Dans l’histoire de la science, toutes les théories à contre-courant ayant permis des changements de perception majeurs que ce soit en physique avec Einstein, ou dans d’autres domaines, ont toutes premièrement été dénigrées et qualifiées de non sérieuses.
Cela est dû à plusieurs raisons (liste non exhaustive) :
-la fainéantise comme expliqué dans le commentaire plus haut
-la résistance au changement : quand on est habitué à penser depuis plusieurs années ou dizaines d’années d’une façon, il y a une grande résistance à vouloir changer d’approche sur une thématique particulière, et même si cela se fait, il y a toute une habitude de pensée résiduelle empêchant complètement la conversion intellectuelle pour nombre d’entre eux
-l’incapacité intellectuelle : pour certains il peut s’agir tout simplement d’une incapacité intellectuelle devant un changement de perception conceptuelle nécessitant la formalisation d’abstractions trop complexes, ou des mécanismes d’abstraction (pensée géométrique, matricielle...) que leur cerveau n’arrive pas à intégrer complètement et à maîtriser, ce genre d’exercice pouvant nécessiter un long entraînement et apprentissage. Des scientifiques ayant des capacités artistiques (dessin...etc) ne sont pas égaux à des scientifiques n’ayant pas ce genre de capacités, par exemple, et chaque intellect a ses propres limites cognitives.
-l’incapacité cognitive : pour certains il s’agit d’une incapacité à changer de cadre de pensée, car une fois un cadre bien installé, leurs capacités cognitives ne leur permettent pas d’établir un renversement de valeurs. Cela est valable aussi pour des personnes à fortes capacités intellectuelles, très scientifiques et dont le travail peut être réputé et reconnu, mais traduisant une structure cognitive rigide et dogmatique en arrière-plan.
@ Dudule, voilà bien une forme de dogmatisme dont j’évoquais l’existence plus haut, bien que le vôtre semble à priori modéré.
Quand vous dites que personne ne remet en cause le mécanisme de mutation et rôle de la sélection naturelle, ou personne de sérieux, c’est tout simplement faux, voir les hypothèse de recherche du post-darwinisme sur le lien en fin de commentaire.
La sélection naturelle est tout simplement remise en cause pour parler d’une sorte d’auto-évolution propre à l’organisme, sans nier l’idée de hasard et de phénomènes stochastiques liés à l’utilisation de la mémoire génétique, notion très différente du mécanicisme réductionniste classique de la perception actuelle de l’information génétique, séquencée de manière computationnelle.
Tout est une question d’interprétation et de clarification de la sémantiqueutilisée. Une auto-évolution n’implique pas l’absence de contraintes environnementales, mais ne fait plus de celles-ci la cause principale des directions évolutives prises par l’organisme.
Le néodarwinisme est un réductionnisme scientifique dont la justification réside dans un utilitarisme génétique dominant au niveau de la biologie moderne. Cela ne veut pas dire que cette théorie est fausse, cela veut dire qu’elle est largement incomplète et qu’elle repose sur un pragmatisme empirique, mais sans bases théoriques réellement solides permettant d’expliquer l’ensemble du phénomène du vivant, faute d’une méthodologie générale solide échappant au réductionnisme matérialiste incapable d’expliquer la spécificité du vivant sur la matière non vivante.
@ Maklo, je lisais il y a peu le commentaire d’un scientifique affirmant que très peu de personnes comprennent véritablement et à fond les travaux d’Einstein.
Les intuitions sont souvent très formelles et la mise en mots posent de grands problèmes à la fois d’interprétation, et de communication au sein de la communauté scientifique et au sein de la société lors des processus de vulgarisation.
L’exemple de la théorie du Big-Bang terme au départ péjoratif et dévalorisant une théorie, et qui a été repris pour dénommer la théorie elle-même est assez frappant. On peut remarquer que cette idée d’origine de l’Univers à partir d’un "atome primitif" (extrapolé en "explosion")est très proche de celle d’un créationnisme, et que cette théorie a notamment été décrite par un chanoine scientifique : Georges Lemaïtre.
Dans un autre registre, la théorie des Catastrophes de René Thom, elle aussi, montre que les mots peuvent porter à confusion, catastrophe ici n’ayant rien à voir avec le sens commun de ce terme, mais décrivant une discontinuité de forme, en mathématiques.
Pour revenir sur Einstein concernant la théorie de la Relativité Générale, elle est une dénomination qu’Einstein n’a pas vraiment choisi, puisque ce dernier s’est ressaisi du terme de relativité déjà utilisé par Poincaré en physique à l’époque. Il a reconnu d’ailleurs que son choix n’était pas très adéquat, et que le contenu réel de la théorie est plus de l’ordre d’une théorie des invariants.
Les choix sémantiques et de dénomination des termes en science peuvent constituer des obstacles à la communication et à la bonne compréhension des faits et théories scientifiques.
Sur cette thématique générale, une conférence très intéressante :
Conférence : Mots et Maux de la Physique par Jean-Marc Levy Leblond
"D’autre part, lorsque l’on voit où passe l’argent de la recherche, finançant des activités en collusion avec une industrie spéculative dans le domaine du vivant"
J’ai dit "spéculative", je voulais dire : "spéculatrice"