La question n’est pas dire ici, que GNU/Linux est mieux que Windows, mais que ça existe et que c’est abodable au grand public.
Le seul vrai problème de Linux, c’est que les machines livrées avec Linux installé dessus sont encore très rares. Si on filait toutes les machines du commerce sans OS, avec un CD windows pour se l’installer soi-même, les gens trouveraient Windows tout de suite nettement moins convivial.
Lors de l’install party du bled, avec des ingénieurs en informatique venus aider les débutants, nous étions bien d’accord pour dire que l’installation d’un OS ne devrait jamais être l’affaire d’un utilisateur final, à cause des problèmes vraiment horribles de compatibilité matérielle. C’est un boulot d’informaticien, que ce soit pour Linux ou pour Windows.
Quand je vois mon cher et tendre se battre comme un chien avec la carte ethernet intégrée à sa nouvelle carte mère dont le pilote fait planter systématiquement XP, je me dis le problème dépasse de loin les questions de choix d’OS.
Une fois ton Ubuntu (ou autre) correctement installé et configuré pour ton matériel, et si tu n’utilises que les logiciels des dépots (vérifiés et validés pour ta distrib), tu n’auras pas besoin de mettre les mains dans le cambouis. Je suis passée sous Ubuntu pour Breezy et j’ai pu l’installer toute seule. Ensuite, je n’ai réinstallé Ubuntu que pour Hardy, parce que j’ai profité du changement de version pour virer Windows de mon disque dur et refaire mes partitions.
Les lignes de code...
C’est vraiment le truc qui ne fait pas envie dans Linux. Et les puristes ont tendance à être chiants à vouloir tout faire en ligne de code, y compris ce qui s’exécute parfaitement en interface graphique.
Cela dit, on se rend compte à l’usage qu’il est parfois plus rapide et efficace de faire un copier-coller d’une ligne de commande dans la console que de se faire expliquer la même opération en 25 clics.
C’est pour cela que souvent sur les forums, plutôt qu’un tutoriel de 15 pages pour aider un débutant à se sortir d’un problème, on lui donne 3 lignes de commandes à copier-coller.
Je suis assez d’accord sur le côté condescendant de certains libristes puristes et je partage aussi la nuance apportée sur le fait que c’est un problème d’ informaticiens (en fait de toute personne qui puise sa supériorité d’un savoir qu’elle juge inaccessible au commun des mortels).
Je ne parle pas de l’ensemble du domaine du libre, parce que je ne suis pas une libriste avec le couteau entre les dents, mais une utilisatrice lambda. Je fais partie de cette nouvelle génération de libristes issue du grand public, arrivée au libre grâce à la convivialité renforcée des distributions grand public, ce qui dilue un peu les intégristes dans le monde du libre.
On peut ne pas être un dieu de l’informatique et apprécier la philosophie et la simplicité du libre.
Linux est aussi bon pour la planète
En fait, la plupart des distributions GNU/Linux nécessitent bien moins de performances matérielles qu’un XP. Ce qui signifie que Linux ne force pas l’obsolescence matérielle et ne pousse donc pas à changer d’ordinateur tous les 3 ans. Je fais tourner Ubuntu Hardy sur un portable qui a plus de 7 ans, sans problème. Par contre, il faut bien dire que je trouve qu’Ibex a été moins bien optimisé et je le regrette.
Avec certaines distributions très légères, comme slakeware et ses dérivées, tu peux facilement faire tourner un vieux pentium d’il y a 10 ans. Ce qui permet donc aux utilisateurs Linux de récupérer de vieilles bécanes de réformes, genre d’un renouvellement de parc dans l’administration ou en entreprise et de leur rendre une seconde jeunesse pour pas un rond. Ainsi, on peut espérer informatiser des associations désargentées ou des personnes sans moyens, en recyclant des machines qui auraient été destinées au rebus par la politique d’obsolescence forcée de Windows, alors qu’elles sont parfaitement fonctionnelles.
Ceci s’appelle de la vente liée et est, théoriquement, interdit en France.
Assujettir la vente d’un produit à l’achat d’un autre est interdit... sauf pour l’informatique où tout le monde s’accomode très bien de ne pouvoir acheter de matos informatique sans Windows dessus.
Obtenir la fin de la vente liée de matériel informatique (ce qui reviendrait à te vendre une bagnole avec une obligation de faire le plein chez TATOL plus cher et tout le temps) est un combat d’April. Mais face au lobby surpuissant de Kro$oft, on a besoin de plus de moyens, de plus d’adhérents pour pouvoir peser dans la balance.
D’où cette campagne de recrutement !
Sinon, il est possible de demander le remboursement de Windows sur une machine achetée dans le commerce, mais faut en vouloir et connaître la procédure de remboursement.
Je suis aussi contre l’intégrisme libriste, lequel est plutôt contreproductif.
Il existe un équivalent Linux (et non une copie conforme) d’à peu près tous les logiciels courants sous Windows, mais ça se complique toujours beaucoup pour les logiciels pro, même si ce domaine avance pas mal.
D’un autre côté, tout comme les pro sous Windows vont faire appel à une SSII pour leur rouler sous les aisselles un progiciel dédié, il est tout à fait possible de faire appel à une SSLL (un repaire de manchots professionnels) pour avoir le même logiciel, pour Linux.