Oui, l’instrumentalisation de la peur du FN a permis de masquer le fait que toutes les formations politiques adhèrent aux valeurs du capitalisme débridé, inégalitaire et productiviste et n’ont donc pas d’autre programme que le maintient des classes possédantes au sommet de la chaine alimentaire... toutes les formations, y compris le FN.
Oui, plutôt que de limiter le cumul des mandats, on devrait plafonner le montant total des indemnités liées à l’exercice politique à 1 SMIC. Ce serait très efficace pour trier ceux qui font carrière de ceux qui viennent par conviction. Et ne cumuleraient plus que ceux qui croient sincèrement que deux mandats les rendent plus efficaces qu’un seul, puisqu’ils ne seraient plus motivés par l’idée d’arrondir leur pactole. Ce serait également très efficace sur les considérations sur la somme dont une personne a besoin pour vivre décemment : je pense qu’on verrait des coups de pouce un peu plus conséquent.
Pour ce qui est de la compétence... c’est une autre forme d’élitisme. Les politiques ne sont là que pour représenter le peuple dans son ensemble et donc, je ne vois pas comment nous pouvons tous être représentés que par des profs, des médecins et des avocats. Les politiques sont là pour insuffler la direction des politiques publiques. Ils sont entourés de fonctionnaires techniciens et administratifs compétents pour tout ce qui est mis en œuvre pratique des décisions. Le concours d’entrée est effectif pour ceux qui doivent trouver les modalités de mise en œuvre des politiques et cela me semble suffisant.
Et l’économie n’est pas le centre de la vie politique et citoyenne. Donc inutile de créer une autre « élitocratie » d’experts qui seuls sauraient ce qui est bon pour le peuple ignorant. Cela implique aussi qu’on revienne vers l’idée que l’Éducation n’a pas pour tacheĉ de fabriquer des travailleurs adaptés aux entreprises, mais bien des citoyens éclairés adaptables et capables d’évoluer toute leur vie. Il faut une bonne éducation générale pour avoir une bonne démocratie, sinon, on repart avec une nouvelle oligarchie qui prétend mieux savoir que tout le monde ce qui est le bien commun qui finit immanquablement par se transformer en leurs intérêts bien particuliers.
C’est d’autant plus monstrueux que nous avons toujours voté contre cela... et que dans ce cas, nos votes ne sont plus aussi souverains qu’ils devraient l’être.
On sait depuis le 5 février 2008 que cette démocratie est une vaste fumisterie. Je ne vote plus que pour leur démontrer que « non, on ne s’en fout pas », parce que je sais qu’ils attendent que l’abstention progresse assez pour pouvoir dire qu’on s’en fout et qu’il faut arrêter de perdre de l’argent à organiser des élections qui intéressent personne.
C’est assez juste : changer le système par l’intérieur est une illusion. J’ai assez vu de gens de bonne volonté entrer dans le marigot et finir par se faire bouffer la tête par la logique du chacun pour sa gueule et finir par abdiquer leurs idéaux au profit de leur cul.
Je suis structuraliste : je pense que nos institutions favorisent le pognon et la concurrence de tous contre tous et du coup, cela rend rationnel d’adopter ce genre de comportement. Le problème est de changer les mentalités et les institutions qui les modèlent afin de que les comportement de prédation ne soient plus récompensés au détriment des comportements de coopération.
Et le vote est totalement dévoyé, en effet. Il faut voir à quel point il est impossible à des collectifs porteurs de modes de fonctionnement totalement différents d’accéder à la place politique. Le simple fait que l’impression du matériel électoral ne soit pas collectif mais privé : cela rend l’accès à la sphère politique totalement censitaire. Il eut fallu conserver l’imprimerie nationale pour donner à chaque candidat les mêmes chances que les autres. Et cette barrière de l’argent explique pas mal pourquoi les ouvriers, précaires, chômeurs et petits employés, qui représentent tout de même plus des 2 tiers de la population totale, ne sont absolument pas représentés dans notre système politique : parce que le ticket d’entrée est trop cher pour eux.
L’État prend nettement moins aux entreprises qu’aux personnes, déjà, grâce à la foultitude d’exonérations et de niches diverses développées ces dernières années sous la pression de la fameuse théorie du ruissèlement qui prétend qu’il faut qu’on aide les entreprises pour qu’elles réussissent, directement via les subventions et les commandes des collectivités publiques et indirectement via les allègements de charges, taxes, impôts, dérèglementations, etc. De surcroit, les entreprises réclament toujours plus de « services » à l’État : des salariés totalement formés et opérationnels immédiatement, des malades pris en charge, des infrastructures couteuses et nombreuses (routes, transports, télécommunications) sans vouloir participer au financement collectif.
On en est même au point où les entreprises font jouer la concurrence des subventions pour s’implanter ou se maintenir sur des territoires, en exigeant toujours plus de zones franches et de ce genre d’exemption de la participation à l’effort commun.
Et le peu qu’elles ont encore à payer, elles se démerdent pour frauder, défiscaliser, délocaliser.
Et tout cela sur fond de baisse continue des taux d’imposition théorique, toujours sous le prétexte de ne pas étouffer ces pauvres petites choses que sont les entreprises.
Et avec tous ces financements directs et indirects, on a quoi, en échange : encore plus de chômage, de bas salaires, de fraudes sur le peu de règles qui restent, d’évasion dans les paradis fiscaux.
Donc, faudrait un peu en finir avec le mythe des pauvres entreprises strangulées. Il y a surtout beaucoup d’entreprises mal gérées, peu viables sous perf d’État avec des pratiques assez négligentes pour le moins sur la qualité des produits et services, malfaçons, maltraitement social, etc. Et ce sont souvent les plus mauvaises qui chialent le plus qu’elles sont étranglées par l’État totalitariste, oubliant allègrement tous les exo et aides dont elles disposent, quand elles ne font pas carrément 80% de leur avec la commande publique.
Faut voir le niveau de financement des journaux par l’État ou la tête des carnets de commandes de Dassault, ce grand pleurnicheur qui vit à 100% de la collectivité qu’il ne cesse de dénigrer par ailleurs. Et des exemples comme cela, j’en ai plein !