Je connaissais l’œuvre scientifique de Vincent Courtillot
bien avant que ne s’engage la polémique autour des rapports du GIEC.
Son œuvre sur la tectonique des plaques et les éruptions
volcaniques massives,« traps », qui seraient selon sa thèse à l’origine
de l’extinction des dinosaures est passionnante.
L’influence prédominante de l’activité solaire sur le climat
terrestre est une réalité qui n’est nullement contredite par le rapport du
GIEC. Par contre, les modèles de simulation du climatintroduisant les effets des émissions de CO2 résultant de
l’activité humaine et aussi les rétroactions de ces effets, établissent
tous, et indépendamment les uns des autres, une corrélation entre
l’accélération du niveau de ces émissions et celle de la moyenne de la
température globale au cours du dernier siècle. Il faut préciser que ces
simulations ont été menées par des équipes scientifiques indépendantes mettant
en œuvre des modèles développés, encore une fois, indépendamment. Aucune autre
explication à cette corrélation n’a pu être confirmée scientifiquement. Vincent
Courtillot lui-même ne pourrait aller contre ce constat.
L’appel aux méthodes de traitement du signal et la
non-linéarité des effets liés à l’introduction de paramètres multiples peut
semer le doute. Celles-ci n’invalident en aucune façon les résultats dessimulations que le GIEC n’a fait que
rapporter avec d’infinies précautions d’ailleurs. Il se pourrait même que ces
simulations alimentées par les observations collectées au fil du temps fassent
apparaître la réalité d’un seuil critique sous-jacent à la possible
non-linéarité des effets des émissions de CO2, seuil critique au-delà duquel un
effet amplificateur en résulterait.
Quant à Claude Allègre, ses déclarations donnent
l’impression qu’il confond météorologie et climatologie. En bon cartésien, il
lui semble possible de traiter les problèmes les uns après les autres et
isolément les uns des autres. Il s’arrête en chemin, comme si l’on pouvait
faire abstraction du caractère systémique qui les relie étroitement les uns aux
autres.
Si
vous voulez approfondir les sujets abordés par Jean Marc Jancovici reportez-vous
aux cours qu’il a donnés à l’École des Mines de Paris. Ils sont accessibles sur
l’Internet sous forme de vidéos, en 16 modules d’une durée totale de 18h00 (!),
sous le titre : "Énergie et changement climatique : éléments de
base sur l’énergie au 21e siècle"
Les
modules 7-1 et 7-2 d’une durée de 1h20 et de 0h50 portent sur les limites de ce
qu’on peut, ou de ce qu’on ne peut pas attendre raisonnablement des énergies renouvelables.
Je vous invite à vous à les suivre ; c’est très instructif.
PS : un seul bémol
; le conférencier voit en l’électronucléaire un recours possible pour palier en
partie au déficit énergétique que nous allons de toute façon connaître.
Ceci n’entame en rien l’intérêt du reste de son discours et
de la qualité des informations qu’il nous présente.
Au sujet du norvégien qui veut produire du carburant à partir de la liposuccion
Vive Mac Do !
Plus sérieusement, c’est une blague de mauvais goût, ça !
Ça me rappelle le fameux film de science fiction
(visionnaire ?), au nom très écolo de Soilent Green (Soleil vert), dans
lequel les cadavres étaient récupérés, à l’insu de la population, par la
division pompes funèbres d’une firme Internationale tentaculaire pour fournir
en protéines l’usine de sa division agroalimentaire. De cette usine sortaient
des biscuits devenus la nourriture de survie presque exclusive des citoyens
vivant dans une société de pénurie organisée par la dite Internationale !
Pour ajouter au cynisme, elle avait créé
une autre division dont l’activité était de proposer aux désespérés de cette
civilisation-là, un suicide assisté garantissant un passage euphorique et indolore
de vie à trépas (ambiance réalité augmentée avant l’heure, avec musique New Age
et petits oiseaux !). Une fois ce merveilleux moment passé, les malheureux étaient
traités comme une vulgaire matière première et recyclés en petits biscuits !
Monde paradisiaque que celui proposé par Soilent Green !
J’ai récemment commenté l’article sur "Le réchauffement
climatique face au Peak Oil" signéClemysouris.
Je pense que réchauffement climatique et Peak Oil sont des
sujets étroitement liés
Je me contente ici de faire un copié-collé de mon
commentaire qui reflète mon point de vue sur ces questions. Bien évidemment, ce
n’est qu’une opinion et je n’ai pas la prétention de valider l’une ou l’autre
des positions qu’on peut adopter à propos de la thèse émise par le GIEC.
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Comme vous, je pense que cette affaire est à prendre très au
sérieux.
Mais il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
La nouvelle est tellement mauvaise que nous la refusons. C’est humain.
Pourtant, il y a deux éléments d’information
incontestables ; brûler des
combustibles fossiles inconsidérément comme nous le faisons émet du CO2 qui
pour un tiers n’est recyclé ni par la végétation, ni par les océans. Ce tiers
se retrouve en haute atmosphère et accroît le stock des GES (Je ne parle pas
ici des effets éventuels sur le climat). Le deuxième élément d’information
incontestable est que l’extraction du pétrole approche de son pic de
production.
Même si on peut émettre quelques réserves sur les modèles de
simulation utilisés pour prévoir les effets climatologiques du CO2 qui s’ajoute
aux autres GES, le passage du pic pétrolier nous contraindra, quoique nous
fassions pour l’ignorer, à diminuer notre consommation drastiquement et à
réduire notre dépendance (ou addiction ?) à cette source d’énergie. On ne peut
imaginer une consommation supérieure à la production.
Nous avons donc un intérêt double à réduire nos émissions de
CO2 en réduisant notre consommation d’énergies fossiles. D’abord prolonger la
période d’utilisation du pétrole pour nous donner le temps de trouver des
solutions techniques et sociales pour construire une société après-pétrole
viable, ce qui est un problème qui ne se résoudra pas par de simples correctifs
à la marge et qui demandera beaucoup de temps et de moyens financiers. Ensuite
nous préserver, pour hypothétique qu’il soit, d’un éventuel changement
climatique qui sera d’autant plus catastrophique qu’il risque d’engendrer des
effets systémiques extrêmement rapides nous interdisant un scénario de mutation
viable et pacifique.
Il ne manquerait plus que ces deux évènements se
superposent !
La science n’a jamais progressé que par une suite d’erreurs.
L’histoire nous montre que bien des hypothèses émises par des scientifiques
visionnaires ont fait scandale parmi leurs savants collègues pour ensuite être
reconnues et intégrées dans le patrimoine de la Science, et donner lieu à de
nouvelles découvertes .
Je comprends que la désinformation orchestrée par quelques
scientifiques, ou pseudo-scientifiques (je ne désigne personne), soit
accueillie avec soulagement par certains de nos concitoyens dans la mesure où
cela leur permet de poursuivre leurs rêves sans qu’ils tournent au cauchemar.
Je ne comprends pas que devant des sujets aussi graves ils
s’enferment dans le déni sans avoir considérer sérieusement les données
objectives qui sont disponibles sur la réalité du pic pétrolier et sur les
phénomènes systémiques complexes qui régissent le climat.
À ne pas vouloir prendre en considération et traiter les problèmes
dérangeants qui se présentent aujourd’hui, nous nous préparons un avenir dans
lequel ils auront de forte chance de devenir ingérables.