Je pense que si j’avais un garçon, je lui apprendrais les mêmes choses qu’à ma fille : autonomie et respect de l’autre. Une femme qui se « venge » des hommes sur son fils relève plus de la psychanalyse que du féminisme, vous ne croyez pas ? Et ce que j’écris, c’est que les déterminismes sexués sont aussi contraignants pour les hommes que pour les femmes, même si les hommes ont l’avantage (apparent) de la domination. Je ne me vois pas dire à mon fils de ne pas pleurer comme une fille ou de le décourager de faire quelque chose qui lui tient à cœur sous prétexte que ce n’est pas un truc de garçon.
Mais il est certain aussi que je ne lui apprendrais pas que les femmes sont au service des hommes et il devrait participer aux choses collectives de la maison de la même manière que sa sœur. Ni plus, ni moins. C’est excessif, selon vous ?
Moi, j’ai monté ma boîte il y a 7 ans et elle est toujours là. Sans apports personnels, ni aides, ni rien du tout. Ma seule matière première, c’est moi. Donc oui, je connais l’envers du décor. Autre chose ?
C’est un nous à géométrie variable que le vôtre, non ? Parce que même dans les pays riches comme le nôtre tout le monde n’a pas fait tant de gras que ce que vous décrivez...
Le problème, c’est que la mobilité par véhicules individuels est de toute manière trop coûteuse pour l’environnement et donc, en amont, se pose la question de l’organisation du temps et des espaces sociaux. La disparition de l’échelle humaine de l’habitat (le village ou le quartier) où tout était intégré et permettait de pourvoir à ses principaux besoins à pied a été nourrie par le tout-bagnole... dont nous allons sortir, de gré ou de force. La spéculation immobilière a envoyé les gueux toujours plus loin de leurs lieux de travail, de vie et de consommation, mais voilà, les femmes de ménages peinent à financer leurs déplacement pour venir torcher les vieux riches et ne peuvent habiter dans un périmètre piéton de leur « community gates ».
Autre exemple : la middle class américaine, ivre de libéralisme, a refusé de financer les transports en commun destinés au loosers et est partie habiter dans de jolis villages de lotissements, sans aucun services intégrés, se rendant à 100% dépendants de la voiture. Maintenant qu’ils sont vieux, certains se rendent compte qu’ils ne peuvent plus conduire et du coup, qu’ils sont isolés de tout. Là, il chialent pour des services publiques, mais c’est gravement trop tard pour leur gueule.
Bref, l’exemple du secteur automobile est pour moi le symptôme le plus évident des choix de civilisation complètement aberrants.