"La séparation isolationiste et
salvatrice préconisée, car « chez nous » dans notre village
nous sommes bien plus sérieux que les voisins, c’est bien connu !"
Ce n’est pas ce que préconise Benoît Thévard dans l’article.
Je le cite :
"Sécurisation
Produire localement de l’énergie est très intéressant. Mais s’il
n’existe aucune possibilité de s’isoler localement du réseau national en cas de
coupure, cela ne sert à rien.
C’est pourquoi ce genre d’orientation énergétique devrait toujours s’accompagner
d’une solution d’isolement permettant de bénéficier, quoi
qu’il arrive, de l’énergie produite localement."
J’ai « plussé » votre commentaire par erreur au lieu
de le « moinsser ». Désolé de vous l’apprendre. Je vais m’en expliquer.
Vous semblez penser que nous allons pouvoir passer à une
société plus respectueuse de l’environnement et plus économe en énergie en
apportant juste quelques correctifs touten conservant un mode de vie globalement inchangé notamment dans nos
habitudes de déplacements et de transport.
Comme beaucoup, je me sens concerné par les sujets relatifs
à l’environnement et notre dépendance à l’énergie. J’ai donc cherché des
sources d’information sérieuses dans ces domaines. La conclusion que j’en ai
tiré est que nous allons probablement connaître à moyen terme un monde en
rupture totale avec celui que nous connaissons aujourd’hui.
La raison est que nous n’aurons pas d’énergie de
remplacement disponible, équivalente au pétrole,quantitativement et qualitativement, au moment où sa production
passera par son maximum technique avant de décroître. La production de pétrole
sera alors fortement insuffisante pour répondre à une demande mondiale
tendanciellement croissante.
Si nous ne nous préparons pas à cette situation et que nous
ne consentons pas dès aujourd’hui à une profonde révision de notre mode de vie,
et en particulier de nos habitudes de déplacements et de transport, nous y
serons contraints, dans la douleur, au moment le plus défavorable. Moment où,
pour le coup, nous risquons d’être privés de moyens de transport routier faute
de carburant en quantité suffisante.
C’est pourquoi j’adhère complètement au diagnostic et aux
solutions préconisées par Benoît Thévard.
C’est un autre mode de développement économique, économe en
énergie et le contraire d’une société de « décroissance » et
d’appauvrissement.
Notez qu’entreprendre une réorganisation au niveau local
n’implique pas une micro-société repliée sur elle-même, ni le développement
d’un individualisme, au contraire. Les solutions proposées par Benoît Thévard
n’excluent en aucune façon des échanges inter-régionaux, pour autant qu’ils
soient justifiés et raisonnables.
Pour prendre un exemple, en Bretagne, tout comme dans le
Jura, nous pouvons fabriquerdes
yaourts avec le lait produit sur place dans des pots en carton (ou en grès !)
produits sur place, plutôt que de faire venir les yaourts faits on ne sait où,
avec du lait de vaches allemandes et des pots de plastique venus d’ailleurs. Et
nous serons très heureux d’échanger leur délicieux Comté contre des homards et
des huîtres envoyés par le train et non par des convois de camions.
Cette re-localisation régionale s’applique aussi à l’échelle
mondiale. On peut comprendre qu’on transporte des ananas d’Afrique, des bananes
de Martinique, du café du continent américain ; mais est-ce raisonnable de faire
venir massivement des poires d’Afrique du sud, du raisin du Chili, des crevettes
du Brésil, denrées qu’on sait produire en Europe, alors qu’on tue l’économie rurale de
pays africains en inondant leur marché de découpes de poulets bretons ?
Quand nos élus auront-ils le courage de
présenter un tel programme ?
Je ne suis pas sûr qu’ils aient pris
conscience de la situation énergétique dans laquelle nous allons nous retrouver
à court terme. Il se pourrait bien que ce soit même avant 10 ans si nos
responsables économiques s’entêtent à faire repartir la « croissance »
sur le schéma périmé des années 70 – 80 ! Ce n’est pas la croissance de la
consommation qu’il nous faut, mais une réorientation de l’activité humaine ou
chacun pourrait trouver emploi, développement et, en fin de compte, un nouveau
concept d’enrichissement plus qualitatif que quantitatif.
C’est sûr que ce projet ne peut réussir qu’en s’appuyant sur
un gros travail des collectivités locales après une prise de conscience de la
population à un niveau qui fait encore défaut.
Certes, cette prise de conscience existe mais elle encore
bien trop timide et surtout elle se trompe sur le délai qui nous reste avant de
connaître de vrais gros problèmes. Ce qui manque, c’est l’accès à une
information objective sur la situation énergétique de notre société.
Nous n’aurons jamais assez d’écrits de ce genre sur
AGORAVOX.
Le fait que vous n’obteniez qu’une quarantaine de % de votes
positifs au moment où je lis votre article permet de se rendre compte quel long
chemin il reste à parcourir avant qu’une majorité de citoyens prenne conscience
de l’ampleur et de la proximité du problème qui se présente à l’humanité en ce
début de siècle.
Le principal écueil auquel on s’affronte quand on aborde ce
sujet est la méconnaissance des ordres de grandeur et du facteur temps qui sont
pourtant des éléments essentiels à prendre en considération pour le traiter
utilement.
C’est, je pense, sur quoi il faut attirer l’attention des
interlocuteurs qui n’ont pas encore eu l’opportunité d’avoir accès à un minimum
d’informations chiffrées de sources raisonnablement fiables.