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Neos

40 ans, juriste.
Favorable à la mise en place de listes transnationales d'eurodéputés en 2014.
Je soutiens l'initiative du Groupe Spinelli (Parlement européen).

"Si l'État national était la seule forme d'organisation politique pour les Européens, si nous ne savions pas regarder au-delà de lui comme les Grecs ne surent regarder au-delà de la polis, nous n'aurions qu'à constater que nous sommes arrivés à la fin de la civilisation européenne, nous résigner et attendre que notre destin s'accomplisse."
 Altiero SPINELLI, Turin, 6 décembre 1957

Tableau de bord

  • Premier article le 20/10/2006
  • Modérateur depuis le 03/11/2006
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Derniers commentaires



  • Neos 8 juin 2007 20:15

    J’ajoute que concernant Erasmus Mundus, la proportion d’étudiants provenant des Etats tiers à l’UE et parlant le Français étant plus que réduite, il me semble cohérent que la plupart des universités qui les envoient en Europe... suggèrent que ceux-ci puissent étudier dans la langue usitée dans le milieu des échanges internationaux, c’est à dire l’anglais. Pour avoir moi même eu l’occasion de travailler avec des asiatiques, puisque vous évoquez le nombre des chinois et l’importance que pourrait avoir leur langue si l’on s’en tient au seul critère du nombre, ceux-ci ne semblent pas trop réticents à s’exprimer dans la langue de Shakespeare pour négocier avec nous, les Européens. Je pourrais même dire après réflexion que parler anglais sur la scène européenne et internationale ne choque personne, pas même les chinois, dès lors que l’on s’accorde sur l’essentiel : la compréhension et la bonne humeur dans le travail, et l’accord de volonté final sur le projet, le contrat, etc.



  • Neos 8 juin 2007 20:01

    @ l’auteur : « Les programmes agréés pour Erasmus mundus sont proposés par les universités et agréés par une commission européenne dont je n’ai pu trouver la composition. »

    Je me dois de revenir sur ces propos et d’apporter quelques corrections.

    Tout d’abord, je pense qu’il est honnete pour nos amis lecteurs de distinguer le Programme Erasmus du Programme Erasmus Mundus que vous décriez dans vos propos. Ceux-ci diffèrent singulièrement dans leur finalité et leur fonctionnement. Erasmus Mundus vise les étudiants Hors UE qui souhaitent venir faire des études en Europe. Cette initiative s’inscrit dans un programme de coopération avec les Etats tiers qui envoient leurs étudiants, au même titre que les programmes ALFA (Amérique du sud) ou Asia-Link (Asie).

    Erasmus est d’un tout autre genre. La Commission européenne octroye une Charte aux Universités de l’UE qui respectent des conditions de qualité. Ce sont des autorités nationales (en France, il me semble que l’agence nationale est pilotée par le ministère de l’Enseignement supérieur, à vérifier depuis le changement de gouvernement) qui accorde les fonds aux universités. Pas la Commission. Je vous renvoie pour cela à l’adresse suivante : http://ec.europa.eu/education/programmes/llp/national_en.html

    Vous verrez, le site de l’agence française est très intéressant. Vous en apprendrez un peu + sur le rôle de l’agence nationale ici : http://www.europe-education-formation.fr/agence-presentation.php



  • Neos 8 juin 2007 17:48

    Bonjour, je me permets d’intervenir afin de donner un avis sur le sujet.

    Je pense globalement que l’idée d’écrire sur Erasmus est bienvenue car elle nous offre l’occasion d’évoquer une problématique caractéristique à un pays à forte tradition culturelle comme la France, et notamment sa volonté d’exception culturelle qui se confronte lourdement avec la réalité de la mondialisation.

    Dans ce contexte, il me semble important d’expliquer pourquoi il est important de dissocier l’activité du Programme Erasmus du phénomène bien réel d’érosion de l’influence de la langue française dans cette société internationale mondialisée.

    Ainsi que le rappelle avec raison l’auteur de l’article, le Programme Erasmus vise à développer la mobilité des étudiants et des professeurs, ainsi que la dimension européenne des échanges d’étudiants entre les Etats membres de l’UE.

    Le Programme Erasmus est un instrument de découverte humaine et d’ouverture sur les réalités sociales et culturelles d’un autre Etat membre de l’UE. Il ne vise pas à offrir à l’étudiant un meilleur enseignement, il n’a pas vocation à favoriser une langue d’enseignement plutôt qu’une autre. Ce programme a été conçu pour garantir à un maximum d’étudiants volontaires des facilités pour aller étudier un an dans un autre pays que le sien et vivre une année différente, en matière d’expérience de vie personnelle, loin de sa famille et de son pays d’origine.

    Les anciens étudiants Erasmus dont je fais partie vous le répéteront : cette expérience renforce la personnalité, le caractère, car elle vous oblige à faire cet effort louable de vous adapter à un environnement nouveau, à un contexte linguistique différent. Cette expérience accorde à son bénéficiaire un atout pour se préparer à affronter le milieu professionnel, notamment dans un contexte international ou multiculturel.

    Alors, me direz-vous, qu’en est-il de la langue française ? Pourquoi serait-elle moins usitée dans les cours de nos universités en Europe ? J’ai pour ma part étudié en Allemagne (en Bavière) et je dois dire que je n’ai jamais eu un cours en langue anglaise. Par ailleurs, je crois savoir que Paris II dispense des cours en Anglais pour les étudiants étrangers qui viennent étudier dans notre pays.

    Il me semble que les universités tentent de s’adapter à la conjoncture globale, même si certaines (c’était le cas dans mon université allemande) font le choix de préserver l’enseignement dans la langue nationale. Mais force est de constater en effet que selon les matières, selon le choix ou les préférences (des capacités ?) des professeurs et des Présidents d’universités, l’enseignement se fait dans la langue la plus usitée dans le monde, à savoir l’anglais.

    Aussi, l’usage de la langue anglaise (ou de l’espagnol) dans les universités ne me semble pas être la conséquence d’une initiative politique ou préférence accordées à l’échelle européenne. Encore moins une consigne définie par les autorités nationales de chaque Etat membre, chargées d’accorder les bourses Erasmus aux étudiants. Elle n’est que le résultat d’une situation réaliste à l’image de ce qui se passe dans le monde : l’anglais (et l’espagnol) sont les langues les plus parlées actuellement sur la scène internationale.

    Elles sont les langues dans lesquelles la plupart des étudiants, habitués aux voyages et avides de découvertes et de curiosité, se comprennnent et peuvent le plus aisément communiquer et retenir les connaissances qu’ils sont censés assimiler pendant leur année d’étude à l’étranger.



  • Neos 31 mai 2007 15:54

    A l’auteur : question : « n’est-il pas prématuré de parler de nouvelles institutions pour l’Europe alors que sur bien des points déjà, l’Europe avance à plusieurs vitesse ? »

    Réponse : comme je l’ai indiqué dans mes interventions, je ne pense pas en effet que la question d’une refondation des institutions soit à l’ordre du jour. Une adaptation de celles-ci aux exigences de l’UE à 27 est toutefois nécessaire.

    question : « ne met-on pas la charrue avant les boeufs ? Il n’y a en Europe aucune harmonisation fiscale, aucune harmonisation des codes du travail, aucune harmonisation des droits sociaux.. »

    Il n’y a pas d’harmonisation en ces domaines parce que les Etats ne le souhaitent pas. L’opinion publique et les électeurs ne pressent pas nos dirigeants pour qu’ils agissent en ce sens (a-t-on discuté ardemment de ces questions pendant la campagne présidentielle en France ?), ces derniers ne font donc aucun effort pour aller sur cette voie.

    question : « c’est à chacun des peuples de réinvestir le débat et d’exiger de leurs représentants de remettre la construction européenne sur de bons rails »

    Je ne vois pas l’ombre d’une telle exigence en France. Ni partout ailleurs. Si un jour les questions européennes envahissent le débat comme le thème de l’identité nationale a pu le faire pendant la campagne présidentielle au mois d’avril 2007, alors nous pourrons envisager une implication réelle et démocratique de nos dirigeants sur ces dossiers en question.

    Or, vous pouvez le constater aussi bien que moi. Nous n’en sommes pas encore là.



  • Neos 31 mai 2007 11:48

    « alors qui va faire la rupture ? »

    C’est une question pertinente. Ma réponse serait celle-ci : pour rapprocher les citoyens du processus de construction européenne, il est nécessaire de les impliquer avec sérieux dans la préparation des textes fondateurs, tel que pouvait l’être le projet de traité établissant une Constitution pour l’Europe. En soi la Convention dirigée par VGE avait travaillé en étroite collaboration avec la société civile. La méthode de consultation était bonne. Manquait à l’appel le relais politique à l’échelle nationale, où les responsables politiques n’ont pas souhaité s’investir (..) par idéologie, voire par crainte de dérapage politique selon les cas, selon les partis.

    Si nous souhaitons réussir le pari de la démocratie dans l’UE, il serait indispensable selon moi de reprendre la méthode employée par la Convention de VGE afin de préparer un nouveau texte, consulter l’opinion publique sur les orientations souhaitées par les peuples européens, puis soumettre le texte final à une consultation populaire générale, organisée le même jour dans l’ensemble des Etats membres de l’UE.

    Cela nécessite au préalable un accord politique sur cette méthode entre les Etats membres, l’accès à une maturité européenne et des ajustements institutionnels pour certains d’entre eux qui ne sont pas prêts à cette épreuve, voire n’ont pas les outils juridiques pour organiser un referendum. Cela nécessite aussi un effort considérable de pédagogie de la part des hommes politiques auprès de leurs électeurs pour que les citoyens comprennent enfin comment fonctionne l’UE ; permettre ainsi que leur implication dans ce projet soit au rendez-vous.

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