Passeur de "savoirs" (incertains, forcément incertains...) dans "la presse & l'édition", expert en rien, consultant du rien qui fait tourner le monde et du temps qui se repose entre les lignes...
Hannah Arendt avait déjà décrit la substitution du mensonge à la vérité en régime totalitaire... nous voilà en régime de postvérité et de postdémocratie avec un « dispositif » qui substitue la « connexion » machinique à la relation et au débat véritables... le tour est joué avec la came électronique des dealers qui ont remplacé le langage et le réel par le machin machiné de leur machination - le langage chiffré que tout le monde parle, avec les « emoticônes » pour économiser des nuances de réel et des atrocités devenues spectacles sur télécrans...
en 1830 sous charles X on était à l’apogée de l’exploitation du travail humain et puis par la poussée des proto-socialistes, anarchistes et autres penseurs utopistes, il y a eu des lois sociales pour aménager la servitude...
deux « révolutions » et « républiques » plus tard, le tour de la grande roue est revenue à son point de départ...
entretemps il y a eu le manifeste futuriste de 1909 qui prônait le culte de la Machine, de la vitesse, de la force, de l’accélération permanente, etc qui a fait le lit du fascisme...
et nous y revoilà avec le techno-fascisme, la violence matérialiste et déterministe de la silicon valley qui veut substituer les machines aux humains avec une ruse supplémentaire : la domination du langage asémantique de l’IA générative vendue comme « assistante personnelle »...
oui, toujours la dialectique du maître et de l’esclave : volonté perpétuelle de domination et soumission...
oui, il s’agit souvent d’une question de vocabulaire entre intelligence et conscience.
l’intelligence adaptative accumulée au fil des générations fonctionne bien comme une culture artefactuelle détournée de sa vocation initiale qui était le bien-être de tous... elle a glissé vers les « compteurs intelligents » comme captation de données au sens anglais d’« intelligence service »...
prendre le train d’enfer ou pas, personne n’a été consulté à ce sujet comme pour les chemins de fer au temps des monarchies et l’automobilisme au temps des « républiques » alors que les populations affectées par les externalités n’en voulaient pas - il suffit de consulter la liste des accidents survenus depuis que ces « innovations » nous ont fait entrer dans la « société du risque » permanent...
les têtes brûlées devraient être libres de vivre dangereusement mais pas d’entraîner toute leur espèce dans leur paris et prises de risque...
vers quelle « lumière au bout du tunnel » mène ce train d’enfer ? vers la collision avec un autre train ?
certes, la pensée évolue dans le connu pour en faire de l’inédit, du créatif, de quoi « abolir le hasard » - justement, nous y voilà, au point crucial à identifier : que veut-« on » abolir maintenant ?
Jacques Duboin saluait en 1935 « le grand remplacement des hommes par la science » comme un « progrès » permettant à l’humain de se consacrer enfin à son accomplissement - les esclaves vapeur étaient alors un progrès incontestable, mais perverti depuis à d’autres fins... Il faudrait prendre le temps de relire Jacques Duboin : le journal qu’il avait crée, « la grande relève », a poursuivi sa vie de 1935 à 2020...