Oui, mais si les taux d’intérêt s’élèvent - à vouloir se couvrir d’un grand risque, le risque d’un défaut de paiement de la Grèce n’en devient-il pas plus grand ?
Bizarre ce système. On dirait une course au risque.
Je n’en suis pas à faire un match entre la race des politiciens et celle des banquiers.
La question est de savoir à quoi est destiné le crédit, comment il est géré, car le crédit, en particulier à l’ère électronique, est un instrument redoutable qui peut mettre toute l’économie à genoux s’il est mal géré.
Que ce soit en 1929 ou bien aujourd’hui, la démonstration de ce fait est incontestable.
Le crédit doit donc être très sévèrement encadré.
La création monétaire est un problème encore plus aigu et la capacité d’accorder des crédits créé par création monétaire pure démultiplie encore les problèmes potentiels.
Par principe, je pense donc que la création monétaire doit être soumise à une stricte loi, réservé uniquement à l’investissement public, selon des objectifs républicains. Toute corruption de son fonctionnement doit être sévèrement puni.
La monnaie est un bien public et sa valeur aussi. Elle doit donc être gérée publiquement et non à l’ombre de quelques bureaux discrets. Il en va du sens même de la démocratie.
Une démocratie sans pouvoir financier (etymologiquement : finir un projet en payant) n’est pas une démocratie, ses hommes politiques n’étant plus que de simples commentateurs des décisions prises par les élites de l’argent. Une démocratie sans pouvoir financier, n’a aucune puissance (dans le sens capacité d’action) pour agir en faveur de la prospérité de la société. D’où ces fameuses promesses sans lendemain « Changer la vie », « Ensemble tout est possible ».
Mais sans argent rien n’est possible.
Il faut donc choisir : soit une République démocratique, soit une dictature par les banques.
Mais le pouvoir de créer de l’argent et de l’utiliser pour acheter le fruit du travail d’autrui, n’est-il pas une façon voler ?
Quand par exemple, un fond d’investissement bénéficie d’un prêt lui permettant d’acheter une grande entreprise, pour les 3/4 de la somme nécessaire, puis organise toute cette entreprise pour payer la dette qu’il doit au prêteur, c’est-à-dire, hausse les cadences, licencie le personnel, met en retraite anticipée,... n’est-ce pas un peu du vol ?
Il s’agit juste d’organiser le travail des populations, de manière à construire une société prospère, ce dont les banques privées, malgré leurs subventions déguisées, se sont montrées incapables.
Ce n’est pas ce que je dis. En étant remis à l’état, l’argent créé devrait servir à des politiques publiques, en phase avec les exigences du droit inscrit dans la constitution. Le montant de cet argent créé étant décidé selon les contraintes techniques habituelles, par l’institut monétaire, comme l’effectue aujourd’hui toute banque centrale, par exemple la BCE. Ce n’est pas la quantité d’argent créé qui doit changer, mais sa destination qui doit être réorientée vers des projets allant dans le sens de l’intérêt général. Aujourd’hui, la situation réelle est que, au lieu d’un seul institut d’émission, nous en avons, en France, plusieurs, qui sont privés (BNP, Société Générale, Crédit Agricole, Caisse d’épargne - Banque populaire, la Poste, le crédit Lyonnais ...). C’est donc en vérité, au moins 6 instituts d’émission, incontrôlables, qui peuvent faire marcher la planche à billet en dehors de quasiment toute régulation. Et ils ne s’en privent pas, sachez-le !
Cela explique la hausse des prix suite à l’Euro, de même que le blocage généralisé des paiements à l’échelle mondiale (car bien-sûr ce cas n’est pas spécifique à la France), conséquence de l’impossibilité pour le monde réel de rembourser toutes les valeurs monétaires émises, de manière anarchique, par ces instituts d’émission parallèles. De plus, cela revient à une subvention cachée au secteur bancaire, ce qui n’est pas équitable.
En remettant ces capacités de financement à la République, les politiques devront réorienter leurs propositions vers des projets concrets, au service de la population, ce qui les changera de tourner en rond à changer sans cesse la seule matière sur laquelle ils ont actuellement un pouvoir : la loi.