Les banquiers et autres spéculateurs ne font jamais que mettre en pratique les fondements de notre système. Je vous rappelle que la cupidité est le vice humain sur lequel s’appuie le capitalisme. Il est dès lors très facile, une fois les mécanismes ad hoc mis en place (dérégulation de la finance), de laisser libre cours à des instincts qui sont valorisés par la société. Nul besoin d’être un monstre pour ça, il suffit d’étouffer ses éventuels scrupules moraux sous une bonne couche d’arguments tels que « ça crée de la richesse », « on ne fait pas d’omelettes sans casser des oeufs » ou « there is no other way ».
Boursicoter ou résister ? Telle est la question...
@sobriquet : vous posez là un problème essentiel : comment contrôler une technologie si compliquée qu’elle ne peut être comprise et maîtrisée que par une poignée de spécialistes ? Il s’agit d’une étape de plus dans la perte de contrôle démocratique, et pour un secteur aussi essentiel que l’énergie c’est dramatique. Le même problème se pose avec les ogm qui permettent à quelques multinationales de faire main basse sur la production alimentaire.
Merci pour cet article. Mais puisque vous le terminez par « Bien sûr qu’il serait plus sage de diminuer nos consommations et le gaspillage, mais c’est un autre problème. », je vous invite à vous poser la question de l’utilisation politique de la technologie. Celle-ci est un outil, et comme tel ses résultats sont fonction de la manière dont on décide de l’utiliser. En d’autres termes, dans un système productiviste la technologie sera mise au service de la production, dans un but de croissance de celle-ci. Les impératifs de diminution des consommations et du gaspillage sont en opposition avec ce système, et l’outil technologique devient une arme agissant contre ces impératifs. Je ne pense donc pas qu’on puisse débattre de l’utilité d’une technologie sans la relier au contexte dans lequel elle est utilisée.
La preuve en est la facilité avec laquelle on « oublie » de parler de la nécessité de réduire la demande énergétique pour ne parler que des mix énergétiques qui seront censés remplacer les énergies fossiles. Du coup on « oublie » aussi qu’aucun mix ne nous permettra de poursuivre les orgies matérialistes que nous avons pu nous payer grâce au pétrole, et sur le dos de l’environnement.
Répondez alors à mes remarques au lieu d’user de faux-fuyants (car écrire « Que l’ENTREPRISE prenne le leadership aux politiques : » est bien autre chose qu’un simple constat, c’est une exigence qui conditionne la suite de votre texte) : - Comment envisagez-vous la survie d’un système à croissance infinie dans un monde fini ? - Comment envisagez-vous de moraliser un système fondé sur la cupidité et l’avidité ? A moins que vous ne considériez pas l’appropriation et l’accumulation des richesses comme résultant de ces défauts humains ? - Comment envisagez-vous la survie du capitalisme sans sa bouée financière ? A moins que celle-ci ne vous dérange pas, ou qu’il suffirait pour vous de « moraliser le capitalisme financier » ? - Comment envisagez-vous une réduction drastique des émissions de GES dans un système dont la croissance (indispensable au capitalisme, je vous le rappelle) anéantit systématiquement les progrès réalisés en matière de rendement ? Et même, comment envisagez-vous que le système puisse s’accomoder du principe d’une réduction de la demande énergétique, principe en opposition avec son besoin de croissance ? - Comment envisagez-vous que le système puisse redistribuer les richesses alors que la consommation des pays occidentaux est déjà insupportable, et qu’il faudra donc soit interdire l’accès à ces richesses à la plus grande partie de l’humanité, soit réduire notre propre consommation, c’est-à-dire... décroître ?
Vous allez me répondre : grâce à la technologie. Mais la technologie est un outil, et tout dépend de la manière dont on l’utilise. Dans un système productiviste, la technologie est donc mise au service de la production, au lieu d’être mise au service du bien commun.