En effet, créer des niches dans tous les sens dans le régime fiscal
n’est généralement pas un bon choix, tout comme la multiplication des
exonérations appliquées sur les taxes des produits pétroliers. Pire, changer à
tout moment la fiscalité nuit aux décisions que les acteurs économiques ont à
prendre et pour lesquelles ils ont besoin d’une bonne visibilité.
Ainsi baisser les taxes sur les carburants dans le
contexte actuel, même et surtout temporairement, ne paraît pas être la
meilleure des choses à faire.
D’abord parce que ça se traduit par une perte immédiate
de rentrée fiscale dont l’État a besoin, ensuite parce que nous sommes entrés
dans une phase tendancielle persistante de hausse du prix du pétrole qui ne
peut que se poursuivre.
La TIPP flottante peut à la rigueur se comprendre en
période d’oscillation des prix autour d’un prix moyen. Avec le déclin
prévisible etsoutenu de la production,
ce petit jeu n’est plus viable.
Mieux vaudrait aller dans le sens de l’unification de la
TIPP pour tout le monde (et l’augmenter éventuellement) en utilisant le produit
supplémentaire pour aider ponctuellement et de façon ciblée ceux qui en ont
vraiment besoin pour leur activité quand il n’existe pas d’alternative à l’utilisation
d’un véhicule individuel, plutôt qu’encourager les migrations automobiles du
week-end.
Le plus fort est qu’il
semblerait qu’il n’est même pas certain que les roches mères des Cévennes
contiennent du gaz. Les explorations sismiques ont révélé l’existence d’une
formationgéologique qui a toutes les
caractéristiques de roche mère mais cela ne confirme en rien la présence de
gaz.
Si par malheur elle en
contenait, ce serait le saccage assuré de cette région.
Toute cette frénésie
autour des ressources ultimes d’énergies fossiles non-conventionnelles, très
coûteuses et de plus en plus risquées montre que l’industrie pétrolière en est
à racler les fonds de tiroirs pour maintenir une production dont le niveau a
déjà atteint son maximum technique.
Comme vous je doute que
sans pétrole l’agriculture parvienne à nourrir les habitants de la planète. Et
nous allons peut-être nous en apercevoir plus vite que prévu. Passé le pic du
pétrole, nous allons découvrir à l’horizon le pic de la population. Pas sûr que
nous allons aimer !
L’essentiel du prix des
carburants est constitué par les taxes :Taxes et redevances prélevées par les pays producteurs (compris dans le
prix du baril brut) et taxes prélevées par les pays consommateurs, en France
TVA et TIPP.
Les coûts des
investissements, de l’exploration, du raffinage, de distribution et le bénéfice
de Total sont en réalité très modestes dans la formation des prix à la pompe. Taper
dans le bénéfice de Total n’apporterait qu’une baisse non significative pour le
consommateur final.
De plus, dans le contexte
du déclin des énergies fossiles, c’est probablement une erreur de faire baisser
artificiellement le prix du litre de carburant.
Mieux vaudrait augmenter la
TIPP et utiliser le produit supplémentaire pour aider ceux qui en ont besoin
pour leur activité quand il n’existe pas d’alternative à l’utilisation d’un
véhicule individuel.
"Seule une politique d’investissement et
d’augmentation des prix à la pompe peut nous aider à sortir de notre addiction
au pétrole."
Cette juste analyse est
malheureusement peu reprise par le monde des médias et le monde politique à
quelques exceptions près.
Tant que la réalité du
problème posé par le déclin des ressources en énergies fossiles ne sera pas
clairement exposée au plus grand nombre, il est peu probable que la majorité de
nos concitoyens ne comprendra pas la nécessité d’organiser rapidement une
mutation de notre société qui s’imposera de toute façon à nous.
Une réserve à propos des
véhicules électriques : ils sont séduisants pour les déplacements locaux d’une
centaine de km par jour, mais le seul soucis est la génération de l’énergie
électrique produite essentiellement à partir des énergies
fossiles charbon et gaz dans le monde .