« Faire un tri », c’est modéliser, classifier, on n’y échappe pas, le refus du modèle devient un modèle.
« Le soufi est le fils de l’instant », ceci dit je n’adhère pas à la vision bouddhiste qui insiste sur l’absence de moi permanent ou de toute forme, ce qui est vrai c’est que toutes les formes sensibles et mentales sont interdépendantes, les écrits sont des réactions à des réactions, mais pour dire qu’il y a changement il faut un point de référence, sur la mer sans que l’on puisse fixer sa position il est impossible de dire si on est immobile on en mouvement.
On peut subdiviser le réel en deux, en trois ou plus,
prenons la tri partition médiévale, esprit (intellect), âme (émotions) corps, le langage va se positionner (son centre de gravité) sur un de ces trois pôles, ou osciller entre eux, mais en général selon les êtres il y a une tendance dominante, c’est à partir de cette tendance que les deux autres pôles vont être interprétés.
Je ne sais pas qui cafouille, je n’ai pas l’impression que vous soyez toujours très clair (ça peut arriver, et il y a toujours une question d’affinité de langage),
en fait j’ai pensé ensuite : je suis, je peux penser, car l’être précède la pensée formelle orientée, on peut être, conscient, et ne pas penser, être par le corps ou les émotions, ensuite « ouvrir » un champ de pensée, mais Guénon reprochait aux philosophes d’être systématiques, c’est à dire de faire des dogmes, est ce toujours le cas ? Non chez Platon, c’est le questionnement qui domine, mais inversement on peut ne pas être satisfait d’absence de réponse définitive.
On distingue dans différentes spiritualités la pensée rationnelle, que peut produire également une machine, et la pensée intuitive (en islam Fikr et Aql, dans le christianisme le coeur est aussi non seulement un lieu d’amour, mais un lieu intellectuel au sens direct, en Chine on parle aussi de coeur/esprit)
Ma réflexion actuelle : si pour Damasio la pensée (rationnelle) est liée à des appels des stimulations du corps ou des émotions, je dirais aussi que la pensée intuitive (coeur) est un éclair qui déclenche (ou non) une suite logique. Mais la suite logique, l’argumentation, part d’un présupposé, une volonté, une orientation, on pourrait presque dire « je suis donc je pense », je suis, libre, sans but particulier, puis je m’oriente et dans mon orientation, je pense (ou je détermine une action liée à une pensée particulière).
Quant au corps si on peut dire qu’il ne pense pas (sauf si on veut le cerveau et uniquement si on réduit la pensée à des impulsions électriques), il a une intelligence globale qui nous échappe, il se construit sans notre volonté, sans cesse il se reconstitue, ajuste les équilibres, la seule fonction qui peut unir la volonté et le fonctionnement « automatique » du corps est la respiration. Il faut aussi mettre la nourriture, le corps non nourri, non hydraté, dépérit et meurt, or c’est notre acte conscient qui nourrit le corps, même si la plupart du temps c’est un routine.
L’intuition peut ou non déboucher sur une réflexion de type analytique, mais elle peut aussi s’exprimer d’une autre manière plus synthétique dans les oeuvres d’art.
C’est quoi le « vrai » nom ? C’est le nom de l’état civil ? Il peut ne correspondre en rien à l’être réel (ou au contraire le conditionne).
De nombreux écrivains, des journalistes, ont des noms de plume, ils témoignent sinon de leur réalité du moins d’une des facettes de leur caractère, ou de leurs convictions, et il peut y en avoir plusieurs.
Alors le masque est vrai ou non, juger sur le contenu ou sur l’étiquette ?