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Jason

Jason

80 ans, retraité. Du temps pour continuer à découvrir le monde. Vie active passée dans le technique, l’enseignement supérieur et l’industrie. Le tout (près de 40 ans) dans deux pays étrangers. Je redécouvre l’Hexagone.
 Sceptique et éclectique j'apprécie ce qui est écrit clairement et me soucie peu des fautes d'orthographe pourvu que la compréhension n'en souffre pas. J'aime l'humour, le badinage, bref une certaine élégance dans l'expression, mais attention aux précieux et aux pédants. Ecrire pour tous reste un exercice difficile.

Tableau de bord

  • Premier article le 08/11/2006
  • Modérateur depuis le 03/09/2011
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Derniers commentaires



  • Jason Jason 29 novembre 2012 13:14

    La Bourgogne des origines :

    Les Burgondes  

     Les Burgondes (appelés plus couramment Burgondions dans les sources contemporaines) sont un peuple appartenant au groupe ostique et proche parent des Gots. Leur premier habitat fut probablement situé en Scandinavie, peut-être dans l’île danoise de Bornholm (anciennement Borgundarholm) ; l’histoire les rencontre d’abord au Ier siècle de notre ère entre l’Oder et la Vistule. Ils glissèrent ensuite lentement vers le sud-ouest ; au IIIe siècle, on les retrouve au contact des défenses romaines, vers la Souabe actuelle, où ils restèrent fixés jusqu’à la grande ruée des Barbares en 406. Celle-ci les porta à l’ouest du Rhin dans l’ancienne province de Germanie, sans que l’on puisse préciser davantage ; la tradition poétique prétendra longtemps après que leur capitale était à Worms.

     Préparés par leur long séjour sur les marges de l’Empire à s’entendre avec les Romains, les Burgondes entrèrent en 413 dans l’alliance officielle de l’empereur (foedus) et purent ainsi sans doute jouir du régime de l’hospitalité qui leur accordait une partie des terres des propriétaires romains. C’est vers cette époque qu’ils adoptèrent le christianisme ; quelle qu’ait été la forme sous laquelle il leur fut d’abord présenté - on en discute -, ils se rallièrent vite, comme les Gots, à l’hérésie arienne. En 436, le maître de la milice Aetius, désireux d’écarter les Burgondes de la Gaule du Nord, fit détruire cet État rhénan par des auxiliaires hunniques, mais il offrit bientôt aux survivants de se regrouper plus au sud, pour garantir le flanc de la Gaule romaine contre la poussée des Alamans. Le souvenir déformé de cet épisode se retrouve dans l’épopée allemande (Nibelungenlied).

     Un second traité, conclu en 443, accorda donc aux Burgondes la Sapaudia, pays dont les limites exactes ne sont pas connues, mais qui comprenait sûrement l’ouest de la Suisse actuelle, le sud du Jura et sans doute aussi le nord de la Savoie. Une royauté s’y reconstitua, qui prit Genève pour capitale. Elle se montra l’alliée fidèle de l’Empire d’Occident expirant : des auxiliaires burgondes furent ainsi employés contre Attila en 451 ou contre les Suèves d’Espagne en 456. Cependant elle chercha à s’étendre : à partir de 457 commence l’expansion dans les pays du Rhône et de la Saône. Lyon dut être occupée vers 461 ; de là, on poussa à la fois vers le sud, où Vaison tomba avant 474, et vers le nord, où Langres fut atteinte avant 485.
     
      Dans sa forme définitive, à la fin du Ve siècle, le royaume burgonde s’étendait de la Champagne méridionale à la Durance et des Cévennes à la Suisse centrale. Lyon devint sa capitale, Genève et occasionnellement Vienne étant des résidences royales secondaires. L’avance des Alamans fut péniblement contenue en Suisse centrale, mais le contact avec les territoires romains bordiers du Danube fut vite perdu.

    La toponymie (notamment l’extension des noms en -ingôts, en français -ens, du type Louhans, Echallens) et l’archéologie ont montré que les principaux établissements burgondes se localisaient dans le canton de Vaud, en Franche-Comté et au sud de la Bourgogne (qui leur doit son nom). Ils n’y représentèrent jamais qu’une minorité, mais une minorité installée aux postes de commande et très consciente de son originalité, qui fut préservée de façon durable même après la ruine de l’autonomie politique. Les Burgondes paraissent avoir été les seuls Germains fixés dans la France actuelle qui se soient servi de l’écriture runique (une inscription importante a été trouvée sur un bijou du cimetière de Charnay, en Saône-et-Loire). Ils persistèrent dans l’arianisme jusque vers 530, malgré des exceptions ; ainsi, la princesse Clotilde, épousée par Clovis, était catholique. Au moins à la première génération, certains aspects de leur civilisation semblent avoir subi l’influence des Huns. Cependant les Burgondes se montrèrent très bienveillants envers les Romains, même envers les évêques. Le droit burgonde est le seul des droits barbares à reconnaître l’égalité entre sujets germains et romains du roi et à autoriser les mariages mixtes. À en juger par le nombre relativement grand des inscriptions funéraires, les Burgondes adoptèrent vite des éléments de la culture antique. À Genève, le roi Sigismond fit construire vers 513-517, auprès de la cathédrale, un mausolée dynastique imité de celui de Constantin à Saint-Pierre-de-Rome.

     Le plus grand des rois burgondes fut Gondebaud (vers 480-516). Officier supérieur de l’armée romaine, il avait dû l’abandonner quand son protégé Glycerius avait été renversé en 474. Gondebaud succéda à son oncle Hilpéric, fondateur du royaume de Lyon, et dut d’abord partager la souveraineté avec ses frères. Son souvenir est surtout resté attaché à la rédaction en latin de la loi des Burgondes, appelée de son nom loi Gombette, une des plus romanisées des lois barbares, qui règle minutieusement la coexistence entre Burgondes et Romains sur la base de l’« hospitalité ». Gondebaud, en revanche, n’est pour rien dans le texte appelé « loi romaine des Burgondes », qui n’est probablement même pas originaire de son royaume. Il se montra respectueux des prérogatives impériales et, réservant aux Burgondes les commandements militaires, il remit sur pied une administration civile de type romain, dirigée par des sénateurs, mais en plaçant dans chaque cité un comte burgonde à côté du comte romain. Parmi les États barbares son royaume est donc le meilleur exemple du type « dualiste ». Le problème majeur du règne fut celui des relations avec les Francs, alternativement cordiales et très tendues ; Gondebaud eut l’imprudence de coopérer avec Clovis pour détruire le royaume visigot de Toulouse en 507.
     
     Les successeurs de Gondebaud se débattirent dans des difficultés inextricables. Certains membres de la dynastie royale se convertirent au catholicisme (avant tout saint Sigismond, fondateur du monastère de Saint-Maurice d’Agaune, en Valais), tandis que d’autres s’appuyaient sur les Ostrogots ariens, encore maîtres de la Provence, qui cherchaient à s’étendre dans la région alpine. Les Francs en profitèrent bientôt : les fils de Clovis envahirent à plusieurs reprises les pays rhodaniens. Malgré une défaite assez grave essuyée à Vézeronce (Isère), en 524, les Francs finirent par enlever au roi Godomer la totalité de son royaume. En 534, l’ancien pays burgonde fut définitivement incorporé à la Gaule mérovingienne, après une crise terrible, dont témoigne l’enfouissement de nombreux trésors.
     
     L’empreinte des Burgondes sur la Suisse romande et les pays de la Saône fut cependant durable. À l’intérieur de l’État mérovingien, la Bourgogne, légèrement étendue vers le nord-ouest, constitua souvent un royaume autonome, sur le même plan que la Neustrie ou l’Austrasie ; elle retrouva en partie cette situation lors de la décomposition de l’empire carolingien. La civilisation de la Bourgogne mérovingienne garda une originalité certaine, sensible notamment dans le domaine de l’orfèvrerie (plaques-boucles à décor figuré), et la loi Gombette resta en vigueur dans la région lyonnaise jusque vers le milieu du IXe siècle.
     
    Ainsi, la première vague avait mis en place cinq royaumes germaniques autour du bassin occidental de la Méditerranée. Deux d’entre eux, ceux des Vandales et des Suèves, apparaissent comme l’œuvre assez informe de Barbares inexpérimentés. Dans les trois autres, ceux des Ostrogots, des Visigots et des Burgondes, s’élabora une synthèse remarquable des éléments romains et germaniques. Sans doute n’eut-elle guère le temps de se développer, car l’adhésion à l’arianisme fut un handicap considérable, mais les résultats obtenus, spécialement par Théodoric le Grand, furent la preuve que la symbiose du legs antique et des apports germaniques pouvait donner naissance à une nouvelle civilisation, qui sera celle du Moyen Âge. C’est aux peuples de la deuxième vague, aux Francs avant tout, qu’il allait appartenir d’exploiter pleinement cette possibilité, tout en achevant de balayer ce qui subsistait de l’Empire en Occident.

     



  • Jason Jason 28 novembre 2012 21:42

    J’adore les images d’Epinal, les contes et les pastorales.

    Que c’est touchant. Malheureusement, toute cette grandeur passée (par pertes et profits) a été remplacée par un monde d’épiciers.

    Autres temps, autres moeurs.



  • Jason Jason 28 novembre 2012 19:14


    Mais vous avez parfaitement raison. Tout cela est d’une ringardise avérée, périmée, usée jusqu’à la corde.

    La France est le seul pays d’Europe à avoir 36.000 communes pour 63 millions d’habitants. Dont la plupart n’ont aucune utilité (les communes, et certaiins habitants) et sont dirigées par des quasi illettrés, et de petits traficants en influence.

    L’Allemagne, devant laquelle tout lemonde se pâme en ce moment, a depuis longtemps rassemblé les petites communes en plus grandes communautés très bien gérées et très économiques.

    Ici, on assiste à des combats homériques pour la survie de terroirs qu’on assimile à des mairies. Le terroir et la mairie n’ont rien à voir, sauf dans l’avis des stipendiés qui trafiquent leur influence microscopique et font croire que les deux sont liés aux imbéciles qui les ont élus..

    On se moque de la Grèce, mais qu’on regarde un peu la France !

    Mais, rassurons-nous, ni vous ni moi n’avons le pouvoir d’y changer quoi que ce soit. Le suffrage universel y veille.



  • Jason Jason 27 novembre 2012 14:13

    Compétitivité et lavage de cerveau

    On tire à boulets rouges sur les salaires. Le poids de la rentabilité de l’économie repose entièrement sur les salaires (et les charges, toujours trop élevées) et jamais sur les autres coûts hors salaires. Ni sur les bénéfices de ce qui correspond à la charge imposée sur les revenus des salariés pour se maintenir à un niveau socio-économique acceptable, dans une société donnée.

    Pour contenir les pression salariales depuis 30 ans, l’OMC a donné l’alibi idéal aux Etats se prostituant au patronat et à la finance en instituant les frontières (quasi)-ouvertes. Produits de consommation moins chers, donc pouvoir d’achat accru, belles valeurs ajoutées, et belle TVA.
    Tout le monde y trouve son compte, même les salariés. Mais seulement pour un certain temps. Les dégâts socio-économiques ? Disparus dans une logique purement arithmétique et sous la main bienveillante et invisible (et sans une once d’éthique) du marché.

    Les dépenses des ménages ? Foutaises, quand on nous ressort avec l’INSEE que les ménages ne consacrent que 18% de leurs revenus aux loyers. Alors qu’en fait pour les revenus les plus faibles ce chiffre atteint près de 60%. Et, bien sûr on ne parlera jamais en France des 4 enseignes qui se partagent le marché de l’alimentation et engrangent des milliards permettant aux patrons de centres Leclerc (et des autres) d’être multimillionnaires et de parader à la télé.

    Ne parlons pas du reste, qui constitue la base des dépenses contraintes des ménages : énergie, téléphone, assurances, etc...

    Haro sur le baudet, la productivité, c’est d’abord les salaires, pas les milliards de toutes ces castes qui prolifèrent bien à l’abri sous le ragard paternel d’un Etat et donc d’hommes politiques se revendiquant d’une démocratie qui sert d’alibi au pillage très discret mais très efficace de tous par quelques-uns.

    Mais, nous sommes en démocratie, mon cher Monsieur, c’est les avantages de quelques-uns sous le couvert du bonheur pour tous. 

    Moi, je vais voter pour mon chien, j’ai plus de chances d’être entendu.



  • Jason Jason 25 novembre 2012 17:32

    Robert Gil,

    Je n’aime pas l’économie de marché, opportuniste, prédatrice, qui n’est pas régulée et qui est soumise aux diktats de la finance mondialisée.

    Vous rêvez de supprimer cette économie. Moi aussi. MAIS, je vois mal par où commencer. Par la pétaudière de l’Europe des 27, pour laquelle il n’existe aucune coordination fiscale, et où bon nombre de pays trichent (y compris l’Allemagne « la vertueuse », mon oeil), le tout coiffé par 30.000 bureaucrates assistés de 15.000 lobbyistes, sans parler de la gabegie budgétaire endémique, etc. du manque de coordination politique et d’une monnaie défaillante ?

    Personne ne sait aujourd’hui par quoi remplacer ce chaos absolu. Sans parler des intérêts des pays hors UE.

    Je suis très pessimiste sur l’avenir des pays occidentaux.

    Quant à la Grèce, objet de cet article, il n’y a toujours pas de plan cadastre, et ce depuis 1830 ! La collecte des impôts se fait au compte -gouttes, avec des exemptions scandaleuses, un nombre énorme de salariés sont des fonctionnaires qui travaillaient à mi-temps pour l’Etat et avaient un second job ailleurs, il existe une corruption galopante à tous les niveaux, les responsables politiques ne sont toujours pas sanctionnés,etc. Il est évident qu’une telle économie était vouée au désastre.

    Maintenant, pour remettre cette économie à un niveau acceptable, ni les purges du FMI ou de l’Europe n’y feront rien. Il faudra remettre un minimum de cohérence dans tout cela et ça durera 10 ou 20 ans. Dans tous les cas de figure, ce sera la misère, causée par 150 ans de chaos et de corruption, avec la complicité des pays prêteurs.

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