@sylvain
en
même temps, l’idée c’est que c’était un connard, pas un
idiot ou un incompétent
On a jamais déboulonnée une statue
pour incompétence posthume
Eh
bien, je vais mettre mon grain de sel. Bruno Le Maire a répondu à
Jean-Marc Ayrault au sujet de Colbert que “Je
reconnais bien volontiers que ce n’est pas un personnage très
sympathique,(...) mais c’est la Compagnie des Indes, la
restructuration de l’industrie, la manufacture des Gobelins, la
remise en état des Finances”. Seulement,
s’il était peu sympathique,
Colbert a institué le Code Noir pour limiter les abus des maîtres
envers les esclaves, comme il a été rappelé ici. À mes yeux, il
serait plus pertinent de le
déboulonner pour son influence sur la pensée économique française.
Car en réalité, par la priorité qu’il a donné aux entreprises
étatique, il a découragé la constitution d’un secteur industriel
puissant en France. Il n’a fait que donner l’illusion brève de
l’efficacité économique. Ses entreprises royales se sont révélées
peu performantes à la longue. Le décrochage de l’économie
française a déjà commencé à se faire à son époque. Hélas, il
a suscité beaucoup de fidèles, qui vantent encore le « colbertisme ».
Bien
sûr, on ne le déboulonnera pas pour cela. En revanche, pour divers
massacreurs et
oppresseurs
comme Faidherbe, Bugeaud, Gallieni, et
même le si « modéré » Lyautey,
il n’y a pas de raisons de se gêner de débaptiser les noms de rues
et de places, et
d’enlever leurs éventuelles statues.
Et comme il semblerait que la promesse de François Mitterand faite
en 1989 n’ait pas été tenue, il est temps de rayer le nom de
Tureau, grand massacreur de la Vendée, de l’Arc de Triomphe de
l’Étoile.
Ce
qu’il faut retenir des constatations données par l’auteur de
l’article croisées avec ces données, c’est que les statistiques
annuelles du ministère de la Santé, pour conclure à une dizaine de
milliers de morts de la grippe en moyenne chaque année, ne peuvent
pas être basées principalement sur les certificats de décès,
effectivement tant incomplets qu’imprécis ; mais bel et bien sur la
comparaison entre l’excès de morts au plus fort des épidémies
saisonnières. Si on prend les années 2015 et 2016, qui auraient été
plus meurtrières que la moyenne, elles montrent en effet non
seulement une augmentation des cas de décès estampillés grippe,
mais aussi des morts par pneumonie et autres maladies chroniques des
voies inférieures. Le tout groupé sous le nom de « grippe »
désignerait donc là tous les décès des maladies respiratoires
saisonnières, incluant rhumes et autres états para-viraux, à base
de rhinovirus et adénovirus, les pneumonies résultant de
surinfections bactériennes étant la cause principale des morts.
S’agissant
de la sous-estimation du nombre de décès du Covid-19 en raison de
la non-prise en compte des morts à domicile, il est probable que le
gouvernement n’est pas très pressé de donner des chiffres,
approximatifs ou non. Il ne faut pas oublier que certaines victimes
pourraient être indirectes, c’est à dire qu’elles seraient le
résultat d’un manque de prise en soin de malades chroniques, en
raison du débordement de certains hôpitaux. Mais quoi qu’il en
soit, quelques exemples pris à l’étranger montre qu’elle peut
effectivement être dans certains cas très grande.
Voici
à titre d’exemple des données tirées de New-York :
Les
rangées de tombes « visibles depuis l’espace » arrivent
maintenant aux États-Unis mêmes. Le président du conseil
municipal de New York a annoncé avec tristesse que les victimes de
l’épidémie seront bientôt enterrées temporairement dans des
parcs publics :
Mark D. Levine @MarkLevineNYC - 1:33 UTC
- 6
avril 2020
Les familles en deuil disent avoir
appelé jusqu’à
une demi-douzaine de pompes funèbres et
n’en
avoir trouvé aucune qui puisse s’occuper de leurs
proches décédés.
Les cimetières ne sont pas en
mesure de traiter le
nombre de demandes d’enterrement et
refusent la
plupart d’entre elles. 4/
Il n’y a
pas que les décès dans les hôpitaux qui sont
en hausse. En
moyenne, avant cette crise, il y
avait 20 à 25 décès à
domicile par jour à New
York. Aujourd’hui, au milieu de
cette pandémie,
ce nombre est de 200 à 215. *Chaque jour*.
5/
Au début de cette crise, nous pouvions prélever
des
échantillons sur les personnes décédées
chez elles, et
ainsi obtenir un test de coronavirus.
Mais cette époque est
révolue depuis longtemps.
Nous n’avons tout simplement pas
la capacité de
tester le grand nombre de personnes qui
meurent
chez elles. 6/
[…...]
Si
certains parlaient d’un taux de décès 2 à 2,5 fois fois
supérieur à la normale à New-York, alors que le nombre de morts à
domicile l’est en fait entre 9 à 10 fois, combien cela fait-il de
morts du Covid-19 ? Il serait de 3 à 4 fois supérieur dans cette
ville à celui qui était recensé début avril. On peut se demander
si les USA n’avaient pas déjà largement dépassé les 100 000 morts
il y a deux semaines.
Alors,
pour cette mortalité brute de la grippe espagnole, en incluant les
plus anciennes (et plus faibles) estimations, je parviens à une
fourchette comprise entre 1,57 % (20 millions de morts/ 1,8 milliards
d’habitants/ ¾ de la population infectés) et 9,8 % (environ 100
millions/ 1,7 milliards/ 3/5). Si on s’en tient aux estimations plus
récentes (minimum 48,8 millions de morts), la fourchette est entre
3,61 et 9,8 %.
S’agissant
de la sous-estimation du nombre de décès du Covid-19, qui pourrait
être dans certains cas très grande, voici des données tirées de
New-York :
Les
rangées de tombes « visibles depuis l’espace » arrivent
maintenant aux États-Unis mêmes. Le président du conseil municipal
de New York a annoncé avec tristesse que les victimes de l’épidémie
seront bientôt enterrées temporairement dans des parcs publics
:
Mark
D. Levine @MarkLevineNYC - 1:33 UTC - 6
avril 2020
Les
familles en deuil disent avoir appelé jusqu’à
une
demi-douzaine de pompes funèbres et n’en
avoir trouvé aucune
qui puisse s’occuper de leurs
proches décédés.
Les
cimetières ne sont pas en mesure de traiter le
nombre de
demandes d’enterrement et refusent la
plupart d’entre elles.
4/
Il n’y a pas que les décès dans les hôpitaux qui
sont
en hausse. En
moyenne, avant cette crise, il y
avait 20 à 25 décès à
domicile par jour à New
York. Aujourd’hui, au milieu de cette
pandémie,
ce nombre est de 200 à 215. *Chaque jour*.
5/
Au début de cette crise, nous pouvions prélever
des
échantillons sur les personnes décédées
chez elles, et
ainsi obtenir un test de coronavirus.
Mais cette époque est
révolue depuis longtemps.
Nous n’avons tout simplement pas la
capacité de
tester le grand nombre de personnes qui meurent
chez elles. 6/
[…...]
Si
certains parlaient d’un taux 2 à 2,5 fois fois supérieur à la
normale à New-York, alors que le nombre décès l’est en fait entre
9 à 10 fois, combien cela fait-il de morts du Covid-19 ? Il serait
de 6 à 8 fois supérieur dans cette ville à celui qui était
recensé début avril. Les USA ont probablement largement dépassé
les 100 000 morts.
Je
suis un peu surpris, que vous demandiez ça, car ces sources ne
manquent pas (vous-même mentionnez de tels chiffres au début de
votre article). Par exemple :
David
M. Morens et Anthony S. Fauci, « The 1918 Influenza Pandemic :
Insights for the 21st Century », The Journal of Infectious
Diseases, vol. 195, no 7, 1er avril 2007, p. 1018–1028 (ISSN
0022-1899, DOI 10.1086/511989)
Niall
P. A. S. Johnson et Juergen Mueller, « Updating the accounts : global
mortality of the 1918-1920 « Spanish » influenza pandemic »,
Bulletin of the History of Medicine, vol. 76, no 1, 2002,
p. 105–115 (ISSN 0007-5140, PMID 11875246, DOI
10.1353/bhm.2002.0022).
Cela
me pose la question du taux de mortalité exact de la grippe
espagnole. C’est-à-dire, le taux de mortalité naturel, si
aucun des infectés ne reçoit de soin. Suivant les différentes
estimations (en ne retenant que les nouvelles, de 48,8 millions à
environ 100 millions), elle aurait tué de 2,71 à près de 6 % de la
population mondiale d’alors (estimée entre 1,7 et 1,8 milliards
d’habitants) ; on suppose que 60 à 75 % de cette population mondiale
a été infectée. Même si on tient compte de la piètre qualité
des soins d’alors, sa létalité potentielle devait être supérieure.
S’agissant
du Covid-19, il faut tenir compte de ce que les données actuelles
sont en-dessous de la réalité, dans la mesure où de nombreux morts
ne sont pas pris en compte. Et parfois de beaucoup, comme à New-York
(je vais y revenir).
L’Institut
Pasteur et l’Institut Robert-Koch ont évalué le chiffre à un
niveau plus modeste, de 20 à 50 millions de morts.
Je
pense que cela montre le niveau de confiance à accorder aux études
de l’Institut Pasteur, un des derniers à s’accrocher à des chiffres
aussi faibles.
Alors
que de nos jours, les études les plus solidement documentées sont à
un minimum de 48,8 millions de morts. Il est vrai que l’Institut
Pasteur en est encore à essayer de nous faire croire que le nombre
de victimes était plus élevé en Espagne, pays qui ne souffrait pas
des affres de la guerre et où les conditions sanitaires restaient
meilleures, qu’en France, où les conditions de vie étaient plus
dures et les personnes plus fragilisées. Les études les plus
sérieuses donnent là encore un chiffre nettement au dessus, de
l’ordre de plus de 400 000. La sous-estimation faite par l’Institut
Pasteur viendrait-il tout simplement de ce qu’il est français et
toujours sensible à la nécessité de perpétuer la désinformation
entreprise à l’époque par l’État français ?