Remarques :
cette histoire est apocryphe, elle serait apparu bien après la mort de Bouddha.
Mais ce qui importe c’est sa signification, le langage ne peut véhiculer tous les sens, je veux dire le langage analytique. Les exemples donnés se référent à un philosophe, hongrois je crois : vous reconnaissez un visage parmi des milliers au milieu d’une foule, mais vous ne pouvez pas le décrire précisément, de même vous savez faire du vélo, mais il faut l’expérimenter.
Ce n’est pas que les informations d’un visage ne puissent être écrites, elles sont encodées dans la reconnaissance faciale par ex, mais le langage courant ne permet pas de les exprimer en détail.
Alors une fleur c’est plus simple, mais l’idée est la même.
Il y a un autre aspect de l’ishara, c’est qu’elle est comprise par celui à qui elle est destiné et pas par les autres, parce que c’est une sorte de clin d’oeil que lui seul comprend.
Je mets un lien vers ce site (bouddhiste mahayana, mais le propos n’est pas de comparer les religions), d’une part parce que les illustrations générées par IA me semblent assez réussies, d’autre part parce qu’il met le doigt sur un type d’enseignement propre aux maitres du soufisme également (peut être un peu comparable aux paraboles christiques) qui est décrite comme « ishara » ou « indication subtile », le point de départ est l’histoire du Bouddha qui tend une fleur à un disciple (je mets le résumé ensuite et quelques remarques) :
Il faut dissocier la spiritualité de la science profane moderne et expérimentale, que ce soit islam, Chine ou Inde, les deux aspects peuvent ou non se combiner, l’islam a au départ encouragé la recherche au sens moderne, puis il y a eu une régression.
« Chaque verset a un extérieur, un intérieur, un »point de départ« commencement et une limite », je traduis librement, attribué à Ali.
Chez Ibn ʿArabī (qui a lui même « expérimenté » le voyage céleste comme certains soufis), les sept cieux ne sont pas simplement des « étages » du cosmos, mais peuvent être compris comme sept degrés de réalité et de connaissance, chacun étant caractérisé par une qualité spirituelle particulière, manifestée par le prophète qui y réside.
Premier ciel, Adam : lié à la connaissance de la condition humaine, de la génération et de la multiplicité.
Deuxième, Jésus et Jean-Baptiste : associés à des formes particulières de vie spirituelle, notamment la miséricorde et la vie.
Troisième, Idrīs (Énoch) : élévation spirituelle et connaissance des degrés de l’existence.
Cinquième, Aaron : douceur, miséricorde et autorité spirituelle (c’est aussi l’assistant de Moïse)
Sixième, Moïse : connaissance, parole divine et confrontation avec les limites de la connaissance.
Septième, Abraham : lié à l’intimité avec Dieu, à la pureté du monothéisme (tawḥīd) et à la station de l’« ami de Dieu » (khalīl Allāh).
Les attributions peuvent varier, c’est juste pour donner un exemple.
Le septénaire se retrouve en Chine, en Inde, dans le judaïsme, toujours à titre d’exemple le septénaire dans l’hindouisme correspond à sept centre subtils de l’être humain, des soufis ont aussi mentionné d’autres correspondances dans le corps, de même en Chine il y a plusieurs systèmes.