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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 5 avril 2011 12:42




    Ce que vous dites est pertinent mais

    «  »«  »«  » Pourquoi avoir fait le choix de vous rendre à Sendaï, ville frappée par le tsunami à seulement 80 km de la centrale en perdition ?
    “C’était une marque de solidarité sur le terrain, c’était montrer qu’on n’a pas peur, qu’on n’envoie pas des cartons par avion.” «  »«  »"


    La perversité était dans la question, dans la photo, dans la publication de la question, de la réponse et de la photo.

    Sommes-nous sains et saints d’exiger que nos pronucs aillent désormais camper entre les réacteurs cassés quand à l’évidence leur présence n’aurait pas d’autre utilité que de satisfaire notre reptile ?



  • easy easy 5 avril 2011 12:19

    Je laisse les philosophes jouer de cette aimable pelote.
     
    Sur un tel sujet, ya moyen de considérer la situation de façon plus pragmatique.

    Ce qui s’est passé à mes yeux, c’est qu’au départ chacun construisait entièrement son arc et qu’un jour, un gus a monté le sien en utilisant une corde fabriquée par un autre. 

    Nous sommes tellement habitués à utiliser des outils fabriqués par d’autres que nous avons un mal fou à nous imaginer la pensée des premiers hommes. 
    Je pose l’hypothèse que si Michel avait vu Bernard tuer un ours avec un silex et que ce silex était tombé de la poche de Bernard, Michel l’aurait récupéré en considérant l’outil fiable. Et l’aurait donc utilisé. 


    Si cette hypothèse peut sembler plausible, il faut tout de même bien garder à l’esprit qu’il n’allait pas forcément de soi que la récupération de l’outil d’un autre fût profitable. Le cannibalisme n’allait probablement pas toujours de soi sur la Planète et même dedans, il n’allait pas forcément de soi que la récupération du coeur ou du foie de quelqu’un était profitable. (On a assez souvent retrouvé des objets fabriqués avec des dents ou os de bêtes mais pas avec des ossements humains)

    Alors il n’allait pas forcément de soi de récupérer la grotte, la hutte, les armes, les poteries d’un autre. C’est peut-être pour ça qu’on aura laissé tant d’objets dans des tombes. C’est peut-être pour ça que le vol est très tabou et que l’échange est très codifié, formalisé. C’est peut-être pour ça qu’il ne vient à l’idée de personne de récupérer le gri-gri d’un mort.
     

    A l’origine de l’humanité, il y avait donc très probablement de grandes réticences à monter son arc avec une corde faite par un autre. D’où ce premier principe qui est commun à tous les peuples primitifs, hormis une certaine division des tâches entre les sexes et les âges, chacun sait tout faire et maîtrise la fabrication entière de ses outils. D’où une autre constante : le fils hérite des armes du père, seul susceptible de lui fournir quelque chose de fiable. 

    Le concept de machine apparaîtrait alors avec la civilisation où il y a division des tâches et spécialisations. 

    Mais alors que les philosophes ont adoré disserter sur la division du travail avec l’objectif de critiquer la société qui en résulte, ils se sont peu attardés sur ce qui en résulte dans la psychologie de chacun, sur les mises en résonnances éventuelles des colères de chacun et les hystéries qui en résultent. 

    Schématisons.
    Dans le village A, tous les habitants fabriquent entièrement leurs armes. Il y a une attaque de méchants et beaucoup de villageois subissent des déboires du genre corde qui casse. A la fin de la bataille, chacun est blessé et considère ses armes, ses erreurs de fabrication, ses propres négligences, ses fautes stratégiques. Il règne de la tristesse mais le village meurtri est silencieux. 


    Dans le village B, les gens se spécialisent et les armes résultent donc de l’assemblage de composants fabriqués par plusieurs. Là encore il y a une bataille, là encore il y a des blessés et des rescapés qui considèrent les défaillances de leurs armes composites. Mais cette fois, le village n’est pas du tout silencieux. Il bruisse de mille reproches croisés, de mille procès, de mille disputes, de mille rancoeurs et de mille menaces de vengeance. « La corde que tu m’as fournie s’est cassée » 

    Dans le village A, une zizanie pouvait naître du fait d’une stratégie de défense qui aurait été proposée par un Alfa, qui aurait été appliquée et qui aurait échoué. Mais au moins n’y aurait-il eu qu’un seul sujet de dispute et un seul accusé : Cette stratégie et cet Alfa. Alors que dans le village B, plus civilisé, les reproches portent sur mille sujets.

    Pourquoi les hommes ont-ils, à un moment donné, choisi la spécialisation malgré la forte zizanie qui peut en résulter ? Parce qu’elle a permis, malgré quelques cordes cassées et des procès, de remporter des victoires écrasantes sur les hommes qui ne s’étaient pas spécialisés. 

    Si chaque spécialiste fait son métier avec grand soin, chacun peut faire confiance aux autres comme il se fait confiance à lui-même. La société produit alors d’énormes machines, elle est plus puissante et victorieuse. Ses membres sont plus satisfaits, se cherchent moins des poux sur la tête et contiennent les hystéries. 

    Mais si la division du travail devient si complexe qu’il devient impossible de tracer les responsabilités, alors c’est la porte ouverte aux acteurs de peu de moralité. Quelque part dans la très longue chaîne de fabrication d’une machine, se glissent deux ou trois personnes sans scrupules qui introduisent de la mélamine à la place du lait et c’est la catastrophe, la fin de la chaîne de confiance, le début de la parano et des grandes hystéries. 



  • easy easy 5 avril 2011 10:24

    J’apprécie ce papier qui évite la théâtralisation.

    L’argument de ce genre de calcul me semble spécieux. Hormis les éventuelles erreurs fondamentales qui auraient été commises en logique statistitique, je crois qu’il ne faut pas que nous, les quidams, nous confondions l’intérêt des actuaires à effectuer ce genre de calcul et le nôtre.

    Pour établir le risque de naufrage d’un paquebot, un actuaire va essentiellement considérer l’historique des paquebots précédents qui lui sont comparables et va ajouter quelques paramètres de sécurité spécifiques au bateau calculé (sa vétusté, sa modernité, ses trajets..).Et ce calcul ne servira qu’à établir le montant de la prime d’assurance.

    L’actuaire n’est pas un voyageur.



    Le voyageur veut bien qu’il y ait un risque puisqu’il sait très bien qu’il y a toujours eu des naufrages, mais il se moque que ce soit du 0,0007 ou du 0,3. Ce qu’il veut c’est que l’accident soit pour une autre fois, quand il ne sera pas à bord.


    Chaque fois que nous prenons la voiture, nous convenons d’accepter le risque d’accident et nous plaçons alors notre vie entre parenthèses, le temps de ce voyage. Une fois arrivés à bon port, ouf, nous respirons et nous nous détendons. Et ce sont ceux qui voyagent qui prennent le risque d’en mourir.

    Avec les centrales nucléaires, il n’y a pas de ouf, pas de détente et même ceux qui ne savent pas comment ça s’écrit peuvent en crever (sans aucune chance d’indemnisation). Et le comble c’est que ce sont les générations suivantes qui auront à subir les accidents, les radiations des déchets et les dépenses (d’amortissement d’emprunt ou de démantèlement)



  • easy easy 2 avril 2011 21:01

    Bonsoir Je-fe

    A la question que sont ces « repères humains » que nous perdons, vous répondez

    «  »«  »« Il ne s’agit pas d’UN repère, mais bien de repères (au pluriel) humains. Beaucoup de choses en fait font ces repères. Au niveau du groupe : la culture, l’histoire, la religion, le sexe, etc... Au niveau personnel, ces ingrédients entrent également en compte, mais on doit y ajouter avant tout l’expérience personnelle »«  »« 

    C’est bien vaste. En fait c’est tout alors. Et nous serons donc en train de Tout perdre. 

    Nous perdons l’Histoire ?
    Alors qu’au moment où nous parlons, sur les réseaux sociaux, il s’écrit 4 millions de choses qui se disent sur l’Histoire qui est en train de se jouer aux 4 coins du monde. Nous sommes moins portés sur Histoire verticale, stratifiée, que sur l’Histoire horizontale mais le volume d’Histoire que nous traitons sur les réseaux est énorme et jamais auparavant, en une journée d’échanges épistolaires, il ne s’en disait autant, sur autant de détails (vous voulez des détails sur les armements qui font l’Histoire de cette semaine ? Je vous en trouve des encyclopédies sur les réseaux)

    Nous perdons la culture ?
    Jamais, je n’ai vu circuler autant de vidéos sur les chansons, sur les opéras, sur les ballets, sur les films. Jamais dans l’Histoire on aura autant fait circulé et exposé autant de tableaux, de sculptures. Certes sous forme de reproductions sur écran LCD mais je ne sache pas que Louis XIV, qui savait 40 façons de peler une poire, ait eu la moindre idée sur les Bouddhas de Bamiyan, le moteur à explosion ou les pyramides Incas. Cet ignare ne savait même pas où était New York 

    Nous perdons la religion ?
    Et à cause des réseaux sociaux ? Pas à cause de la Révolution ou de Jules Ferry ?
    Alors que partout dans les réseaux on évoque les racines judéo chrétiennes pour rejeter je ne sais quel pakomnou à la mer, comme sous Charles IX ?

    Nous perdons le sexe ? Et beh ! Je n’aurais pas dit ça.




    Vous avez donc balancé vite fait un gros tas de tout pour dégager ensuite sur les 5 sens qu’on aurait également perdus. Pffff, c’est pas un peu trop là ?

    Quand une épouse recevait une lettre que son Poilu lui envoyait des tranchées, elle ne pouvait ni le voir, ni l’entendre, ni le toucher, ni le sentir. Aujourd’hui, sur les réseaux, les gens peuvent se voir rire, se voir pleurer, s’entendre, s’écrire et se lire (et on n’est pas loin de pouvoir se toucher)





    Non. Si on veut critiquer les réseaux, ce n’est pas de cette manière qu’il faut s’y prendre. Il faut d’abord comprendre que les gens ont toujours le choix entre des rencontres au bar et des rencontres sur le web depuis leur chambre. Et s’ils choisissent la seconde voie c’est qu’ils la trouvent plus intéressante.

    Ce qui se passe c’est quelque chose d’inédit qu’on ne peut pas classer en bien ou mal.

    Avant le Net, on ne pouvait pas se diviser, avec le Net on est ubique.
    Avant le Net, parce qu’on ne pouvait conduire deux dragues (politique, commerciale, sexuelle, amoureuse) en même temps et chacune demandait un long investissement. Chaque drague était importante et chaque échec coûtait cher. Chaque personne investie était précieuse et cette préciosité valait dans les deux sens.

    Avec Internet et les réseaux, chacun travaille au chalut. La valeur d’ensemble de la »marchandise" relevée dans les filets est stable, constante, mais chacun est devenu lui-même interchangeable.
    Mettons donc que nous soyons mille fois plus cultivés que nos ancêtres mais mille fois plus banals. En somme, pour trouver quelque chose d’original sur la Toile, il faut d’abord retourner et écarter des tonnes et des tonnes d’encyclopédies.



  • easy easy 2 avril 2011 18:15

    Je ne vois pas de mal à ce que vous vouliez vous essayer à la compréhension sociologique, au contraire, mais je crois que vous devriez commencer par comprendre une phrase simple. 

    Je vous ne vous ai pas demandé de définir le terme de « réseau social » puisqu’il suffit de C/C quelques noms de réseaux et vous l’avez amplement fait. Je vous ai demandé de définir ce qu’est ce « repère humain » qu’on serait en train de perdre. 

    Quand nous saurons enfin ce que nous sommes en train de perdre, nous pourrons vérifier si c’est ou non une grosse perte. 

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