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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 8 avril 2011 15:29

    Ouille !

    Interdire les mensonges graves ?

    Bonjour la détermination des limites alors !




    Il peut paraître anodin de dire « La Lune est belle » ou « Tu as de beaux yeux » ou « Quel con ! » ou « Il portait un pull-over rouge » mais c’est en réalité bien plus conséquent que ça en a l’air.

    Quand on dit « La Lune est belle » on invente ou perpétue ou récupère un concept d’esthétique. Et pourquoi invente-t-on cette idée qu’un caillou puisse être beau ? Il y a une intention derrière cette invention. L’intention est d’installer à peu de frais un climat plaisant, admiratif dont on pourra récupérer quelques effluves. C’est pour ça qu’on ne dit jamais à quelqu’un qu’on déteste « Regarde comme la Lune est belle »

    Il serait impossible de punir toutes nos visées, tous nos stratagèmes, tous nos procédés, tout ce qu’on dit, sans nous obliger au silence absolu.




  • easy easy 8 avril 2011 14:54

    La religion, qui nous vient pourtant des âges superstitieux, avait pas mal conçu son bidule. 

    Le républicanisme de 1789 et de 1880, dans son empressement à démolir les vieux concepts, a eu l’impression d’avoir cerné tous les cas de figure. En fait elle se retrouve depuis des décennies, constamment prise à revers par ses fondamentaux. (L’égalité, la liberté de parole, la propriété privée, la protection de la vie privée, ...)

    Le cas Zemmour vient de nous prouver les limites de la liberté de parole.

    Le cas Cantat nous prouve que le révolutionnaire avait pévu qu’un pharmacien meurtrier revienne à son métier après avoir purgé sa peine, mais n’avait pas prévu qu’un jour, tant de gens puissent avoir comme métier celui de faire applaudir les foules sur leur personne et leur personnalité.
    Robespierre n’avait pas prévu non plus qu’un artiste puisse se faire acclamer sur des scènes internationales, même très lointaines mais, grâce a l’écran, sous les yeux de ses nationaux ainsi que ceux de ses créanciers ou victimes.

    Dans la religion, aucun domaine n’échappe à l’Oeil.
    Dans le laïcisme, l’art n’a de comptes à rendre à personne. Un artiste peut donc par exemple tuer la fille très pudique d’une famille catholique et, après avoir purgé sa peine voire pendant, exposer un bocal contenant un crucifix noyé dans son urine ou écrire une chanson dont les paroles en... le christ. (En revanche, il ne devra pas en faire autant avec un emblème de ce laïcisme, avec un drapeau tricolore par exemple)


    Là, on approche du moment où, si JL Trintignant apparaît en public à Avignon (sans Cantat donc), il serait hué par des gens trouvant qu’il aurait dû se faire petit.





  • easy easy 8 avril 2011 13:51

    .

    J’adore la question que pose le cas Cantat.

    J’adore tous les cas qui se produisent régulièrement et qui questionnent quelque chat endormi.

    On a tous les cas d’homos qui veulent être parents qui nous interrogent soudain sur une question inimaginable.
    On a tous les cas d’enfants à conceptions artificielle qui nous posent des question impensables il y a peu.
    On a tous les cas curieux que provoque l’islamisation.
    Il y a mille cas inédits qui bousculent notre chat ronronnant.
    Et le cas Cantat fait partie de ceux qui nous réveillent en pleine sieste.


    Ce n’est pas la première fois qu’une personne ayant tué est acclamée. Cantat est même le moins tueur de tous les rois, princes et dictateurs qui ont toujours été applaudis par une partie considérable des gens alors qu’ils avaient tué par milliers.

    Mais avec Cantat, qui n’a jamais tué qu’une seule personne et dans un cadre d’emballement, on a un meurtrier applaudi nonobstant ce meurtre. Si Crassus a été applaudi après avoir fait crucifier des milliers de gladiateurs révoltés, c’était quasiment pour avoir commis ce massacre. Idem pour Alexandre le Grand et le vainqueur d’Austerlitz.
    Dans le cas de Cantat, personne ne l’applaudit pour son meurtre. On l’applaudit en ne tenant plus compte d’un meurtre qu’il avait commis.

    On se retrouve donc bien face à la question assez classique du devenir d’un criminel et à laquelle il était jusque là répondu « Il a payé sa dette à la Société. Il peut être considéré nonobstant sa faute » 

    Et c’est à l’occasion de ce cas extraordinaire qu’on découvre les limites de ce nonobstant qui résulte de la laïcisation.

    La difficile et laborieuse laïcisation avait porté sur tous les domaines de notre vie, dont celui de la Justice.

    Dans la conception religieuse de la justice, il y a une obligation du fautif, non pas à purger une peine de prison, mais plutôt à s’amender par un comportement désormais moins orgueilleux ou mieux encore, réparateur.
    Dans la conception laïque de la Justice, il est considèré que la purge de la peine tourne la page de la faute pour ouvrir celle du nonobstant. La République solde les comptes sur le champ. Très sûr de lui, le républicain, a considéré que toute faute se résout par une incarcération de durée limitée ou perpétuelle, voire par une décapitation, non par l’observance d’une attitude civile améliorée.

    Dans le concept religieux, tout est dans l’Oeil qui voit tout et nous suit partout. En religion, un fautif doit donc essentiellement se comporter mieux face à cet Oeil ubique et permanent.
    Dans la république, il n’y a plus d’Oeil. Il n’y a plus que le regard tout immanent d’un jury.

    Or Cantat, à part d’avoir privé des gens d’une actrice appréciée, n’a pas nui à une république. Il a surtout nui à une famille et c’était à elle de déterminer les termes de l’impossible dette.

    La république avec son laïcisme est loin d’être la panacée.



  • easy easy 8 avril 2011 12:47


    On a beau dire, l’air détaché, qu’il faudra bien mourir un jour, personne n’apprécie cette perspective et hormis quelques rares lucides, nous préférons tous parler-penser d’autre chose.
    Nous faisons donc vivre des dérivatifs très théâtraux qui nous distraient de la mort et qui tiennent forcément de quelque mieux, magie, chance ou miracle. D’où les différentes voies de réalisation de soi qui tournent toujours autour d’une certaine thaumaturgie.
     

    Alain Delon irait plutôt au physique pur sous la forme de « Toute femme que je touche sera sauvée ».

    Richard Branson irait plutôt à sauver la planète entière par le biais de ses réalisations technologiques. Son regard ne porte pas trop vers l’arrière, vers le passé.

    Christophe Lambert irait à offrir une chance de plus à des petits groupes de personnes. Il n’est pas du genre à créer quelque chose ab nihilo. Il préfère nettement sauver et améliorer ce qui existe déjà. Il adore transformer une citrouille en carrosse (de la thaumaturgie au pygmalisme, il n’y a pas l’espace d’un chas d’aiguille) 
     
    De ces trois voies, celle qu’avait longtemps empruntée Lambert et qui tient le plus de la fraternité, me semble être celle qui génère le plus de profondes déceptions.

    Delon peut toujours considérer qu’il a rendu des femmes heureuses, ça ne sera jamais infirmé de façon flagrante.
    Branson peut toujours se dire qu’il aura enthousiasmé le monde avec ses machines, ça ne sera jamais invalidé.
    Par contre ce qu’a fait Lambert, à savoir sauver des PME ou soutenir des projets de business, aura clairement prouvé les limites du travail en équipe et des bilans comptables.
     
    Avec ce livre, il essaye probablement de donner vie à une formule plus intimiste et intellectuelle à la fois. Il signale encore avoir eu besoin des encouragements d’un ami pour finaliser cette oeuvre mais c’est tout de même enfin un pur produit -éternel- né de lui seul.



  • easy easy 7 avril 2011 18:57

    Quant à coopérer avec une mentalité d’indépendant mais au sein d’une grosse coopérative capable de produire de grosses choses, ça me paraît impossible. Car dans une chaîne de production, si chaque maillon le peut, s’il est donc irremplaçable, il fait chanter les autres. Une chaîne de production ne peut pas fonctionner avec des maillons irremplaçables. Et si les maillons sont remplaçables, on revient au salariat.


    Rien que dans une entremprise familiale où chacun des trois frangins est précieux en même temps que juridiquement irremplaçable, c’est le foutoir dès qu’il y en a un qui décide de faire la grasse matinée un mardi matin.

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