Je constate qu’après avoir affirmé ’il est intéressant d’en débattre", vous n’avez plus à m’opposer qu’un dénigrement sans fondement. Peut-être est-ce dû au fait que là où vous vous contentez d’une dose d’humanisme, je pose celui-ci en tant que principe fondateur ?
Vous me dites résigné, je vous vois soumis et enfermé dans une pensée étriquée. Pas étonnant dès lors que votre conception de l’utopie se limite à la réforme d’un système dont la concordance d’intérêts avec le progrès social et la démocratie touche à sa fin.
Candide, ce n’est pas la première fois que Jean-Pierre Llabrès place sa marchandise ; j’ai donc déjà eu l’occasion d’y faire un tour, pour me rendre compte qu’il s’agit d’une xième tentative désespérée des afficionados du capitalisme de sauver leur Titanic. Je n’y crois pas pour deux raisons : le capitalisme est naturellement immoral et naturellement productiviste, deux tares incompatibles avec les contraintes sociales et environnementales et avec la finitude de notre planète.
Maintenant, si vous me démontrez que le capitalisme n’est pas fondé sur la cupidité et n’a pas besoin de croître, on pourra en rediscuter...
« Tout d’abord ne caricaturez pas mes propos, je ne prône pas un monde sous la houlette des entreprises » ; alors que voulez-vous dire en écrivant « Que l’ENTREPRISE prenne le leadership aux politiques » ? Leadership qui soit dit en passant, est déjà passé aux mains du capitalisme financier.
« Vous semblez résigner à laisser »croître« ce capitalisme » : je ne suis pas résigné du tout, je le combat parce qu’il ne peut que croître et que cette exigence naturelle s’oppose de facto aux impératifs sociaux et écologiques. Car ce que vous appelez dérives du capitalisme ne sont que son aboutissement logique, et elles ne feront que se renforcer dans un monde devenu trop exigu pour satisfaire les besoins de croissance du capital. Si celui-ci s’est massivement déplacé vers la sphère financière, c’est parce que d’une part, les facteurs de rentabilité de la production de biens se sont détériorés (améliorer la productivité coûte de plus en plus cher, et les marchés sont de plus en plus saturés) et d’autre part, parce que tout a été mis en place pour que la finance puisse s’auto-alimenter en n’ayant comme seule et unique fonction que de créer de l’argent. Cette dérive (en espérant que vous la considérez effectivement comme telle) n’est pas un hasard, elle répond à la nécessité du capital de continuer à croître dans un monde fini. Il faudrait donc que le capitalisme accepte de se priver de ce qui lui sert de bouée de sauvetage, mais aussi qu’il se soumette à des normes sociales et environnementales ? Ce n’est pas de l’utopie, c’est de l’aveuglement.
Pour en revenir au business du climat, j’attends toujours les retombées positives dont vous parlez. La sensibilisation du public n’est pas due au business mais à la médiatisation d’un problème (parmi d’autres), et ce ne sont pas les mécanismes de marché mis en place à cette occasion qui vont permettre de résoudre quoi que ce soit. C’est toute la logique productiviste qu’il faut remettre en cause : c’est là que se trouve l’utopie, pas dans la réforme d’un système qui a atteint ses limites et qui ne peut plus se sauver qu’en fabriquant de plus en plus d’exclusion.
Entièrement d’accord avec vous, et ça s’explique aisément par le fait que dans un monde régi par les « valeurs » masculines de pouvoir, de compétition, de domination, les femmes qui arrivent à s’y faire une place sont celles qui ont appris à développer le mieux ces caractéristiques.
A mon avis, le féminisme n’arrivera à rien d’essentiel tant qu’il ne remettra pas en cause notre modèle de société capitaliste. Car à quoi sert d’accumuler toujours plus de richesses, si ce n’est pour dominer l’autre ?
J’ajoute que le capitalisme doit croître sans cesse ou mourir. Trouvez-moi un moyen de concilier ça avec des principes moraux, éthiques ou environnementaux.