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Surya

Surya

 
Je vis depuis fin 2011 au Royaume Uni.
J'ai participé de mi 2008 à septembre 2020, par des commentaires et des articles, au site Agoravox.
Si vous souhaitez me contacter, merci de le faire sur mon blog à l'adresse https://herecomestiger.blogspot.com

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Derniers commentaires



  • Surya Surya 16 septembre 2016 21:08

    Bonsoir rosemar


    Vous connaissez mieux les élèves que moi puisque je ne suis pas prof, c’est donc difficile pour moi de parler au nom des élèves, parce qu’à part me souvenir de l’élève que j’étais moi même, il y a de fortes chances que je sois à côté de la plaque.

    Ceci dit, beaucoup d’élèves prennent des cours du soir de ceci ou cela. Souvent, c’est imposé par les parents, qui veulent que leur enfant fasse du théâtre, du piano, ou autre activité. Le latin pourrait très bien être considéré comme l’une de ces activités extra scolaires après tout. 

    J’ai bien compris que le latin est utile, je le dis moi-même lorsque je dis que nous aurions préféré des cours d’étymologie. C’est extrêmement utile, le latin, pas pour trouver du boulot évidemment, mais pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, comprendre d’où nous venons.

    Mais le problème, ce que je reproche, c’est que les profs de latin se contentent de DIRE que c’est utile, mais ne le démontrent jamais concrètement. 

    Vous voyez, même les autorités éducatives sacrifient le latin parce qu’ils croient que ce n’est pas utile. Et comme je le disais dans mon précédent com, vue la façon dont il est enseigné, ce n’est pas surprenant. 

    Certes, on ne le parlera jamais de nouveau dans notre quotidien... quoique... pourquoi ne pas créer des « clubs de latin » par exemple, où les élèves se rencontreraient une fois par semaine, vêtus de toges romaines, buvant du bon vin (bon, pas très politiquement correct, allez remplaçons le vin par du jus de raisin) et échangeraient en latin, à leur niveau, évidemment, mais je suis sûre que ce serait tordant à faire. 

    La prof dont j’ai parlé plus haut, elle nous demandait par exemple de raconter nos vacances en latin. Comment expliquer en latin qu’on a pris le train ou la voiture ? Alors on disait « le char à roues » ou un truc comme ça, et toute la classe était pliée de rire. Je vous assure qu’on s’est super éclatés à son cours. 

    Il y aurait aussi une autre façon d’encourager les gamins à faire du latin, selon moi, c’est inclure l’étymologie dans les cours de français eux-mêmes. Ne jamais faire de français sans le lier à l’étymologie. Je ne sais pas ce que valent mes idées de non-prof, mais après tout, tout le monde a droit de proposer des idées.

    Autre chose, tant que le latin sera présenté comme une matière élitiste, une matière difficile, les gamins ne seront pas motivés.


    Maitenant, c’est vrai que nous vivons dans une société de la rentabilité, alors du coup l’école s’adapte au monde qui attend le jeune lorsqu’il sera sorti de l’école. C’est sûrement dommage, mais c’est parfaitement normal, et inévitable. Si l’école ne faisait pas cela, on aurait le culot de trouver à le lui reprocher. 

    L’école s’adapte aussi lorsqu’elle propose aux jeunes de faire moins de matières académiques, et d’entrer en apprentissage. Quoi de plus utilitariste que l’apprentissage ? On vous forme directement à ce à quoi vous allez être rentable. Oui, en effet, et je ne vois pas le problème. 

    L’apprentissage est encore méprisé dans la France d’aujourd’hui, et je trouve ça vraiment idiot, excusez le terme. On ne valorise que l’intellectuel dans ce pays. Or, si un pays veut également s’en sortir d’un point de vue économique (excusez moi, mais à part vivre dans sa bulle ou dans un monde de rêves, on ne peut nier que l’économie est un sujet important), il ne peut pas produire que des penseurs et des philosophes, à moins d’avoir les moyens de payer tout le monde à penser et philosopher et ne rien faire d’autre. Il faut aussi savoir garder un minimum les pieds sur terre. 

    C’est exactement pour cette raison que la langue française perd constamment du terrain dans le monde. Les anciens pays de l’Indochine ne le parlent pratiquement plus. 

    D’ailleurs, il n’y a jamais d’émissions sur ces pays d’Asie autrefois francophones sur TV5 Monde. Il y a le journal de l’Afrique, du Québec évidemment (seul vrai défenseur de la langue française), il y a des émissions sur les pays du Maghreb (Maghreb Orient Express par exemple), il y a Wari sur le développement économique de l’Afrique... Où est la Francophonie en ex-Indochine ? 

    Les gens veulent se développer économiquement, s’intégrer dans le monde d’aujourd’hui où tout va très vite, et le Français ne leur offre pas cette ouverture. C’est la langue de la culture, des belles lettres, des philosophes des lumières... c’est super, et c’est tout aussi super d’être fier de son passé, mais pour quelqu’un qui cherche à contribuer à développer son pays du point de vue économique, à vivre dans le présent et envisager l’avenir de façon positive, ça n’aide pas. On peut le déplorer, et moi aussi je le déplore, mais c’est comme ça. 

    J’aime les débats d’idées qui ont lieu en permanence en France, mais j’ai toujours l’impression qu’au bout du compte, ces débats ne mènent jamais nulle part. Ce ne sont que des enguelades, des gens qui n’écoutent pas l’autre et ne font jamais évoluer leur opinion au contact de l’opinion des autres, et quand l’émission est terminée, chacun rentre chez soi et rien de concret n’a été proposé, rien n’a avancé. C’est toujours comme ça.

    J’ai l’air de m’éloigner du sujet de votre article, mais en fait pas tant que ça. 


    J’ai l’impression que la France passe son temps à vouloir refaire le monde, à inventer de nouvelles utopies, à philosopher, à penser... et en oublie d’attraper le train en marche... Enormément de paroles, et très peu d’actions. 

    Je crois que beaucoup de Français ont oublié qu’il faut s’adapter au monde, parce que le monde est en constante mutation. Ils veulent beaucoup trop vivre dans le passé, ou plutôt vivre « de leur passé ». 

    Donc, enseigner le latin, oui, entièrement d’accord, mais l’enseigner de façon à ce que l’élève voie, de façon concrète et immédiate, son utilité, les liens que cette langue entretient avec le reste de l’enseignement qu’il reçoit. Je crois que c’est ce que vous appelez, vous les enseignants, l’enseignement interdisciplinaire ?

    Je dis toujours que j’ai commencé à m’intéresser vraiment aux maths et comprendre pourquoi je les avais si longtemps étudiés en classe le jour où j’ai utilisé le théorème de Pythagore pour construire un meuble de cuisine. Je devais couper une planche selon un certain angle, et, tout à coup, j’ai vu comme une illumination le triangle apparaître dans ma tête. 

    Pourquoi on ne nous faisait pas couper des planches selon le théorème de Pythagore, en classe ? 

    Toujours cette culture française de vouloir toujours rester dans l’abstrait, dans le monde des idées, et de répugner, par mépris, à « redescendre sur Terre » et présenter l’enseignement de façon concrète.





  • Surya Surya 16 septembre 2016 10:54

    Ce n’est pas un hasard si les élèves ne veulent plus étudier le latin. Si je me réfère à mon expérience personnelle (qui remonte à un certain temps, c’est vrai...), je peux comprendre pourquoi. J’ai pris la décision d’arrêter le latin au lycée pour plusieurs raisons :


    - On nous rabâchait que le latin était à l’origine de notre langue, c’est très bien de nous le dire en effet, mais on ne nous le montrait jamais de façon concrête : c’est bien aussi de nous faire réciter nos déclinaisons comme des perroquets, et nous mettre un zéro si on ne les sait pas, mais nous, on aurait préféré des cours d’étymologie, bref, que la langue latine soit enseignée en lien direct avec le Français. En aucun cas le cours de latin ne « remontait aux sources ». Nous n’avions pas l’intention de devenir prêtres et faire la messe en latin, et nous devions donc trouver une autre motivation pour apprendre cette langue. 
    Le latin, sorti de son contexte linguistique.

    - L’enseignement de la langue latine était totalement coupé de l’enseignement de la culture, au sens où on n’avait pas de cours d’histoire sur la civilisation latine. On avait atteint un niveau nous permettant de déchiffrer et comprendre des textes complexes, mais ces textes étaient étudiés totalement sortis de leurs contextes historique et culturel, et nous, on aurait aimé, justement, les y replacer. On a bien eu quelques cours de mythologie en 6ème, qui ont passionné toute la classe sans exception, on entendait les mouches voler, mais ça s’est arrêté à la 6ème et tous les élèves ont été réellement déçus d’apprendre qu’il n’y en aurait plus en 5ème. 
    Le latin, sorti de son contexte historique et mythologique.

    De nos jours, certaines personnes ne parlent même plus de « didactique » des langues, mais de « didactologie » des langues et des cultures. Ca devrait s’appliquer aussi au latin et au grec, et pas seulement aux langues vivantes.


    - A part une seule prof de latin qui était géniale, qui avait l’air vraiment passionnée par son sujet, mais qui n’est restée qu’une année (on avait fait des progrès spectaculaires avec elle) les autres profs que j’ai eus avaient soit l’air de trouver le latin rasoir et de s’ennuyer en nous l’enseignant, soit étaient tellement durs avec nous, nous rabaissant et se mettant à hurler si on faisait une faute (oh mon Dieu, nous avions osé manquer de respect à la sainte langue latine...) que s’ils avaient voulu nous dégoûter de venir à leur cours, ils ne s’y seraient pas pris autrement. Mine de rien, ça compte pour des ados. Lorsque nous nous sommes à nouveau retrouvés, l’année suivant le départ de cette prof, avec une prof acariâtre et parfaitement antipathique, j’ai pris la décisioin que ce serait ma dernière année.

    Le latin est une langue morte qu’il faut enseigner de manière vivante.


    En résumé, les profs nous ont bien affirmé qu’étudier le latin était utile, mais ils ne nous l’ont pas démontré de façon concrête. Il fallait d’abord qu’on étudie le latin, qu’on le parle presque courramment, et ensuite, seulement, c’était à nous de voir, à l’avenir, en quoi cette langue, enseignée par des profs qui l’avaient totalement sortie de son contexte et qui, en plus, nous en faisait baver, nous avait été utile, ou allait nous être utile un jour. 


    Je suis d’accord avec la majorité de votre article, Rosemar, sauf sur le concept d’utilitarisme : dire qu’une langue morte comme le latin est utile à apprendre PARCE QU’elle permet de comprendre d’où notre langue provient, c’est DEJA de l’utilitarisme. 

    Or, nos profs cherchaient JUSTEMENT à nous l’enseigner de façon non-utilitariste, ils voulaient que l’on soit heureux d’apprendre le latin juste pour le bonheur d’apprendre le latin. Autrement dit, ils nous affirmaient que c’était utile, mais tout leur enseignement de cette langue se faisait comme si nous ne devions pas nous préoccuper de cette utilité immédiate ou future. Totalement contradictoire. 

    Si, au contraire, ils avaient eu une approche utilitariste dans leur façon d’enseigner, alors ils auraient réussi à nous faire accrocher. 

    Le latin est une langue morte qu’il faut enseigner de manière vivante ET utilitariste.




  • Surya Surya 10 septembre 2016 12:44

    @Oboem

    Je me demande si vous vous rendez bien compte de la montagne de fric que vous allez devoir collecter, de façon régulière, afin de pouvoir inscrire votre projet sur la (longue) durée. 

    A moins que vous trouviez un très riche mécène, beaucoup de gens vont donner une fois, parce que l’idée est nouvelle et les a séduits, deux fois peut être, afin de continuer à soutenir, mais j’ai bien peur que peu de gens ne vous donnent suffisamment, et ce de façon régulière, pour qu’un projet comme celui là soit inscrit sur une longue durée (je me répète un peu, je sais). 

    Je crois que vous devriez essayer d’obtenir des subventions, plutôt que ne compter que sur le crowdfunding, autrement dit en dépendre. 

    D’autant plus que les publicitaires ont les tout à fait les moyens de vous mettre des bâtons dans les roues en récupérant les espaces que vous leur avez (momentanément) pris à coup de gros, très gros sous. 

    Même quand on lance un projet financé par du crowdfunding, il faut avoir une approche de businessman, sinon on risque de se faire manger tout cru par ceux avec qui vous êtes en concurrence.

    Cela étant dit, je vous souhaite vraiment, et c’est sincère parce que j’aime vraiment votre idée, de réussir.


  • Surya Surya 9 septembre 2016 10:49

    Je trouve que c’est une très bonne idée, mais j’y vois un problème de taille : une oeuvre d’art, il faut du temps pour la regarder, l’étudier, remarquer tous les détails, s’en imprégner. Je doute qu’il y ait beaucoup de gens qui s’arrêtent dans la rue pour admirer ne serait-ce que cinq minutes une oeuvre d’art. Les gens n’ont vraiment pas le temps, et si c’est très dommage en effet, ce n’est en tout cas pas de leur faute.


    Suffit de voir combien de gens s’arrêtent à Paris pour regarder ce qui se trouve à la station de métro Louvre pour en être convaincu. Je n’ai jamais vu personne s’arrêter pour regarder, admirer. Il y a aussi des expos photos accompagnées de textes sur les quais de la station Hotel de Ville. Jamais vu personne s’arrêter, prendre le temps de lire les textes, de regarder les photos. 

    Une publicité en revanche, elle est conçue, calculée pour que le passant reçoive un maximum d’informations en un minimum de secondes. Même pas besoin de s’arrêter, c’est l’effet subliminal. Le slogan, le titre, l’iconographie, tout s’imprime dans votre cerveau sans même que vous vous en rendiez compte. C’est étudié pour. Il y a des écoles pour apprendre à faire de l’art, il y en a d’autres pour apprendre à concevoir de la pub. 

    Donc l’idée est bonne et l’initiative est bonne évidemment, sur le principe c’est toujours mieux en effet qu’il y ait de l’art plutôt que de la pub, mais au niveau de la pratique je doute un peu des résultats...
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