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Thucydide

Thucydide

Biologiste de formation, informaticien de profession.

TOC (troubles obsessionnels compulsifs) : sauvegarde de la biodiversité ; croissance durable ; maîtrise démographique ; instruction pour tous et recul des obscurantismes ; sciences ; histoire ; musique ; sports ; etc. ; etc.

Tableau de bord

  • Premier article le 08/12/2005
  • Modérateur depuis le 29/12/2005
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Derniers commentaires



  • Thucydide Thucydide 12 mars 2006 15:04

    Merci, Demian. J’aimerais bien que d’autres le voient comme vous (mais ça ne se commande pas...). Je ne le fais pas par goût de la chicane ou pour le plaisir d’aller à l’encontre des idées reçues, mais pour montrer que l’évolution animale (et plus généralement, du vivant) est une histoire complexe, passionnante et méconnue à côté de l’histoire humaine non préhistorique, et que comme avec cette dernière, nous avons beaucoup d’enseignements à en tirer. Et bien sûr, pour faire prendre conscience de l’importance de sauvegarder les vestiges -la biodiversité- de cette histoire.



  • Thucydide Thucydide 10 mars 2006 19:15

    Non, ce que vous dites est inexact à bien des égards. L’évolution ne va pas uniquement dans le sens de la meilleure performance, mais dans celui de la survie, et la survie peut passer par une dégénérescence, même si, globalement, les êtres vivants tendent à augmenter de complexité.

    Ainsi, le ténia, ou ver solitaire, est dépourvu de tout appareil digestif ou nerveux, contrairement aux planaires, qui appartiennent au même groupe et sont pourtant plus primitives. Les puces ont perdu la faculté de voler, alors qu’elles sont plus évoluées que les criquets. D’une manière générale, toutes les espèces qui tendent vers le parasitisme dégénèrent. Autre exemple : les plantes dégénèrent lorsqu’elles redeviennent aquatiques, et tendent à perdre leur appareil radiculaire et vasculaire, se rapprochant de l’organisation beaucoup plus simple des algues.

    Quant aux capacités cognitives des oiseaux, sachez que sur certains plans -la numération en particulier- les tests de comportement les placent devant même les chimpanzés (mais sur d’autres, non). Il a été prouvé que non seulement les oiseaux peuvent utiliser des outils, mais que dans certaines circonstances, ils peuvent en fabriquer (ce qui, jusqu’ici, a d’abord été considéré comme le propre de l’homme, puis des seuls singes anthropoïdes). Ensuite, il est très sommaire, et même faux, de dire que le développement cognitif est le propre des espèces faibles. Avant même d’être l’espèce dominante, l’homme était l’une des espèces au sommet de la chaîne alimentaire, avec très peu de prédateurs -les félins, essentiellement. Idem pour les grands-singes (chimpanzés, gorille et orang-outan), qui n’ont quasiment pas de prédateur autre que l’homme -exceptionnellement, le léopard ou le lion. Les éléphants, qui ne sont qu’encore plus exceptionnellement (pratiquement jamais) la proie du lion ou du tigre, ont également une intelligence hors norme. Il en est de même des cétacés à dents, au premier rang desquels la fameuse orque (ou épaulard), qui n’avait aucun ennemi naturel jusqu’à ce que l’homme ne s’en mêle.

    Enfin, si une autre planète a développé une vie intelligente, la chance qu’elle ressemble à un humain est infinitésimale. Il suffit simplement que les conditions physiques de cette planète soient différentes -gravité, composition de l’atmosphère, nombre de satellites naturels, taille du soleil, distance, etc.- pour que l’évolution soit radicalement différente, beaucoup plus courte ou beaucoup plus longue que chez nous. Même si vous imaginez des êtres à quatre membres -ce qui est plausible si la gravité est proche de la nôtre et s’il existe des terres émergées-, rien ne vous dit seulement que le cerveau sera situé dans la tête. Il est tout à fait imaginable qu’il se trouve bien au chaud et bien à l’abri parmi les viscères. Son emplacement actuel est dû à l’histoire de l’évolution de notre lignée de vertébrés, mais il est loin d’être optimal. (D’ailleurs, dans une voiture, placeriez-vous l’ordinateur de bord dans la calandre ou le pare-choc avant ?) Simplement, aucun mammifère (ni aucun vertébré) ne fera le « saut évolutif » qui consiste à transférer ce cerveau ailleurs. Aucun impératif de survie immédiate ne peut amorcer le mouvement de cette masse nerveuse, maintenant qu’elle est si complexe et développée.



  • Thucydide Thucydide 10 mars 2006 14:55

    Dois-je céder à la facilité en me contentant de rappeler que « time is money » ;- ?

    C’est l’emprunteur qui est seul juge de savoir s’il préfère payer pour ne pas attendre de posséder un bien, que ce soit pour en jouir ou pour le faire fructifier. Et qui dit « fructifier » dit générer des richesses, autrement dit, transformer du temps en biens matériels.

    Quant à l’immatérialité des créances, sur lesquelles est basée la confiance, il est vrai qu’elle constitue un risque certain, mais même les biens matériels, meubles ou immeubles, ne sont pas exempts de risques (guerres, catastrophes, banditisme...) susceptible de remettre en cause la confiance qu’ils soutiennent.



  • Thucydide Thucydide 10 mars 2006 14:51

    La question ne se pose pas en ces termes. Personnellement, je ne l’ai pas posée en terme de supériorité, mais d’ancienneté et, surtout, de hasard évolutif. Maintenant, vous considérez sans doute que mon texte suggère cette notion d’infériorité. C’est en fait un terrain glissant qui ne sera abordé dans aucune discipline scientifique, parce que trop subjectif. Tout dépend de la notion d’infériorité. Si vous l’assimilez à l’ancienneté, alors, il convient de définir précisément quel âge vous donnez aux mammifères. Ce qui, comme je l’indique dans mon texte, pose le problème de la limite entre mammifères et « pré-mammifères » (dits aussi reptiles mammaliens, dont fait partie le Dimetrodon), qui est une limite purement subjective, puisqu’il n’y a pas de discontinuité dans l’évolution.

    Si l’on met de côté ce problème de la limite, pour en revenir à votre scepticisme sur le scénario que j’évoque ici, je peux vous garantir qu’il est exact. Les reptiles mammaliens se sont séparés très tôt des tout premiers reptiles appelés reptiles-souches. Les seuls reptiles actuels qui ont conservé en partie la structure de base de ces reptiles-souches sont les tortues. Pour le reste, les mammifères présentent de nombreux points communs avec les ancêtres amphibiens, raison pour laquelle d’ailleurs beaucoup d’études sont menées sur la grenouille. C’est vous dire l’ancienneté de leur séparation d’avec les reptiles.

    En ce qui concerne la complexité organique, que l’on peut retenir, comme vous le faites, comme critère de supériorité, il est loin d’être évident que les mammifères sont supérieurs en tous points. Sur le plan du cortex cérébral, en général, c’est vrai, et dans l’absolu, c’est indéniable dans le cas particulier de l’homme. En pratique, de nombreux oiseaux sont aussi évolués que la plupart des mammifères sur le plan des capacités cognitives. Dans un certain nombre de cas particuliers, beaucoup d’oiseaux font mieux que la plupart des mammifères (en particulier, perroquets et corbeaux).

    Sur d’autres critères que le développement du cortex cérébral, ce sont les oiseaux qui s’avèrent, disons, des « machines organiques » plus complexes que les mammifères. Pour vous donner un ordre d’idée, la température corporelle d’un mammifère est en général de 37 °C, ce qui lui permet d’être très actif même quand il fait froid (alors qu’un lézard devra se chauffer longuement au soleil avant d’envisager de se connecter sur Agoravox). Les oiseaux font beaucoup mieux : leur température interne normale est supérieure à 40 °C, de fait, leur organisme est plus efficient et plus rapide (et extrêmement gourmand en énergie). Autre exemple : le rendement en exploitation de l’oxygène atmosphérique de leur système respiratoire (poumons + sacs aériens) est nettement supérieur à celui des mammifères. Or, même si nous n’avons pas dinosaures vivants sous la main, de nombreuses études tendent à prouver qu’ils étaient semblables aux oiseaux -leurs descendants- sur de nombreux points, à commencer par la possession de plumes (d’ailleurs, les premières empreintes de dinosaures ont été assimilées à celles d’oiseaux géants, et ce n’est que plus tard qu’a été inventé le terme de « dinosaures », et il serait plus exact de les considérer comme des oiseaux non volants que comme des reptiles non rampants).

    On pourrait multiplier les exemples indéfiniment en faveur de l’un ou l’autre groupe, mais ce n’est pas mon but. Mon but est simplement de dire que l’histoire animale ne suit aucune finalité, et que dans le cas des mammifères, elle a pris des chemins très tortueux. Leur domination aurait pu être sans partage pratiquement depuis le début, mais les hasards de l’évolution et des catastrophes naturelles en ont décidé autrement. En fait, le plus étonnant dans l’histoire, c’est qu’aucune intelligence industrielle n’a émergé du temps des dinosaures parmi ceux-ci, mais biologiquement, c’était parfaitement possible. Simplement, une combinaison de facteurs favorables, de « contingences » évolutives n’étaient pas réunies. Il a fallu attendre que certains singes soient obligés de vivre dans un environnement sans arbres pour que, profitant de nombreuses qualités physiques que nécessitait la vie dangereuse dans les arbres, l’un d’eux soit social, habile de ses appendices (les mains), capable d’évaluer et d’anticiper des situations complexes, d’en tirer profit, et d’en faire bénéficier ses semblables. De nombreux prémices de tous ces « pré-requis » existent chez d’autres mammifères et oiseaux actuels, mais le processus est resté en rade -idem, par exemple, chez les insectes sociaux. Devant certains « murs », l’évolution peut piétiner très longtemps, mais aussi procéder par sauts, lorsqu’une combinaison fortuite de facteurs favorables est présente.



  • Thucydide Thucydide 30 janvier 2006 12:43

    Vous avez présenté la projection optimiste de la situation. La projection pessimiste, c’est que les égoïsmes continuent à marche forcée, les obscurantismes religieux et autres freinent toute politique maîtrisée globale et toute recherche de valeurs communes à l’ensemble de l’humanité. Et surtout, la dernière et pas la moindre : que se passera-t-il le jour où on fera mieux que la DHEA, et qu’on arrivera à stopper le vieillissement cellulaire ? C’est un mécanisme naturel qui est procure un avantage évolutif aux espèces (avantages à celles qui renouvellent leurs populations, et donc continuent d’évoluer). Vu qu’il est très ancien, espérons qu’on n’en décodera pas les mécanismes de sitôt. Mais le jour où ce sera trouvé, il faudra choisir entre accepter de mourir (donc, refuser de trafiquer le vieillissement), accepter de ne plus avoir d’enfants ou accepter d’émigrer dans l’espace (si c’est possible). Ce n’est pas pour 2050, mais ça pourrait bien être pour 2100 ou 2200.

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