou tard en raison de l’épuisement
inexorable du stock de ces ressources non renouvelables. Ce n’est pas au moment
où nous serons à cours d’énergie que nous aurons la capacité d’opérer une
mutation salutaire et tranquille de notre mode de vie.
"consommer .. consommer mais sans se poser , de
manière poussée, les bonnes questions."
Vous avez raison. Je pense que ceci vient du fait qu’il
n’est pas si simple d’accéder à des sources d’information sûres et objectives.
De plus, les informations couramment diffusées sont souvent parcellaires et ne
permettent pas de faire aisément une synthèse des données du problème posé par
la déplétion des sources d’énergies fossiles. C’est pourquoi j’approuve la
référence que vous faites au site de Jean-Marc Jancovici :www.manicore.com.
Il s’agit d’un exposé clair que l’on peut suivre "sans
se prendre la tête" et qui permet de prendre le recul nécessaire pour
comprendre toute l’importance de la prise en compte du temps historique et des
ordres de grandeurs dans l’analyse des données.
Si l’on veut approfondir la question, le site propose aussi
un accès aux cours qu’il a donnés à l’École Nationale Supérieure des Mines de
Paris en mai et juin 2008.
Certains esprits chagrins pourront contester la position
adoptée par Jean-Marc Jancovici concernant le recours à l’énergie nucléaire et les
thèses relatives au réchauffement climatique, mais ceci n’entame en rien
l’intérêt de son discours et la qualité des informations qu’il nous présente.
L’analyse faite dans votre commentaire me semble tout à fait
juste.
À propos de vocabulaire, j’enrage toujours sur
l’interprétation erronée couramment faite du mot « décroissance ».
Beaucoup, dans une partie du public non averti, confondent « décroissance »
avec « récession ». Le sens du slogan "Choisir la décroissance
aujourd’hui ou subir une récession demain" leur échappe généralement.
Il faudrait trouver un autre mot à connotation moins
négative. Je n’ai pas encore trouvé !
Peut-être : "Choisir de nous développer autrement pour
éviter une récession demain" Ou quelque chose comme ça.
Le rapport du Conseil d’Analyse Économique est l’illustration
de l’incapacité dans le milieu des sphères dirigeantes à penser autrement qu’à
court terme. Ces dernières restent collées à une attitude de réactions au jour
le jour dans une logique dont la perspective est limitée par la durée des
mandats politiques.
Leur préoccupation dominante est de retrouver une croissance
qualitativement presque inchangée pour prolonger un mode de consommation
périmé.
Tant que les problèmes liés à la déplétion du pétrole et des
énergies fossiles, ne seront pasreconnus et exposés clairement, il ne sera pas possible de se projeter
dans le long terme et d’imaginer les solutions permettant de réussir un projet
de mutation de la société approprié à la situation.
Nous sommes parfois piégés par le vocabulaire ; plutôt
qu’utiliser l’expression « retrouver la croissance économique » comme
moyen de lutter contre le chômage mais qui n’induit aucune idée qualitative ni de changement
de cap, ne vaudrait-il pas mieux adopter celle de "retrouver un niveau
d’activité" qui, elle, pourrait inclure l’idée d’une réorientation
nécessaire des objectifs poursuivis.