Dans les sociétés très inégalitaires du XIX siècle ou féodales, les femmes des seigneurs ou les grandes bourgeoises s’adonnaient dans des oeuvres caritatives : il est toujours valorisant de donner aux pauvres en guise d’excuses pour être trop riches.
Nous avions la chance d’être dans une société plus moderne ou nous faisions partie d’une collectivité qui se chargeait via la redistribution d’offrir aux plus démunis des solutions pour accéder à l’éducation, à la santé et à des revenus complémentaires.
Pour que çà fonctionne, il faut bien sur que les plus nantis acceptent de payer impôts et charges sociales en fonction de leurs revenus. Pas qu’ils se débinent en Suisse ou délocalisent à tout va pour maximiser les profits ou s’exonérer de l’impôt : être citoyen ou plutôt jouer le jeu de la collectivité à laquelle nous appartenons.
Bon d’accord, mondialisation et patati et patata... les nantis trouvent souvent des solutions acceptables pour eux en laissant les autres dans la m... ou en leur faisant la charité.
Pour autant qu’ils n’aient pas fait semblant jusqu’à présent, ca ne joue plus du tout "collectif".
A court terme, nous avons une énorme crise de confiance qui pourrait se traduire par une dévalorisation importante des actifs en dollars détenus dans de nombreuses places financières. Cette crise est entretenue par des perspectives de croissance assez molles, la hausse du prix du pétrole et celui des matières premières alimentaires - aggravés par la sécheresse dans certaines région.
Un petit peu plus loin, nous projetons une augmentation de 50% de la population mondiale dans les 30 a 40 années qui viennent. Cela ne va pas se passer sans créer de nombreuses tensions. Il nous faudra produire plus et plus intelligement : c’est loin d’être gagné.
Je trouve interressant que DSK, en tant que représentant du FMI, s’attache à essayer de coordonner un peu les politiques économiques des différents pays afin de réduire l’impact de la période difficile qui se confirme. C’est un premier pas, j’espère qu’il sera fructueux car il faudra pouvoir resservir la soupe assez souvent.
D’abord les prix augmentent. Le pouvoir d’achat baisse et nous avons de plus en plus de revendications pour que soient augmentés les salaires ou des mécanismes qui vont augmenter les minima sociaux pour prendre en compte cette inflation côté "prix".
Ceci dit, les perspectives de croissance étant ce qu’elles sont, cela ne donne pas beaucoup de latitude pour les augmentations de salaires. Ceci dit, le partage du gateau entre le capital et les salariés est une question de rapports de forces... du nombre de gens en grèves, dans les rues, ou sans en arriver à ces extrémités qui prennent la décision de s’encarter dans une organisation syndicale.
Jusqu’en 71 le dollar pouvait s’échanger contre de l’or. Nixon ayant du faire travailler la planche à billet pour financer la guerre du vietnam a alors décidé de faire flotter le dollar.
L’autre point qui a contribuer à consacrer le dollar comme monnaie d’échange internationale est qu’à la meme époque a été décidé que d’effectuer en dollars les achats de pétrole. Presque tous les pays du monde ayant besoin de pétrole, beaucoup se sont retrouvés à avoir besoin de dollars....
Pour les Etats Unis, cela ne coutait rien d’imprimer des billets qui servant à assurer les échanges internationaux ne reviendraient probablement jamais chez eux.
La demande en dollars s’est accrue avec la montée en puissance des pays asiatiques qui exportaient beaucoup vers les Etats Unis et recevaient un flot de dollars en échange. Les stocks de dollars dans les différentes banques centrales s’explique en partie par la nécessité de pouvoir racheter leur monnaie afin d’en stabiliser les cours. Il est vrai que certaines ont des stocks bien trop importants pour cette seule tache.
Tel que la chose est construite, personne n’a intérêt à ce que le dollars ne vale plus rien et tout le monde voudrait bien sortir de cette situation qui devient plus que pré-occupante.
On peut imaginer la constitution d’une monnaie d’échange internationale dont la stabilité soit assurée par plusieurs monnaies : l’euro, le yen, le yuan, le dollar. Ce pourrait être une initiative sous controle du FMI et de la banque mondiale, cela redonnerait un sens a ces institutions. Mais elles sont, a mon avis trop inféodées aux USA pour oser une telle initiative.
Note : La question n’est pas tant de pouvoir effectuer les échanges internationaux sur un panier de monnaies différentes mais d’en stabiliser la valeur. Qu’est ce qui va garantir que les pays, heureux détenteurs des monnaies élues, n’en profitent pas pour exporter leurs déficits, de la même façon que les Etats Unis pendant 30 ans ?
Une autre solution pourrait être la constition dans les grandes zones d’échange commerciaux d’unions monétaires telle que l’Euro. Pas forcément avec la création d’une monnaie commune mais peut être avec des échanges régionaux effectués dans une monnaie locale assez forte pour être "de référence" et une stabilité des taux de changes des autres monnaies de la région vers cette référence.
Les échanges vers une zone d’échanges pourraient se faire dans la monnaie de référence.
Quelque soit la solution retenue, le vrai problème sera de faire une transition en douceur - ie de vendre les stocks de dollars sans trop y perdre de plumes. Ce qui n’est pas gagné... Et d’ici là, le plus gros risque sera qu’une banque centrale perde son sang froid et se mette à vendre trop de dollars entrainant une dégringolade du dollars et une panique sans nom.
Il y a toujours des dessous cachés et nous pourrons toujours conjecturer, jamais nous ne saurons leur teneur.
Par contre, connaissant un peu le complexe militaro industriel US et le protectionnisme ambiant, la décision prise par l’armée US de s’équiper en avions étrangers montre soit une évolution des mentalités soit une certaine fissure des rapports de forces qui prévalaient jusqu’ici dans ce milieu assez fermé.
Il sera interressant, dans les semaines qui viennent, de suivre, sur le sujet, les commentaires de la presse américaine et des candidats aux élections