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Analis

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  • Analis 16 juin 2020 18:21

    @sylvain
    en même temps, l’idée c’est que c’était un connard, pas un idiot ou un incompétent
    On a jamais déboulonnée une statue pour incompétence posthume


    Eh bien, je vais mettre mon grain de sel. Bruno Le Maire a répondu à Jean-Marc Ayrault au sujet de Colbert que “Je reconnais bien volontiers que ce n’est pas un personnage très sympathique,(...) mais c’est la Compagnie des Indes, la restructuration de l’industrie, la manufacture des Gobelins, la remise en état des Finances”. Seulement, s’il était peu sympathique, Colbert a institué le Code Noir pour limiter les abus des maîtres envers les esclaves, comme il a été rappelé ici. À mes yeux, il serait plus pertinent de le déboulonner pour son influence sur la pensée économique française. Car en réalité, par la priorité qu’il a donné aux entreprises étatique, il a découragé la constitution d’un secteur industriel puissant en France. Il n’a fait que donner l’illusion brève de l’efficacité économique. Ses entreprises royales se sont révélées peu performantes à la longue. Le décrochage de l’économie française a déjà commencé à se faire à son époque. Hélas, il a suscité beaucoup de fidèles, qui vantent encore le « colbertisme ».


    Bien sûr, on ne le déboulonnera pas pour cela. En revanche, pour divers massacreurs et oppresseurs comme Faidherbe, Bugeaud, Gallieni, et même le si « modéré » Lyautey, il n’y a pas de raisons de se gêner de débaptiser les noms de rues et de places, et d’enlever leurs éventuelles statues. Et comme il semblerait que la promesse de François Mitterand faite en 1989 n’ait pas été tenue, il est temps de rayer le nom de Tureau, grand massacreur de la Vendée, de l’Arc de Triomphe de l’Étoile.



  • Analis 13 mai 2020 19:01

    Ce qu’il faut retenir des constatations données par l’auteur de l’article croisées avec ces données, c’est que les statistiques annuelles du ministère de la Santé, pour conclure à une dizaine de milliers de morts de la grippe en moyenne chaque année, ne peuvent pas être basées principalement sur les certificats de décès, effectivement tant incomplets qu’imprécis ; mais bel et bien sur la comparaison entre l’excès de morts au plus fort des épidémies saisonnières. Si on prend les années 2015 et 2016, qui auraient été plus meurtrières que la moyenne, elles montrent en effet non seulement une augmentation des cas de décès estampillés grippe, mais aussi des morts par pneumonie et autres maladies chroniques des voies inférieures. Le tout groupé sous le nom de « grippe » désignerait donc là tous les décès des maladies respiratoires saisonnières, incluant rhumes et autres états para-viraux, à base de rhinovirus et adénovirus, les pneumonies résultant de surinfections bactériennes étant la cause principale des morts.


    S’agissant de la sous-estimation du nombre de décès du Covid-19 en raison de la non-prise en compte des morts à domicile, il est probable que le gouvernement n’est pas très pressé de donner des chiffres, approximatifs ou non. Il ne faut pas oublier que certaines victimes pourraient être indirectes, c’est à dire qu’elles seraient le résultat d’un manque de prise en soin de malades chroniques, en raison du débordement de certains hôpitaux. Mais quoi qu’il en soit, quelques exemples pris à l’étranger montre qu’elle peut effectivement être dans certains cas très grande.

    Voici à titre d’exemple des données tirées de New-York :

    https://lesakerfrancophone.fr/les-etats-unis-vont-cacher-leur-propre-mortalite-due-aux-coronavirus


      [......]

      Les rangées de tombes « visibles depuis l’espace » arrivent maintenant aux États-Unis mêmes. Le président du conseil municipal de New York a annoncé avec tristesse que les victimes de l’épidémie seront bientôt enterrées temporairement dans des parcs publics :

      Mark D. Levine @MarkLevineNYC - 1:33 UTC - 6
      avril 2020

      Les familles en deuil disent avoir appelé jusqu’à
      une demi-douzaine de pompes funèbres et n’en
      avoir trouvé aucune qui puisse s’occuper de leurs
      proches décédés.

      Les cimetières ne sont pas en mesure de traiter le
      nombre de demandes d’enterrement et refusent la
      plupart d’entre elles. 4/

      Il n’y a pas que les décès dans les hôpitaux qui sont
      en hausse.
      En moyenne, avant cette crise, il y
      avait 20 à 25 décès à domicile par jour à New
      York. Aujourd’hui, au milieu de cette pandémie,
      ce nombre est de 200 à 215. *Chaque jour*.
      5/

      Au début de cette crise, nous pouvions prélever
      des échantillons sur les personnes décédées
      chez elles, et ainsi obtenir un test de coronavirus.
      Mais cette époque est révolue depuis longtemps.
      Nous n’avons tout simplement pas la capacité de
      tester le grand nombre de personnes qui meurent
      chez elles. 6/

      […...]


    Si certains parlaient d’un taux de décès 2 à 2,5 fois fois supérieur à la normale à New-York, alors que le nombre de morts à domicile l’est en fait entre 9 à 10 fois, combien cela fait-il de morts du Covid-19 ? Il serait de 3 à 4 fois supérieur dans cette ville à celui qui était recensé début avril. On peut se demander si les USA n’avaient pas déjà largement dépassé les 100 000 morts il y a deux semaines.


















  • Analis 6 mai 2020 19:34

    Alors, pour cette mortalité brute de la grippe espagnole, en incluant les plus anciennes (et plus faibles) estimations, je parviens à une fourchette comprise entre 1,57 % (20 millions de morts/ 1,8 milliards d’habitants/ ¾ de la population infectés) et 9,8 % (environ 100 millions/ 1,7 milliards/ 3/5). Si on s’en tient aux estimations plus récentes (minimum 48,8 millions de morts), la fourchette est entre 3,61 et 9,8 %.


    S’agissant de la sous-estimation du nombre de décès du Covid-19, qui pourrait être dans certains cas très grande, voici des données tirées de New-York :

    https://lesakerfrancophone.fr/les-etats-unis-vont-cacher-leur-propre-mortalite-due-aux-coronavirus


    • [......]
    • Les rangées de tombes « visibles depuis l’espace » arrivent maintenant aux États-Unis mêmes. Le président du conseil municipal de New York a annoncé avec tristesse que les victimes de l’épidémie seront bientôt enterrées temporairement dans des parcs publics  :

      Mark D. Levine @MarkLevineNYC - 1:33 UTC - 6
      avril 2020

      Les familles en deuil disent avoir appelé jusqu’à
      une demi-douzaine de pompes funèbres et n’en
      avoir trouvé aucune qui puisse s’occuper de leurs
      proches décédés.

      Les cimetières ne sont pas en mesure de traiter le
      nombre de demandes d’enterrement et refusent la
      plupart d’entre elles. 4/

      Il n’y a pas que les décès dans les hôpitaux qui sont
      en hausse.
      En moyenne, avant cette crise, il y
      avait 20 à 25 décès à domicile par jour à New
      York. Aujourd’hui, au milieu de cette pandémie,
      ce nombre est de 200 à 215. *Chaque jour*.
      5/

      Au début de cette crise, nous pouvions prélever
      des échantillons sur les personnes décédées
      chez elles, et ainsi obtenir un test de coronavirus.
      Mais cette époque est révolue depuis longtemps.
      Nous n’avons tout simplement pas la capacité de
      tester le grand nombre de personnes qui meurent
      chez elles. 6/
    • […...]


    Si certains parlaient d’un taux 2 à 2,5 fois fois supérieur à la normale à New-York, alors que le nombre décès l’est en fait entre 9 à 10 fois, combien cela fait-il de morts du Covid-19 ? Il serait de 6 à 8 fois supérieur dans cette ville à celui qui était recensé début avril. Les USA ont probablement largement dépassé les 100 000 morts.



  • Analis 30 avril 2020 19:32

    @Jean-Pascal SCHAEFER

    Je suis un peu surpris, que vous demandiez ça, car ces sources ne manquent pas (vous-même mentionnez de tels chiffres au début de votre article). Par exemple :


    David M. Morens et Anthony S. Fauci, « The 1918 Influenza Pandemic : Insights for the 21st Century », The Journal of Infectious Diseases, vol. 195, no 7,‎ 1er avril 2007, p. 1018–1028 (ISSN 0022-1899, DOI 10.1086/511989)

    Niall P. A. S. Johnson et Juergen Mueller, « Updating the accounts : global mortality of the 1918-1920 « Spanish » influenza pandemic », Bulletin of the History of Medicine, vol. 76, no 1,‎ 2002, p. 105–115 (ISSN 0007-5140, PMID 11875246, DOI 10.1353/bhm.2002.0022).


    Cela me pose la question du taux de mortalité exact de la grippe espagnole. C’est-à-dire, le taux de mortalité naturel, si aucun des infectés ne reçoit de soin. Suivant les différentes estimations (en ne retenant que les nouvelles, de 48,8 millions à environ 100 millions), elle aurait tué de 2,71 à près de 6 % de la population mondiale d’alors (estimée entre 1,7 et 1,8 milliards d’habitants) ; on suppose que 60 à 75 % de cette population mondiale a été infectée. Même si on tient compte de la piètre qualité des soins d’alors, sa létalité potentielle devait être supérieure.


    S’agissant du Covid-19, il faut tenir compte de ce que les données actuelles sont en-dessous de la réalité, dans la mesure où de nombreux morts ne sont pas pris en compte. Et parfois de beaucoup, comme à New-York (je vais y revenir).




  • Analis 23 avril 2020 22:17

    L’Institut Pasteur et l’Institut Robert-Koch ont évalué le chiffre à un niveau plus modeste, de 20 à 50 millions de morts.


    Je pense que cela montre le niveau de confiance à accorder aux études de l’Institut Pasteur, un des derniers à s’accrocher à des chiffres aussi faibles.

    Alors que de nos jours, les études les plus solidement documentées sont à un minimum de 48,8 millions de morts. Il est vrai que l’Institut Pasteur en est encore à essayer de nous faire croire que le nombre de victimes était plus élevé en Espagne, pays qui ne souffrait pas des affres de la guerre et où les conditions sanitaires restaient meilleures, qu’en France, où les conditions de vie étaient plus dures et les personnes plus fragilisées. Les études les plus sérieuses donnent là encore un chiffre nettement au dessus, de l’ordre de plus de 400 000. La sous-estimation faite par l’Institut Pasteur viendrait-il tout simplement de ce qu’il est français et toujours sensible à la nécessité de perpétuer la désinformation entreprise à l’époque par l’État français ?

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