Olivier, au Japon ils ont certes stoppé le nucléaire (encore que j’ai lu quelque part qu’ils prévoyaient de redémarrer une centrale), mais en contrepartie ils importent de plus en plus d’hydrocarbures. Ainsi, pour le gaz naturel, l’Asie est un marché porteur. Cette tendance était déjà présente avant Fukushima, mais cette catastrophe n’a fait que la renforcer.
De même regardez l’Allemagne, qui ferme ces centrales nucléaires (quoique, tout en les gardant en réserve en cas de forte tension sur le réseau !), mais qui en contrepartie ouvre des centrale à gaz et au charbon (charbon dont elle détient des réserves importantes).
La transition énergétique peut se faire sans nucléaire, mais pas sans les moyens traditionnels de production centralisée d’énergie.
En revanche, Olivier Cabanel, je pense que vous n’avez pas compris un point dans les thèses de Rifikin, en ce qui concerne le nouveau modèle énergétique.
L’idée c’est que chacun, chaque bâtiment, devient producteur, mais pas indépendamment des uns des autres. Les moyens de production diffus seront connectés les uns aux autres à travers un réseau collaboratif de type internet, de façon à pouvoir transférer les surplus de production à un endroit donné, à un autre endroit où la consommation est supérieure à la production. Ce n’est donc pas la fin des réseaus d’énergie, bien au contraire c’est l’extension, le renforcement et la sophistication des réseaux, de façon à les rendre intelligents et collaboratifs (« smart grids »).
Les grands groupes de l’énergie y travaillent déjà.
Je suis convaincu que les gaz de schiste font partie de l’équation pour assurer la transition énergétique. Ils seront exploités en France, comme partout où on en trouve, à partir du moment où les conditions seront jugés satisfaisantes du point de vue de la protection de l’environnement.
Jeremy Rifkin est un grand visionnaire, nul doute là dessus, et cette troisième révolution industrielle se fera, y compris en France.
Le problème c’est la transition, car en revanche il est vain de croire que cela se fera du jour au lendemain : combien de temps prendra-t-elle ?
Certes on peut être plus ou moins volontariste, mais les choses s’enclencheront « naturellement » à partir du moment où la technologie apportera des réponses économiquement viables, c’est à dire d’ici quelques années, pour ce qui concerne le solaire, par exemple (ce n’est qu’un avis personnel, mais je crois beaucoup plus au solaire comme source majeure d’énergie diffuse, qu’aux autres moyens, tels l’éolien ou la biomasse, basés sur des techniques anciennes, car le solaire pourra bénéficier de sauts technologiques grâce auxquels les rendements et les possibilités d’usage seront multipliés).
Donc vive le pétrole cher, qui nous pousse à rechercher des alternatives ...
Avez vous une autre définition de la science ? Je ne prétends pas que la science donne accès à tout et permet de tout comprendre ... Voir ma réponse à Hétérodoxe et Olivier ci-dessus ...
Si vous voulez dire que l’homme, animal culturel, a oublié une partie de ce qui fait de lui un élément de la nature, et qui se manifeste par l’instinct, l’intuition, la connaissance empirique de son environnement ... au profit de la connaissance et de la raison, alors je suis d’accord avec vous (cf. la réaction des animaux qui sentent l’arrivée d’un tsunami, contrairement aux populations humaines du littoral ...).