« Les Droits de l’Homme et toutes les
déclarations et préambules prétendument humanistes sont à dépoussiérer ! ». « Désacraliser
la propriété privée, la rendre accessible à tous, voilà un principe d’égalité
et de fraternité ! ».
Tout ceci n’est possible que dans le cadre de la Dictature révolutionnaire soviétique du prolétariat.
Ce quisuppose au préalable l’organisation
du prolétariat en un parti politique de type bolchevique, c’est-à-dire léniniste-staliniste.
Tout le reste des discours sur la propriété privée n’est que le prêchi-prêcha du
petit-bourgeois.
« Sans forcément demander une révision
constitutionnelle immédiate (il y a bien d’autres problèmes bien plus urgents à
régler), engager une réflexion sur ce sujet, et plus généralement sur les
grands principes que nous voulons voir respectés, ne me paraît pas inutile :
avec pourquoi pas à la clé la rédaction d’une nouvelle Déclaration des Droits
? ».
Il n’échappe à personne que la réflexion approfondie sur ce sujet de la
propriété privée a déjà eu lieu depuis au moins Karl Marx que l’auteur a
subrepticement cité. Cette réflexion a abouti, sur le plan de la théorie, à la
doctrine qui s’appelle le Marxisme. Cette doctrine, le marxisme, a déjà été vérifiée par des expériences pratiques
qui sont sans conteste la voie à suivre. Ces expériences pratiques chaque
fois approfondies sont : la
Commune de Paris en 1871 avec Karl Marx et Friedrich Engels, la Révolution d’Octobre
1917 avec Lénine, l’avènement des Démocraties populaires en 1939-1945 autour de
l’URSS avec Staline.
Si aujourd’hui, on en reste encore à vouloir « engager une réflexion sur les grands principes avec à la clé la
rédaction d’une nouvelle Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen »,
c’est donc que l’on rejette les meilleurs acquis intellectuels et pratiques du
mouvement d’émancipation des peuples des chaines de la propriété privée que l’on
prétend vouloir étudier. Cela revient tout bonnement à sacraliser la propriété
privée.
« Dès décembre 1940 le programme de
prêt bail de matériel militaire, financé par les banques américaines, à
destination de l’URSS était mis en place, soit 6 mois avant l’attaque
Allemande. »
Vous racontez des mensonges. Le programme de prêt-bail ou prêt-location
(loi Lend-lease) avait été signé le 11mars 1941 et non pas en 1940 (1), soit deux mois avant
l’invasion allemande (opération BARBAROSSA).
Et encore jusqu’au 22 juin 1941, début de l’invasion, l’URSS, considérée comme
pays ennemi ne recevait aucune aide de la part des Etats-Unis d’Amérique.
L’URSS ne faisait pas encore partie des alliés des Etats-Unis. Les USA et ses
alliés, étant en accointance avec le régime nazi, voulaient lancer en premier
ce dernier contre l’URSS. C’est d’ailleurs pour contrer ce plan des américains
et leurs alliés que l’URSS s’est trouvée obligée de conclure un pacte de
NON-AGRESSION mutuelle avec le régime nazie. Les Etats-Unis d’Amérique et ses
alliés refusaient de signer un tel pacte de non-agression mutuelle avec l’URSS.
Deux facteurs ont forcé les USA et ses alliés à coopérer avec l’URSS. Le
premier facteur est l’occupation de la totalité de l’Europe de l’Ouest à
l’exception de l’Angleterre. En effet, au moment où l’opération nazie
Barbarossa débute, toute l’Europe occidentale a capitulé sous la botte des
nazis et de Mussolini. Le deuxième facteur est le succès, dans un premier
temps, de l’invasion de l’URSS par le régime nazi. Cette invasion, si elle
devenait définitive, signifiait sur le coup la perte de puissance des
Etats-Unis en Europe et dans le monde. Le danger nazi pour les Etats-Unis était
donc plus immédiat que celui du communisme. Voilà les deux facteurs
déterminants qui ont forcé les USA et ses alliés à coopérer avec l’URSS contre
l’Allemagne nazie.
« L’Amérique a envoyé pour 11
milliards de dollars de matériel militaire à l’URSS ».
Là aussi, c’est un mensonge. Mais un mensonge par omission. Vous oubliez
de préciser que cette somme représente le
montant global des fournitures militaires des USA à l’URSS de 1941 à 1945,
c’est à-dire pour toute la guerre.
Pour l’invasion elle-même, c’est-à-dire pour la période couvrant l’opération
Barbarossa, du 22 juin 1941 à janvier-février 1942, le montant des fournitures
américaines à l’URSS n’est pas connu. Il est certainement nettement moindre que
le chiffre que vous avancez. En plus, ce sont des chiffres unilatéraux fournis
par les occidentaux.
Quoi qu’il en soit, les fournitures militaires américaines à l’URSS
n’étaient pas une aumône. Ces fournitures étaient achetées par l’URSS. En
effet, comme il a été dit ci-dessus, l’invasion de
l’URSS par l’Allemagne hitlérienne avait permis le réchauffement des relations
entre , d’un côté, les Etats-Unis et ses alliés, et de l’autre, l’URSS. « Matérialisant ce réchauffement, le commerce soviéto-américain
s’intensifia, tout en restant soumis à la loi du “cash and carry”. »(2). Les
fournitures de matériels de guerre à l’URSS n’étaient donc pas de l’aide
philanthropique comme on sous-entend souvent. Loin de là, c’était du matériel
acheté par l’URSS selon la loi du « cash
and carry », c’est-à-dire « paye et transporte ».
Voilà la vérité que vous essayez de dissimuler par ignorance ou par mauvaise
foi !
En effet, les Etats-Unis, sous couvert de neutralité, entendaient tranquillement s’enrichir de la guerre dans l’arrière-cour en vendant les armes aux belligérants de son choix. En fait :
« Les origines de cette politique remontent à la décision prise par les Etats-Unis en 1938 d’autoriser les ventes d’armes en gros à la Grande-Bretagne et à la France.
(…)
C’est ainsi qu’au cours de l’année 1940, par exemple, la France, la Grande-Bretagne et les pays du Commonwealth achetèrent près de 90% de la production d’avions américaine. Rien qu’en juin 1940, les Alliés furent livrés pour 43 millions de dollars de matériel militaire. » (1).
Ainsi, les Etats-Unis d’Amérique avaient placé l’URSS sous embargo militaire. C’est seulement en juin 1941, lorsque l’URSS fut envahie par l’Allemagne, que les Etats-Unis consentirent à vendre des fournitures militaires à l’URSS dans le cadre de la loi du Prêt-bail. Toute l’Europe de l’Ouest, sauf l’Angleterre, était alors désormais occupée par l’Allemagne hitlérienne et l’Italie de Mussolini coalisés avec le Japon appelée « l’Axe ». Les Etats-Unis, l’Angleterre, la France, et les autres pays occupés par l’Axe formaient la coalition des « Alliés ». La coalition de l’Axe autour de l’Allemagne hitlérienne ambitionnait de prendre sa revanche sur les Etats-Unis d’Amérique par rapport à la guerre impérialiste de 1914-1918. Cela signifie que si l’URSS était passée aussi sous la botte de l’Allemagne, celle-ci devenait maîtresse de toute l’Europe et s’en était fini avec la puissance des Etats-Unis d’Amérique.
Ainsi, l’invasion de l’URSS par l’Allemagne avait obligé les Etats-Unis et l’Angleterre à coopérer avec l’URSS contre l’Allemagne hitlérienne, selon le principe « les ennemis de mes ennemis sont mes amis ». L’invasion de l’URSS par l’Allemagne hitlérienne avait permis le réchauffement des relations entre la coalition des Alliés et l’URSS. « Matérialisant ce réchauffement, le commerce soviéto-américain s’intensifia, tout en restant soumis à la loi du “cash and carry”. » (2). Les fournitures de matériels de guerre à l’URSS n’étaient donc pas de l’aide philanthropique comme on sous-entend souvent. Loin de là, c’était du matériel acheté par l’URSS selon la loi du « cash and carry », c’est-à-dire « paye et part ».
Mais, jusqu’en 1942, bien que l’URSS fut envahie, les Etats-Unis d’Amérique suivaient toujours une politique mercantiliste et attentiste vis-à-vis de l’URSS. En décembre 1941, les Japonais bombardèrent la base militaire américaine de Pearl Harbor, dans l’océan Pacifique. C’est cette attaque seulement qui obligea les Américains à sortir de leur position attentiste et à entrer de pleins pieds dans la guerre. Mais, les carottes étaient déjà cuites pour les allemands du fait du Grand tournant imposé par l’URSS. Les Etats-Unis n’ont fait que prendre le train en marche.
Au sortir de la seconde guerre mondiale, Staline, critiquant les théories opportunistes de certains membres du Parti bolchevique prêchant le pacifisme béat du fait de la victoire sur le fascisme hitlérien, résume très bien l’absurdité du comportement des pays impérialistes par rapport à l’Allemagne dans l’entre-deux-guerres :
« Au lendemain de la première guerre mondiale, on considérait aussi que l’Allemagne avait été définitivement mise hors de combat, de même que le sont aujourd’hui, selon certains camarades, le Japon et l’Allemagne. A ce moment, on disait aussi et on proclamait dans la presse que les Etats-Unis d’Amérique avaient réduit l’Europe à la portion congrue ; que l’Allemagne ne pourrait plus se relever ; qu’il ne devait plus y avoir de guerre entre pays capitalistes. Mais, malgré cela, l’Allemagne s’est remise debout comme une grande puissance quinze à vingt ans après sa défaite ; elle s’est évadée de sa captivité et engagée sur le chemin de l’indépendance. Chose caractéristique, c’est que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique ont aidé eux-mêmes l’Allemagne à se relever économiquement et à rétablir son potentiel économique et militaire. Sans doute qu’en aidant l’Allemagne à se relever économiquement, les U.S.A. et la Grande-Bretagne entendaient diriger l’Allemagne, une fois relevée, contre l’Union soviétique, l’utiliser contre le pays du socialisme. L’Allemagne cependant a dirigé ses forces, en premier lieu, contre le bloc anglo-franco-américain. Et lorsque l’Allemagne hitlérienne eut déclaré la guerre à l’Union soviétique, le bloc anglo-franco-américain, loin de se rallier à l’Allemagne hitlérienne, fut obligée, au contraire, de se coaliser avec l’U.R.S.S. contre l’Allemagne hitlérienne. » (Staline : Les problèmes économiques du socialisme – 1952).
Les théories opportunistes critiquées par Staline dans sa brochure ici citées sont justement les théories que le gang capitaliste anarcho-trotskiste khrouchtchevien mettra en avant à partir de mars 1953 pour justifier son putsch contre l’Etat Soviétique. C’est au cours de ce putsch que Staline fut assassiné. Le coup d’Etat anarcho-trotskiste-krouchtchevien en mars 1953 est le point de départ de la restauration de l’Empire capitaliste russe.
Votre article, apparemment une reprise de l’article d’Annie Lacroix-Riz, professeur émérite, université Paris 7 comme vous l’avez signalé,met à bas la propagande de l’impérialisme occidentale comme quoi le tournant de la guerre hitlérienne de 1939-1945, c’est l’entrée en guerre des Etats-Unis d’Amérique.
Nul doute que chaque étape dans une guerre peut être interprétée comme étant un tournant. Mais il y a de ces tournants qui sonnent le début de la débâcle pour le camp adverse. Le tournant, c’est l’étape décisive qui apporte tout d’un coup l’espoir en ouvrant en même temps l’horizon de la victoire alors que tout semblait jusque-là perdu.
Et pour cause, depuis son invasion de l’Autriche en mars 1938, l’Allemagne s’envolait de victoire en victoire dans ses attaques et invasions des pays voisins à l’Ouest. Dans cette promenade européenne, l’Allemagne fut rejointe par son allié l’Italie de Mussolini. En moins de deux ans, l’Europe de l’Ouest avait capitulé et s’était couchée devant Hitler sans opposer de résistance significative. Le monde entier était pétrifié par la BLITZKRIEG, la guerre éclair.
En Europe de l’Ouest, seule l’Angleterre essayaient encore de se débattre pour survivre aux coups de griffes de l’Allemagne. La mort prochaine de l’Angleterre était programmée. Mais Hitler se ravisa et voulu d’abord consommer son plat de résistance à l’Est, en attaquant l’URSS en violation du pacte de NON-AGRESSION qu’il avait signé avec l’URSS. Nom de code de l’opération : BARBAROSSA. Ce fut pour lui un très mauvais calcul car c’est là qu’il commença à mordre la poussière et à se faire démembrer. C’est alors que le monde entier comprit que le monstre Hitlérien n’était pas invincible et commença à prendre courage pour l’affronter. C’est ce cuisant échec de la Wehrmacht face à l’URSS qui constitue le tournant décisif de la deuxième guerre mondiale, le Grand TOURNANT.
L’article d’Annie Lacroix-Riz, ici publié par ROBERT GIL, décline ce GRAND TOURNANT en trois tournants que l’on peut qualifier d’étapes du GRAND TOURNANT.
Ainsi, « Après l’attaqueallemande du 22 juin 1941, le premier tournant militaire de la guerre fut la mort immédiate du Blitzkrieg. ». Ce fut la première étape du tournant de la deuxième guerre mondiale de l’impérialisme.
Ensuite, « Le second tournantmilitaire de la guerre fut l’arrêt de la Wehrmacht devant Moscou, en novembre-décembre 1941, qui consacra la capacité politique et militaire de l’URSS, symbolisée par Staline et Joukov. ». Ce fut la deuxième étape du GRAND TOURNANT. Cette étape succéda à la foulée de la première. Elle se déroula
La Bataille de Moscou fut la deuxième étape du grand tournant. La victoire de Moscou embraya immédiatement la troisième et dernière étape du grand tournant, celle de Stalingard, comme le précise toujours l’article : « La victoire soviétiquede Stalingrad, troisième tournant militaire soviétique, fut comprise par les populations comme le tournant de la guerre, si flagrant que la propagande nazie ne parvint plus à le dissimuler. L’événement posa surtout directement la question de l’après-guerre, préparé par les États-Unis enrichis par le conflit, contre l’URSS dont les pertes furent considérables jusqu’au 8 mai 1945. »
A dire vrai, le GRAND TOURNANT de la Seconde guerre mondiale, ce n’est pas l’entrée en guerre des Etats-Unis d’Amérique suite à l’attaque nippone à Pearl Habor en décembre 1941, mais ce sont bien les revers infligés par l’URSS à la Wehrmacht, l’armée allemande, qui constituent le seul tournant de cette guerre, le GRAND TOURNANT, l’échec de l’opération BARBAROSSA.
L’article publié ici par ROBERT GIL présente une autre pertinence et non des moindres. Cette deuxième pertinence, c’est la conséquence de la victoire de STALINGRAD, dernière étape du grand tournant. Ainsi, l’article ne manque pas de souligner que : « L’événement posa surtout directement la question de l’après-guerre, préparé par les États-Unis enrichis par le conflit, contre l’URSS dont les pertes furent considérables jusqu’au 8 mai 1945. »