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  • jakem jakem 9 octobre 10:11

    1/2 — Article de Pierre Peyret publié dans La Montagne le 7 oct.

    << 

    L’usage des grenades assourdissantes est suspendu “pour le mouvement lycéen”, a annoncé mercredi Laurent Nunez, le ministre de l’Intérieur, une annonce qui survient après, notamment, qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée.

    Depuis le début du mouvement, l’IGPN, la police des polices, a été saisie à 18 reprises. Ce mercredi matin, Édouard Geffray, le ministre de l’Education nationale a annoncé que “215 élèves” ont été “blessés” depuis le début du mouvement, majoritairement “par des comportements imprudents”.

    “Colère”, “peur”, “incompréhension”, “consternation” : à Lens, la mobilisation lycéenne a été comme anesthésiée par le choc provoqué par l’incident survenu lundi 5 octobre, au cours duquel un manifestant de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade policière, avant de devoir être amputé.

    Le lycéen de 15 ans a eu une main arrachée lors d’une manifestation près du lycée Auguste-Béhal de Lens. Les circonstances des faits restent encore floues. Une enquête de l’IGPN devra notamment établir si le lycéen a ramassé la grenade, ou si elle a atterri sur lui, et si le tir était réglementaire.

    “Les premiers éléments de l’enquête établissent que plusieurs grenades ont été utilisées le matin des faits après sommations pour disperser l’attroupement, alors que les CRS essuyaient des tirs de projectiles et que des poubelles étaient incendiées : grenades lacrymogènes, puis au moins une grenade assourdissante”, a indiqué mardi soir le procureur de Béthune, Etienne Thieffry.



  • jakem jakem 9 octobre 10:00

    @jakem
    2 — 

    On me dira qu’à l’inverse, j’ai tendance à m’inquiéter surtout de l’antisémitisme de gauche.

    En effet, je m’inquiète plus de l’antisémitisme d’aujourd’hui que de celui d’hier, plus de celui qui s’affiche que de celui qui se cache, et plus de celui qui agresse des enfants juifs (ou donne implicitement un permis de les agresser) que de celui qui fait des blagues de fin de banquet ou dit des horreurs dans ses mails.

    Aujourd’hui, des étudiants juifs sont harcelés, des fidèles sont agressés à la sortie de la synagogue, des gens changent leur nom sur les applis de VTC. Et ce n’est pas à cause du RN. Cela suscite au mieux des déclarations ronflantes. On ne réagit même plus aux déclarations incendiaires et mensongères des Insoumis sur la guerre à Gaza. Mais pour d’éventuelles conneries de jeunesse de Bardella, on sonne le tocsin.

    Je ne peux évidemment pas parler au nom des Juifs. Personne ne le peut, le Crif non plus. Personnellement, je n’en connais aucun qui ait songé à partir à cause de Jean-Marie Le Pen hier ou de Jordan Bardella aujourd’hui. Et je n’en connais aucun qui ne songe pas à partir au cas (funeste et je l’espère improbable) où Jean-Luc Mélenchon gagnerait la présidentielle. Il est vrai que les Juifs ont la chance d’avoir un pays de rechange. Vous voyez bien qu’ils dominent le monde. >>



  • jakem jakem 9 octobre 09:57

    1 — Dans le cadre « républicain » de la relativisation à sens unique des faits et des propos ( par exemple : « le voile islamique est le même que celui que portait ma mère » ), et sans être fan de Bardella ni du RN, et comme j’avais défendu Sarko ( que je déteste ) lorsqu’une juge gauchiste l’avait fait emprisonner sans motif raisonnable, je veux publier une chronique d’ Élisabeth Lévy ( juive ! donc à ne pas censurer ... quoique ... elle est de Droite ! ) :

    << Choisissez votre antisémite !

    Deux mots. C’est le tarif Macron. En juin 2023, il qualifiait la mort de Nahel d’« inexcusable » et d’« inacceptable » (accusant le policier avant toute enquête). Cette fois, il qualifie les propos prêtés à Bardella de « gravissimes » et « inacceptables » — il devrait songer à étendre un peu sa palette sémantique. En piétinant l’usage qui interdit de commenter la situation française depuis l’étranger. En prime, le président était avec Pedro Sánchez, le plus anti…sioniste des dirigeants européens.

    Le président de la République est le garant de l’unité nationale et de l’indépendance de la justice. Alors que les tribunaux devraient être saisis et qu’on attend des preuves de Mediapart, il n’a rien à faire dans cette mêlée. D’ailleurs, si Marine Tondelier, Olivier Faure et Aurore Bergé sont partis en trombe, la première réclamant carrément la démission de Bardella, beaucoup à gauche restent prudents.

    Notez, j’admire cet engagement héroïque (et bruyant) contre l’antisémitisme. J’observe néanmoins que, quand il s’agit de Mélenchon, Faure est moins regardant. Je ne me rappelle pas que lui ou Macron aient protesté quand le patron des Insoumis s’est demandé si le plus grand attentat antijuif depuis 1945, le 7-Octobre, était terroriste parce que, voyez-vous, il y a débat. Aucun ne rappellerait au maire de Roubaix David Guiraud sa jeunesse soralienne et ses propos face caméra après le 7-Octobre. L’antisémitisme, c’est inacceptable. Quand il vient de l’extrême droite.



  • jakem jakem 9 octobre 08:17

    @jakem
    6 et fin — 

    Vous parlez d’un « pacte rompu entre les élites et le peuple » et dites que la crise est « nécessaire ». N’y a-t-il pas un espoir de redressement ?

    Dire que la crise est nécessaire ne signifie pas souhaiter la catastrophe. La crise, au sens premier, est le moment de la décision et du discernement. Elle survient lorsque les contradictions accumulées ne peuvent plus être dissimulées. Le réel présente alors la facture. Mais l’histoire n’est jamais écrite à l’avance. Les périodes de crise peuvent produire du déclin comme de la renaissance. Le redressement suppose moins de remplacer une caste par une autre que de changer notre définition de l’élite. Nous avons besoin d’élites qui retrouvent le goût du réel, de la responsabilité, du courage et du service. Une société commence à se redresser lorsqu’elles redeviennent capables de regarder ce qui est, de dire ce qu’ils voient et d’agir en conséquence.



  • jakem jakem 9 octobre 08:17

    @jakem
    5 — 

    Quel pourrait être l’idéal à suivre pour les élites françaises en devenir ? Comment faire prendre conscience à la jeunesse qui se destine à de grandes études, voire aux plus hautes fonctions de l’État, ce que signifie vraiment gouverner ?

    Il faut réhabiliter une idée devenue presque incongrue : servir est plus important que « réussir ». Les grandes écoles devraient former non seulement des intelligences, mais aussi des caractères. On devrait y enseigner davantage l’histoire, la stratégie, la psychologie, l’économie industrielle, la géopolitique, les questions de sécurité et de défense nationale, mais surtout multiplier les confrontations prolongées avec le terrain, et donner une mission à poursuivre au lieu d’une place à remplir. Gouverner n’est pas administrer, mais organiser la prospérité d’un peuple et discerner ce qui menace la communauté politique, anticiper, arbitrer entre des intérêts contradictoires, décider dans l’incertitude et assumer personnellement les conséquences de ses choix. Aux savoirs doivent s’ajouter le courage, le jugement, l’expérience et une certaine conception de l’honneur.

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