La peur joue sur son terrain favori qui est l’ignorance.
Que nous soyons savants ou incultes, nous nos zones
d’ignorance et d’incompétence sont incommensurables.
Tout dépend de l’attitude adoptée face la peur générée par
une information qui soulève un problème de nature à présenter un danger pour
notre vie personnelle ou celle du groupe auquel nous appartenons.
Si vous entendez quelqu’un déclarer qu’il y a le feu dans
l’immeuble il n’est pas complètement anormal qu’en sentiment de peur vous
envahisse dans un premier temps, alors que vous êtes encore dans l’ignorance
des faits réels. Cette peur peut être même salutaire lorsqu’elle vous pousse à
l’action au lieu de vous tétaniser en vous blottissant sous la couette trop confortable pour être quittée.
Il s’agit de savoir, en premier lieu, qui donne l’alerte et
quelle est sa personnalité. Vous n’allez pas non plus vous rasseoir dans votre
fauteuil dès que vous entendrez une autre voix déclarer qu’il n’y a rien de
grave. Il est probable que vous aller tout faire, et très vite, pour vous
renseigner sur la réalité et sur l’importance du feu. Ensuite, vous allez
apprécier par vous-même si vous et vos voisins sont en mesure d’intervenir avec
succès pour l’éteindre ou s’il y a lieu d’appeler les pompiers et d’organiser
votre retraite en fonction du degré d’urgence.
La meilleure façon de vaincre la peur n’est sûrement pas de
nier l’information qui la suscite ou de s’en remettre à n’importe quel gourou
qui présentera des arguments rassurants au sujetd’un problème qui peut être bien réel.
C’est bien joli, les voitures électriques ou à hydrogène ;
elles seront sûrement plus agréablesà
utiliser et on respirera mieux dans les grandes villes. Cependant produire
l’électricité et l’hydrogène nécessaires pour remplacer les carburants utilisés
actuellement conduit à consommer une quantité d’énergie primaire encore plus
grande que celle obtenue par l’utilisation directe de ces carburants. Cecien raison des pertes inévitables dues aux
procédés de transformation mis en œuvre.
N’oublions pas que l’énergie primaire dominante dans le
monde pour produire l’électricité est, de loin, le charbon.
Votre conclusion et le scénario que vous décrivez paraissent
très plausibles.
En effet, les informations selon lesquelles la capacité
d’extraction du pétrole est aujourd’hui très proche de son maximum technique pour
ensuite décliner, proviennent de sources que l’on peut considérer comme
sérieuses et sûres.
Dans la mesure où l’activité économique des pays d’Asie,
d’Amérique du Sud et même d’Afrique n’a pas cessé de croître, une reprise
économique, même modeste, des pays occidentaux, fera que la demande mondiale de
pétrole dépassera très rapidement les possibilités de l’offre, ceci quelle que
soit l’importance des réserves qui subsisteront dans le sous-sol. C’est le débit du robinet qui compte à ce
stade, et non la quantité contenue dans le réservoir. Beaucoup semblent
l’oublier !!!
Dans ces conditions votre pronostique, 2015 (à +5 ou +10 ans
près c’est historiquement la même chose), est tout à fait réaliste. Nous
entrerons dès ce moment dans une situation de pénurie, avec les conséquences
décrites au point 2 de votre scénario, d’autant que pendant ces cinq ou dix
prochaines années il y a fort à parier que nous n’aurons rien entrepris de sérieux
pour nous adapter en douceur à ce déficit.
Arrivés à ce point, la poursuite de votre scénario reste
suspendu à la façon dont vont réagir les principales puissances mondiales pour
assurer leur approvisionnement. Nous assistons déjà aux grandes manœuvres et le
risque de conflits majeurs, qui n’est pas à exclure, rendrait toute prévision
irréaliste pour la suite des évènements.