La culture chinoise a historiquement beaucoup moins cherché à dire :
« Cette doctrine est vraie, donc les autres sont fausses », qu’à faire coexister différentes traditions.
Le fameux système des « trois enseignements » (三教) — confucianisme, taoïsme, bouddhisme — en est un exemple. La Chine communiste a, d’une certaine manière, ajouté le marxisme à cette histoire des adaptations, même si elle ne le reconnaîtrait évidemment pas ainsi.
C’est assez proche, paradoxalement, d’une vieille manière chinoise de penser : une doctrine est aussi jugée par ses effets et par sa capacité à maintenir l’harmonie sociale. C’est pourquoi le marxisme chinois contemporain peut être officiellement athée tout en réhabilitant fortement des éléments du patrimoine taoïste et bouddhique.
Le « socialisme aux caractéristiques chinoises » ressemble de moins en moins au marxisme européen classique et de plus en plus à une synthèse chinoise : marxisme + tradition impériale/confucéenne + taoïsme + bouddhisme + nationalisme chinois.
Heureusement il y a quelques tentatives d’association et de sites internet, quelques émissions de télé (dans le Journal de la Santé par ex un chimiste décompose les produits et montre qu’on peut faire soi-même, mieux, plus sain et moins cher) mais ils n’ont pas les moyens ni l’influence des grands groupes.
La Colombie a introduit un label et des infos obligatoires sur les produits ultra transformés, un label de couleur noire pas très rassurant, résultats les achats ont changé et les industriels ont du s’adapter, chez nous on a encore du mal à faire admettre un minimum d’informations sur la vraie teneur des produits.
On achète surtout : des produits sous plastique et cartons colorés, du marketing.
Comment on a abandonné l’alimentation à une « industrie » agro alimentaire, alors que l’alimentation relèverait de la culture, de la santé, c’est tout un ensemble, du coté de la production (liens entre agriculteurs dépossédés, gros syndicats, banques, grosses sociétés de production et de distribution, politique européenne), du coté du consommateur perte du lien avec le local, temps consacré à la cuisine diminué pour diverses raisons, la voiture a permis un achat hebdomadaire groupé, arrivée des hyper marchés généralisée dans les années 70, le travail ne permet plus d’acheter chaque jour,
et encore d’autres éléments, je veux juste dire ce n’est pas un seul facteur c’est tout un ensemble.
Les médiathèques n’achètent que des livres neufs, pas d’occasion, donc il y a des auteurs qui ne sont pas proposés aux lecteurs, parce qu’ils ne sont plus réédités, et qui valent largement une partie de la production actuelle. Je comprends aussi que les auteurs actuels méritent de vivre.
Les médiathèques évitent également les livres polémiques, les politiques, les thèses provocatrices.
Il en est de même pour les libraires qui sont dépendants des maisons d’éditions, sans parler de l’aspect marketing qui favorise certains auteurs. Là on trouve les politiques, mais récents, car ils sont vendeurs
Reste le marché de l’occasion Emmaüs, les bouquinistes et les boites à livre, on trouve des livres très spécialisés qui correspondent à des passions privées, je regrette aussi les particuliers qui ont de belles bibliothèques, mais les livres ne sont pas lus, c’est un élément du mobilier ou de prestige.
J’ai fait pas mal de découvertes, j’essaie de mettre des livres qui m’ont intéressé, mais certains s’en servent comme débarras pour des livres sans intérêt.
Il y a une idée importante chez Polanyi : lorsque nous connaissons quelque chose, nous pouvons intégrer de nombreux indices particuliers sans en avoir conscience individuellement.
Polanyi critique une conception selon laquelle connaître consisterait uniquement à appliquer des règles explicites (ou connaissance analytique).
Ce n’est pas un rejet de l’analyse, c’est une autre dimension de la connaissance.
Nous sommes capables de reconnaître, juger et agir correctement grâce à notre expérience, sans pouvoir expliciter l’ensemble des éléments qui fondent notre jugement.
« Nous savons plus que nous ne pouvons dire."