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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 1er avril 2011 19:49

    M’enfin bien entendu Krocodilo, les gardes Suisses, mercenaires donc, étaient disons très attachés ou patriotes.
    Mais je ne suis donné du mal pour expliquer que leur cas de mercenariat était très particulier. Tellement particulier qu’il ne faudrait pas partir de leur cas pour en conclure aussi vite que vous l’avez fait que le mercenariat peut toujours être aussi fiable.

    Il y a d’abord à réaliser comment est foutu notre Château des transcendances (Carte Christique + carte croisadiste (qui n’est pas la même chose) + carte chevaleresque (qui est un peu similaire à celle de la carte croisadiste) + carte patriotique (très récente) + carte de la fidélité amoureuse + carte de la propriété (récente) + carte raciste (en perte de vitesse) + carte xénophobe (en prise de vitesse) + carte consumériste + carte écologiste + ...) 

    Puis réfléchir à ce qui se passerait si l’on retirait la carte patriotique de ce Château en considérant non pas l’assurance que les mercenaires seront portés ou motivés par une fidélité mais qu’au contraire, il ne seront attachés qu’à l’argent et les fantasmes qui y sont associés (qui sont énormes) .


    Tiens, je vais vous indiquer un fait qui va vous y faire réfléchir. 
    Comme autrefois les pays étaient donc petits (en tous cas dans la tête des gens), quand les princes guerroyaient, ils poussaient évidemment les populations à se rassembler sous leur bannière. 
    Dans un bled donné, comme en Libye en ce moment, un jour on était sous la bannière du prince Jean et un autre jour sous celle du prince Charles. 

    Comme les princes ne trouvaient pas une astuce pour coincer les gens dans leur camp, il y en a eu de très malins qui ont offert à leurs sujets de porter leur nom de famille princière. Comme cette affiliation par décret royal semblait productive d’intérêts et évitait à chacun de passer pour un ennemi du roi, tous se sont portés « volontaires » pour porter désormais le nom du roi. 
    Ainsi, lorsque quelques années plus tard un autre roi venait envahir la région, les gens portant le nom du roi attaqué ne pouvaient pas retourner leur veste et étaient donc obligés de résister à l’envahisseur jusqu’au bout. 

    C’est dans cette idée que de tas de peuples ont marqué dans leur corps un signe d’appartenance à un clan. Ce n’est pas pour rien que dans le monde, tant de gens se marquent de façon quasiment indélébile, ne serait-ce que par la langue toujours caractérisée, parfois au village près, à la téci près.



  • easy easy 1er avril 2011 18:03

    Bien trouvé, bravo cher Bernard !


    Mais je trouve cocasse que ce qui est une invention à vos yeux, ressorte tout compte fait plus crédible, plus sensé aux miens (surtout si l’on ramenait les 6 mois d’isolement à un seul mois) que ce qui est vrai à vos yeux et que vous nous servez les autres 364 jours.





  • easy easy 1er avril 2011 17:36


    Bien trouvé, bravo Sylvain !


    Bon, si l’on devait examiner sérieusement cette question, on découvrirait que les Français, après avoir bien entendu les réticences de leurs professionnels du tourisme, conviendraient assez facilement de rendre ce cadeau. 

    A Bordeaux, capitale française de la Traite négrière, les Bordelais se sont séparés de tout ce qui évoquait cette ancienne gloire. Alors qu’il y avait partout, des sculptures, des peintures, des objets témoignant de la force des Bordelais, il est désormais difficile d’en trouver des traces
    S’il reste bien ici et là une grotesque à tête de nègre, on vise encore à débaptiser les rues portant les noms de négociants que la Traite avait enrichis.

    Dans le cas de notre obélisque, on est un cran plus éloigné de la problématique de la colonisation mais, ça sent tout de même l’anomalie. Depuis les hauteurs de l’Unesco, on peut considérer que les cadeaux de chefs-d’oeuvre anciens sont des erreurs à corriger.
    (je rappelle qu’offrir une belle mangue à l’empereur de Chine, quand on était ambassadeur étranger, suffisait)

    Si donc on convenait de rendre notre obélisque, il faudrait tout de même réfléchir à une solution plus pratique de substitution. Soit on calcule que le retour est facile et on le fait, soit on le trouve trop dispendieux et on préfèrera une solution plus amusante qui témoignera de ce retournement. Si donc c’est plus économique (en énergie par exemple) on y sculptera sur place et nous-mêmes un autre obélisque, hyper ressemblant grâce à quelque procédé moderne de reproduction à un détail amusant près. Détail qui témoignera pour l’Histoire de ce retour in situ effectué de bon coeur et de bon sens à la fois.



  • easy easy 1er avril 2011 16:26

    Vous n’ambitionniez pas de raconter l’histoire du mercenariat mais vous avez incité les lecteurs à croire qu’un mercenaire ne posait pas de problème de retournement.

    Or le premier problème qu’il pose est précisément le retournement.

    Dommage que vous ne connaissiez pas davantage l’Histoire. Vous comprendriez que le patriotisme est un concept très récent que sous Saint Louis ou sous Louis XIV, les gens du peuple, les bourgeois, les gens d’église, ignoraient. Les gens d’un village ne se permettaient pas d’aller à la messe dans l’église du village voisin. le « pays » était tout petit dans la tête de chacun. Les gens n’avaient de souci protecteur qu’envers leur village, guère au-delà. Jamais une partie populaire de la France ne s’est levée le cul pour libérer une autre partie populaire de l’Hexagone puisqu’il n’existait pas. La France n’a jamais fait le coup des Benghazis, des civils d’une ville arpentant le pays dans tous les sens pour libérer d’autres civils.



    Vous ne réalisez pas que si nos soldats tiennent le coup en Afghanistan c’est qu’ils sont dopés au patriotisme. Du matin au soir on leur bourre le mou avec les sacrifices des anciens du régiment, de Jean Moulin, de Guy Môquet, etc. C’est pour ça que nos navires portent des noms de sodats patriotes et c’est pour ça qu’on organise nos coûteux défilés militaires.

    (La France a donné a deux cuirassés le nom d’un corsaire, Jean Bart, car d’Anglais (Dunkerque était aux anglais) il était passé Français sous Louis XIV et avait toujours combattu de son côté.) 

    A l’instant même où à Paris on décidera de passer au mercenariat, nos gars en Afganistan vont se mettre à chialer. Ils seront alors relevés et remplacés par des mercenaires qui ne se sentirons attachés à la France que dans la mesure où un salarié de Carrefour est attaché à cette entreprise.



    Je ne dis pas que le patriotisme est bien ou mal, je n’en juge pas. Mais je dis qu’on fait actuellement beaucoup de choses en son nom (dont le fait de voter et de parler français), qu’il soutient énormément d’autres croyances et que plus on s’éloigne des deux guerres mondiales où tant de gens sont morts en son nom, plus il est fragile.


    Moi je ne suis pas forcément opposé à ce qu’on enterre le patriotisme mais je déplore qu’on le fasse sans mesurer la quantité énorme de choses qu’il soutient depuis qu’il est né.



  • easy easy 1er avril 2011 15:45


    La mercenarisation des armées est un fait.

    Mais je vois, dans votre introduction, un raccourci hyper rapide entre la privatisation et l’exemple des gardes Suisses.

    Le Vatican est le seul Etat strictement religieux et dont la religion se voudrait pacifiste (même si elle a toujours su s’arranger de ce principe). Cet état avait besoin d’une garde essentiellement civile pour repousser un gueux ici, un exhibitionniste ou un voleur là, rien de plus.
    Sauf à quelques occasions où ces malheureux gardes en hallebarde se sont retrouvés face à des masses armées, ils n’ont pas vocation à défendre la place à mort et encore moins à attaquer.

    Les jeunes qui s’y engagent espèrent à raison y passer leur vie sans jamais avoir plus à faire qu’à retenir un trublion par le bras. Malgré le confort de cette mission, le garde Suisse jure de toute sa foi une fidélité absolue à son employeur-dieu.

    Et on n’aura donc jamais vu un garde Suisse trahir. Au point que leur mercenariat est devenu paradoxalement un symbole de fidélité.

    Concernant les samouraïs, qui eux risquaient vraiment leur vie, ils s’engageaient auprès d’un shogun et devaient mourir avec lui. Il y a eu des cas de défection mais le traitre était alors forcément considéré comme traitre absolu auprès de son nouveau maître.






    Dans les terres antiques ou en France classique, on a une tradition de mercenariat très marquée et gérée de manière massive, non individuelle. Des bandes passaient d’un maître à un autre pour un sol de plus ou de moins sans que ces retournement ne choquassent personne.
    En France, la continuité était marquée par l’aristocrate, non par son soldat et Le grand Condé pouvait mettre ses troupes au service de qui il voulait. 


    Là, nous sortons de deux siècles ou la fidélité des armées allait de soi (à quelques exceptions près). Si l’on souhaite passer au mercenariat, il faudra se départir de nos assurrances patriotistes qui s’abreuvent de quelque sang impur et creuser la question de la fidélité car le mercenaire pourra girouetter, c’est dans son principe. Fini les levers de couleurs, fini les trompettes aux morts, fini la minute de silence...

    Dans les entreprises paternalistes un employé se faisait une gloire de ne jamais travailler pour un concurrent, les Japonais ont été les derniers à perpétuer cette tradition mais c’est fini. Tous les employés tournent au plus offrant et ce sera pareil pour les soldats.

    Outre les incidences « techniques » que posent les retournements ou les « On reste si le salaire est doublé » la mercenarisation des armées fera s’écrouler ce qui reste des transcendances patriotiques.

    Ce qui n’est pas forcément un mal.

    Les transcendances patriotiques sont bonnes quand il faut donner du sens à ceux qui doivent se lever en masse pour défendre leur patrie, mais chacun, du roi au quidam, peut aussi les utiliser de façon perverse pour attaquer quelqu’un au loin. A la limite, un touriste français se ferait égorger au bord du Nil, certains invoqueraient une transcendance patriotique pour bombarder l’Egypte.


    Blackwater est trompeur. Par leur origine et leur mandataire, ils donnent aux Américains l’illusion qu’ils sont et resteront dans leur camp. S’il s’agit d’anciens soldats US autrefois prêts à mourir pour la bannière étoilée, les Américains ont raison. Les Blackwartermen ne tortureront que les pakomnous. 

    Mais ce cas particulier de Blackwater ne pourra pas être toujours reproduit. Au fil des décennies, il n’y aura plus d’anciens soldats patriotes. Il n’y aura plus que d’anciens mercenaires aux valeurs toutes centrées sur l’argent, qui n’a pas d’odeur.

     
    Alors que les Américains jouissent en ce moment du fait qu’une équipe de mercenaire torture et zigouille du niac sans qu’il ait de comptes à rendre à quiconque, Ils laissent la porte ouverte à la possibilité que dans quelques temps, d’autres mercenaires torturent et zigouillent du redneck sans avoir de compte à rendre à quiconque.

    En effet, il y aura les mercenaires qu’on avouera payer, dont on portera alors une certaine responsabilité et ceux qu’on paiera en douce. En ce moment, ça les démange les Archanges de la coalition de payer des types pour qu’ils conduisent des opérations noires en Libye et ailleurs.


    Remettre à plat les transcendances n’est donc ni bien ni mal mais il faut s’attendre à ce que tout effondrement de transcendance ait des répercussions en domino dans le Château de nos transcendances. La privatisation de l’armée peut par exemple affecter la notion d’héritage. Ca peut donc aussi affecter la notion de propriété, de jus soli, de Droit, d’identité nationale, d’amour paternel et filial, d’un nombre inimaginable de valeurs.

    Un chef qui prétendrait aider son peuple à recouvrer du sens aux choses ne devrait pas privatiser le verger des transcendances.

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