Le SEL est pour moi un outil de troc et ne permet pas la création de richesses.
L’intérêt d’une monnaie est de pouvoir anticiper sur une richesse future. La confiance que l’on a dans cette monnaie dépend de la confiance que nous avons dans la réalisation de cette création de richesse.
Le Bancor est plus intéressant et s’approche du fonctionnement de l’ECU. Il s’agit d’une monnaie basée sur un ensemble de monnaie, plus une unité de compte commune qu’une monnaie unique. Elle permettrait d’afficher des prix constants, même si dans les faits d’autres monnaies peuvent être utilisées pour les règlements. Les valeurs sont alors converties au moment du règlement.
Chaque monnaie peut avoir des modes de fonctionnement différents et donc poursuivre des intentions économiques différentes. Une monnaie peut être créée de manière permanente ou temporaire, faire l’objet d’intérêts positifs ou négatifs (fonte), être émise avec des contre-parties différentes (immobilier, innovation, environnement, énergie...), être utilisée comme réserve ou favoriser la circulation.
Chaque monnaie est spécialisée et il n’y a pas une bonne monnaie. En utilisant un panel de monnaies, on couvre mieux nos besoins et les effets peuvent se compenser. Quand une monnaie est faible, cela signifie qu’on a des doutes sur la tenue de ses objectifs, mais d’autres monnaies peuvent prendre le relai.
Emettre de la monnaie ne coûte pas grand chose. Il est important de comprendre que les contre-parties ne doivent pas appartenir à la banque, mais à tous les utilisateurs de la monnaie. Il faut donc verser ces contre-parties à un organisme indépendant de la banque et qui les gère au nom des utilisateurs. Ce n’est pas nécessairement l’Etat...
En fait, ce n’est pas le travail qui manque, c’est le financement du travail qui fait défaut.
Du travail, on peut toujours en créer : pour améliorer notre environnement, créer de nouvelles infrastructures, innover, créer des œuvres d’art…
Le problème vient plutôt de la valeur que nous donnons à ce travail. Plus elle se rapproche de zéro, moins il y a de chances que cela se réalise.
Le risque avec un salaire indépendant du travail est que plus rien ne se réalise, y compris pour les travaux nécessaire à notre survie. Qui va maintenant planter des pommes de terre si le gain financier ne vaut pas l’énergie dépensée.
Le risque est grand d’aboutir à une société très autoritaire où la contrepartie du salaire à vie est la perte de liberté. La caractéristique commune de toutes les sociétés idéales est qu’elles sont en fait toutes des goulags.
Il me semble plus opportun de se lancer dans une démarche où nous nous posons la question de définir ce qui a vraiment de la valeur pour nous. Cette démarche permet de créer des monnaies basées sur ces richesses et de les utiliser pour créer ces richesses. Je parle bien de monnaies au pluriel, car nous ne trouverons jamais de consensus sur les valeurs. L’utilisation de plusieurs monnaies permet de travailler sur plusieurs ensembles en même temps, donnant par là le choix à la population et permettant à un équilibre de s’établir. Techniquement, utiliser plusieurs monnaies dans un même règlement ne pose plus de problèmes à l’heure d’Internet.
Au départ l’homme est juste une variété de grand singe. Le comportement social de l’homme est similaire aux comportements des grands singes, empruntant tel ou tel trait de comportement à tel ou telle espèce de singe. On ne se pose pas la question du bien ou du mal pour les singes et l’homme ne s’est sans doute pas posé la question pendant quelques dizaines de milliers d’années. Tant que les Dieux qu’il s’est créé étaient à son image, il ne devait pas penser différemment.
Le changement intervient pour moi au moment où l’homme commence à penser qu’il existe un Dieu, non pas construit à notre image mais immensément bon. Le mal commence alors à apparaître comme une transgression. La notion de bien n’apparaît pas en une fois, mais très progressivement et continue à évoluer aujourd’hui. Le livre de la Genèse, une fois que l’on a compris que ce n’est ni un livre d’histoire ni un livre de science, décrit très bien ce mécanisme. La notion de Paradis terrestre décrit pour moi la période ou l’homo sapiens, qui n’est pas encore l’humanité, ne se pose pas de questions sur le bien et le mal. On est très loin de l’imagerie qui a été développée ensuite.
Si nous regardons aujourd’hui l’organisation des structures de pouvoir (gouvernements, partis politiques, grandes entreprises) nous pouvons encore observer des comportements sociaux très proches des comportements des grands singes. L’évolution vers le bien n’est pas dans les gênes de ces structures. Quand il y a une modification du fonctionnement du groupe, c’est sous l’influence de quelques individus. Lorsque ceux-ci disparaissent, le comportement du groupe revient à la case départ.
On nous parle aujourd’hui de morale laïque comme un optimum. Les individus se sacrifient parce qu’ils ont plus à gagner lorsque le groupe va bien. Ce comportement est vrai tant que l’écart entre les gains à se comporter égoïstement et les pertes lorsqu’il fait le jeu du groupe est faible. Lorsque l’écart augmente, les comportements changent. Il suffit d’observer le comportement des personnes qui nous gouvernent pour comprendre.
Le bien sans la conscience d’un Dieu immensément bon est une chimère.
En fait, pas tant de contradiction que ça. Si Dieu empêchait de faire le mal, il n’existerait pas la liberté de faire le bien. Faire le bien résulte d’un choix personnel, il faut donc que nous ayons la possibilité de faire le mal. Faire le bien de manière forcée, est-ce encore le bien ?
Si je lit votre dernier paragraphe, je comprend que vous n’êtes pas intéressé par le débat et que vous faites par avance la réponse aux contradicteurs sans les avoir lu. Normal qu’ils n’écrivent pas de réponse. En ce qui me concerne, je ne vote plus négativement, car cela ne fait jamais avancer le débat. D’un autre côté, ignorer l’article peut être pire que voter négativement, car cela peut signifier que l’on considère que le niveau du débat n’est pas assez élevé, mais ça, vous ne pouvez pas le savoir. Voter, même négativement, c’est déjà une forme de reconnaissance.