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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 2 avril 2011 14:19

    «  »«  »"

    Réseaux sociaux, symptômes d’un monde en perte de repères humains«  »«  »


    Antienne et calembredaine.


    C’est quoi un repère humain ?
    C’est quoi cette chose placée en sujet-titre et dont on déplore pour la millionnième fois la perte mais qui n’est même pas d’abord définie ?




  • easy easy 2 avril 2011 13:50

    Il vous semble, comme il semble à la majorité des internautes militants, que les tyrans volent le pouvoir.

    C’est assez vrai qu’ils le volent surtout aux autres voleurs. Mais il est également vrai que les gens n’y voient pas trop d’inconvénients.

    Un type qui pend 100 000 personnes pour s’emparer du pouvoir choque moins qu’un type qui fait ses courses à poil. 



  • easy easy 2 avril 2011 13:11


    Superbe idée de sujet que vous avez eue là, Bruno.

    Mais je ne partage pas votre sentiment.

    Posons que pour juger objectivement de la chose il faille examiner 100% des films et peser toutes leurs proportions de représentativité, de réalité.
    Posons que ni vous ni moi ne pouvons nous lancer dans un tel boulot.

    Alors vous et moi avons des impressions qui résultent de l’échantillon de cinéma que nous avons vu.

    Je ne trouve pas valable de critiquer une thèse en partant dans le « Mais vous avez oublié ceci, cela... »


    Mais quand je vois les deux Largo Winch menés par un Juif-Arabe dans un rôle où il y a 40 ans on aurait plutôt placé Delon ou Belmondo, j’ai du mal à abonder dans votre sens.
    Il est possible que ce film soit un contre exemple trop parfait à votre thèse. Il est possible que Tomer Sisley n’y soit pas à sa place, qu’il y soit invraisemblable. Mais quid alors de Safari où Kad Merad tient un rôle dans lequel on n’imagine pas trop un pakomnou. Je trouve au contraire qu’on frôle le moment où Crocodile Dundee sera joué par Kamini.

    Mais attention, là je parle d’attribution de rôle à des Beurs dans des films qui ne représentent pas la France.
    Peut-être espérez-vous des films représentant la France avec sa diversité à la fois de rôles (méchant/gentils ; riches/pauvres ; instruit/analphabète...) dans lesquels la distribution des rôles serait également représentative.

    Je veux bien admettre que la France historique, par exemple post 1850, fasse trop peu de cas des immigrés (dont les premiers étaient surtout présents dans les zoos humains et dans les champs de bataille) mais je trouve, certes avec un certain retard, qu’ils sont représentés. Indochine, l’Amant, équilibrent assez bien. Dupont la Joie, Indigènes aussi.
     
    Le défaut d’Indigène serait qu’il focaliserait soudain trop sur les combattants pakomnous alors qu’il aurait mieux valu que dans tout film de guerre on y vît la présence de quelque pakomnou en juste proportion de nombre et de qualité.
     

    L’activité (positive) du textile, du Sentier, a été très bien représentée avec la série de Vérité si je mens. Mais il y avait déjà eu les impacts des films avec Roger Hanin.


    L’activité (positive) de l’informatique est régulièrement représentée par quelque asiatique Jaune ou Indien dans les rôles de virtuose du clavier.

    L’activité (positive) du gardiennage, de la sécurité est correctement représentée par des balaises noirs.

    L’activité (positive) de la restauration exotique est également régulièrement présente et correctement représentée.

    L’activité (positive) de la santé , où il y a beaucoup de médecins pakomnous, me semble incorrectement représentée

    Au total, je ne vois de manques que dans les retracements historiques antérieurs à 1980 et dans les activités du bâtiment, de la santé et de la culture.

    Alors qu’il est notoire que la part réellement occupée dans la culture par les pakomnous est importante, le cinéma n’en témoigne pas. Mais il est vrai que le cinéma n’est pas porté à parler du théâtre, de la peinture, de la chanson, de la muséologie, de la sculpture, de la littérature, de la philosophie, de la sociologie.
    Ca fait que quand d’aventure le cinéma nous montre un archéologue installé en 2010 rue Cuvier ou Buffon, ce n’est hélas jamais un pakomnou. Les conservateurs et contributeurs du patrimoine français sont parfois des pakomnou mais ils ne sont pas visibles au cinéma.

    La discrimination est certes parfois faite par le cinéma mais elle est surtout faite en amont, dans la réalité. Sur scène, on peut confier le rôle d’Esméralda à une Beurette mais on ne lui confiera pas le rôle du Cygne et c’est assez logique. On ne va tout de même pas confier le rôle de madame Butterfly à une blonde. 



  • easy easy 2 avril 2011 11:47

     
    Le Penseur de Rodin était en activité intellectuelle comme l’était Da Vinci quand il dessinait ses machines. Mais il s’agit là d’une activité intellectuelle autonome où l’on fouille en toute solitude dans ses propres tiroirs mnémoniques pour en tirer de quoi composer un bouquet, un vélo ou un repas.
     
    La conversation développe une activité intellectuelle de bazar, de vide-grenier, qui nécessite donc au minimum un interlocuteur. En conversant, on expose aux autres les contenus de ses tiroirs, on regarde ceux des autres, on troque. Parmi ces objets qu’on échange, il y a les objets utiles, les objets sentimentaux, les bijoux de famille, les médailles, les objets fêlés, les objets spéciaux qu’on ne montre qu’aux intimes (ceux qui sont censés ne pas nous dénoncer à la Police).

    Tant qu’il n’existait pas d’autre exutoire à ce besoin de bazarder que la véritable conversation, les gens se débrouillaient avec leurs parents, avec leur conjoint, leur maîtresse, leurs collègues, avec les Puces, avec leur chien, leur tortue, leur poisson rouge, leur confesseur, leur dieu, leur nombril, leur verre, leur miroir et leur brosse à dent.

    Après le journal et la radio, la télé avait offert un nouvel exutoire où chacun avait l’impression qu’à tout moment on s’adressait à lui, on lui proposait des bidules et des machins. Il était le chaland d’un très grand bazar et passait son temps à l’arpenter. Il s’y sentait certes attendu mais il ne pouvait pas y vider ses propres tiroirs.

    Avec Internet c’est la totale. Sur les trottoirs de l’immense souk virtuel, s’alignent en permanence et à l’infini les stands de chacun. Stands qui prennent toutes les formes, des plus condensées et fixées que sont les blogs aux plus diluées et éphémères que sont les chats. Les forums comme AVox qui se situent entre ces deux architectures ressemblent beaucoup aux véritables Puces de Clignancourt (mais il y manque un bar).


    Depuis quelques années, on parle de fracture. Ce mot, comme tous les mots, semble précis à l’oeil mais son champ sémantique ne l’étant pas, il devient fourre-tout. Dès qu’on sent un hiatus avec quelqu’un ou plutôt avec un vague groupement, on qualifie cette distance de « fracture » sociale, générationnelle, politique, électronique, numérique... 

    En réalité les coagulats ont toujours existé et leur vocation est de constituer une différenciation, une rupture. Quand une personne est fixée par son identité physique et patronymique, elle ne peut trop changer de groupe sans risquer d’être taxée d’apostasie ou de traitrise. Mais quand une personne peut bazarder sous une burqa ou un avatar, elle peut plus facilement changer de chapelle. A la suite de l’anonymat des urnes, l’anonymat du Net favorise les ravalements de façade, les déplacements de stand, le nomadisme intellectuel, esthétique et éthique de chacun. On vote nucléaire le matin et au soir de Fukushima on hurle contre les nucléocrates pour se faire plusser. 

    Il n’y a pas plus de fractures aujourd’hui qu’autrefois, il y a surtout une accélération des mutations technologiques qui rendent les sauts plus fréquents et donnent l’impression qu’il n’y a plus de continuités. 

    Il y a pourtant une continuité : le principe d’évolution, le principe de mutation, le principe de changement. Il y a toujours eu des changements, des fractures, et il y en a encore. Les choses changent toujours, il n’y a donc pas de changement (Là je fais plaisir à JL qui me veut sophiste)
     
    Si les changements apparaissaient positifs aux yeux de tous, on n’utiliserait sans doute pas le mot fracture qui péjore le changement. Seuls les anciens pétrifiés par quelque Méduse péjorent le changement qui leur impose de la souplesse. T’imagine bien que ce farceur de Léonard Da Vinci n’aurait pas eu l’idée de péjorer les changements. 

    Tiens prenons l’orthographe, méta symbole de continuité, de rigidité sur la forme et la manière.

    A la lecture de ce papier de notre ami Sdabir, les Bledosaures qui exposent sur leur stand des livres de grammaire et leur diplôme de francé vont avoir le poil hérissé et auront envie de dénoncer sa mauvaise forme, sans rien dire sur le fond du coup. Hier, j’ai vu un de nos plumitifs descendre en flamme un intervenant au motif qu’il faisait plein de fautes et cela sans dire un mot du fond (qui était pourtant au moins aussi consistant que le texte commenté).

    Or (sans H ni S s’il vous plé, pitié !) s’il est avéré que nos Poilus écrivaient d’une belle écriture toute propre et sans fautes, il n’est pas aussi certain que les trentenaires de 1980 écrivaient aussi proprement. C’est qu’avant le Net, on n’écrivait pas beaucoup ou toujours les mêmes choses « Client, facture, client, facture, dette, école, EDF, bonne année et meilleurs voeux ». J’ai eu l’occasion de constater que les trentenaires de 1960, de 1970, de 1980, de 1990, quand ils devaient ouille ouille ouille, écrire quelques mots sortant de leur ordinaire, étaient à l’ouest. 

    La conversation via le clavier révèle une dysorthographie qui n’est pas forcément nouvelle pendant que le vocabulaire à connaître aujourd’hui est certainement deux fois plus étendu que celui d’un Poilu. (Takavoir la brouettée de vocabulaire nucléocratique qu’on vient d’apprendre tous ensemble. Et que je te file un Sievert tout neuf et que je te refourgue ce corium que je viens de trouver)

    Et parce que la majorité des gens ne font pas métier de leur orthographe, parce qu’ils accordent alors plus d’importance au fond qu’à la forme, ils zappent sur les F les S et les R, sténotypent et pratiquent le smiley, le SMS, le morse, le braille, tout ce qu’ils peuvent pour aller au plus vite au fond. Et dès que ces fondistes forment une masse critique, les autres, plus formalistes, sont bien obligés de les tolérer pour commercer. Ainsi, de proche en proche, le monde bascule vers le sabir et bien des milliardaires du Big Bazar écrivent « hors » au lieu de « or ». (moi, je ne sais pas écrire « une tribue » sans e) 

    [ Et là j’ai zappé sur les conditions de saisie sur clavier, qui sont parfois très acrobatiques, qui peuvent se faire en pleine branlette ou sous les bombes]

    [J’ai zappé aussi le fait que pour la première fois de l’Histoire, quasiment tous nos amis schizophrènes, paranos, borderline, peuvent bazarder dans le même websouk, sans aucune discrimination particulière]

    On ne fait pas de révolution sans lui sacrifier quelque chose du passé. Le sacrifice de l’académisme est le tribut que l’on doit apporter au clavardage. Ce sacrifice marque un changement, une fracture de plus, rien de plus.



  • easy easy 1er avril 2011 20:50



    Tiens un autre élément de réflexion.

    A la suite de Louis XIII et du cardinal de Richelieu, Louis XIV a poursuivi la politique d’unification de la France non pas autour de la notion de patrie ni même de territoire malgré la carte Vauban, mais autour du Roi, tout simplement du Roi.
    Il s’agissait donc de profiter du travail de son père et du cardinal pour maintenir les princes en état de très grande infériorité par rapport à lui.

    Il a donc très centralisé le pouvoir royal de sorte que chaque prince devait plier le genou pour obtenir quelque cordon (de bourse)
    Comme à force d’inflation des demandes, il ne disposait plus assez de cordons, il a inventé les cordons virtuels, les privilèges à la con, ne donnant droit aux heureux élus qu’à lui lécher le cul.

    Versailles était déjà un formidable moyen de tenir les princes par des privilèges non sonnants mais il avait créé une marche de plus en faisant construire le château de Marly alors que Versailles n’en était encore qu’à ses premières fêtes.
    Marly était censé être le lieu de détente du roi. Il avait fait limiter à 60 le nombre de ses invités qui logeaient alors dans de petits pavillons, les plus proches de la chambre royale était les plus chanceux.
    Il était si difficile de faire partie des invités de Marly que les aristos de Versailles, quand ils avaient l’occasion d« y croiser le roi, pliaient le dos et suppliaient »Sire, Marly...« Des centaines d’aristos ont passé leur vie à espérer en vain d’y être invité.

    Mais ce n’est pas tout.
    Comme un aristo pouvait en venir à snober les Marlys et ne plus supplier le roi d’y être invité, il était notoire que le fait de ne pas dire »Sire, Marly..« valait à l’orgueilleux les royales foudres. Même si on n’en avait rien à foutre des Marlys, on était obligé de constamment supplier le roi d’y être invité.

    Le plus long règne de l’Histoire de France sans aucune fronde princière.
    (le patriotisme du peuple étant inutile, inexistant et aucunement considéré)

    La fidélité à la patrie étant un concept très neuf, ce concept se nourrissant du sang des »morts pour la patrie" et enfantant du devoir de poursuivre le même geste gratuit, les mercenaires qu’on embaucherait ne l’auront pas forcément.

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