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Thierry LEITZ

42 ans, travailleur indépendant épris de liberté, s’intéresse à tout mais n’est fan de personne en particulier. Aime la lecture, l’écriture, le sports, l’économie à visage humain, la nature. Pense qu’il faut savoir critiquer les faits et pensées deshumanisantes, ne pas avaliser l’injustice au prétexte qu’elle abonde.

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  • Thierry LEITZ 30 septembre 2008 00:02

    @ l’Ecolo, A. Pellen et Krolik,

    Je ne suis pas anti-nucléaire ni pro-ceci, mais je pense qu’il faut toujours relier les coûts et les bénéfices, surtout dans des projets de grande ampleur qui mettent en jeu l’argent public. Je n’attaque personne (sauf à considérer de "technocrate" est une insulte, pour moi c’est une tournure d’esprit, c’est tout). De plus, je n’invite personne à quitter AV pour quelque motif que ce soit. Je suis artisan, je lis et m’intéresse à tout, sans être ingénieur ou savant diplômé, j’use du droit à la réflexion, que je considère comme un devoir citoyen. Partager son savoir vaut mieux que l’invective, non ?

    Superphenix est peut-être une voie prometteuse, mais à quel prix ? Des 9 milliards € consacrés de 85 à 97 nous pouvons déduire une production électrique de 1,4 milliards. Certes SP a bien fonctionné sur ses 9 derniers mois, mais son sort a été scellé avant, à cause surtout des avaries de fonctionnement graves qui le mettaient à l’arrêt pour de longues périodes. Je pense qu’il a fini par lasser les politiques, ainsi que les français qui n’y voyaient qu’un gouffre à milliards.

    De plus, à l’époque la question des rejets de CO² n’étant pas si prégnante, elle ne favorisait pas le nucléaire. Et le pétrole bon marché offrait tous les avantages. Aujourd’hui, se serait sans doute différent. Mais tout de même : quel serait le coût d’un passage des réacteurs REP vers les RNR en nombre suffisant pour absorber les excédents d’U238 et PU239 ?

    On peut certes affirmer après coup qu’on y serait arrivé si on avait persisté, qu’on était "tout près du but", etc. C’est à approfondir. Néanmoins, même dans les pays peu "squattés" par des écologistes, les recherches sur les RNR sont pour le moins discrètes, et peu avancées. Par ex. au Japon, le réacteur expérimental Monju à Tsuruga achevé en 91, mis en service en 94 et à l’arrêt depuis 95 doir être relancé fin 2008 selon Wiki. Nous verrons bien. aux E-U la société d’ingéniérie Thorium Power en Virginie offre son expertise à toute compagnie ou Etat intéressé par l’utilisation du Thorium 232 comme combustible dans des RNR... Mouais...

    Bon, c’est vrai, çà bouge un peu, mais surtout du fait d’un contexte marqué par 1/le CO², 2/les déchets et 3/le détournement possible du PU239 issu des réacteurs civils vers un usage militaire. Sur ces 3 points noirs du nucléaire, les RNR au Th232 semblent prometteurs. Mais on est très loin d’une application industrielle.

    Alors, oui, si le RNR vaut ses promesses, pourquoi engage-t-on des milliards dans l’EPR, dans ITER ? dans le LHC (même si son objet est autre) ? Pourquoi la France s’obstine-t-elle à vouloir jouer dans la cour des grands Etats militarodépendants comme les EU, la Russie, la Chine, la GB et d’autres qui subventionnent massivement une industrie de destruction au grand profit des marchands de guerre ?

    Que tous ces milliards envolés depuis la 2èGM aient été utilisés à des fins pacifiques, et l’on serait bien plus avancés sur la voie d’un monde vivable y-c pour nos successeurs. Et l’on aurait pu -financer et communiquer intelligemment- sur SP pour en faire ce flambeau de l’excellence française que vous regrettez tant. (peut-être à raison, je ne sais pas...)

    Faites une critique globale de la gestion des finances publiques de notre beau pays depuis la sortie de la 2èGM, vous verrez que l’effort consenti pour nous hisser - et nous maintenir- dans le club des puissances nucléaires militaires et tout bonnement astronomique. Le redressement spectaculaire de l’Allemagne et du Japon a été rendu possible par l’usage essentiellement civil de leur croissance.

    De deux choses l’une : soit la filière RNR ne vaut pas ses promesses, soit nos dirigeants sont mauvais...
    Si ce dernier cas est le bon, faites la critique citoyenne qui convient, et dites-le sans détours.


    Le nucléaire est une aubaine pour avoir devant nous un temps d’adaptation vers une société qui devra être différente. Mais persister dans cette voie au détriment d’autres -ce qui risque d’être le cas, vu les coûts énormes de la technologie nucléaire- équivaut à ne rien vouloir changer de nos habitudes, à construire un "mur de Berlin technologique" entre le Nord et le Sud, attisant les tensions internationales. Et çà, ce n’est pas humaniste.

    @+






  • Thierry LEITZ 29 septembre 2008 14:45

    Fantastique machine en effet, par sa conception et ses mensurations ! Des jets de partticules vont y être injectées et tourner à 675 000 tr/mn (le tr fait 27km !) dans le vide absolu, à -272,5°C. Pour cela, 5600 supra aimants sont refroidis près du zéro absolu (-273°C), d’où une consommation de courant nécessitant un réacteur nucléaire dédié.

    Cette machine n’est pas dangeureuse, exceptée pour les techniciens qui interviendront pour la réparer, car, prototype oblige, elle leur jouera quelques tours, et vu les extrêmes (températures et pression, flux électriques et magnétiques) la sécurité devra être à niveau, d’où des périodes de repos "forcé". Ce que fait l’homme pour reproduire ce que se produit dans l’espace est à une échelle incommensurable : pas de crainte d’implosion de l’univers dans un mini trou noir. Nous ne basculerons pas non plus dans une ènième dimension à cause du LHC. Ouf !

    Mais si on lit bien les 5 items nous exposant les résultats "espérés du LHC, on peut résumer en gros : 5 fois rien.

    Ce n’est pas parce qu’une machine mobilise 7000 techniciens, ingénieurs et physiciens et qu’elle coûte 5 000 millions € financés par 30 pays qu’il faut l’admirer béatement.

    Ceux qui tentent de nous faire croire à la valeur des éventuelles trouvaillent que permettra le LHC sont sûrement passionnés, peut-être aussi salariés du CERN, (auxquel cas leurs remarques sont biaisées) mais surement pas "humanistes".

    Car de quoi l’humanité a-t-elle besoin, et ce depuis des siècles ? De paix, d’un toit qui ne fuit pas, de nourriture saine, d’eau propre, d’éducation, de culture, d’échanges équitables, de dignité, etc...
    Alors le boson de Higgs, dont on suppute l’existence, la symétrie CP ou la 4è dimension, s’il vous plaît cher auteur humaniste, revenez parmi les humains, sur terre, à atmosphère comprise en 900 et 1060 hp, si çà ne vous dérange pas...

    Enfin, comparer la recherche d’aujourd’hui avec celle d’hier est une erreur : avant on trouvait beaucoup avec peu de moyens, aujourd’hui, c’est exactement le contraire. Et le fait qu’une quête soit difficile ne justifie pas qu’il faille admirer sans réflexion critique ceux qui l’entreprennent (et qui sont très bien payés pour, accessoirement). 

    Je respecte les prouesses scientifiques, mais tout a un prix, et clairement, tout n’est pas au bénéfice de "l’humanité".



  • Thierry LEITZ 29 septembre 2008 13:41

    André PELLEN a déjà maintes fois exposé ses vues sur Naturavox. Technocrate convaincu, scientophile intarrissable, porté par les réels succès passés de la filière électronucléaire française et en ayant lui-même bénéficié largement, par sa carrière, et sa retraite. Compréhensible.

    Mais là, il vire en hostilité féroce contre tout ce qui ressemble à un écologiste. A croire qu’il voudrait tous les mettre à la chaise...électrique ! A moins de les irradier massivement au plutonium au fond d’une veine crayeuse de champagne ! Hé hé !

    Croire que le nucléaire est la promesse d’une prospérité éternelle est pour le moins irrationnel de la part d’un ingénieur. Les ressources en U sont-elles illimitées ? En installant partout des EPR, ce qui semble être LA solution, ces réserves ne disparaîtront-elles pas plus vite ?

    Quant aux surgénérateurs, tel SUPERPHENIX, cette technologie, abondamment et chèrement étudiée (et pas qu’en Isère), est-elle en voie de développement dans les autres nations nucléarisées ? Pas que je sache.

    Si c’est d’ITER que viendra le salut, alors nous sommes dans une spéculation SF, car aucune application industrielle de production électrique ne découlera de cette EXPERIENCE à 15 milliards€ avant 70 ou 80 ans. Priorité dites-vous ?

    De quoi s’inquiète donc Mr PELLEN ? Qu’il profite de sa retraite et son électricité nucléaire gratuite pour lui et qu’il laisse aux "jeunes" la libre discussion des choix qui se poseront... ou s’imposeront.




  • Thierry LEITZ 29 septembre 2008 11:26

    @ Forest Ent

    Excellent billet comme à l’accoutumée, a la fois renseigné et lucide. Jusqu’ici, les faits vous donnent raison. Votre analyse de la suite est dans la même veine. Désolé pour les libéroptimistes admirateurs inconditionnels de l’Amérique.

    Les mauvaises dettes pour devenir "bonnes" impliqueraient une solvalbilité sûre des débiteurs : c’est loin d’être "sûr", vu la récession qui se profile, avec son chômage, ses restrictions çà et là. Donc, en plus des dettes certifiées (maisons soldées à la hâte en-deçà du montant financé à crédit, plus celles invendables avant travaux suite aux dégradations causées par des spoliés à la rue) il y aura d’autres dettes qui basculeront dans la catégorie mauvaise. Si j’ai bien compris...

    Et je vois mal ce qui pourrait, d’un coup leur redonner de la qualité vu qu’aucune remise en cause profonde du fonctionnement de l’Etat US et des moeurs US n’est vraiment étudiée. Ainsi, pas de réduction de l’activisme guerrier en vue... pas de taxation des carburants non plus, pas de retour au réel en matière de consommation apparemment...

    En tout cas, ce n’est pas ce que veut l’élite de milliardaires qui est aux commandes. Alors on réendette massivement les générations futures, via le déficit public. Avec des garanties de remboursement vacillantes pour les épargnants mondiaux en tête Japon et Chine.

    In fine, cette crise aura le mérite d’une "cure de vérité" ramenant peut-être une majorité d’Etatsuinens à réviser les normes de "l’american way of life", et soyons fous, les dresser une bonne fois contre leur lobby militaro-industriel et ses errements géostratégiques dont les coûts deviennent insupportables pour eux-mêmes et la planète entière...

    Il faudra bien remettre les pieds sur terre... Atterrissage "dur" comme on dit en aviation... Bon courage à tous ! Et "il faut cultiver votre jardin" dixit Voltaire !



  • Thierry LEITZ 26 septembre 2008 23:48

    @ Léon

    En effet, j’ai souvent cité cette idée de Henry Ford qui, bien que favorable à Hitler pour bien des raisons (industrie de guerre, anticoco et tueur de syndicalistes) etait un industriel avisé : pour vendre (tout) ce qu’on fabrique il faut des revenus en face. Et pas trop d’un côté misère de l’autre.

    Son rapport de 1 à 30 allait dans ce sens. Appliqué aujourd’hui nous aurions en idéalisant un peu, un SMIC à 1200€ nets et un SME (Salaire Maximum Ethique) de 36 000€/mois, ou sur 1 an 432 000€. Pas assez pour motiver ces êtres exceptionnels, quasi divins que sont les "top managers" ?

    Qu’ils aillent se faire payer ailleurs, dans des paradis fiscaux (!) où on ne vient que déposer et dépenser (jamais gagner), mais pas dans un pays démocratiquement mûr, ce qui n’est pas le cas en France, hélas.

    A la trappe aussi les golden parachutes et autres plan retraite en or massif. Injustifiables. Et, soyez certains qu’on trouvera des français capables de faire tourner ces affaires aussi bien, voire mieux car moins axés sur le profit destiné aux actionnaires voraces, ils feront leur vrai métier avec passion, en restant accessibles et exemplaires pour leurs salariés.

    Au rebus également les sursalaires des traders, footeux ou pilotes de F1 sans rapport avec leur "mérite". S’ils aiment leur job, ils le feront avec moins, eux aussi sont "corrompus" par cet argent facile qui dégouline des TV, marchands de tabac (pub payées par les boîtes) ou des salles de marché (trésorerie investie des boîtes, des superriches ou des pays pétroliers).

    A la base, la richesse VIENT TOUJOURS DE L’ENSEMBLE DES SALARIES-CONTRIBUABLES, sans qui rien ne se fait. On l’oublie souvent, à dessein afin que jamais cet "ensemble" ne prenne conscience de sa force, et demeure victime d’un rapport de force artificiel qu’on lui impose par la menace continue.

    Cela devrait être défini au niveau européen pour commencer, soit la dénonciation des traités en vigueur et la réécriture de nouvelles règles inspirées tant par la justice sociale que la pérrenité économique.

    Alors, réveillez-vous !

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