Voilà bien une
phrase qui révèle l’irresponsabilité de nos dirigeants :
"En l’absence de consensus sur la période du
pic pétrolier, le délai est estimé à 30 ans et aucune préparation ni gestion de
crise n’est envisagée à ce jour."
L’auteur estime
qu’en fait :
"Il nous reste donc dix ans pour prendre
conscience de notre vulnérabilité."
Ceci est une hypothèse qui pourrait même se révéler très
optimiste.
Les économistes ne conçoivent la sortie de crise financière
et économique que par une reprise de la croissance. Il n’est pas de croissance
sans augmentation de consommation d’énergie. Or la capacité de production de
pétrole est probablement très proche de son maximum technique possible si elle
n’est pas déjà atteinte au dire de sources ayant accès à des informations que
les milieux pétroliers s’efforcent d’en minimiser la portée. Il ne faut pas
perdre de vue que passé ce maximum, la production ne peut que diminuer sans être
compensée par de nouvelles découvertes ou par les progrès des techniques
d’extraction.
La crise économique a temporairement fait baisser la demande
et a eu pour effet de différer la prise de conscience de la situation réelle.
On a vu ces derniers temps le prix du pétrole augmenter significativement en
raison d’une poussée de la demande. Une reprise économique ne pourra
qu’amplifier cette hausse qui a son tour freinera l’activité pour, au mieux, se
stabiliser autour d’un équilibre provisoire et fragile entre demande et
consommation. Cette situation ne perdurera qu’un temps limité. Ce sursis est
une dernière occasion de refonder notre société et notre mode de vie avant le
« big crush » annoncé si nous persistons à suivre les logiques
passéistes des économistes qui sévissent dans les sphères dominantes actuelles.
Il y a lieu de compléter la citation dont vous donnez le
lien :
"Quant aux chiffres annoncés pour les « réserves
totales de 50 à 200 milliards de barils, annoncées par le vice-président de
TOREADOR », il s’agit du volume en place dans la roche-mère, dont seule une
infime partie pourra être extraite en application des lois de la physique, très
défavorable aux écoulements de liquides dans des roches particulièrement peu
perméables. Quant aux vraies « réserves récupérables », un terme qui est un
pléonasme pour tout pétrolier, elles resteront faibles, probablement
inférieures à une fraction de milliard de baril. Jean LAHERRERE donne pour le
meilleur « sweet spot » du Bassin de Williston, l’analogue nord-américain du
Bassin de Paris, « sweet spot » connu sous le nom d’Elm Coulée, des réserves
ultimes de 250 millions de barils. C’est cet ordre de grandeur qu’il faut
considérer pour les réserves de « shale oil » du Bassin de Paris. C’est pas
mal, mais cela ne représente jamais que 3 jours de consommation de la planète(mais 4 mois de consommation de la France)."
Cette technique
d’extraction nécessite de fracturer la roche pour accéder aux poches à peu près
exploitables. Il faut espérer qu’au passage, ils ne pollueront pas trop les nappes
phréatiques du bassin parisien comme ça a été le cas dans certaines zones d’exploitation aux États-Unis où l’eau finissait par couler du robinet mélangée aux gaz, en
partie dissous, en partie à l’état gazeux !
Dans une région où la
densité de population est dense, bonjour les dégâts !
Il est pourtant clair que le chômage et le déficit des
caisses de retraite (ainsi que celui de la Sécurité Sociale) n’existent que
parce que la richesse supplémentaire engendrée par les progrès considérables de
productivité ont été systématiquement détournée de ceux qui devaient
légitimement en bénéficier pour rétribuer, d’une façon éhontée et sans
complexe, l’oligarchie dirigeante et les actionnaires.
Encore aujourd’hui, tout est organisé pour accroître le
hold-up honteux exercé sur la richesse produite par les salariés sous couvert
de rentabilité. Au lieu d’accroître les recettes, le système multiplie les
exonérations de contributions sociales et augmente le déficit des caisses de
solidarité. Le travail au noir étant interdit en France, on autorise les
entreprises à délocaliser leur production en toute légalité
vers les pays où ils ne verseront aucune contribution sociale tout en
bénéficiant du travail produit par des esclaves humains sous-payés, et ceci
sans qu’aucun des gouvernements européens ne leur demande une juste
compensation en échange. Le comble est que le surcroît de profit qu’elles en
tirent est consacré à offrir des rémunérations pharaoniques sous formes de salaires,
de stock options, de golden parachute et autres avantages en nature, sans
rapport avec le service rendu réellement à la société. Là se trouve le vrai
scandale, et non à l’endroit des baby-boomers qui touchent 1500 ou 2000 Euros
par mois après 40 ans de cotisations versées aux caisses de retraite qui ne
cessent d’être asséchées délibérément par les pratiques des voyous qui prétendent
nous diriger.