Il y a une différence de nature entre la dette comptable constatée et les engagements potentiels futurs pour les retraites des agents de l’Etat : - la première fait l’objet d’emprunts à d’intérêts et traite de ressources déjà consommées, tandis que le second n’est pas engagée et traite d’une consommation future donc virtuelle - la première est contractuelle et devra être soldée sauf violation des traités, tandis que la seconde reste modifiable par la loi tant qu’elle n’est pas engagée c’est à dire versée aux ayants droits.
L’exemple grec (et de beaucoup d’autres pays par le passé) montre que les salaires et les retraites futurs des agents de l’Etat sont un faux problème pour la dette car l’Etat peut décider de les baisser en cas de force majeure.
Il est donc aussi erroné d’additionner un dette effective et un engagement potentiel que d’additionner un emprunt passé pour la réparation du toit avec le coût d’un futur ravalement qu’on ne fera pas si on n’en a finalement pas les moyens.
Si la Grèce et les grecs répudient unilatéralement leur dette, personne ne voudra ni ne pourra plus jamais leur prêter, or : - le déficit commercial grec est financé par l’argent des banques d’où viennent les marchandises importés, donc fini les importations de bagnole, epad, ordinateurs, énergie... - le déficit budgétaire grec qui restera est financé par les marchés, donc fini la les 13, 14 et 15 èmes mois pour les fonctionnaires
Finalement, ça revient au même résultat pour la population : l’appauvrissement général, mais avec en prime la Grèce pestiférée et isolée pour trois générations.
Ajoutons à cela que ce serait l’équivalent de la crise des subprimes avec faillite en chaîne des banques et effondrement du système financier et donc de la société. Mais comme ce n’est pas acceptable, ça déboucherait nécessairement sur une intervention militaire en Grèce pour la remettre sur les rails.
Comme je l’ai montré plus haut, le PIB Français serait de 3600 milliard d’euros en 2050, les 100 milliards de déficits prévisionnels selon le COR si on ne fait rien (basés sur des hypothèses fantaisistes maximalistes d’accroissement de l’espérance de vie) ne représenteraient tenez-vous bien que 2,7% de ce PIB dans le pire des cas (mis à part l’effondrement de la société suite à l’épuisement des ressources ou au changement climatique qu’ils n’a de toute façon pas étudié car là nous ne serions plus face à un problème de financement de retraites mais d’armement lourd). Comme le poids des retraites est de 10% aujourd’hui il suffirait d’augmenter la poids des cotisations de 0,6% par an pour faire face au scénario du COR qui n’arrivera pas.
J’ajouterai un élément sur l’hypothèse du COR concernant l’augmentation de l’espérance de vie. Le COR retient 3 mois/an alors que la valeur moyenne constatée ces 20 dernières années est proche de 2 mois/an, pourquoi si n’est pas aggraver la présentation des choses ?
En effet, sur 40 ans un écart d’1 mois/an d’espérance de vie pour un population de 65 millions
d’habitants ayant une espérance de vie de départ 80 ans équivaut à l’augmenter
de : 40*65/12*80= 2,7 millions d’habitants.
Un choses amusante sur le site retraites2010.fr : - dans le texte il est mentionné une augmentation de l’espérance de vie à 60 ans comprise entre 2 et 3 mois/an - sur le graphique il est facile de mesurer que l’augmentation est de 3 ans en 19 ans soit 1,9 mois/an, valeur comprise entre 1 et 2 et non entre 2 et 3. Comme quoi, le message qu’on veut faire passer est plus important que la réalité.
En tout état de cause, c’est l’espérance de vie gagnée à 60 ans qui
compte, car les gains obtenus avant ne modifient pas le rapport actifs/retraités.
J’ajouterai un élément sur les SDF : ils ne toucheront jamais de retraite ni ne bénéficieront du système de santé ou si peu qu’il ne pèsent pas sur nos finances. Comme le flux de SDF est d’environ 50.000/an selon les associations, ça nous fait 1,25 millions de baby boomers potentiellement seniors en moins d’ici 2035 et ramène l’impact du baby boom à +3 millions.