Comment un conflit sur les moyens scolaires a-t-il pu se transformer en accusation de racisme et à qui cette transformation profite-t-elle politiquement ?
Nathalie Heinich : Je n’aborderai ici ni la question des motifs de cette mobilisation lycéenne - qui sont compréhensibles et légitimes, même si les moyens utilisés ne le sont pas toujours -, ni celle des violences policières - qui sont manifestement disproportionnées, même si tous les policiers ne s’en rendent pas coupables. Je vais m’en tenir à la question de l’accusation de racisme proférée à l’égard de la police. Cette accusation s’appuie sur une réalité, à savoir la présence d’éléments racistes parmi les policiers - l’affaire de Carcassonne en a fourni récemment une preuve évidente -, et d’ailleurs le contrôle au faciès devrait être banni. Mais que « des » policiers soient racistes ne signifient pas que « les » policiers en général le soient : cette généralisation est une facilité cognitive qui non seulement ne permet pas mais au contraire empêche la compréhension du réel. Par ailleurs, dans les événements actuels, la présence importante de jeunes issus de l’immigration tient essentiellement à leur surreprésentation dans les quartiers les plus défavorisés, et donc dans les établissements scolaires les plus démunis. Se focaliser sur la « race », en imputant leur répression au racisme, est une erreur d’analyse qui repose sur l’occultation des différences de classe par la mise en avant des différences de couleur de peau. C’est une orientation communautariste issue de la culture américaine, et qui s’est répandue dans la gauche radicale depuis quelques années - c’est ce qu’on nomme le mouvement « woke » - au mépris des valeurs universalistes. En outre, la gauche a longtemps été le lieu privilégié d’une prise au sérieux de la connaissance sociologique, et notamment de la notion, fondamentale, de stratification sociale.
A l’inverse, la gauche radicale opère aujourd’hui une régression intellectuelle majeure en se concentrant sur le plus visible et le plus susceptible d’activer des réflexes culpabilisateurs et victimaires, à savoir la race. C’est une dérive raciste masquée par un discours anti-raciste, et ceux qui l’opèrent sont soit des naïfs mal informés, soit des cyniques qui ne font que chercher les voix des quartiers. Mais qu’ils soient bêtes ou électoralement intéressés, les discours utilisant la fibre « racialiste » sont de toute façon consternants.
Atlantico , La France en marche vers une guerre ( civile ) raciale ?
1— Atlantico : En quoi ce mouvement lycéen est-il réellement différent des mobilisations précédentes, et quel rôle La France insoumise a-t-elle joué dans sa politisation ?
Olivier Vial : Ce mouvement s’est construit à l’envers. Il a commencé par le moment où les mobilisations lycéennes traditionnelles finissent généralement : celui de la violence et de la radicalisation. Les incendies, les mortiers et les affrontements ont précédé l’élaboration de revendications nationales, l’organisation d’assemblées générales et l’apparition de porte-parole véritablement représentatifs.
À l’origine, les revendications demeuraient très locales et très concrètes : un professeur non remplacé, une infirmière absente, des classes surchargées ou des bâtiments dégradés. Mais les élus de La France insoumise ont immédiatement procédé à « une montée en généralité ». Dès le 24 septembre, Louis Boyard opposait ainsi les établissements mobilisés aux « lycées de riches » et appelait à l’extension du mouvement. Avant que Jean-Luc Mélenchon parle d’une répression à « l’arrière-goût raciste évident » et demandait aux élus et militants insoumis de « s’interposer ».
La mécanique est parfaitement identifiable : le manque d’une infirmière devient la preuve d’une inégalité entre les établissements ; cette inégalité est présentée comme un abandon volontaire des quartiers populaires ; cet abandon est ensuite interprété comme une ségrégation sociale, puis raciale. Une difficulté concrète se transforme ainsi en accusation systémique.
LFI n’a pas créé les inquiétudes des lycéens. Mais elle a été parmi les premières forces politiques à les traduire en colère, à leur désigner un responsable et à les rattacher aux thèmes dont elle sait qu’ils résonnent fortement auprès d’une partie de la jeunesse : le racisme systémique et les violences policières.
@jakem Complément : en restant dans le troupeau, les « honnêtes gens » se laissent déposséder de leur droit d’exprimer leur désapprobation en se laissant imposer le chaos organisé par les gauchistes.
Il aurait fallu préparer ces réunions de doléances en invitant des maires, des présidents de Région, et surtout en demandant des salles ou d’autres espaces dont on aurait interdit l’accès aux racails ; pas de masque ! pas de cagoule ! pas de gants ! pas d’armes par destination ! Et pas de CGT ni de LFI ni d’autres connards ( j’en ai entendu une à la télé qui réclamait, au nom de son syndicat, la fin de la sélection et l’ouverture de l’Université à tous .... Moi je refuserais d’être opéré par le Dr Bagayoyo et quelques autres ).
Dès le premier jour il était évident que les choses tourneraient au vinaigre.
Je me demande pourquoi les syndicats de lycéens,
— dont des porte-paroles blablatent à la télé,
— qui prétendent défendre les conditions de travail des lycéens,
— qui se présentent comme des interlocuteurs-intermédiaires responsables et honorables
— qui affirment n’être pas des instigateurs de violence
— ( j’oublie sans doute encore une ou deux qualités, valeurs et vertus )
ont accepté de participer au blocus en empilant des poubelles et n’importe quoi contre les portails , sont restés parmi les racails-casseurs , n’ont pas empêché les incendies , ont gardé leurs « troupes » prêts à se confronter aux flics ....
... Au lieu d’enjoindre aux lycéens de se réunir dans les cours des établissements ou de quitter les manifs dès les premiers coups.
Il est devenu très facile de contacter tout le monde par SMS.
Je me demande pourquoi des parents qui se prétendent responsables et soucieux de leurs gosses suivent le mot d’ordre du Fureur en se coiffant d’un casque blanc, AU LIEU d’organiser, à plusieurs, un défilé ou une réunion pacifique ailleurs ; dans un parc par exemple ou sur une place, sans gêner les gens, et après en avoir informé la Police.
Quand on ne s’éloigne pas des racailles, on participe d’une manière ou d’une autre à leur violence. On se tient dans leur camp et on se confronte aux Forces de l’Ordre. On est complice des incendies, des dégradations, des insultes, des blessures, des saccages ... du marasme qui empêche toute discussion sérieuse.