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koudou

Ingénieur en Génie Chimique, Docteur en Informatique, voyageur impénitent, photographe et vidéaste.

Parfois pris de frénésie rédactrice, avec un regard par le petit bout de la lorgnette.

Tableau de bord

  • Premier article le 10/01/2007
  • Modérateur depuis le 19/01/2007
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • koudou 17 août 2008 09:30

    @cikawasay

    Bien entendu, je respecte votre avis dans le sens où j’admets que l’on n’a pas tous le même, et que la différence de jugement peut parfaitement amener à deux opinions contraires.

    C’est pourquoi, je regrette profondément que vous décidiez que je "manque d’honnêteté intellectuelle et de connaissances, et que mon article soit superficiel et brouillon et contraire à la vérité".
    Je le regrette, parce que vous avez tort et que votre arrogance vous a empêché de pouvoir penser le contraire, ce qui vous a amené à commettre un commentaire qui n’a servi qu’à mettre en exergue votre manque de profondeur, sinon pire.

    1. A propos de votre parfaite connaissance de la culture chinoise
    J’ai bien lu que vous résidez en Chine. C’est bien, félicitations. Je suppose que vous pensez que cela vous donne une autorité sur la culture chinoise, sur l’histoire chinoise et sur ce que pensent les chinois telle que même ce que peuvent dire les chinois est faux si vous en avez une opinion contraire.
    Cela oscille entre l’arrogance et l’étroitesse d’esprit. Ne pensez-vous pas ?
    Il se trouve que je suis chinois, que j’ai eu une éducation chinoise, et que même si j’habite en France, mes voisins que je croise tous les jours sont chinois, sans compter ma famille.
    Cela ne me donne peut être pas plus la vérité sur la culture chinoise, mais elle est au minimum partiellement dans mes gènes et dans mon éducation, ce qui fait que j’en détiens au minimum une partie. Et au moins, j’en connais suffisamment sur la Chine pour savoir que cette culture n’est pas unique et possède de nombreuses facettes, fait que vous ne semblez pas avoir encore totalement intégré. Il est vrai que comparée à votre culture d’origine, vous devez avoir eu du mal à le voir. Peut-être qu’avec le temps ?

    En tout cas, François Tcheng, que j’admire et avec qui il m’arrive de discuter n’a pas particulièrement l’air de trouver que ma vision est si fausse.

    2. A propos de détruire avant de reconstruire
    Je ne pense pas que vous soyiez un adepte de Confucius, ni même un spécialiste de la pensée confucéenne. En tout cas, moi, je ne le suis pas car je suis bien plus proche de Lao Tze, ce qui ne veut pas dire que je le cite non plus.
    Car il y a une chose que vous n’avez peut être pas remarqué et qui est patent dans mon article : quand je cite, je mets entre guillemets. Et je ne cite pas Confucius.
    Cela dit, vous dites que Confucius a déclaré : "en réchauffant l’ancien, on perçoit le neuf " (Lunyu II. 11)
    C’est vrai qu’il a dit cela de façon littérale dans ses entretiens, mais je crains que votre ignorance ou plus exactement votre superficialité ne vous égare, car il ne parle pas du tout de ce que j’écris dans mon article. Sa pensée est qu’il faut étudier le passé pour comprendre le présent. Ce que refléte d’ailleurs bien la traduction de Couvreur en français "Celui qui repasse dans son esprit ce qu’il sait déjà, et par ce moyen acquiert de nouvelles connaissances, pourra bientôt enseigner les autres" ou celles en anglais de Lau "A man is worthy of being a teacher who gets to know what is new by keeping fresh in his mind what he is already familiar with" et de Legge "If a man keeps cherishing his old knowledge, so as continually to be acquiring new, he may be a teacher of others".

    Pour revenir à ce que j’ai écrit, et qui -je le répète- n’a rien à voir avec une citation de Confucius comme je viens de l’expliquer, l’histoire chinoise est pleine de ce tic que je trouve particulièrement détestable et qui consiste à vouloir tout détruire pour mieux reconstruire.
    Ma voisine (une étudiante chinoise venue faire une école de cinéma à Paris) a été très choquée et totalement en désaccord lorsque je lui ai dit cela. Ce qui a ouvert une discussion très intéressante aussi bien sur l’histoire de la Chine depuis le premier empereur qu’aux exemples de notre époque, et elle a changé d’avis (un autre angle de vision que celui qui lui était inculqué) et a fait sienne cette opinion : le respect de ce qui est ancien en Chine s’arrête à ce qui est considéré comme de l’art et aux personnes agées. Et la plupart des batiments d’habitation n’en font pas partie, pas plus que les témoignages architecturaux de ce qu’on fait les adversaires (par exemple, les dynasties précédentes).

    Je suis par ailleurs un peu stupéfait par votre étroitesse de compréhension, pour ne pas dire d’esprit. En effet, je pars d’une pensée générale (les chinois ont l’habitude de détruire le vieux pour construire le neuf), puis je donne les exemples historiques depuis plusieurs millénaires, et enfin, je resserre sur le sujet de Pékin et des JO (le sujet de l’article), et la seule chose que vous trouvez à dire sur le sujet, c’est que c’est la destruction d’anciens batiments est similaire à Paris (ce qui est d’ailleurs en général faux, si on compte en m2 das la capitale) ou sur le littoral français (ce qui est faux également : on ne détruit pas d’anciens batiments pour en faire de nouveaux, même si le résultat est une urbanisation de zones naturelles ).

    Cela rend votre conclusion totalement stupéfiante : "c’est le genre d’arguments typique qui est inefficace, et qui de plus fournit à vos détracteur le fouet pour vous battre...".
    Cela me stupéfie, parce que - si je suis bien votre pensée- le fait que l’on détruise aussi des batiments à Paris est un argument typique efficace pour expliquer qu’il n’y a pas de différence culturelle entre la Chine et la France ?

    3. A propos du Tibet

    La seule chose que je dis du Tibet dans mon article (qui Dieu merci est lisible sans que je ne puisse le modifier pour que tout le monde puisse bien vérifier ce que j’ai écrit) est "Aujourd’hui, on en est presque à un niveau ou les choses ont plus de chances de s’arranger entre le Tibet et la Chine qu’entre la Chine et la France".

    Et vous en déduisez

    - ce que je pense du problème tibétain,

    - la fausseté de ce que j’en pense

    - et ma méconnaissance du problème : "Prenez donc un visa pour le tibet, et, evc la prudence qui s’impose, montrez nous comment vivent les tibetainstous les jours, quid de leurs pratiques religieuses, de leur vie civique, santé, éducation,etc, cela vaudra mille fois mieux que des articles qui mélangent tout et trompent le lecteur".

    Je crains que vous ne prouviez là, sans aucune échappatoire possible, à la fois la nullité de votre commentaire et la fausseté de votre esprit.

    Vraiment, votre commentaire était étonnant !



  • koudou 5 août 2008 17:50

    @Gilles

    Pour rétablir la chronologie :


    - accords de Lancaster House (1979)

    - arrêt du respect de Lancaster House par Tony Blair (arrêt du paiementt des compensations aux fermiers blancs)

    - Arrêt du respect de Lancaster House par Mugabe (confiscation des terres des fermiers blancs sans compensation)

    - Sanctions économiques par la GB, suivie de la Communauté Européenne et des US et interdiction à Mugabe ou ses représentants officiels de venir participer aux sommets Afrique-Europe qui se tiennent en Europe

    - Financement par le groupe de Westminster du parti d’opposition à Mugabe (MDC et Tsvangirai)

    Je voudrais aussi modérer l’affirmation de l’excédent agricole avant les années 2000 et de la contribution de cet excédent dans le PIB. Entre 93 et 98, l’excédent agricole en céréales était en moyenne de 250 000 tonnes (soit 10% de la production environ). Et la plupart de l’exportation n’était pas alimentaire mais provenait du tabac.
    Pour remettre en plus l’agriculture en perspective, la totalité du secteur agricole ne représentait que 18% diu PIB en 1998, pour 24% pour les mines et secteur primaire. L’excédent alimentaire souvent cité commé étant la propérité du Zimbabwe ne représentait donc que moins de 1% du PIB.
    http://www.africa-onweb.com/pays/zimbabwe/economie.htm

    En terme de devises, en 1999 (donc l’année juste avant les confiscations), les deux premières sources de devises étaient les mines (45% des devises entrantes dans le pays) et le tourisme. L’agriculture ne vient qu’après. Et si l’apport de devises s’est ratatiné, c’est surtout parce que le revenu des mines a vertigineusement chuté et que le tourisme est dans un très mauvais état : les mines parce que le pays ne peut plus acheter les matériels et/ou pièces d’entretien pour les machines d’extraction, et le tourisme, parce que les 4 premiers marchés mondiaux de tourisme sont dans l’ordre l’Allemagne, les USA, la GB puis la France et que dans ces pays, la campagne anti Zimbabwe effraye les touristes potentiels et que la seule zone qui tourne encore au Zimbabwe est celle de Victoria Falls, parce qu’elle est vendue comme extension de l’Afrique du Sud, au point même qu’on arrive à trouver sur le net des gens qui croient que les chutes Victoria se trouvent en Afrique du Sud.
    cf rapport de l’OCDE http://www.oecd.org/dataoecd/49/48/1826797.pdf

    Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la descente de l’économie du Zimbabwe n’a pas pour origine la confiscation des terres et leur redistribution partielle à des proches du régime. La décroissance du PIB a commencé dès 1997, principalement du fait de l’obligation d’appliquer la politique d’ajustement économique du FMI pour obtenir des investissements étrangers en particulier dans le secteur de l’industrie. Mais les investissements ne sont jamais arrivés.



  • koudou 5 août 2008 15:18

    @Tata07

    J’ai lu avec un très grand intérêt votre commentaire. Il donne un certain nombre de faits réels, dont tous n’ont pas de rapport avec l’article, mais ne peuvent pas être traités de hors sujet, car ces faits contribuent à la perte de confiance qui a fait s’effondrer la monnaie. Mais il comporte aussi une certain nombre d’opinions qui ne me paraissent pas fondés, et qui ressemblent tellement à la doctrine de l’Etat Français que je soupçonne que vous êtes à l’Ambassade de France au Zimbabwe ou dans une des associations proches.

    Je vais tenter de répondre aux principaux points de votre intervention et j’espère que vous vous rendrez compte que votre affirmation de "manque de sérieux de mes affirmations" est inexacte, ou tout au moins pourrait aussi bien s’appliquer à certaines des vôtres.

    "prête à rechercher "la faute de l’homme blanc""
    Je voudrais une nouvelle fois souligner le fait que je cherche pas la faute de l’homme blanc, et que je n’accuse pas "l’homme blanc" de racisme anti-noir ou que sais-je. C’est une manie courante ici que de projeter ses propres pensées sur ce qu’écrit quelqu’un. Il n’y a en moi aucune tentative ni d’accuser les noirs, ni les blancs.

    "je m’aperçois que ce ne sont pas seulement les Blancs qui critiquent Mugabe, mais la quasi totalité des citoyens que j’ai rencontrés"
    Si on se base sur les élections législatives (dont personne ne conteste les résultats) et sur le premier tour de la présidentielle (dont les protagonistes ne discutent plus du résultat, sinon à 3 ou 4% près), on a deux forces en présences, de taille tout à fait semblable, avec un avantage marqué mais pas écrasant de Tsvangirai et son MDC sur Mugabe et son ZanuPF
    Dans ces conditions, affirmer comme vous le faites que la "quasi-totalité" des citoyens critiquent Mugabe en une phraséologie qui tend à vouloir démontrer qu’il se maitient au pouvoir contre l’avis de l’ensemble de la population, relève de la désinformation pure et simple.

    Vous parlez des accords de Lancaster House non respecté par les Britanniques. C’est vrai.
    Vous parlez de Mugabe qui utilise cet argument pour tenter de masquer ses carences de gestionnaire économique. Vous avez raison, à la fois sur les carences, et à la fois sur le fait qu’il essaye de détourner l’attention par ce que vous appellez "propagande stérile". Je ne vois pas d’ailleurs pas comment appeler cela autrement.

    Pour ce qui concerne la crise agricole, je ne vous suis pas entièrement.
    Car s’il est vrai qu’un certain nombre de fermes ont été données à des proches du régime (ce qui est répréhensible, car c’est du népotisme), toutes les terres n’ont pas été transférées à des hauts politiques, et même parmi celles qui ont été transférées à des hauts fonctionnaires, il y en a certaines qui ont été parfaitement exploitées.
    Mais surtout, la raison de la perte de production n’a pas pour seule origine ni même pour origine principale la mauvaise répartition des terres, mais les périodes de sécheresses graves qui ont sévit dans la région, et qui ne touchent d’ailleurs pas que le Zimbabwe, mais aussi 22 autres pays en Afrique sub saharienne. La FAO (Food & Agriculture Organization de l’ONU) et le PAM (Programme d’Alimentaire Mondial) ont lancé un certain nombre d’études en Zambie, Zimbabwe, Lesotho, Swaziland, et Mozambique. Ces rapports sortent au fur et à mesure, et indiquent bien que la région a subi des périodes de sécheresses graves et c’est ce facteur qui a été mis en vant, avec une aggravation par le recul de la production marchande de maïs. Rapport FAO/PAM : http://www.fao.org/countryprofiles/index.asp?iso3=ZWE&lang=fr
    En 2004, Amnesty International (plus pas trop modéré contre Mugabe) écrivait quelque chose de similaire : http://www.amnesty.org/fr/library/asset/AFR46/026/2004/fr/dom-AFR460262004fr.html
    On rentre dans un autre problème qui est celui des changements climatiques et de la désrtification, et les problèmes agricoles de l’Afrique subsaharienne (y compris le ZImbabwe) rentrent principalement dans ce mécanisme. Ce qui se passe sur le plan économique et politique est aggravant et rend les choses plus aigues, mais il ne faut pas inverser l’importance des causes.

    "la production agricole représentera cette année moins de 30% des besoins du pays"
    Pour être un peu plus exact, la production céréalière en 2008, en baisse de 40% par rapport à l’année précédente, ne représentera cette année qu’un peu plus de 40% des besoins du pays.
    La production céréalière du Zimbabwe prévue par la FAO est de 848000 tonnes, soit 40% de moins que l’année dernière. Les besoins étant de 2 millions de tonnes, il va donc manquer 1,23 millions de tonnes de céréales.
    http://www.fao.org/docrep/010/ai469f/ai469f00.htm

    "les sanctions ne peuvent être considérées comme responsables des difficultés du pays"
    Ah bon ?
    C’est une affirmation plus incantatoire que démonstrative ...
    Voyons ... gel des avoirs : dirigeants ou proches des dirigeants du pays, et entreprises nationales du pays. Interdiction d’emprunter de l’argent.
    Il y a aussi quelque chose que vous avez oublié, c’est le lobbying actif pour couper les marchés de vente du Zimbabwe, sachant que la porte principale en Europe, c’était la Grande Bretagne.
    Résumons en faisant le parallèle avec ce que cela pourrait signifier pour un individu : vous avez de l’argent en banque, mais vous ne pouvez plus y accéder, vous ne pouvez plus emprunter, et on essaye le plus possible de vous empêcher de gagner de l’argent par votre travail, et on vous empêche de venir vous visiter pour venir vous expliquer.
    Si vous pensez toujours que les sanctions sont totalement étrangères aux difficultés économiques, c’est que vous avez vraiment un défaut de raisonnement quelque part, ce que je n’ai pas ressenti chez vous.
    En tout cas, moi, si on m’empêche de gagner ma vie, qu’on confisque l’argent de mon compte en banque, qu’on me ferme mon compte et qu’on m’interdit d’emprunter, je ne sais pas très bien comment je vais pouvoir faire, surtout si en plus on m’interdit de venir dans le quartier de mon banquier venir m’expliquer.

    Maintenant, il est certain que la réaction de Mugabe à cette guerre économique a été pour le moins inadéquate. Et en particulier, création de monnaie n’importe comment, fixation d’une parité par rapport au dollar avec un change à sens unique, taxation de toutes les devises étrangères entrantes, taxation violente des revenus du tourisme par le même mécanisme, et laisser-faire des opérations gravement frauduleuse de nombreux hauts fonctionnaires sur le change. On ne pouvait pas faire pire, et on peut se demander si il n’aurait pas commis les mêmes erreurs même s’il n’y avait pas eu cette guerre économique. Mais clairement, ce sont ces sanctions qui l’ont poussé à le faire, car à part tenter de trouver un terrain d’entente avec les européens, il s’est braqué violemment contre Tony Blair et la GB, et a commis toutes ces conneries.

    Le FMI : votre présentation des relations entre le Zimbabwe et le FMI est totalement fausse. Et je n’ai pas le courage de tout reprendre, en commençant par le début, à savoir que comme partout en Afrique, le FMI a voulu imposer sa politique catastrophique en Afrique d’ajustement structurel dont le seul objectif visible pour la population a été de rendre l’école et les hopitaux payants. Quant à l’inflation, vous ne pouvez pas utiliser comme argument l’inflation effroyable de 2008 pour justifer d’une décision de 8 ans auparavant où l’inflation existait mais était du même ordre que les autres pays africains.
    Evidemment, si vous travaillez pour l’antenne du FMI au Zimbabwe, je comprends les contraintes intellectuelles auxquelles vous êtes tenue, et je n’insisterai pas sur ce point.

    Votre description du non fonctionnement de la politique du prix imposé est tout à fait juste. Le marché s’échappe par le biais de la libre circulation des produits et marchandises avec les pays frontaliers. Et les prix d’ailleurs ne sont pas très chers EN US DOLLAR. mais en Zim$ c’est effectivement l’horreur.
    En tout cas, ce mécanisme est exactement ce que la GB et les US pronent à tout va et appellent le libéralisme. Et c’est ce que veulent également le FMI et l’OMC. Et ils appelent également ça la "liberté". C’est un mot que vous trouvez tout à fait inadéquat semble-t-il, et je pense comme vous. Mais c’est la pensée économique dominante de nos jours.

    Votre dernier paragraphe cite un point que je n’ai effectivement pas mis dans mon article, parce que je n’ai pas de fait précis, mais uniquement des on dits et des preuves très indirectes : la corruption. Et c’est un des points qui participe avec une grande efficacité à la perte de confiance des habitants et à la perte de valeur du Zim$.
    Elle est galopante dans le pays. Et si vous y habitez, vous avez certainement appris l’expression "make a plan".



  • koudou 5 août 2008 10:02

    @fonzibrain

    J’ignore totalement à qui appartiennent les Banques Centrales Africaines en général. Elles ont toutes officellement les droits d’émission de monnaie, de fixation des taux directeur et même parfois de taux de change par rapport aux autres monnaies (donc des décisions de parité non fixées par le marché de l’offre et la demande). Par contre, savoir à qui elles appartiennent et surtout à qui elles obéissent me semble révéler tout un ensemble de situations assez contrastées.

    Pour le cas du Zimbabwe pour continuer dans l’exemple de l’article, tout le monde - y compris les niveaux politiques décisionnaires avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger à propos du problème que représentait ce système pour l’avenir du tourisme - m’ont clairement indiqué que le décisionnaire n’était pas GIdéon Gono, mais qu’ils se trouve plus haut sans qu’on me cite jamais de nom. Cependant, officiellement, le gouverneur Gidéon Gono prend ses décisions en toute indépendance comme dans les pays occidentaux. Et donc, il semble très difficile de savoir si le "plus haut" signifie le chef de l’état ou un ensemble de cartels privés.
    Je n’ai pas eu l’impression que la question de la propriété effective de la Banque Centrale (à savoir l’état ou des Banques ou un organisme indépendant semi étatique) n’était un problème du moment que l’état commandait la manière de fonctionner. Et bien évidemment, il y a un black out sur ce sujet manifestement tabou qui m’a très vite convaincu qu’il ne fallait pas que j’insiste à poser des questions trop précises. Ce qui fait que je n’en sais rien du tout et que j’en suis réduit à des impressions et des supposisions qui n’ont guère plus de valeur que des élucubrations.

    Au passage, les personnes qui ont encore de l’argent officiellement au Zimbabwe ne le confient pas à des banques mais en ont une bonne partie en bourse. Cela peut paraître curieux que la Bourse du Zimbabwe, dont les entreprises ont des titres dont la valeur est libellée en dollars zimbabwe puisse être encore d’un intérêt quelconque.
    Mais la réponse est que, à moins de transformer cet argent en US dollars et de les placer à l’étranger (ce qui est se situe quelque part entre l’interdit et l’anti-patriotisme), la Bourse est le seul moyen de garder de la valeur à ses avoirs. En effet, la Bourse est devenue le moyen de conserver de la valeur à sa fortune en dollar Zim, car les cours sont constamment ajustés pour correspondre à la réalité du taux du marché noir. C’est très curieux comme phénomène, et tous les Zimbabwéiens qui ont officiellement de l’argent en Z$ le placent en Bourse, car c’est le seul endroit totalement légal et moral au Zimbabwe où leurs liquidités gardent leur pouvoir d’achat et même progresse. AInsi, le placement qui en Europe est toujours entaché d’un risque non négligeable est devenu au Zimbabwe le plus raisonnable et le moins risqué.



  • koudou 5 août 2008 00:49

    @sobriquet

    Merci de m’avoir fait rigoler un grand coup.

    En plus, vous avez raison. Mais avant qu’une banque se mette à gérer les comptes de ses clients avec un logiciel libre, je pense qu’il va falloir une révolution des moeurs ...

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