Ce n’est pas parce que des mythes, bibliques ou autres, continuent à être tenus pour vérités par des croyants (au sens large : qu’ils soient religieux ou pas), qu’ils ont un fondement scientifique.
Il n’y a pas de vérité révélée en matière de science, uniquement des faits établis à l’appui d’un modèle.
Les mythes perdurent, parce que tout le monde n’a pas une approche rationnelle, parce que ce sont de belles histoires qu’on voudrait pouvoir tenir pour vraie, parce qu’il y a des mystiques qui préfèrent le rêve à la réalité, parce qu’ils sont à la base de dogmes religieux ou sectaires ...etc.
Pour en revenir à la Bible, ils me semble que certains mythes ont fait l’objet d’hypothèses scientifiques, comme par exemple le déluge, qui correspondrait à un cataclysme géologique qui aurait causé un brusque déversement des eaux de la méditerranée dans la mer Noire (ou inversement, je ne sais plus ...).
Mais il reste bien évidemment impossible à la science d’infirmer ou d’expliquer tous les mythes, puisque par définition les mythes ont des fondements très anciens, et qu’en matière d’histoire, de préhistoire, d’archéologie, de paléoanthropologie ...etc., bref, toutes les disciplines qui explorent la flèche du temps, il est très difficile d’avoir accès à des faits qui permettent de distinguer la réalité, d’autant plus difficile qu’on remonter loin dans le temps et qu’on explore des sujets qui sont peu susceptibles d’avoir laissé des traces tangibles. Pour prendre un exemple dans le domaine archéologique, on connait moins bien la civilisation celte, contemporaine des grecs et des romains, car elle ne pratiquait pas l’écriture et n’a pas laissé de grands monuments.
... Il faut néanmoins distinguer ce qui relève d’une démarche scientifique : hypothèses basées sur des observations vérifiables et/ou des expériences reproductibles, confrontation avec ses pairs ..., et ce qui relève des mythes et des croyances. Contrairement à une hypothèse scientifique, un mythe ne peut pas être démontré ou étayé, puisqu’il est basé sur l’absence de preuves contraires à ce qu’il affirme ...(mais l’absence de preuves n’est pas une preuve).
Je confirme : dans son livre « Au origines de l’homme - l’Odyssée de l’Espèce », Pascal Picq ne mentionne pas la théorie du goulot d’étranglement en -75000 qui serait dû à l’éruption de Toba. Toba n’est d’ailleurs même pas mentionné. En revanche, le livre de Pascal Picq est très clair sur les différentes hypothèses d’essaimage de l’espèce Homo Sapiens sur la planète, dont les deux extrêmes sont d’une part la sortie d’Afrique d’une population réduite, d’autre part le développement parallèle de plusieurs populations d’homo sapiens à partir de souches locales. Pascal Picq juge irréaliste ces deux scenario extrêmes et penche plutôt pour un scenario intermédiaire tel que des migrations successives et dans plusieurs directions à partir d’un berceau africain.
Il faut par ailleurs noter que Homo Sapiens a, au cours des millénaires, rencontré et cohabité (voire plus si affinité ?) avec d’autres espèces humaines qui l’ont précédé sur les territoires qu’il a fini par occuper : Neanderthal en Europe et au Moyen Orient, l’Homme de Solo (descendant probablement d’Erectus) à Java (proche de Toba, soit dit en passant).
Ceci, ainsi que les fossiles indiens mentionnés par d’autres internautes, vient infirmer l’hypothèse de l’extinction totale des différentes espèces humaines habitant encore la planète en -75000 au profit d’une petite population Homo Sapiens réduite à quelques milliers d’individus.
Ce qui reste vrai est que Homo Sapiens a fini par dominer, les autres espèces ayant disparu, et que cette espèce est unifiée, la notion de race n’ayant aucun sens sur le plan génétique, au grand dam des racistes de tous poils.