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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 31 mars 2011 19:25

    Je vois que vous êtes un garde, un héritier de Nabuchodonosor, de Verdi ou au moins leur thuriféraire, que vous avez leur chapelle à défendre et qu’ici les mécréants n’ont pas leur place.

    Les remugles de l’empire autro-hongrois me faisant moins de souci que les sushis japonais, je n’ai effectivement rien à faire ici. Veuillez demander qu’on efface tous mes commentaires 

    Avec mes plus plates excuses







    Bin désormais quand j’entendrai du Verdi ou un italien, je décamperai d’abord et je me demanderai pourquoi après.



  • easy easy 31 mars 2011 16:48

    «  »«  »«  »Cependant il y a aussi une autre constante qui fait souffrir les peuples c’est la disparition de la culture au profit d’une pseudo culture, cela a été souvent dénoncé, et sans culture il ne peux y avoir d’alternative politique puissante.
    «  »«  »«  »« 

    Bonjour Jako


    Si l’on considère qu’à notre époque, une poltique puissante prendrait en compte, au moins en partie, les problématiques mondiales, de quel endroit, de quel moment, de quelles circonstances, pourrait-elle surgir ?

    Etant posé que par puissante on entendrait : porteuse d’espoir.

    Avant Stravinsky et Freud, les plus grandes problématiques strictement inter humaines étaient les dominations/asservissements massifs pendant que les problématiques de l’individu étaient ignorées.
    A un esclave unique, Verdi ne savait rien apporter en termes d’espérance. Il était d’envergure politique et ne voyait à traiter que les problématiques des masses d’humiliés à qui il savait apporter l’espoir.
    C’est qu’une masse possède des caractéristiques qui dépassent la somme des caractéristiques des individus qui la constituent. Son temps est sans fin, son âge est indéterminé, sa culpabilité, son innocence aussi. La masse échappe au jugement et sait très bien s’entendre pour se considérer beaucoup plus innocente et dans les papiers de Dieu, que coupable et damnée.

    Quand un chef, politique ou d’orchestre, prend l’initiative d’organiser à l’intention d’une masse, un moment avec des points d’orgue très précis, pour qu’elle pleure sur elle, il fait forcément mouche car personne ne refuserait de profiter de cette parenthèse offerte à son innocence.

    Ce soir là, à part Berlusconi, tous les autres s’offraient un moment d’innocence. 

    A partir de ces communions autour d’une innocence et victimisation partagée, il ne reste plus qu’à proposer de passer à la colère et à partir du même coagulat surgira la politique forte en  »Restons unis autour de notre innocence mais ne pleurons plus, brisons plutôt nos chaînes et tuons le coupable"

    Tant qu’il existait une possibilité de réaliser ces communions, se dessinait ce qu’on appelle une vraie culture. Une vraie culture se caractérise en ce qu’elle offre toujours un support possible dans le décor, dans le thème, dans l’intrigue, dans la musique, à une communion massive.


    A partir de Stravinsky et Freud, pendant que certains ont commencé à explorer non plus les horizons océaniques mais le plus profond des intimités à la recherche du secret de l’innocence et de la culpabilité, de grands prêtres ont organisé d’immenses et dernières messes où, après avoir pleuré ensemble, on a coagulé de colère rouge et noire. 

    Deux énormes guerres en résultèrent. Signant la fin de Verdi et Wagner.

    On se retrouve avec Stavinsky et Messiaen qui ne cherchent plus à faire pleurer. Ce ne sont plus des Gros et des David qui témoignent de la guerre en sublimant les gestes et en soignant les éclairages mais des Picasso et des Kandinsky qui refusent d’arranger la réalité, talonnés qu’ils sont par les photographes et cinéaste qui livrent la réalité toute crue.

    Et ce qu’on voit alors de ce qu’une masse d’innocents en colère est capable de faire, nous dégoûte définitivement des messes.

    C’est la fin des politiques fortes surgies de messes.



    Après Hiroshima et Nagasaki, dans le fil du Sacre du Printemps, apparaît le butoh qui ne peut en aucun cas rassembler des gens et les faire pleurer d’innocence à 22h09. 
    Tout ce qui se fera après les rapports photographiques des guerres modernes et après la désintégration du noyau, excluera qu’on se tienne la main en pleurant. L’individu est renvoyé à lui-même, à sa solitude, étant prouvé qu’on ne peut décidément rien tirer de bon de ses coagulations. Toute la musique, la peinture, la sculpture dira la désintégration et la mort de l’espoir.

    Le mur écologique n’ayant évidement rien arrangé à l’émergence d’horizons soudainement finis.


    Certes, nous pouvons encore nous retrouver devant un Muti livrant du Verdi et en pleurer en nous embrassant, mais l’effet ne sortira guère de cette salle qui n’est désormais plus qu’un vaisseau offrant quelques nostalgiques et éphémères retours dans le passé.


    Nous decouvrons que nous sommes dans une nasse que nous avons tissée. Il n’y a plus d’espoir. Chacun accuse son voisin mais en vain car plus personne n’est clairement le seul coupable. Chacun se précipite pour faire valoir qu’il est victime mais on ne sait plus de qui de quoi. Victime, innocent, ces mots n’ont plus de sens. 
    Il n’y a donc plus de culture possible.



  • easy easy 31 mars 2011 12:48

    Bien pensé, bien dit R/K



  • easy easy 31 mars 2011 11:55

    Jako dit, « vivement la même en France » 

    Cette soirée Muti-Verdi-Sconi était un des moments les plus émouvants qu’un public puisse vivre et j’aurais aimé y être.

    Mais l’évènement est conçu, fait et vécu pour rester limité à cette salle, à cette soirée. Il est également fait pour être raconté et faire fable. L’évènement peut servir de point d’appui à un discours de sursaut national mais il ne peut pas aller au-delà de sa symbolique. Cette soirée n’est pas un programme, ce n’est même pas une doléance précise, c’est juste un point d’orgue d’un sentiment d’humiliation que vivent les Italiens.

    L’humiliation que ressentent les Italiens, les Français la ressentent aussi mais pour d’autres raisons. Idem pour les Allemands, les Chinois, les Japonais. Nous subissons tous des humiliations différentes.

    Hormis les différences de cas et de personnes, il y a depuis 30 ans, et ça c’est inédit dans l’Histoire, un dénominateur commun à nos humiliations. Nous partageons l’effarement de la découverte que nous sommes dans une nasse tissée par nous-mêmes.

    Parce que beaucoup de Terriens ont désormais l’oreille sensibilisée à Verdi, Nabucco peut nous rassembler tous en une géoséance de larmes très émouvante mais ce sera pour pleurer sur notre sort de maîtres-esclaves, de piégeurs-piégés et nous tenir la main pour marquer notre communauté de désespoir.

    Ca ne constituera toujours pas un programme pour sortir de cette funeste perspective dans laquelle il n’y a pas d’autres méchants que les victimes. Un programme peut jaillir de cette fraternité doloriste mais il reste entièrement à faire...



  • easy easy 31 mars 2011 11:20

    J’ai eu plusieurs restaurants. Mes enfants étaient bien élevés komondi, ce qui n’est en rien un indice de valeur absolue.

    Assez tôt dans ma vie, sans doute parce que j’étais né Eurasien coincé entre deux camps ennemis, ne sachant jamais qui était le Cow-boy, qui était l’Indien, je n’ai pas été porté à juger. Je peux avoir le sens de la Justice, éprouver des sentiments d’injustice et de révolte (contre la torture sous toutes ses formes et ça ne manque pas) mais juger constamment juger, juger d’abord, juger toujours, je ne sais pas faire.

    Je ne suis pas le seul à m’intéresser à l’Histoire, mais n’ayant pas d’obligation atavique à me positionner dans tel ou tel autre camp, je l’arpente dans tous les sens avec plusieurs jeux d’optiques différents dans ma besace, ne jugeant que rarement. Quand Crassus ordonne une décimation de ses légions qui ont échoué à vaincre Spartacus, ça me fait froid dans le dos car je suis de 2010 mais je reviens à considérer qu’il était de son temps (même si de tous temps il y a eu des gens considérant que les tortures, tueries et mises en esclavage étaient folies). A force de m’habituer à ne pas juger, ma maison est faite de briques qui ne condamnent personne et je ne me sens donc jamais obligé d’accuser. Cette Histoire que je ne juge pas, c’est -300 000, c’est - 500, c’est 1300, c’est 2011, c’est aujourd’hui. 

    Quand je donne un peu d’exercice à mon sens de l’accusation, je ne vois d’autres coupables que nous, je ne vois d’autres victimes que les coupables.


    Là, on me proposerait de soigner le stridulateur que vous mentionnez, je répondrais que ce n’est pas celui qui me préoccupe le plus. 

    Quand un doigt me désigne une lune qui se voit très bien sans doigt, ce qui est très, très courant, je comprends qu’il a envie qu’on le regarde, ce qui n’est ni mal ni bien.

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