Réflexions autour de la « crise financière » et de la dette.
L’endettement et les pratiques de « cavalerie »
financières que nous connaissons aujourd’hui n’est pas juste un incident de
parcours provoqué par un dérèglement temporaire des échanges économiques et des
pratiques financières. Le recours massif et croissant à la dette coïncide avec
les chocs pétroliers des dernières décennies du 20ème siècle.
Pendant les trente glorieuses la « cavalerie » se situait ailleurs.
Elle était de nature beaucoup plus physique. Elle avait pour nom la croissance
économique tant chérie par les économistes conventionnels d’hier et d’aujourd’hui.
Elle reposait sur l’augmentation de la productivité rendue possible par une
consommation croissante d’une énergie bon marché, dont 80% était d’origine
fossileélaborée par la nature aux
cours de quelques centaines de millions d’années et mise gratuitement à notre
disposition. Notre mode de vie, nos acquis sociaux en découlent. Sauf que ce
stock est fini et incompatible avec le dogme de la croissance infinie. Il n’est
même pas compatible un prélèvement constant dans le temps. Nous avons
fonctionné longtemps, sans en prendre conscience, en nous endettant vis à vis
de la nature par un prélèvement sur un stock physique que nous serons
incapables de rembourser (reconstituer) à l’échelle de temps humaine. Lorsque
les premières contraintes d’accès à l’énergie se sont manifestées, nous avons
eu recours à la dette financière, moins matérielle celle-la, pour maintenir
artificiellement un taux de croissance, drogue sans laquelle nous ne
savons pas faire tourner l’économie.
Quand bien même nous serions capables de trouver un
substitut aux énergies d’originefossile, nous nous trouverions confrontés à la même contrainte de stocks
non renouvelables des matières premières utilisées pour fabriquer nos biens
matériels. Ces contraintes se matérialisent déjà dans l’approvisionnement des
minerais métalliques (cuivre, terres rares, etc …) dont nous aurions besoin
pour passer aux technologies permettant une production à grande échelle
d’énergies qualifiées de renouvelables. Deplus en plus nombreux à vivre sur des stocks qui s’épuisent, il nous
faut trouver une solution pour répondre aux besoins de chacun avec moins par
tête ; voilà le défi qui se présente à nous. Pas si simple !
Le temps de l’écologie est dépassé ; il faut inventer
l’éco-sophie. Et je n’ai pas la moindre idée en quoi elle pourrait consister !
P.S. : Remarque accessoire :
En 2010, l’énergie primaire consommée peut se décomposer comme
suit :
Énergie d’origine fossile autour de 80% (charbon, pétrole et
gaz confondus), plus 4,9% de nucléaire,
Énergie renouvelables 15,8% dont biomasse 8,9%, hydraulique
5.7% et autres 1,2% (vent, soleil, géothermie).
Compter sur le développement des 1,2% actuels provenant des
éoliennes et des panneaux solaires thermiques ou photovoltaïques pour compenser
le déclin des 80% d’énergies fossiles ne semble pas être le meilleur pari en terme
d’ordre de grandeur.
"Voilà qui est très gênant pour les modèles
climatiques du GIEC : en ne faisant intervenir quasiment aucun mécanisme
d’origine naturel dans leur modèle, mais seulement un
« forçage anthropique » lié aux gaz à effet de serre".
Ça c’est complètement faux.
D’abord il n’y a pas de « modèle du GIEC » ; il y a
plusieurs modèles indépendants développés par des équipes de chercheurs,
indépendamment les unes des autres, de nationalités différentes, qui tiennent
compte bien évidemment de tous les paramètres naturels (astronomiques,
géologiques, paramètres liés à l’atmosphère, aux océans, à la biosphère, à la
cryosphère) qui interviennent et déterminent le régime climatique des
différentes régions du globe.
Il se trouve que lorsqu’il n’est tenu compte que
des seules émissions de CO2 d’origine naturelle, les modèles reflètent à peu
près correctement les observations faites sur l’évolution du climat jusqu’aux
alentours de 1950 et s’en écartent assez nettement ensuite, alors que si l’on
intègre le surplus d’émission de CO2 lié aux activités humaines depuis le début
de l’ère industrielle, le résultat qui ressort de ces modèles (indépendants,
encore une fois) devient cohérent avec les variations climatiques observées.
C’est tout ce que rapporte le GIEC qui en conclut
logiquement que les émissions d’origine humaine participent très probablement
(avec degré de fiabilité proche de 99%, je crois) aux variations du climat.
Rien de plus.
En quoi ce constat est-il choquant ? L’inverse serait plutôt
surprenant.
Les lecteurs d’AGORAVOX qui voudraient être informés sur les
travaux de la Commission d’enquête sur le coût réel de l’électricité qui a eu lieu au mois de mars 2012, peuvent se
reporter sur le site Sénat Vidéo.
On peut y trouver les vidéos et les compte-rendus PdF des séances
portant sur le sujet à l’adresse suivante :
Beaucoup d’interventions sont longues et fastidieuses,
parfois même vraiment indigestes.
Cependant l’une d’entre elle sort du lot, par la
personnalité de l’intervenant et ses qualités pédagogiques. Je vous encourage à
la visionner dans son intégralité :