Ce qui est stupéfiant c’est de se rendre compte à quel point
beaucoup de nos semblables ont tant de peine à réaliser toutes les
répercussions d’une pénurie de pétrole et le temps nécessaire à réorganiser une
société avant que cela ne tourne à une pagaille économique et sociale
catastrophique.
Imaginer la situation sanitaire d’une métropole comme Paris
non approvisionnée faute de transports avec des milliers de tonnes d’ordures
produites par les derniers stocks consommés qu’on ne peut évacuer.
Report sur l’énergie électrique ? Encore faut-il que les
capacités de production, de transport et de distribution d’électricité puissent
suivre. J’imagine qu’il ne faut pas moins d’une dizaine d’années pour mettre
tout cela à niveau. Sans compter les moyens matériels et financiers qui feront
probablement défaut. Car construire une centrale nucléaire supplémentaire, par
exemple, se fait aujourd’hui grâce à des moyens techniques gourmands en
pétrole.
Autrement dit, une pénurie de pétrole conduit forcément à
une pénurie d’énergie de substitution possible qu’est l’électricité. Comment
fera-t-on alors pour faire fonctionner ascenseurs, frigos, congélateurs, moyens
de télécommunications, installations médicales des hôpitaux privés de groupes
électrogènes de secours, dans un cadre de pénurie et de coupures d’électricité
?
Prend-on bien en compte toutes les conséquences, sanitaires
entre autres, d’une telle crise énergétique ?
Comme vous, je pense que cette affaire est à prendre très au
sérieux.
Mais il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.
La nouvelle est tellement mauvaise que nous la refusons. C’est humain.
Pourtant, il y a deux éléments d’information incontestables
; brûler des combustibles fossiles inconsidérément comme nous le faisons émet
du CO2 qui pour un tiers n’est pas recyclé ni par la végétation et ni par les
océans. Ce tiers se retrouve en haute atmosphère et accroît le stock des GES.
Le deuxième élément d’information incontestable est que l’extraction du pétrole
approche de son pic de production.
Même si on peut émettre quelques réserves sur les modèles de
simulation utilisés pour prévoir les effets climatologiques du CO2 qui s’ajoute
aux autres GES, le passage du pic pétrolier nous contraindra, quoique nous
fassions pour l’ignorer, à diminuer notre consommation drastiquement et à
réduire notre dépendance (ou addiction ?) à cette source d’énergie. On ne peut
imaginer une consommation supérieure à la production.
Nous avons donc un intérêt double à réduire nos émissions de
CO2 en réduisant notre consommation d’énergies fossiles. D’abord prolonger la
période d’utilisation du pétrole pour nous donner le temps de trouver des
solutions techniques et sociales pour construire une société après-pétrole
viable, ce qui est un problème qui ne se résoudra pas par de simples correctifs
à la marge et qui demandera beaucoup de temps et de moyens financiers. Ensuite
nous préserver, pour hypothétique qu’il soit, d’un éventuel changement
climatique qui sera d’autant plus catastrophique qu’il risque d’engendrer des
effets systémiques extrêmement rapides nous interdisant un scénario de mutation
viable et pacifique.
Il ne manquerait plus que ces deux évènements se superposent
!
La science n’a jamais progressé que par une suite d’erreurs.
L’histoire nous montre que bien des hypothèses émises par des scientifiques
visionnaires ont fait scandale parmi leurs savants collègues pour ensuite être
reconnues et intégrées dans le patrimoine de la Science, et donner lieu à de
nouvelles découvertes .
Je comprends que la désinformation orchestrée par quelques
scientifiques, ou pseudo-scientifiques (je ne nommerai personne), soit
accueillie avec soulagement par certains de nos concitoyens dans la mesure où
cela leur permet de poursuivre leurs rêves sans qu’ils tournent au cauchemar.
Je ne comprends pas que devant des sujets aussi graves ils
s’enferment dans le déni sans avoir considérer sérieusement les données
objectives qui sont disponibles sur la réalité du pic pétrolier et sur les
phénomènes systémiques complexes qui régissent le climat.
À ne pas vouloir prendre en considération et traiter les
problèmes dérangeants qui se présentent aujourd’hui, nous nous préparons un
avenir dans lequel ils auront de forte chance de devenir ingérables.
"Le gaz, très approximativement entre 30 et 70 ans.
Le charbon entre 100 et 150 ans."
Ces délais sont obtenus en divisant les réserves
exploitables connues par la consommation actuelle et s’entendent jusqu’à
épuisement du stock, le pic de production intervenant bien avant.
Or si l’on se met à taper davantage dans le stock de gaz et
de charbon pour faire des carburants liquides en remplacement du déficit de
pétrole, ces délais seront réduits et ces ressources connaîtront leur pic dans
un avenir encore plus rapproché.
En gros, on reculera l’échéance que de seulement UNE
génération (selon les estimation de J.M. Jancovici). Quant à la pollution et à l’incidence
sur les GES mieux vaut ne pas en parler.
Voilà encore un sujet brûlant qui va empoisonner l’humanité
au XXIème siècle en raison de la pression excessive qu’exerce l’homme sur le
cycle naturel de cet élément.
L’eau est un élément abondant sur la planète. Nous n’avons
pas eu besoin de Veolia tant que Gaïa la purifiait gratuitement et donnait à
tous les êtres vivants de la planète une eau propre à leur consommation. Gaïa
est une usine de traitement écologique modèle. Elle prélevait l’eau salée des
océans, l’adoucissait par évaporation avec la participation du Soleil qui la
fournissait gratuitement en énergie, puis la transportait sur terre utilisant
l’énergie éolienne. Elle en stockait une partie sur les montagnes sous forme de
glace pour parer aux saisons plus sèches et en utilisait une autre pour arroser
les plaines et les forêts. Là, après avoir arroser les plantes et les cultures
des humains, les eaux étaient à nouveau judicieusement réparties. En surface,
le surplus allait alimenter les ruisseaux descendus des montagnes pour donner
des rivières et des fleuves qui se chargeaient gracieusement de la distribution
en eau des populations qui avaient bon goût de s’installer sur leurs rives (et
pour cause !). Enfin, ce qui restait de ce précieux fluide était filtré par le
sol puis mis en réserve sous forme de réservoirs qu’on appèle nappes
phréatiques, à la disposition des populations qui avaient choisi de vivre à
l’écart des rivières et qui voulaient bien se donner la peine de creuser leurs
puits. L’usineGaïa se chargeait
également et toujours gratuitement de la collecte des eaux usées pour les
recycler. Une partie était assainie sur place par lagunage dans les marais ou
par filtration dans les sols perméables et retournait sagement dans les réservoirs
souterrains. L’autre partie des eaux usées non traitées était collectée par les
fleuves et retournait directement aux océans qui savaient les traiter. Et le cycle recommençait ainsi,
indéfiniment, calmement, sans hâte, mais toujours avec la même efficacité.
Mais voilà, les hommes, toujours plus nombreux, toujours
plus pressés et avides, ont perturbé Gaïa. C’est pas qu’ils étaient
foncièrement méchants, les hommes ! Ils ont juste oublié une chose :
c’est que l’usine de traitement Gaïa, comme toute usine, avait une capacité de
production maximum, que les stocks de réserve étaient limités et qu’à vouloir
forcer le rythme de production c’est le système cyclique dans son ensemble
qu’il dégradait gravement.
Mais l’homme est très très intelligent. Se rendant compte de la
situation, il a inventé Veolia et ses sœurs pour secourir Gaïa. Et le génie
humain s’est dit qu’il pouvait sûrement faire mieux et plus vite que Gaïa, et
aussi gagner beaucoup de sous, bien sûr ! Alors, de géniaux ingénieurs ont pris
les choses en mains. Et c’est vrai qu’en dépensant beaucoup d’énergie pour
fabriquer et faire fonctionner des grosses pompes bien puissantes et en
s’aidant de beaucoup de produits chimiques que le génie humain sait produire,
ils ont pu nous fabriquer de l’eau (presque, pas toujours !) potable très très
vite dans des cycles beaucoup plus courts que ne le fait Gaïa.
Très heureux de l’extraordinaire réussite des ingénieurs
géniaux, l’homme financier de Veolia se réjouissait de voir les hommes,
toujours plus avides et dépendants de cette eau-là, pour arroser abondamment les
champs afin de produire plus de maïs, prendre des bains dans les jacuzzi
deleurs salles de bains, remplir leurs
piscines privées, laver leurs merveilleux 4x4, arroser les terrains de golf
bien verts. Il jubilait, le financier de Veolia.
Oui mais… devant une telle réussite, les ingénieurs, pas si
géniaux que ça au fond, se rendaient bien compte que leur capacité de
production, elle aussi avait ses limites. En plus les boues plus ou moins
toxiques et les produits chimiques utilisés participaient à accroître la
pollution ambiante et donc à compliquer leur problème d’épuration. Ça allait
coûter encore beaucoup plus cher.
Mais le financier de Veolia s’en foutait, les consommateurs
le payeraient encore mieux ; il était riche, il avait son jacuzzi, une piscine,
son 4x4 bien propre et rutilant pour montrer sa splendide réussite du côté de
l’avenue Kléber et au club de golf !
Hé, les humains ! Ça va pas, non ?
Arrêtez un peu de bousiller la planète, les gamins !
Et si on vivait au rythme de Gaïa, ça serait pas un peu plus
reposant, non ?
D’accord avec l’auteur. C’est bien le niveau local qui est
favorable à une ré-appropriation technique et économique, de ce bien précieux qu’est l’eau. D’abord
pour mieux maîtriser la consommation au plus près de son lieu d’utilisation.
Ensuite pour passer en revue les solutions techniques d’épuration et choisir la
mieux adaptée aux conditions locales et la moins perturbatrice pour
l’environnement. En zone rurale, l’épuration naturelle par lagunage pourrait
probablement être réalisée en beaucoup d’endroits, après étude de
faisabilité, avec un minimum d’énergie ; juste un peu de temps.
À krolik Mon commentaire précédent est incomplet. Je voulais souligner qu’un cas d’incident sur le réseau national, une production locale d’énergie peut permettre la continuité de la fourniture. En aucun cas il ne s’agit d’une démarche isolationniste mais une disposition permettant une meilleure sécurisation du réseau.
Mais je vois, qu’entre temps, l’auteur s’est exprimé mieux que moi à ce sujet.