Dire que Jésus était de gauche c’est dire que Jésus était pour la démocratie représentative... Autrement dit : c’est con.
Par ailleurs je peux vous dire au combien que les termes sociale-démocratie et libertaire ne seront jamais compatibles pour seule raison que le second mot exclut le premier.
Besancenot n’a rien d’anarchiste.... Les anarchistes sont pas des gauchistes et par ailleurs sont en guéguerre avec tout ce qui ressemble à un marxiste depuis bien 130 ans.
Oui, en fait tu as raison. J’ai la fâcheuse habitude de m’expliquer la chose à moi même. J’ai fait un raccourci car dans ma pensée le parti unique, la dictature du prolétariat mène inévitablement à la dictature plutôt qu’au libertarisme. Cependant il me semble que Marx lui même allait jusqu’à avancer que l’anarchisme serait l’étape suivante.
Oui, le communisme libertaire a de forte divergence avec le communisme marxiste. C’est un mélange entre socialisme ( égalité, solidarité) et libéralisme (liberté). Dans le communisme libertaire il n’y a pas de parti et encore moins de candidature parce que dans la conception libertaire il n’y a pas de croyance possible en un Etat mais à l’inverse un désire d’une organisation, de règles sans déterminisme autoritaire exprimé à travers l’autonomie et le fédéralisme (libertaire).
Le 2 mai prochain, 23 millions d’électeurs et
d’électrices auront la « chance » de voter dans les 308 circonscriptions
du Canada pour le candidat ou la candidate de leur choix. D’ici là,
chaque jour amènera son lot « d’engagements fermes » pour nous
convaincre de déposer dans l’urne notre chèque en blanc. Pour notre
part, nous n’irons pas voter. Voici pourquoi.
Face à nous, un ensemble de partis plus ou moins à droite, plus ou
moins à gauche, tous prêts à décider en notre nom et à défendre leurs
privilèges et ceux des gens d’affaires qui les soutiennent. Dans la
chasse à l’électeur et à l’électrice, tout est permis : racolage,
contradictions, demi-vérités, fausses promesses, vrais mensonges. Et
comme on peut le constater, ce n’est pas cette élection qui changera
quoi que ce soit à ces façons de faire.
La légitimité du système parlementaire repose tout entière sur notre
droit d’aller voter. Mais voter pour qui ? Pour quoi ? Pour des machines à
gouverner, pour des spécialistes de la politique qui nous vendent un
programme sans garantie, sans possibilité de retourner la marchandise,
sans possibilité de résilier le contrat avant la prochaine élection.
Bref, on nous demande de déléguer notre souveraineté pour quatre ans,
sans droit de regard sur ce que les politiciens et politiciennes feront
avec. Il y a de quoi se méfier face aux principaux aspirants, à
commencer par les Conservateurs et les Libéraux. On peut dire que ces
deux partis nous en ont fait baver... depuis la Confédération ! Ces deux
cliques s’échangent la barre du gouvernement depuis plus de 100 ans :
pas étonnant qu’ils considèrent la Chambre des communes comme leur
chasse gardée et se présentent comme les seuls garants « responsables »
du pouvoir.
À leurs côtés, jouant les seconds rôles, on retrouve pêle-mêle le
Bloc, le NPD et depuis peu le Parti Vert. Ces partis incarnent tous à
leur façon « l’alternative » face aux dinosaures de la politique et
cherchent à canaliser en termes de votes la colère des électeurs et des
électrices. Vous savez, le fameux « vote de protestation ». Mais loin de
proposer de nouvelles façons de faire, ils répètent ad nauseam
ce qu’ils ont appris ailleurs. D’où vient le Bloc Québécois ? D’un petit
groupe de députés nationalistes dirigé par Lucien Bouchard qui a rompu
avec le Parti conservateur et le Parti libéral en 1990. Comment
gouvernent les néo-démocrates lorsqu’ils remportent des élections
provinciales ? Comme le Parti libéral, dont ils s’empressent de rejoindre
les rangs lorsqu’ils tentent un retour sur la scène fédérale. Et le
Parti Vert ? Sa politique « ni gauche, ni droite » l’amène à proposer
tout et son contraire, en autant que cela permette d’amasser quelques
milliers de voix supplémentaires. Rien de bien nouveau sous le soleil...
À force de regarder ce triste cirque, on devient cynique et c’est de
ce cynisme que se nourrissent les populistes et les démagogues qui, sans
même s’opposer au statu quo, l’alimentent et forgent les opinions les
plus réactionnaires. Face à la menace d’une société de plus en plus à
droite, plusieurs se réfugient derrière l’illusion du « vote stratégique »...
Voter pour le « moins » pire ?
À chaque élection, et peut-être plus particulièrement
depuis le déclenchement de celle-ci, de nombreuses voix progressistes
s’élèvent contre les abstentionnistes : « Si vous n’allez pas voter, ce
sont les Conservateurs qui vont rentrer ! » Selon nous, la stratégie du
moins pire n’est pas une solution : c’est poser la question à l’envers.
L’idée du vote stratégique est relativement simple : un certain parti
est pire que les autres, et notre vote devrait donc aller au parti un
peu moins pire qui a le plus de chance d’empêcher l’élection du premier.
De manière générale, les partisans du vote stratégique ont au moins le
mérite d’avoir compris que le vote n’est pas ce « droit démocratique
fondamental »1
tant vanté par Élections Canada et l’ensemble de la classe politique.
Cette perspective conçoit plutôt le système parlementaire comme une fin
en soi, et le vote comme un simple moyen de minimiser les dégâts.
« Entre deux maux, il faut choisir le moindre », dit le proverbe.
Sauf qu’à force de voter pour le moins pire, on a droit au moins pire.
Et il se trouve que le « moins pire » est de moins en moins raisonnable.
Selon cette logique, un mort vaut mieux que dix, et 10 000, c’est
« moins pire » qu’un million. Nous voilà enfermé-e-s dans le réel tel
qu’il est, sans possibilité d’en sortir. On change la casquette du
capitaine alors que le bateau continue de couler...
Sans compter qu’en votant, on légitime en quelque sorte le système
électoral parlementaire. Élections Canada résume avec justesse cette
nécessité pour la classe politique d’asseoir son pouvoir sur notre
consentement : « La légitimité d’un gouvernement réside dans le fait
qu’il est élu. De faibles taux de participation peuvent mettre en
question cette légitimité démocratique. »1
Et en regardant du côté des taux de participation, on constate
rapidement que les abstentionnistes « gagnent » à peu près toutes les
élections, quoiqu’en disent les médias qui s’alarment chaque fois contre
le cynisme, la paresse et le désintérêt, comme si ce n’étaient pas des
symptômes clairs que ce système ne nous convient pas.
Nous refusons de voir la démocratie2 comme le droit
de donner carte blanche à qui que ce soit quant aux décisions qui nous
concernent. Bloquer les Conservateurs au parlement, ce n’est pas assez,
ce n’est même pas un début de victoire ni même une posture défensive
efficace. Ce sont leurs idées qu’il faut combattre, et sur tous les
fronts, dans toutes les formes qu’elles prennent dans l’espace public et
privé. Comment espère-t-on avoir quelque chance de contester le
pouvoir, si les moyens utilisés sont précisément ceux qui le renforcent ?
Il est vrai qu’on ne peut rester les bras croisés devant l’état des
choses. La montée de la droite populiste et religieuse, les
interventions militaires, le saccage de l’environnement, la
marchandisation des services publics, les inégalités croissantes : pour
toutes ces raisons et bien d’autres, nous sommes poussé-e-s à agir. Ce
qu’il faut, c’est abolir le pouvoir du système politique et économique
qui domine nos vies et remettre de l’avant nos intérêts communs, ceux du
monde ordinaire.
Nous pensons qu’il est indispensable de se réapproprier le pouvoir
politique. En ce sens, nous opposons à la démocratie représentative la
démocratie directe, un processus de décision collectif fondé sur une
organisation horizontale plutôt que hiérarchique. Nous croyons aussi que
la participation dans les mouvements sociaux est le meilleur moyen de
bâtir une société égalitaire.
Des gens et des groupes sont déjà engagés dans cette immense
bataille. Jour après jour, dans la rue, dans nos quartiers, sur nos
campus et nos lieux de travail, on se démène et on lutte contre le
rouleau compresseur du capitalisme et contre l’individualisme égoïste.
On est de plus en plus nombreuses et nombreux à comprendre qu’on
n’améliorera rien en choisissant des maîtres un peu moins terribles.
Cessons de nous faire des illusions, voter n’est pas la solution. Restons dignes, abstenons-nous : le vrai changement ne viendra que de nous-mêmes !