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Nemo

Blogueur indépendant, 30 ans

Tableau de bord

  • Premier article le 24/08/2007
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Derniers commentaires



  • Nemo 3 décembre 2007 13:30

    @ tous les aveuglés du MoDem,

    Vous êtes comme des utilisateurs lors des discussions préalables à la conception d’un nouvel outil informatique : vous plaquez sur un concept tous vos désirs les plus fous sans vous rendre compte que ne serait-ce que l’addition des souhaits selon vous les plus nécessaires est une équation impossible.

    Que rassemble le MoDem ? La partie centre-gauche de l’ex-UDF qui ne pouvait vraiment pas encaisser N. Sarkozy ; des Verts qui ont finalement compris que la stratégie gauchiste Voynet-Mamère menait dans le mur, mais qui ont importé leur mode de gouvernance ; des alter-mondialistes d’Attac pour qui l’U.E. est le cheval de Troie de la mondialisation, et à ce titre doit être combattue ; une partie de la droite du P.S. qui n’en pouvait plus des âneries de S. Royal ; et enfin quelques vieux sénateurs UDF qui gardent leur étiquette en attendant de voir qui va sortir vivant de la bataille au centre.

    Sans rire, vous êtes mal barrés. On comprend facilement pourquoi F. Bayrou, lui si enclin à défendre la proportionnelle à l’Assemblée Nationale, n’en a pas voulu pour son propre parti. On comprend pourquoi il a très vite mis sous le boisseau la question de l’U.E., pour éviter de s’aliéner des nouveaux adhérents volatils.

    On pourrait allonger la liste, mais ce qui précède est en soi suffisant.

    Vous vous rendrez compte un jour, que F. Bayrou a une grande chose en commun avec Nicolas Sarkozy, c’est ce à quoi il pense en se rasant. Sauf que c’est le second qui a été choisi...



  • Nemo 3 décembre 2007 13:14

    @ l’auteur,

    Je ne vois pas en quoi le renforcement du pouvoir du Président de l’Université en ce qui concerne le recrutement des enseignants est un problème.

    Si un Président d’Université souhaite donner une orientation précise à celle-ci, la spécialiser sur tel ou tel domaine, porteur d’avenir, il ne me semble pas ahurissant qu’il puisse choisir les enseignants qu’il estime être les mieux à même de transmettre aux étudiants leurs savoirs.

    Cela ne sert à rien de former des Bac+5 pour qu’ils cirent les bancs de l’ANPE, qu’ils servent de bétail bon marché en tant que stagiaires, ou qu’il finissent caissiers dans les supermarchés.

    Il y a un fait incontestable, en France, c’est que les étudiants des Grandes Ecoles sont mieux appréciés sur le marché du travail que ceux issus de l’Université. Et au lieu de vouloir à tout prix mettre à bas le système, crier au scandale, hurler contre cette injustice et ce clanisme, il vaudrait peut-être mieux s’interroger sur les véritables raisons de ce désamour entre les étudiants d’Université et les recruteurs.

    Entre les Grandes Ecoles et les entreprises, les liens sont beaucoup plus resserrés qu’à l’Université. Leurs étudiants font plus de stages, ont des formations plus opérationnelles.

    Ce que certains étudiants dénoncent à tort comme une privatisation est en fait le simple constat des raisons de l’échec actuel de l’Université à permettre à leurs étudiants de trouver du travail.

    On pourra toujours arguer que l’Université est le lieu de l’ouverture de l’esprit au monde, de la transmission de la culture, de la formation intellectuelle du citoyen.

    Oui mais. Je ne suis pas sûr qu’au final, tout le monde soit particulièrement heureux de passer 10 années de précarité, en ayant eu le plaisir de s’ouvrir au monde et de se former intellectuellement. Le prix à payer me semble bien cher pour des jeunes qui méritent mieux que cela.

    Je crois malheureusement qu’il ne s’agit là que de rhétorique manipulatrice, visant à aveugler les étudiants face à la vérité quant à leur avenir : si l’Université ne change pas dans le sens souhaité par la LRU, alors nous allons continuer à former des bataillons de Bac+5 bons pour la précarité.



  • Nemo 3 décembre 2007 12:56

    @ l’auteur,

    Bayrou a trahi ses idées (ni droite, ni gauche) en s’affichant publiquement avec Ségolène Royal entre les deux tours. Il est normal que les gens qui le soutenaient jusque là aient décidé d’arrêter de le suivre, car eux, respectaient leurs électeurs.

    L’électorat du centre a noué depuis 40 ans une alliance durable avec la droite modérée. Qu’une partie de ce centre, n’ait pas pu accepter la stratégie d’élimination du Front National de Nicolas Sarkozy, en raison d’un certain nombre de thèmes manipulés par le Président peut se comprendre.

    En revanche, une très grande majorité du centre a pu considérer comme un suicide politique, le fait de vouloir s’allier avec une gauche qui n’a toujours pas réussi à trancher entre la sociale-démocratie progressiste et le crytp-trostkisme anti-européen.

    Il est d’ailleurs notable de constater à quel vitesse François Bayrou a oublié les valeurs de l’Europe. Il s’agit sans nul doute pour lui de ramener à lui les déçus toujours plus nombreux et disparates d’une gauche qui ne sait plus à quel populiste se vouer.

    Après Ségolène Royal, égérie creuse qui ne croit même pas en son propre programme, et Laurent Fabius, irresponsable lors de l’affaire du sang contaminé et converti sur le tard à l’anti-européanisme, peut-être pense-t-il pouvoir tirer les marrons du feu.

    Et le meilleur moyen pour lui de masquer l’immensité des fossés séparant ses groupes d’adhérents reste d’imposer une dictature de fait en son propre parti.

    Lui si prompt à réclamer la proportionnelle au Parlement, s’oppose à se mise en place dans son propre parti. Lui qui fustige la confiscation de la parole médiatique par quelques uns, ne laisse aucun courant apparaître et défendre leurs idées.

    N’est-il pas symptomatique qu’il n’y ait pas de « mouvement jeune » au sein du MoDem ?

    Sont-ils déjà tous vieux ? Ou craint-il la spontanéité et la vérité de militants qui n’ont pas encore perdu leur idéal ?

    Hervé Morin, sur lequel vous tapez allègrement, a eu le courage de faire le choix de la fidélité aux idées plutôt qu’à l’homme, sachant ce qui lui en coûterait. Et depuis, il fait face avec bravoure aux accusations aussi faciles qu’infondées.

    Alors oui, j’accède volontiers à votre titre, le MoDem est antidémocratique et sans avenir.

    Cordialement,



  • Nemo 30 novembre 2007 17:04

    Délocalisation ?

    C’est un peu court, jeune homme, on aurait pu dire, bien des choses en somme...

    J’ose espérer que vous ne voulez pas parler du déplacement d’unités de production entre les territoires de différents Etats européens. L’euro fort ou faible n’a aucune influence sur ces questions.

    Si vous voulez parler des délocalisations vers des pays à faibles coûts de main d’oeuvre, une fois de plus, la question est beaucoup plus compliquée que vous ne tentez de le faire croire.

    A priori, cela tombe sous le sens : avec un euro fort, les marchandises importées coûtent moins cher, et il devient donc plus intéressant de produire hors d’Europe et de réimporter les marchandises ensuite.

    L’analyse de la question des délocalisations sous l’angle de la seule compétitivité-prix est un colosse aux pieds d’argile. Colosse car elle semble emporter avec elle la force de l’évidence, et pieds d’argile car la réalité économique doit prendre en compte des facteurs trop souvent sous-estimés.

    Il faut regarder sur quels critères se font aujourd’hui les comparaisons entre entreprises sur un même marché.

    Le critère du prix est évidemment important. Mais c’est oublier bien vite que les coûts de production ne sont parfois qu’une composante relativement faible du prix. Il faut calculer le TCO (Total Cost of Ownership, coût total de possession en français) des produits en question.

    Le TCO prend en compte l’ensemble des facteurs de coûts : la conception du produit lui-même, les liens entre les équipes de conception et les équipes de production dans l’optimisation des processus de prod, les relations avec les principaux fournisseurs et l’organisation des chaînes d’acheminement, la mise à disposition des éléments consitutifs du produit sur la ligne de production, le transport des produits finis, l’acheminement des produits sur les lieux de distribution, et ce qu’on appelle la rétro-supply chain, à savoir la maintenance et la gestion du retour des produits.

    Vous voyez bien que dans l’énumération de ces facteurs de coûts, le prix de la main d’oeuvre n’occupe qu’un place minoritaire. Une mauvaise organisation des chaînes d’approvisionnement et d’acheminement peuvent être tout simplement catastrophiques. Un bateau bloqué dans un port pour une stupide question douanière coûte des dizaines de milliers d’euros par jour en tant que tel, mais sans compter toutes les conséquences, soit sur la chaîne de production s’il s’agit de pièces détachées, soit sur les ventes des distributeurs s’il s’agit des produits finis.

    Le coûts de structures liés à la gestion d’une unité de production en Chine sont eux aussi vite oubliés car difficilement mesurables (toujours cette tentation de la facilité). Mais ils n’en sont pas moins réels. Beaucoup de PME françaises ont relocalisé leur production en raison de ces contraintes.

    Quant à l’appel à la sous-traitance, il fait perdre la maitrise du suivi de la qualité.

    Voilà pour les composantes du prix, facteur discriminant pour les consommateurs.

    Le second facteur discriminant est celui, justement, de la qualité. Ce n’est pas pour rien qu’il reste encore une production manufacturière en France et en Europe, principalement tournée vers des produits de haut et de moyen de gamme. Les ouvriers français et européens sont considérés comme parmi les meilleurs du monde quant à la qualité de leur travail. Même Toyota est venu il y a quelques années observer les méthodes de travail chez Valeo, après avoir insuflé le KanBan à ses équipes.

    Prendre le risque de sacrifier la qualité sur l’autel des coûts de main d’oeuvre en faisant une confiance aveugle à la sous-traitance représente un risque financier majeur. Mattel va mettre beaucoup de temps et devra affecter des budgets considérables pour retrouver la confiance des consommateurs suite au Quality Fading que lui a fait subir son principal fournisseur chinois. Rien que le rappel des poupées en question représente une opération particulièrement lourde financièrement.

    Enfin, le troisème critère tient à la vitesse de renouvellement des gammes. Que ce soit dans les voitures ou même l’habillement, l’une des conditions de la réussite est la vitesse de renouvellement des produits. Des séries plus courtes mais beaucoup « mieux » vendues. Et c’est là où les délocalisations perdent de leur intérêt, Zara en est un exemple flagrant. Un bateau met plusieurs mois pour arriver de Shanghai à Rotterdam, et le temps que la marchandise arrive, la concurrence a déjà occupé le marché avec des produits similaires. La réponse ? Produire sur place, avec des machines facilement adaptables, qui permettent de changer de type de production en un temps record.

    Et les consommateurs apprécient. Premier arrivé, premier servi.

    Comme vous le voyez, la questions des délocalisations, quoique bien réelle, ne peut pas être analysée uniquement du point de vue de la question du prix de la maint d’oeuvre.

    Et ce n’est certainement pas la hausse du pétrole, qui commence à peser de plus en plus dans les composantes du prix des marchandises importées, qui va changer la donne, bien au contraire...



  • Nemo 30 novembre 2007 14:35

    @ l’auteur,

    Je suis content de voir quelqu’un qui partage mes idées, et qui a pour avantage de ne pas se faire insulter sous prétexte de pensée unique et d’orthodoxie économique.

    Je ne cesse d’expliquer en commentant tous les articles traitant de l’U.E. que la meilleure nouvelle économique depuis 1993 est l’arrivée de l’euro.

    Cette monnaie, par sa taille critique, est une protection infranchissable contre une attaque des marchés. La réussite de l’Union Monétaire et des mécanismes de gestion des parités dans la zone euro a permis aux citoyens européens de jouir d’une stabilité monétaire exceptionnelle sur la majeure partie de l’activité économique des Etats de l’U.E.

    En effet, lorsque l’on se plaint de l’évolution de la parité euro-dollar, on oublie deux éléments d’une importance capitale : plus de 80% (en moyenne) du commerce extérieur des pays européens se réalise avec d’autres Etats de l’Union. Ce qui veut dire que les mouvements plus ou moins brusques sur le marché des changes n’impactent au plus que 20% des échanges extérieurs.

    Il faut de plus rapporter ces 20% à la part que représentent les échanges extérieurs dans le PIB des différents Etats, ce qui ramène cette portion des échanges à son juste poids dans l’économie.

    En ce qui concerne la France, le déficit commercial structurel est quant à lui d’une part dû avant tout à un manque de compétitivité technologique et un manque de dynamisme à l’export des PME françaises, moins nombreuses qu’en Allemagne par exemple, et traditionnellement tournées vers le marché intérieur ; et d’autre part à la persistance d’une consommation soutenue des ménages.

    Dans le premier cas, l’euro fort n’est en rien un frein à l’export - il n’y a qu’à comparer nos performances avec celles de l’Allemagne.

    Dans le second cas, c’est plutôt un élément positif, car avec des importations moins chères, c’est en quelque sorte un gain de pouvoir d’achat, que l’on sait être par ailleurs un point de tension compte tenu de la hausse des matières premières et de l’immobilier.

    Du point de vue des importations, l’impact de l’euro fort est éminemment bénéfique. La flambée du pétrole et des matières premières nous aurait touché dans des proportions beaucoup plus considérables. Il est plus que probable qu’avec un euro à parité 1 pour 1 avec le dollar, nous naviguerions aujourd’hui aux alentours de 4%-5% d’inflation.

    Cette inflation forte aurait deux types de conséquences, toutes aussi néfastes les unes que les autres.

    Soit la BCE laisserait monter ce niveau d’inflation, et les premiers touchés seraient les plus faibles (minimas sociaux, salaires minimums, retraites,...), ce qui serai un coup dur pour la consommation - point fort de notre croissance actuelle.

    Soit la BCE réagirait en resserrant les taux, ce qui aurai pour effet de ralentir l’activité économique, d’aggraver la crise actuelle du crédit, et de nous plonger dans une très probable récession.

    L’impact final, compte-tenu de tous ces éléments, de l’euro fort sur l’économie européenne et française en particulier, n’est pas si mauvais qu’on veut bien le faire croire. Au contraire, il s’agit à mon sens d’une protection plus que bienvenue face aux éléments de crise économique qui se profilent à l’horizon.

    L’euro fort affecte essentiellement de grosses entreprises signant de gros contrats (Airbus, Areva, Alstom,...). Je pense que l’exagération des conséquences de l’euro fort est due d’une part au poids politique des dirigeants de ces grandes entreprises, et d’autre part à la facilité de l’explication : « c’est l’euro fort la source des problèmes ».

    Comme toujours, le choix d’un bouc émissaire permet d’éviter de se poser les bonnes questions : développement de la recherche appliquée, investissements publics massifs dans les infrastructures et les technologies vectrices de croissance (éco-technologies, etc...).

    Il faudra un jour en finir avec cette détestable habitude franco-française qui consiste à dire que tout ce qui ne va pas est de la faute de l’Europe, et que ce qui est bien est le fait de nos dirigeants nationaux.

    Il faudra bien aussi un jour faire l’effort d’expliquer aux français de manière simple les principaux mécanismes de l’analyse économique, afin qu’ils se les approprient et soient en mesure de se faire leur propre opinion sur ces questions là. J’en ai assez de tous ces faux-jetons qui déguisent sous de pseudos-discours économiques des thèses à l’emporte-pièce dans l’unique but de carresser l’électeur dans le sens du poil.

    Cordialement,

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