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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 6 avril 2011 15:23

    Ou alors j’ai p’tet escaladé la montagne par le versant le plus subjectif.
    Et je ne me suis pas du tout ennuyé.

    Jules Ferry l’avait compris, le meilleur moyen d’ancrer les esprits dans la république et d’en finir avec les incessants retours à la monarchie, consistait à éduquer les esprits dès l’enfance mais en lumière laïque pour faire au moins contrepoids au catéchisme.

    Comme j’ai passé mon enfance dans un pays où grouillent les fantômes, j’ai été formé au surnaturel et au métaphysique. A la veillée, les gens racontaient toujours des choses étonnantes mais invérifiables, tu m’étonnes. J’y croyais.
     
    La nuit je faisais des cauchemars et quand mon père arrivait, je lui disais avoir vu un fantôme (ce qu’il pouvait très bien répéter à des tiers, entretenant ainsi le mythe). Car je le sais très bien, je n’ai jamais vu de fantôme, j’ai cru en voir.


    J’ai cependant été fantôme.
    Ayant vu que Quick et Flupke effrayaient leur quartier en tirant des casseroles attachées à une ficelle, j’ai entrepris de toucher les esprits de deux superbes voisines que je n’osais pas aborder. Une nuit, j’ai enfilé mon kimono de karaté et j’ai démarré un sprint dans la rue en partant de notre maison et en tirant un tintinnabulant attelage de boîtes métalliques. Visant à bien jouer le fantôme, le regard face à la piste, ne regardant donc pas du tout vers les filles, j’ai couru, j’ai couru en me répétant « Je suis un fantôme, je suis un fantôme »
    Parvenu devant chez elles, ivre de mon auto suggestion, j’ai soudain eu l’impression d’être devenu un fantôme et j’ai été saisi de panique. La peur de ma vie.

    (Les filles m’avaient reconnu et avaient ri de ma bêtise)

    Des histoires dans le genre j’en ai des centaines au compteur.

    Comme tout ça s’est passé dans un pays très lointain et que je suis arrivé à 15 ans dans une France à Concorde, à centrales nucléaires et à « Pas de géant pour l’humanité ». Comme ici on ne parlait pas à tout bout de champ de fantômes et qu’on allait plus au soucoupisme, je suis vite devenu expert en soucoupes en tous genres. François de Closet qui, à l’époque, était un des princes du soucoupisme (il ne s’en vante pas aujourd’hui et tout le monde l’a oublié) et que je rencontrais dans ses conférences OVNIennes en savait moins que moi. Etant entendu, que je savais surtout et uniquement ce que je n’avais jamais vu par moi même de la chose mais que je répétais dans la plus grande ferveur.

    Comme j’avais très facilement fait une première apostasie sur des croyances fantômistes pourtant solidement ancrées dans l’enfance, j’ai trahi sans trop de difficulté mon soucoupisme 1 an après en avoir été un docteur. 


    Gamin, j’avais à participer à des séances de « table qui tourne ». Dans une version un peu différente. On dessine les lettres de l’alphabet et les 10 chiffres sur la table ronde et chacun pose son index droit sur un bibule glissant (un couvercle de confiture ou plutôt un coeur taillé dans une planchette et doté de 3 punaises en guise de patin glisseur)
    On baisse la lumière de la pièce et on appelle un mort. « Momo, si t’es là, fais OUI ». Immanquablement, le coeur se met à bouger, il se déplace sur la table et sa pointe va s’arrêter devant le O. La soirée se passe de lettre en lettre pour le plus grand ravissement des participants. (Qui n’y jouent cependant pas tous les soirs, curieusement)

    En fait, ces séances de spiritisme servent à aborder des sujets tabous du genre « Tu crois que Martine est amoureuse de Jacques ? » « Tu crois qu’oncle Léon n’a pas été empoisonné ? »

    La force nécessaire au déplacement d’un coeur de bois est de 4 grammes. Lorsque 4 doigts sont posé sur le coeur, en toute neutralité, il se produit fordément un moment où les 3 grammes que Paul exerce malencontreusement vers l’ouest, s’ajoute au gramme que Maryse exerce aussi malencontreusement vers l’Ouest et le coeur se déplace alors vers l’Ouest. Ca c’est en toute neutralité, par exemple entre gens qui ignoreraient que le coeur est appelé à se déplacer.

    Dans le spiritisme, comme chacun souhaite que le coeur se déplace, chacun veille à accompagner le moindre premier mouvement (et s’il ne se produit vraiment rien au bout de 4 secondes, chacun va secrètement lui donner un ti coup de pouce très innocent et les autres suivront. Mais entre accompagner et aider le fantôme, il n’y a qu’un gramme de différence. Chacun cherchant à ne pas fatiguer le fantôme, chacun est diligent à l’aider et, dès la troisième minute de jeu, le coeur file à toute vitesse d’une lettre à l’autre pour indiquer que tonton Léon a été « ampoissoné » (car le fantôme fait beaucoup de fautes, sauf si les participants sont agrégés de lettres)

    Milgram aurait dû étudier ce genre d’humanités.


    Il y a 20 ans, alors que je ne jouais plus du tout avec les planches de fakirs ou les cuillères pliées, une amie a commencé à me faire part de curieux phénomènes qui se produisaient chez elle. Inutile que je vous les décrive, ouvrez n’importe quel bouquin à f comme fadaises et ce sera pareil. Or ces phénomènes se produisaient dans l’appartement de mon amie uniquement quand son nouveau et jeune ami était là. (Elle avait 65 ans et ce garçon 27). Comme mon amie parvenait à obtenir des messages de la part de ma mère défunte grâce à la présence de ce jeune compagnon, elle le qualifiait de médium.
    A l’époque, je n’avais pas compris qu’elle cherchait ma caution afin de déculpabiliser de coucher avec ce garçon. J’avais bêtement entrepris de faire vivre à mon amie exactement les mêmes phénomènes étranges mais en ma présence, l’autre médium étant absent.

    Une fois que je lui eus exécuté tous les numéros de son gigolo (lustre qui balance, boîte à musique qui démarre, porte qui se referme, messages qui apparaissent sur son ordinateur...) sauf le début d’incendie, je lui ai expliqué comment je m’y étais pris pour lui donner l’illusion de surnaturel.

    C’est alors que la soirée a tourné au vinaigre. Elle a été très contrariée par mon entreprise de démystification. Et au bout de 15 minutes, face à ses résistances, j’ai soudain compris la vérité sur ces conneries. Il y a des gens qui ont besoin d’y croire et il ne faut surtout pas les déranger dans leur trip.

    Hier, Sandrine Lagorce avait publié un papier sur le surnaturel. Je le suis abstenu de tout commentaire.

    Et ici, je ne suis intervenu que pour papoter avec quelqu’un qui ne semble pas avoir besoin d’espaces libres.

    Les espaces métaphysiques sont des espaces de liberté où il n’y a aucune règle ni standard alors que l’espace du lucide est limité par la perspective de notre mort.



  • easy easy 6 avril 2011 12:55

    Ca fait plaisir de lire quelque chose qui ne relève pas de l’esbrouffe.

    Vous avez, de manière fort concise, fait le tour de la question sécuritaire.
    J’ajouterais un point que j’ai constaté.

    Plus on est dans une machine réputée de haute technologie, plus les considérations de garage à vélo ou de placard à balai sont méprisées.

    J’ai régulièrement vu des cas où un sous-sous-sous fifre du nettoyage se plaignait à son chef, de la présence de musaraignes, de limaces, de furets...Le sous-sous fifre, se sentant très ridicule de déranger des responsables importants pour si peu, hésite même à glisser l’info en fin de réunion, quand les docteurs sont déjà en partance vers quelque autre importance. Et finalement personne ne voyant le moyen de se faire mousser en parlant de la présence de rats ou de cafards, le problème est zappé.

    Or la présence de bestioles dans des endroits où elles n’ont pas été prévues provoque toujours d’incroyables pannes.

    Dans un hôpital parisien, plusieurs mois après la rénovation des combles, il y a eu une série de pannes. On a passé un temps fou à tout recontrôler. Mais on considérait toujours que les câbles passés derrière les cloisons étant entiers, sans jamais de raccord, ils étaient forcément OK. Ce n’est qu’après avoir absolument tout retourné dans tous les sens qu’on s’est décidé à démonter les cloisons. On a alors découvert un problème qu’on n’avait pas du tout imaginé. En montant les cloisons trop rapidement, les plaquistes avaient enfermé des rongeurs qui, affamés, s’étaient jetés sur les gaines des câbles, provoquant toutes sortes de courts-circuits aléatoires ou permanents.



  • easy easy 6 avril 2011 12:17

    Oui Gaijin,
    Pitas manichéise trop le débat alors qu’Erik essaye de trouver une voie médiane entre

    «  »«  »«  »« Les uns, partisans du « tout va bien » ou du « il en à toujours été ainsi » justifient leur position par le fait que les évènements sont sur médiatisés et que les réseaux de communications planétaires permettent, de nos jours, une instantanéité de l’information qui engage l’émotionnel et marque davantage les esprits. Les autres, angoissés par tant de remue ménage planétaire, sont prompts à interpréter ces désastres successifs comme les signes annonciateurs d’une fin des temps proches et se jettent sur tous les diseurs de bonne aventure ou les oiseaux de mauvaises augures »«  »«  »«  »«  »«  »

    Mais croyant bien faire, Erik propose qu’on se fonde sur la science statistique, en foi de quoi il nous propose comme si c’était le Graal, un graphique à la con. Ce graphique c’est ma vieille chienne qui l’a pondu le WE dernier qu’elle s’ennuyait et je n’imaginais pas que quelqu’un allait le reprendre.
    C’est n’importe quoi un tel graphique si on ne liste pas très précisément les catastrophes qui ont été comptabilisées.


    La science, ça se pratique à fond et dans une seule discipline siouplé, ou ça ne se pratique pas. Mais mouliner de science quand dans sa vie on n’a jamais eu besoin d’un comportement scientifique pour gagner sa vie, c’est du bidonnage. Nous sommes dans un cirque où à peine 200 000 personnes pratiquent tous les jours une véritable démarche scientifique pendant que 10 millions d’épiciers, de dessinateurs et de philosophes de la 25ème heure moulinent de scientisme.

    Erik ne doit pas nous présenter, comme pierre angulaire de sa thèse, un graphique que ma chienne peut inventer.

    D’une façon générale, les discours se polarisent toujours. Si d’un côté il y a ceux qui se posent en docteurs de la métaphysique, leurs contradicteurs sont bien obligés d’y aller eux aussi de robes et de manches pour se présenter comme docteurs du rationalisme. 
    Et on se retrouve tous ballotés entre ces deux rochers.

    Et pendant ce temps, le simple bon sens et surtout la perception personnelle et virginale des choses sont délaissés, méprisés, ignorés.

    On laisserait un enfant grandir tout seul sur une île, une fois devenu adulte, il y a des chances qu’il se méprenne sur la rotation du soleil mais jamais il ne concevra de fantômes ni de miracles, ni de mensonges, ni de complots, ni de théâtralisation...

    Si par « miracle » l’un d’entre nous, étanche à tout bourrage de crâne, dit quà la suite de 70 ans de vie, il n’a jamais vu de fantômes ni observé une recrudescence de catastrophes naturelles, il sera catégorisé parmi les sceptiques, les Cartésiens, les adorateur du Vidal, les thuriféraires Claude Alègre.

    Réunissons 100 personnes de 70 ans et de tous horizons, dans une salle. Demandons-leur de poser noir sur blanc, preuve à l’appui, ce qu’elles ont directement observé soit de surnaturel soit de plus catastrophique au fil des ans.
    On n’en récoltera rien qui soit théâtral, spectaculaire. Chacun aura beau s’efforcer de se rendre intéressant en sortant quelque aventure étonnante mais au fond, rien, il n’y aura rien d’extraordinaire.

    C’est tout le temps, des milliers de fois par jour que des centaines de gens sont rassemblés, ne serait-ce que dans des gymnases suite à une catastrophe, et où ils ont le temps de parler, des s’échanger leurs expériences. Et bien leurs plus grandes découvertes tournent surtout autour de recettes de cuisine et de tisane.
    Si ce que je dis est faux, les maisons de retraite seraient prises d’assault par tous les journalistes du monde. Des milliards de vieillards ne désirant rien de plus que livrer leur expérience de la vie, ce qu’ils ont vu d’épatant mais, rien, rien de rien.

    C’est aussi des milliers de fois par jour que des docteurs de toutes sortes affirment, devant des foules attentives, qu’ailleurs, en d’autres temps etc, des gens ont constaté que, ont vu que, etc.

    Moi j’ai vécu 10 ans dans un pays où selon des millions de docteurs, il y a des millions de fantômes mais ni moi ni mes frères n’en avons jamais vu.
    Et quand je témoinge de mon expérience devant des gens qui ont envie de croire aux miracles d’essence divine, ils m’accordent toutes les obédiences et politiques possibles mais ne me reconnaissent jamais de simple et bête bon sens.

    Je crois ce que je vis ? Alors je suis classé rationaliste, thomiste, laudateur de Descartes, borné, insensible, Vidaliste, criticiste, logicien (que certains confindent avec logisticien) ...



  • easy easy 6 avril 2011 10:57

    Oouppss « catilinaire »

    Je ne m’y ferais jamais, ce mot me fait trop penser à catastrophisme



  • easy easy 6 avril 2011 10:54

    Ouille. Encore un qui débarque !

    Cher Pitas, Avox est un webpilori où chacun vient faire ses catalinaires contre quelque moulin.

    Grâce à la Toile chacun peut s’en donner à coeur joie de théâtraliser en permanence contre quelque pouvoir qui le rapetisse et l’humilie. Là, vous apparaissez fort contrariant dans le jeu des sursaut égotiques et vous serez forcément descendu en flammes par la foule.
    A Versailles faut se placer côté Roy, dans la rue côté Molière.

    Tu m’étonnes que le grand écart ait été inventé ici.

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