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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 11 avril 2011 20:56

    «  »«  »«  Parce que nous vivons dans le monde de la beauté, parce que nous sommes nourris d’elle et que posséder un être qui la possède c’est posséder la vie et la beauté surnaturelle.... »«  »«  »

    Je dirais différemment : Parce que nous vivons notre mort, parce que la beauté ressort comme unique nique à la mort et qu’il vaut alors mieux la posséder soit directement soit par procuration.

    A cette impression naturelle, s’ajoutent encore les indications culturelles congruentes qui font qu’en certains endroits, si la belle part vers un concurrent, on va bien plus à la vitrioler qu’à la tuer.


    En France, la tradition ne porte pas au vitriolage à l’acide. On lui préfère le vitriol des mots, ou la tonte et le déshabillage en public dès que c’est possible.



  • easy easy 11 avril 2011 19:49

    Je comprends que vous ayez voulu, à l’instar d’un Hugo banni, sauver quelque Esméralda de l’opprobre grâce à votre index.
    Je comprends que vous ayez trouvé plus marquant d’offrir aux prostituées le magnificat de Marie.
    Mais comme Hugo, vous séduisez par l’eros et le fantasme. Comme Hugo, vous l’emportez par la forme, le visuel et le sensuel. Comme Hugo, vous nous tenez par le nerf de la concupiscence, non par celui de la raison. Comme Hugo, vous privilégiez le pathos et l’èthos au logos.

    En bon pygmalion, Hugo avait le choix de ses personnages. Il pouvait leur accorder la longueur de cils et de jambes qu’il voulait. Et voilà que pour nous faire aimer une tsigane, il lui accorde le physique qu’il faut pour rendre fou n’importe quel saint. 

    Inversement, Dostoïevski refusait le romantisme et visait la lucidité en conservant un étonnant amour social. Il inventait des personnages qui n’avaient jamais un physique à tomber. On s’intéresse à eux sans chercher à les retrouver dans la vraie vie parce qu’ils sont plus à l’image de nous-même qu’à l’image d’un idéal à arracher des griffes d’un dragon.

    Quand on veut démontrer à travers une émission que la prostitution est une horreur, on ne montre que des laides forcées à 60 passes par jour, prisonnières de décors minables et suffoquant sous des tas de clients piteux. L’image à elle seule fait tout le travail de démonstration.

    Quand on veut démontrer au contraire que la prostitution n’est pas forcément un repoussoir, on montre des femmes très belles, s’affirmant indépendantes et heureuses. Elles sont mobiles. Leurs clients sont sélectionnés et épanouis. Les décors sont valorisants. L’image à elle seule fait là encore tout le travail de démonstration.

    Dans les deux cas on se sera servi essentiellement de l’effet visuel. 


    Un Dostoïevski aura suffisamment de pugnacité pour procéder à un échange image/commentaires. Il montrerait les images d’un reportage méprisant la prostitution et il y superposerait son logos montrant ce que les âmes des protagonistes contiennent d’humain et de commun à tous.





    Je ne sais pas si tonton Magnon était aussi sensible que nous au visuel. Mais tonton Aristote fondait certainement à la seule vue d’une belle et tonton Mitterrand était au moins aussi fusible. Ca ne s’arrange donc pas pour dame raison.

    Arrive alors la question du sphinx : Pourquoi tous les châteaux rhétoriques s’écroulent face à une beauté silencieuse ?



  • easy easy 11 avril 2011 17:03

    Sur ce sujet fort classique, notre ami Hommelibre ouvre le bal avec un des plus gros mots de notre théâtre, le mot Magnifique. Juxtaposé à chat ou cheval ou fleur, ce mot ne déplacerait pas les foules. Mais juxtaposé à Prostituée alors qu’il avait été inventé pour couronner Marie, ça le fait grave sur notre « Boulevard du crime ».

    Ce barouf distrait, mobilise et aide à oublier notre finitude. Merci.

    Il tient de notre prométhéisme, de notre pygmalisme et de notre théâtralisme de désigner qui doit être élu, qui doit être condamné. Et quand il apparaît peu productif d’intérêts de dire qu’Hélène est belle, que la rose ou la Lune est superbe, on en viendra à dire que la prostituée est magnifique. On développera une thèse démontrant que le geste de la prostitution est magnifique en l’illustrant de cas où le corps loué est assurément magnifique. Les spécialistes parleront de synecdoque.

    Le cinéma, la publicité et le pouvoir prostituant énormément les femmes en attirant les plus belles et en faisant d’elles des icônes, on approche du moment où toutes les belles femmes seront des prostituées et par métonymie corps esprit, contenu contenant, il sera établi que la prostituée est magnifique.

    Contrairement aux pays d’où il vient, quand il est porté par des blondes, le voile intégral peut représenter une voie très intéressante pour les femmes qui voudraient clairement relever de la magnificence mariale. Il n’aurait pas existé, certaines d’entre nous seraient en train de l’inventer. Hélas pour nos saintes, elles n’ont pas eu cette bonne idée 50 ans plus tôt, avant l’islamisation de notre pays et maintenant, il est trop tard. Cacher entièrement son corps est désormais irrémédiablement associé à islamisation. Si la bataille s’amplifie, le port du string va devenir l’obligatoire marque de laïcité et la prostitution la meilleure preuve d’engagement républicain.



  • easy easy 10 avril 2011 15:11

    Quel bel exposé !

    Rien à dire sur son contenu mais je préfère considérer autre chose.

    L’homme aurait la particularité d’être conscient qu’il devra mourir. Cette perspective, si elle n’était éludée ou déniée, nous enverrait direct à la dépression. Il nous faut donc des croyances, toutes sortes de croyances pourvu que ce soit très écarté de la perspective de notre mort. Ces croyances, même quand elles sont parfois partagées (croire en la liberté, croire en un Dieu bleu, croire en l’amour, croire aux OVNI, croire aux Rolex) sont finalement uniques, propres à chacun. Chacun ayant son p’tit cocktail de croyances (dont la recette n’est pas forcément figée).

    Pourquoi deux personnes ne partagent jamais exactement le même cocktail de croyances ? Parce chacun comprend que s’il peut exister un miracle d’immortalité, il ne peut pas être collectif et ne peut être qu’individuel.
    Les religions, qui ont proposé une trame de miracle collectif allant jusqu’à parler de peuple élu, n’ont pas su trouver une formule vraiment sûre où tout le monde serait sauvé. Elles n’ont pas su éviter les divisions, les sélections les tris entre les élus et les autres.

    Le besoin de croire en quelque magie d’une part et de croire dans un miracle pour soi seulement, conduit à l’égoïsme. Alors chacun se battra pour la dernière goutte miraculeuse.

    Ce principe de l’ivresse d’un miracle pour soi est très clairement condensé en l’histoire vraie Erzebeth Bathory. Comme elle était riche, puissante et n’avait de compte à rendre à personne pendant qu’elle refusait de vieillir, elle a épuisé le sang des vierges de son pays jusqu’à leur dernière goutte.




    Tant que personne ne saura proposer une vision moins angoissante de la mort, ou une version plus collective d’un miracle, chacun vendra père et mère pour sucer jusqu’à la dernière goutte des énergies.

    L’écologie, la décroissance ?
     
    Elles ne savent pas encore proposer la solution miraculeuse pour tous. En attendant, elles essayent de démontrer qu’il n’y aura pas de miracle individuel.
    Quel peut être l’effet de cette démonstration ?

    On pourrait espérer que son effet sera de pousser chacun à refreiner son vampirisme pour faire durer plus longtemps le Vaisseau. On se tromperait alors. Car, surtout en raison des âges variés des individus, les urgences et angoisses n’étant pas les mêmes pour tous à un moment donné, plus on annonce qu’il reste peu de gouttes, plus on pousse les angoissés à se les accaparer.

    Le mur des peaks est devant nous mais nous ne sommes qu’une toute petite fraction à yourter. 99,9 % d’entre nous refusent la yourte et les Gitans au prétexte que désordre, que poubelles, que cacas. Or, désordres, poubelles et cacas disent notre vérité, notre mortalité, notre finitude. Alors que notre maison toute proprette où tout est plus blanc que blanc, raconte toutes sortes de fables en déniant la mort. Notre sweet home, notre cocon forme le début de notre miracle individuel, notre arche noémique.

    (Les films d’Emir Kusturica disent toujours le désordre, le caca et la mort. « La vie est un miracle » tend à démontrer qu’il n’y a pas d’autre miracle à attendre par-dessus la vie. Le miracle est dans la vie, même en guenilles)



  • easy easy 10 avril 2011 12:57

    Je vais dire deux mots sur l’ONGisme.

    Au départ, il y avait Henry Dunant qui, ayant assisté à la bataille de Solferino, ayant constaté que les blessés étaient abandonnés sur les champs de bataille, avait proposé le principe maintenant bien connu de la Croix-Rouge.

    Parfait. J’admire non seulement l’idée mais aussi la pugnacité, le courage et la générosité de Dunant. Et puis il y a eu Médecins Sans Frontières et la très belle image du bateau hôpital L’Ile de lumière. Très beau tout ça.

    Mais je ne peux m’empêcher de constater que depuis Dunant donc, il y a de plus en plus un mélange des genres lors des conflits et que le résultat est globalement mauvais.

    La chose paradoxale s’est faite progressivement. Depuis un siècle, et surtout depuis 1960, chaque fois qu’un bombardeur part en goguette, il tient compte de la Machine globale dans laquelle la part ONGiste est de plus en plus considérable et considérée.

    Il est impossible qu’un bombardeur ne tienne pas compte de tous les paramètres quand il lance une attaque. Il tient donc forcément compte de l’ONGisme dans sa stratégie et il apprend, au fil des leçons de l’Histoire, à s’en servir (en même temps qu’il apprend à se servir des images volantes)


    Depuis 1945, les guerres sont devenues de plus en plus illisibles, incompréhensibles, interminables. Elles comportent un nombre incalculable d’acteurs, chacun ne connaissant que sa version. Il y a de moins en moins d’uniformes ou il y en a trop. Les populations sont de plus en plus prises à partie. Il n’y a plus de déclaration de guerre et encore moins de déclaration de paix. Et cela pendant que l’ONGisme occupe une place de plus en plus importante.

    Alors ONG complice ?
    Bien sûr que non. Personne, aucun des acteurs de nos putains de guerres modernes n’accepterait d’être considéré comme complice. Ce mot n’est pas du tout le bon mot. Ce n’est pas de la complicité, c’est de la participation de fait. Etant entendu que dans le mot participation, il n’y a pas de valeur de jugement. Un artilleur participe à une guerre, un brancardier, une infirmière, un cuisinier aussi. Et chaque participant est considéré par les amiraux.



    Le fait qu’une ONG participe aux guerres, rend leur lecture encore plus trouble voire carrément schizophrénique. Mais idem concernant l’OTAN. 

    On nous brandit des images de charniers ou de massacres et ça clôt les débats : on ne peut pas accepter ça, il faut impérativement que l’archange intervienne. Bin ça fait 70 ans qu’on intervient sous forme d’OTAN, d’ONU, de Forpronu et d’ONG et le résultat global est très mauvais. 

    Un des pires exemples de ce mauvais résultat est ce qui s’est passé au Rwanda. 
     

    Inversement, la guerre des Malouines où il n’y avait que deux acteurs sur place n’a fait que 1000 morts, tous militaires. Elle n’a duré que deux mois et s’est soldée par une fin de conflit très nette.
    La guerre Chine Tibet, s’il n’y avait pas eu la participation de la CIA, n’aurait duré que 3 jours et n’aurait fait que 100 morts. 



    Il y a deux terrains de prédilection des ONG, les catastrophes naturelles (dont les famines « naturelles ») et les guerres. Elles devraient renoncer à participer aux guerres. La guerre est une horreur en rouge et noir. Pour la détester, nous devrions cesser de l’arranger de blanc et d’archangisme.

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