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Patrick Samba

Patrick Samba

Indigné auparavant en certaines circonstances, je le suis malheureusement en permanence depuis le 11 mars 2011.
Ce jour-là débuta la catastrophe de Fukushima. 

Tableau de bord

  • Premier article le 21/07/2011
  • Modérateur depuis le 01/12/2011
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Derniers commentaires



  • Patrick Samba Patrick Samba 2 novembre 2016 15:12

    je ne résiste pas à l’envie de vous faire partager ce texte qui résume très bien l’état d’esprit actuel sur la ZAD. Il en vaut la peine, pour comprendre ce qui se joue dans ce coin de bocage…

    « ZAD : Valls sans retour ».
    Depuis Notre-Dame-des-Landes par le collectif Mauvaise Troupe

    Alors que nous écrivons ces lignes, le bruit de l’hélicoptère tente de
    briser notre concentration. Il tourne, désormais quotidiennement,
    là-haut où les avions ne volent pas, répandant sa rumeur de guerre et de
    reconquête. César1 guette et cherche à impressionner. Parfois il se met
    légèrement sur le flanc, pour nous mieux observer. Est-il surpris par la
    ronde des tracteurs qui depuis quelques jours déposent des balles de
    foin aux carrefours ? Par ces comités de soutien qui viennent repérer
    les lieux les plus stratégiques où ériger leurs barricades ? Par les
    formations qui chaque fin de semaine regroupent plus de cent personnes
    venues se préparer aux expulsions annoncées ? Peut-être l’est-il
    davantage encore de tous ces gestes qui perdurent. Sylvie et Marcel qui
    soignent leur troupeau, les moissons du sarrasin, un fest-noz célébrant
    la récolte de patates, quatre-vingt charpentiers bâtissant l’ossature
    d’un gigantesque hangar ou une bibliothèque tout juste inaugurée. Son
    regard peut-il embrasser avec les 2000 hectares toute la richesse de la
    vie qui les peuplent ? Celle qu’il prétend détruire dans le mois à
    venir…

    Les préparatifs d’une nouvelle opération d’occupation et de destruction
    du bocage à sept mois des élections présidentielles ont quelque chose
    d’irréel. Après un printemps de grèves, de blocages économiques,
    d’agitation de rue contre la loi travail, en plein état d’urgence, quel
    serait l’enjeu de transformer ce coin de campagne mais aussi la ville de
    Nantes en véritables poudrières ? Ce n’est certes pas seulement pour
    construire un aéroport de plus et ainsi honorer les « accords
    public-privé » avec la multinationale Vinci. S’il est vital pour les
    gouvernants d’écraser la zad, c’est qu’elle constitue une démonstration
    insolente d’une vie possible sans eux. Et d’une vie meilleure. À l’heure
    où la seule prise politique qui nous est proposée consiste à choisir, le
    nez bouché, le moins pire des affairistes en mesure de battre le FN
    (mais d’en appliquer le programme), le surgissement d’un territoire hors
    et contre le principe même de gouvernement leur est insupportable.

    Car ici, l’expression « zone de non droit », qu’ils voudraient
    effrayante, a pris une acception radicalement positive. Contrairement à
    ce qui a lieu dans les rues des villes « policées », à la zad, personne
    ne dort dehors et chacun mange à sa faim. De grands dortoirs accueillent
    les arrivants, un « non-marché » hebdomadaire propose les légumes, la
    farine, le lait, le pain et les fromages produits sur place, sans qu’un
    prix ne vienne en sanctionner la valeur. Dans les nombreuses
    infrastructures collectives, mais aussi dans les échanges ou les travaux
    collectifs, les relations se basent sur la confiance et la mise en
    commun, à l’envers des logiques ayant cours qui s’appuient sur le
    soupçon et l’individualisme. Ce que les cyniques de tous bords taxent
    d’utopie irréalisable est éprouvé dans les gestes et la matière. Même
    l’absence de police et de justice – les gendarmes ne fréquentant plus la
    zone depuis 2013 – n’a pas produit le chaos que d’aucuns auraient
    imaginé et souhaité. Les opposants à l’aéroport ont démontré qu’ils
    étaient capables de vivre ensemble sans aucune tutelle les surplombant.
    Une communauté de lutte a donc patiemment vu le jour, nouant des liens
    tissés pour résister aux attaques comme au pourrissement. Tout ceci ne
    va pas sans heurts, évidemment, si déshabitués que nous sommes à décider
    nous-mêmes de nos devenirs. Nous réapprenons, nous apprenons, et rien
    n’est plus joyeux et passionnant que de se plonger dans cet inconnu.

    C’est pour toutes ces raisons que la zad représente une véritable
    expérience révolutionnaire, de celles qui redessinent radicalement les
    lignes de conflit d’une époque. Le mouvement anti-aéroport s’étend
    aujourd’hui dans des pans de la société habituellement plus sensibles au
    chantage à l’emploi et à la crise qu’à la défense d’un bocage. Les
    salariés de Vinci, mais aussi de l’actuel aéroport, ont clairement
    exprimé, via leurs sections CGT, qu’ils rejoignaient la lutte et ne
    seraient jamais des « mercenaires ». De même, les lycéens et étudiants
    mobilisés au cours du mouvement contre la loi travail s’apprêtent à
    bloquer leurs établissements dès l’arrivée des troupes. Trop d’espoirs
    sont condensés ici pour que nous puissions être vaincus, il en va de
    notre avenir, de nos possibilités d’émancipation. Nombreux sont ceux qui
    le pressentent, se tenant prêts à transformer la bataille de
    Notre-Dame-des-Landes, si elle a lieu, en véritable soulèvement
    populaire, capable de rabattre l’arrogance d’un État qui pense pouvoir
    impunément casser les travailleurs, précariser la population, mutiler
    les manifestants, tuer Rémi Fraisse, Adama Traoré et tant d’autres,
    donner un blanc-seing à sa police et continuer allègrement sa chasse aux
    migrants.

    Face à leurs fusils semi-létaux, face à leurs blindés à chenilles, nous
    aurons les armes séculaires de la résistance : nos corps, des pierres,
    des tracteurs et des bouteilles incendiaires, mais surtout notre
    incroyable solidarité. Peu importe que la partie soit inégale, elle
    l’était tout autant en 2012, quand après des semaines dans la boue,
    derrière les barricades, nous leurs avons finalement fait tourner les
    talons. Il y a quelques semaines déjà, alors que sous le hangar de la
    Vacherit l’assemblée du mouvement touchait à sa fin, un octogénaire se
    lève, un éclat de malice dans le regard et des cartons plein les bras.
    Il déballe fièrement les mille lance-pierres qu’il a fabriqués avec
    quelques complices pour projeter des glaçons de peinture. Tous rient,
    mais en essaient l’élastique. Car s’il faut à nouveau prendre les
    sentiers de la guerre pour défendre ce bocage, nous serons nombreux à le
    faire, ici, partout. C’est ce que nous avons affirmé ensemble une fois
    de plus lors de la grande manifestation du 8 octobre. Brandissant nos
    bâtons, nous avons scellé ce serment : nous défendrons ce bocage comme
    on défend sa peau ; policiers, soldats, politiciens, vous pouvez venir
    raser les maisons, abattre le bétail, détruire les haies et les forêts,
    ne vous y trompez pas : la fin de votre mandat ne suffirait pas à
    éteindre ce que vous embraseriez à Notre-Dame-des-Landes.

    Collectif Mauvaise Troupe



  • Patrick Samba Patrick Samba 12 octobre 2016 16:37

    " il faudrait d’abord qu’ils foutent en l’air, ou qu’ils transforment radicalement de l’intérieur leur syndicat majoritaire, cette FNSEA (...)Il est difficile d’avouer qu’on est en échec Déprimant de se demander à quoi l’on sert dans une société qui ne veut plus de vous."

    Ouais, enfin, je n’ai jamais entendu dire que la Confédération paysanne n’ouvrait sa porte qu’à des paysans triés sur le volet...



  • Patrick Samba Patrick Samba 27 septembre 2016 17:22

    Bonjour,

    " Et le gosse, comment il réagira quand il sera grand, et qu’il apprendra qu’il a été « commandé », comme une voiture ou un écran plat… C’est une grande violence différée.« 

    Rares seront les enfants qui »apprendront« leur origine, forcément, et forcément la violence vécue sera terrible. Que sera le destin de cette violence ?

    Plus nombreux seront les enfants qui ne sauront pas. Leur destin ne sera guère plus enviable, et sans doute bien pire...

    Et les »parents« ne seront pas non plus indemnes...

    Oui, Victor, comment ne pas user d’une tentative d’humour pour traiter d’un sujet aussi grave ? Et en même temps c’est d’une grande colère dont on voudrait faire preuve...
    L’humanité est bien étrange... Et on s’étonne que des adolescents et des jeunes adultes puissent trouver un substitut schizophrénique de sens dans des »solutions" type Daesh ?
    Quelque part... un peu honte...



  • Patrick Samba Patrick Samba 13 septembre 2016 17:30

    @marceau
    je n’oublie rien du tout, je parlais de l’histoire contemporaine toute récente...



  • Patrick Samba Patrick Samba 11 septembre 2016 17:11

    @ Jordi Grau :
    bien agréable et utile mise au point, claire, bien écrite, et - ce qui n’est pas pour déplaire - quelques touches d’humour malgré le caractère très sérieux du sujet : tout le plaisir est pour nous.
    .
    Juste une petite remarque à propos de cette affirmation néanmoins : "Mais s’il fallait à tout prix l’utiliser [l’expression d’idiot utile], je pense qu’elle conviendrait assez bien à tous ceux qui sont obsédés par l’islam et voient dans cette religion la plus importante menace de notre temps". Certes avant le 11 sept 2001, il n’y avait pas de quoi s’alarmer outre mesure, la religion musulmane était bien moins agressive pour nous que ne l’est la religion juive pour les palestiniens. Mais depuis l’invasion de l’Irak on ne peut pas penser et faire comme si elle n’était pas dangereusement instrumentalisée par les militaires de Saddam Hussein pour venger l’humiliation. Et de plus elle a manifestement un pouvoir de contamination assez spectaculaire...
    Alors oui il y a tout de même de quoi s’inquiéter...
    Et puis s’inquiéter de l’influence des religions est toujours une saine activité intellectuelle...

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