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Accueil du site > Tribune Libre > L’inéluctable démission du Président Macron. Colère et Temps. Rupture (...)

L’inéluctable démission du Président Macron. Colère et Temps. Rupture ou dialogue dans le changement démocratique ?

 

« Comment avez-vous fait faillite ? De deux façons, d’abord progressivement puis subitement. »

E. Hemingway, « Le Soleil se lève aussi ». The Sun Also Rises, Book II, Chapter 13, Quote Page 136, Charles Scribner’s Sons, New York. 1926

« Le troisième mandat avait été le plus terrible… Après ça, tout était allé de soi. Il était devenu dictateur. » 

Bogdan Teodorescu, « Le Dictateur qui ne voulait pas mourir ». Agullo, 2018

« - Do you hear that, Mr. Anderson ? It’s the sound of inevitability. It is the sound of your death. Goodbye, Mr. Anderson.

- My name is Neo. »

The Matrix, Agent Smith et Neo (1999)

 

PNG Pour le philosophe et essayiste Peter Sloterdijk, de même qu’il existe des banques qui transforment en capital le trésor des particuliers, il existe des « banques de colère ». Est-ce ce que veut le Président ?

L'équation est très simple : retour immédiat de la paix civile et solides perspectives de prospérité ou démission.

M. Macron n'a pas simplement perdu pied. Il a ouvert la porte au "populisme" qu'il méprise et dit vouloir combattre, se trompant d'adversaire, méprisant son peuple et nourrissant le ressentiment et le désordre.

« 200 manifestants pacifiques sur les Champs-Élysées.1500 perturbateurs à l’extérieur du périmètre venus pour en découdre.Nos forces de l'ordre répondent présent et repoussent les casseurs : déjà 39 interpellations. #1erDécembre — Christophe Castaner (@CCastaner) December 1, 2018 »

 

I- Aveu d'impuissance

…et une simple question : comment 6000 policiers n’ont-ils pu venir à bout de 1500 casseurs ?

Comment le ministre de l'Intérieur ne s'est-il pas rendu compte de l’inanité de son propos en déclarant publiquement comme il l’a fait que « tous les moyens avaient été mobilisés », sinon pour avouer l’étendue d’un immense échec, d'un immense aveu d'impuissance et surtout d’une incroyable incapacité professionnelle ?

https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/chistrophe-castaner-assure-que-tous-les-moyens-de-la-police-de-la-gendarmerie-et-de-la-securite-civile-etaient-mobilises-aujourd-hui-1121951.html

https://www.dailymotion.com/video/x6y6q5s

Voici un chef de l'Etat en retrait, silencieux, qui tente de sauver sa "ligne économique" alors que l'urgence est ailleurs, espérant désolidariser les Gilets jaunes en cherchant des gens raisonnables avec qui discuter.

L'Elysée se défausse et renvoie la réponse politique à Matignon, comme si la gestion de cette crise permettait encore au chef de l'Etat de faire l'économie d'une réponse politique face à des violences qui le dépassent, comme si les lacunes des dispositifs sécuritaires ne révélaient pas les faiblesses d'un Exécutif devenu inaudible, dépassé par les événements dont il ne peut permettre une troisième réédition sous la forme d'un autre "samedi noir".

On retiendra que le Macronisme est mort le 1er décembre 2018 et qu'il faut désormais passer à autre chose.

Le choix d'un camp s'impose, avec d'un côté celui de l'insurrection aveugle contre des institutions et des personnages politiques et de l'autre celui de l'ordre légitime de la République qui ne peut accepter que des lieux d'histoire, de mémoire, de pouvoir, symboles d'institutions qui ne sauraient être attaquées se trouvent précisément vandalisés alors que parallèlement les magasins, les citoyens, les policiers, les pompiers sont pillés, volés, agressés et gravement blessés.

Vient un moment - et ce moment est arrivé - où ce qui doit être défendu est bien l'Etat plutôt que son chef qui ne le représente plus et se trouve contesté dans sa propre légitimité personnelle, politique, nationale, avec une image chaque jour plus dégradée et désastreuse pour la France, tant sur le plan national qu'international.

Allons-nous laisser se développer une situation insurrectionnelle, une guérilla urbaine qui pourrait se traduire par un embrasement général et une déstabilisation du pays ?

Ambulanciers lors d'une manifestation surprise à paris, devant l'Assemblée nationale ce lundi 3 décembre 2018 :

https://francais.rt.com/france/56190-paris-centaines-dambulanciers-bloquent-place-concorde-video?fbclid=IwAR0xco-30NAyQFn1um_IXyzsHeyYdgRONtUJik2TFfEUZutjw63LD5o4b6g

Installations portuaires bloquées :

https://www.midilibre.fr/2018/12/03/sete-lacces-au-port-bloque-par-les-gilets-jaunes,4996541.php?fbclid=IwAR0h2_lwqZ9OQRJfgRPDF15gK6ZKVD3T4jEpOM5oC4vhseiia9j7l1c7unI

Raffineries :

http://www.leparisien.fr/economie/blocage-de-raffineries-et-de-depots-de-carburant-deja-des-restrictions-en-bretagne-03-12-2018-7959450.php

Lycées :

https://www.bfmtv.com/police-justice/aubervilliers-incidents-aux-abords-d-un-lycee-1580251.html#content/contribution/edit

Un pays comme la France se mérite. Il se mérite parce que vivre en France demeure un privilège. Il se mérite parce que nous avons une histoire, des lois, des règles, des usages, une organisation politique économique et sociale qui sont le résultat d'efforts constants accomplis au travers de difficultés, d'épreuves et de succès. Et voilà qu'une poignée de dirigeants mal élus, tare fondamentale dont on mesure aujourd'hui les faiblesses, persuadés de détenir une sorte de vérité et inspirés par la volonté de dicter et imposer aux Français ce qui serait "bon" pour eux est en train de dérégler systématiquement le pays en faisant n'importe quoi et en méprisant ceux auxquels ils s'adressent.

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2018/11/29/31001-20181129ARTFIG00361—macron-redoute-davantage-les-amendes-de-bruxelles-que-la-colere-de-son-peuple.php

Gouverner un pays comme la France se mérite car c’est là aussi et par-dessus tout un privilège qui ne saurait échoir à une équipe arrivée en bout de course après seulement 18 mois d’activité

Les institutions politiques, aussi solides qu’elles puissent être ou paraître, ne valent que par ceux qui les incarnent, les défendent et les font fonctionner au nom de l’Etat et des citoyens.

Cette fonction incombe en premier lieu à celui qui en est constitutionnellement le chef. Si celui-ci n'est pas ou n'est plus en mesure de l'exercer, il doit s'en aller.

II-Un constat sans appel.

Or le constat est simple. Le temps est venu de passer la main. Le "Mai 68" de la classe moyenne a commencé et ne s'arrêtera pas tant que l'ordre ne sera pas rétabli sur la base et la condition d'un véritable dialogue apaisé sur les origines profondes de cette révolte et les moyens adéquats d'y remédier avec un pouvoir politique digne de ce nom.

Le problème tient malheureusement au fait que si d'un côté il va bien falloir que la France qui dit son malaise trouve une représentativité pour s'exprimer, il va aussi falloir que se détache un interlocuteur valable, légitime, reconnu et accepté, suffisamment puissant pour écouter, être écouté et accepté dans les décisions et remèdes qu'il doit prendre et offrir pour répondre intelligemment aux urgences qui travaillent le pays en profondeur.

Cet interlocuteur ne s'étant pas encore fait connaître et l'actuel chef constitutionnel n'étant plus à la hauteur de la situation parce que désormais considéré comme le Grand Désordonnateur, même si toutes les responsabilités ne peuvent lui être imputées, il devient évident que Monsieur E. Macron risque fort, d’une manière ou d’une autre, d'être obligé de démissionner de ses fonctions de président de la République et de chef de l’Etat.

Il s’agit d’une démission qui interviendra volontairement ou sous la contrainte. Nul ne peut dire quand, mais elle aura lieu et le plus tôt sera le mieux.

La survenance inéluctable de l’événement pouvant être rapide ou plus lente, elle se produira après une phase de rigidité et de tentative de reprise en main de la situation, habile ou malhabile.

Ce sera alors-là une manière de procéder que la France ne supportera pas de la part d’un personnage désormais perçu comme un petit cheffaillon ayant perdu toute crédibilité et toute légitimité et dont tout le comportement montre qu’il cherche déjà à se cramponner au pouvoir en mobilisant tout l’appareil d’Etat contre son peuple, quoi qu’il en coûte.

Etat d’urgence, loi martiale, la Constitution a prévu un bloc de mesures exceptionnelles qui n’attendent que d’être réalisées. Encore faudrait-il qu'elles soient mises en œuvre à bon escient. Voit-on bien la situation nouvelle qu’elles pourraient générer ?

Pareil comportement qui traduit plus que jamais une fin de règne prématurée est d’autant plus dangereux pour l’intéressé et ses fidèles que, s’agissant de la France et des Français, le risque d’un retour de flamme devient réalité lorsque le pays profond décide depuis trois semaines que la mesure est comble et que les limites de la patience longue ont été dépassées.

Pour ne pas l’avoir compris dans d'autres circonstances, d’autres ont eu à subir de sérieuses déconvenues dans le passé et il devient chaque jour manifeste que l’expérience des uns n’instruit pas le comportement des autres alors que chacun sait que toute partie a une fin et que l’on peut être…chassé du Pouvoir.

Paris vient de connaître une éruption, une « journée parisienne » qui n’a rien d’un accès de fièvre. L'étincelle pourrait bien avoir mis le feu à la plaine. Le malaise et le ressentiment sont en effet profonds, anciens, contagieux, dangereux, susceptibles de toucher tout un chacun avec des débordements d’autant plus inadmissibles qu’ils pouvaient être largement prévus et qu’ils touchent le pays tout entier.

http://www.lefigaro.fr/culture/2018/12/02/03004-20181202ARTFIG00038-gilets-jaunes-les-images-de-l-arc-de-triomphe-saccage.php

Un président de la République qui a perdu toute légitimité, toute possibilité de se maintenir au pouvoir pour la durée légale du mandat qui lui reste à courir, ne peut plus valablement exercer ses fonctions. Il en va de même de l’autre acteur de cette dyarchie propre à la Vè République que représente le Premier ministre, même s’il détermine et conduit la politique de la nation aux termes de l’art. 21 de la Constitution.

Aller au contact et réagir comme le fait M. Macron dans un cadre de réaction violente est une mauvaise solution. Distinguer entre "bons" Français et "mauvais" Français est une grave erreur. Le cap et le programme sont les mêmes et plus personne n’en veut. M. Macron s’est rêvé comme LE président de la Vè République. Il a commis une grave erreur d’appréciation et de comportement, tant sur la forme que sur le fond.

Le processus de sa mort politique est donc enclenché et ira à son terme.

III- Désordre et dérives

Pour autant voici que l'on voit naître des réactions qui concrétisent un véritable désaveu du Pouvoir. Ainsi en est-il d’un ralliement des forces de police avec les Gilets jaunes, hypothèse qui n’a rien d'impossible. Qu’un commandant de police  puisse en énoncer clairement les termes et raisons sur TV Libertés résume la situation :

"Sur le plan humain, il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de policiers qui sont derrière les Gilets jaunes, qui soutiennent les Gilets jaunes, déclare-t-il. Pour l'instant, ça ne se voit pas trop, heureusement, parce qu'on est le dernier rempart. J'ai l'impression qu'il ne reste plus que la police, les pompiers, un peu l'armée... Si ça fait tomber les casques et que la police dépose les armes, attention, très, très gros danger. Qui peut prédire l'avenir actuellement ? On est dans une période très difficile, très dangereuse. Je ne suis pas devin, je ne peux pas vous dire si la police va rejoindre les Gilets jaunes à un moment ou à un autre."

Que dans un autre communiqué le syndicat de police Alliance ait pu demander l'instauration de l'état d'urgence, réclamer le "renfort de l'armée pour garder les lieux institutionnels et dégager ainsi les forces mobiles d'intervention", est encore révélateur d’un cran au-dessus du simple climat de guérilla urbaine. "On est dans un climat insurrectionnel", a en effet déclaré M. Frédéric Lagache, le numéro 2 d’Alliance, premier syndicat de gardiens de la paix.

https://twitter.com/alliancepolice/status/1068962529752289281

IV- Solution

Une autre solution pourrait intervenir, qui passerait par la déposition pure et simple, en douceur, de celui dont un collaborateur actuel n’hésitait pas à dire, avant de se rallier à lui, que "Loin d’être le remède d’un pays malade, il [M. Macron] sera au contraire son poison définitif. Son élection, ce qu’au diable ne plaise, précipiterait la France dans l’instabilité institutionnelle et conduira à l’éclatement de notre vie politique."

Qui se souvient que ces propos prémonitoires sont ceux que M. Gérald Darmanin tenait le 25 janvier 2017 dans le quotidien L'Opinion ?

 

Il faut savoir siffler les fins de partie tant qu’il en est encore temps.

Les déclarations de M. Macron tenues en Argentine, loin de la France, sont devenues inaudibles, chacun ayant compris, d’une manière certaine, que le problème c’était lui et qu’en aucun cas il ne saurait donc faire partie de la solution sauf à remettre les compteurs à zéro en donnant sa démission et en permettant à la France de se retrouver avec de nouvelles élections nationales, tant présidentielles que législatives.

Pareilles élections ne pourront se tenir avec les formations partisanes actuelles, obsolètes, démonétisées, qui n'ont plus rien à proposer et dont la disparition est elle aussi inéluctable.

Quelque chose doit donc naître, de nouveau, proposé par quelqu'un de courageux et de déterminé, prêt à écouter, juger, peser, décider.

Ce personnage fera appel précisément à tous ceux qui ne se reconnaissent pas ou plus dans les structures politiques et partisanes actuelles et qui aspirent à un véritable renouveau, soucieux de rétablir l'harmonie, la prospérité et la puissance de la France.

Pour ma part, je suis prêt.

 

 

Sources et références :

 

E. Hemingway, « Le Soleil se lève aussi ». The Sun Also Rises , Book II, Chapter 13, Quote Page 136, Charles Scribner’s Sons, New York.

“How did you go bankrupt ?” Bill asked.“Two ways,” Mike said. “Gradually and then suddenly.” “What brought it on ?” “Friends,” said Mike. “I had a lot of friends. False friends. Then I had creditors, too. Probably had more creditors than anybody in England.”

Ernest Hemingway, “The Sun Also Rises”, 1954 (1926 Copyright), The Sun Also Rises by Ernest Hemingway, Book II, Chapter 13, Quote Page 136, Charles Scribner’s Sons, New York.

Bogdan Teodorescu, « Le Dictateur qui ne voulait pas mourir ». Agullo, 2018

Peter Sloterdijk, Colère et Temps - Essai politico-psychologique, Olivier Mannoni (Traducteur) Ed. Libella-Maren Sell, 2007

https://www.nonfiction.fr/article-711-la-colere-comme-moteur-de-laction-politique.htm

 

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147 réactions à cet article    



    • rogal 3 décembre 19:20

      @Montdragon
      Température de l’atmosphère terrestre en novembre : la même qu’il y a trente ans. Alors en quel sens y a-t-il ’’réchauffement climatique’’ ?.


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 3 décembre 20:44

      @Montdragon

      Bonsoir et merci autant pour votre visite que pour votre commentaire auquel je renvoie les lecteurs.
      Il vient à point nommé et je ne saurais trop vous conseiller de lire l’ouvrage de F. Gervais intitulé « L’urgence climatique est un leurre ».
      https://www.babelio.com/livres/Gervais-Lurgence-climatique-est-un-leurre/1073299

      On peut discuter, contester, approuver, l’important est de faire une pause et de prendre le temps de lire très attentivement cet ouvrage qui pose des questions très pertinentes auxquelles il apporte des réponses très précises.

      Voici la présentation-résumé de cet ouvrage, à lire :

      "La terre se réchauffe dangereusement et si nous ne faisons rien, demain verra la fin du monde. En matière de climat, le marché de la peur est florissant. Une peur bien utile, véritable instrument de pouvoir fondé sur la manipulation des émotions au détriment de la raison. Faut-il en effet rappeler quelques-unes des prophéties émises en 1970 par les premières assises écologistes du « jour de la Terre », pour l’horizon de l’an 2000 : plus une goutte de pétrole, généralisation des famines sur tout le globe et réduction de l’espérance de vie à 49 ans aux Etats-Unis... Sans oublier le cri d’alarme lancé en 2008 par Al Gore, prix Nobel de la Paix 2007 et ancien vice-président américain, qui annonçait la disparition totale de la calotte glacière estivale au pôle nord en 2013... Pour François Gervais, s’il y a une urgence, c’est celle de retrouver nos esprits... scientifiques. Car, contrairement à ce que disent les responsables du GIEC, il est absolument faux d’affirmer qu’il existe un « consensus » des chercheurs autour des questions climatiques. Ce livre le prouve en détails. Le catastrophisme des modèles virtuels actuels, source de politiques énergétiques dispendieuses dont certaines n’ont de durable que l’affichage, est en revanche une vraie catastrophe annoncée."

      Je me permets de vous suggérer cet autre lien :

      https://www.sudradio.fr/economie/francois-gervais-la-baisse-des-emissions-de-co2-nempechera-pas-le-rechauffement-climatique

      et ceux-ci :

      Débat ouvert, donc, qui mériterait réellement une véritable conférence nationale plutôt que des réunions « climatiques » comme celle de la CAP 24 à Katowice, LA capitale du européenne du charbon...
      http://www.gresea.be/La-Pologne-accueille-la-COP24-a-Katowice-et-produit-du-charbon-a-grande-echelle

      Cordialement,
      Renaud Bouchard


    • Alain 4 décembre 13:27

      @Renaud Bouchard
      On écrit un article qui pose le pb : Macron !! et on dérive sur un livre référence qui contredit la réalité : la crise écologique. Pourquoi ne pourrait-on pas prendre comme livre référence : « un printemps silencieux » ?
      Enfin bref, si faut virer Macron pour se taper des débats sur oui ou non, la terre se réchauffe ou ne se réchauffe pas, c’est la faute au CO20 ou pas, et la mer monte ou ne monte pas...

      Merci de ne pas noyer le poisson dans des théories fumeuses. Ou alors, écrivez sur le « faux réchauffement climatique » et ne parlez pas de Macron.

      D’ailleurs.... nous n’en sommes plus à savoir si il faut des taxes sur l’essence ou pas ou si la terre se réchauffe ou pas. A moins que vous passiez plus de temps sur Internet plutôt d’aller voir sur le terrain ce qui se passe, vous devriez déjà vous rendre compte que le débat n’est plus à cette petite hauteur de climato-sceptiques (qui remplacent assez bien les mecs qui nous disaient que le tabac ne donne pas le cancer et nous sorter un livre-réfétence....). Ce qui se passe en France actuellement est d’un niveau un peu plus sérieux et réfléchi.


    • hans-de-lunéville 5 décembre 18:55

      @Montdragon
      nous sommes d’accord, il n’y a évidement aucun problème climat.....


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 5 décembre 20:25

      @Alain
      Bonsoir et merci autant pour votre visite que pour votre commentaire que je découvre à l’instant.

      Vous m’aurez mal lu.

      Mon sujet est très précis et je vous invite à lire Sloterdijk si ce n’est déjà fait, ou à le relire.

      Je ne parle ici voyez le titre de ce billet que de l’inéluctable démission de M. Macron, et de rien d’autre.

      J’aborde aussi d’autres hypothèses qui sont en train de se réaliser, tel le ralliement d’un syndicat de police (VIGI) en l’occurrence, au mouvement des Gj.

      Le débat climato-sceptique est une chose (et je dois dire que le livre de Rachel Carson ,Silent Spring, prémonitoire, reste d’actualité) et la réalité du terrain (que je connais fort bien, ne vous déplaise) en est une autre, que je suis avec une attention toute particulière.

      Ce qui se passe en France est particulièrement sérieux, même si le traitement des événements et de leurs conséquences par ceux qui en sont la cause est loin d’être sérieux.

      Bien à vous,
      Renaud Bouchard


    • Sharpshooter - Snoopy86 Sharpshooter - Snoopy86 3 décembre 18:06

      «  Pour ma part, je suis prêt »

      A faire don de votre personne à la France ?

      Ne vous monteriez-vous pas un peu du col ?


      • Le Panda Le Panda 3 décembre 18:23

        @Sharpshooter - Snoopy86
        Bonjour

        A faire don de votre personne à la France ?

        Ne vous monteriez-vous pas un peu du col ?

        Sur coup la mousse peut même légèrement glousser
        D’accord ou pas ?

         smiley

        Le Panda

      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 3 décembre 20:31

        @Sharpshooter - Snoopy86
        Faire « don de sa personne à la France et lui parler le cœur serré », bad vibes.
        Quelque chose me dit que ce genre de message serait mal reçu.

        Je vous propose beaucoup mieux.

        "Il faut être absolument moderne. Point de cantiques : tenir le pas gagné [...]
        Cependant c’est la veille.[...]
        Et à l’aurore, armés d’une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes."

        Soyons absolument modernes, donc.

        Quant à se pousser du col...est sans doute préférable à pousser le bouchon trop loin, surtout en ce moment.

        Bien à vous,
        Renaud Bouchard


      • kalachnikov kalachnikov 4 décembre 11:15

        @ Renaud Bouchard

        Bonjour.

        Merci de citer Rimbaud.

        Si on ne veut être moderne, on peut vouloir être éternel.

        ’Les diamants, c’est éternel,
        des fleurs, des bouts du ciel...’

        Bonne journée.


      • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 4 décembre 13:07

        @kalachnikov
        Bonjour et merci pour votre visite comme pour votre commentaire.
        Votre texte mérite d’être lu :

        Non, la République est une forme de démocratie particulière.

        ’Pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple’.

        Dans l’idéal français, le terme peuple ne désigne pas la population mais une entité confinant au métaphysique. Ce qu’est le Peuple, que l’on devrait toujours noter avec une majuscule pour le distinguer de la notion peuple/populace, c’est le faisceau de valeurs contenues dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. C’est pourquoi les droits sont dits ’naturels’, non pas parce qu’ils proviennent de la Nature mais parce qu’il ne saurait y en avoir d’autres. C’est le diamant autour duquel s’organise la Société, l’essence-même du contrat social que chacun, quel qu’il soit, doit incarner, contrat social auquel l’individu est supposé adhérer et qui lie de façon équivalente chaque individu à l’autre, l’Etat dans cette affaire n’étant pas au-dessus de l’individu mais ayant pour mission de garantir et de faire respecter ce pacte, la croyance en quelques valeurs dites humanistes.

        Le Peuple ne varie pas tandis que les humeurs de la population fluctuent. C’est ainsi que cette population peut incarner le Peuple aux temps révolutionnaires mais aussi tomber dans le caniveau lors du moment vichyssois.
        C’est aussi parce que ce Peuple ne varie pas qu’une dictature de salut public est conceptuellement possible : dix hommes décrètent contre la population entière, le Peuple contre le peuple et le sens est justement de sauvegarder le Peuple.

        Voici des synonymes conceptuels de cette entité Peuple : Nation, Intérêt Général, Volonté Générale, République.

        J’ajoute ce point : il y a malheur public lorsque le Peuple est bafoué ; causes : ignorance, mépris, oubli des droits de l’Homme et du citoyen. Sans Peuple, point de Concorde, d’Harmonie.

        J’ajoute autre chose. C’est beau, c’est grand, c’est le Génie français. On comparera avec cet idéal d’épicier qu’est la social-démocratie, à laquelle on veut convertir à toute force les Français en mode marche ou crève.

        Make France great again !

        Approuvé !

        Renaud Bouchard


      • kalachnikov kalachnikov 5 décembre 09:58

        @ Renaud Bouchard

        Puisque vous semblez aimer ce genre de littérature, je vous en redonne.

        Un quart d’heure de littérature nouvelle*.

        *oui, je connais aussi mon petit Rimbaud.


      • Aristide Aristide 3 décembre 18:18

        Drôle conception de la démocratie consistant à délégitimer une élection au suffrage universel sans se poser une seule fois la question du respect de la constitution.


        • Emohtaryp Emohtaryp 3 décembre 18:56

          @Aristide

          Hey le troll, tu parles du Référendum 2005 sur le TCE allias traité de Lisbonne sur lequel tes « grands démocrates » se sont assis ? Ou encore des 900 familles blindées qui ont fait plus de la moitié des dons de 7500 euro à macro et ses comparses tout en se faisant tranquillement « défiscaliser » ? Et encore ce n’est que la partie visible de l’iceberg... macro est illégitime, sa base ne repose sur strictement rien, du bullshit... T’inquiète, les noms vont bientôt sortir, on va les voir, les hideux....qu’ils se planquent bien, ils auront nulle part où aller pour fuir prochainement....


        • Arogavox 3 décembre 19:03

          @Aristide
          Que peut bien avoir de légitime le mensonge d’une prétendue « démocratie » qui serait décrétée par l’élection de cet oxymore : un individu qui incarnerait ’démocratiquement’ 66 millions d’humains !!

          Plus sérieusement,
           il ne faut pas passer à côté du scoop de ce siècle :
          LES GILETS JAUNES ont déjà gagné !! ...
           (mais beaucoup ne l’ont pas encore réalisé) ...
          bis repetita :  https://www.agoravox.fr/commentaire5369009


        • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 3 décembre 20:49

          @Arogavox
          Bonsoir et merci pour votre commentaire.
          Ne manquez pas de lire ci-après l’excellent papier de Vincent Parlier sur Agoravox.
          Très bonne analyse :
          https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-symptomes-d-une-chute-210209

          Bien à vous,
          Renaud Bouchard


        • Le Panda Le Panda 3 décembre 18:19

          @Renaud Bouchard

          Bonjour

          « Comment avez-vous fait faillite ? De deux façons, d’abord progressivement puis subitement. »

          Cela est très facile, mais le mode d’emploi tout un chacun le connait. Mais si vous faites allusion à « Jupiter » je pense qu’il ne s’attendait pas du tout à cette situation à la suite de pas de deux années de présence à la plus haute marche de l’Etat France.

          Il n’en reste pas moins que c’est ce que je dis dans mon article toujours en panne. Bravo le votre est sortie. Il est arrivé à un moment où rien ne pouvait marcher, et où la présentation des scandales passés depuis 4 années ne pouvaient nullement le servir. La France lui a montré qu’elle savait aussi réagir. Il n’a pas bien de porte de sortie une seule nous pouvons en parler.

          Bien à vous

          Le Panda


          • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 3 décembre 20:08

            @Le Panda
            Allons, Lecteurs, allez voir le billet du Panda.
            Il dit des choses intéressantes qui méritent d’être lues.

            Bien à vous,
            RB


          • Jeekes Jeekes 3 décembre 18:34

            ’’L’Elysée se défausse et renvoie la réponse politique à Matignon’’

             

            Il en avait d’ailleurs les mains bien agitées, le premier sinistre.

            Du coup eddie m’a fait penser à manu-la-tremblotte (comme quoi, d’un manu à l’autre... smiley ) décidément, serait-ce un signe ?

             


            • Jeekes Jeekes 3 décembre 18:36

              @Jeekes
               
              ’’une simple question : comment 6000 policiers n’ont-ils pu venir à bout de 1500 casseurs ?’’
               
              Excellente remarque !
              Alors, cui bono ?
               


            • Xenozoid Xenozoid 3 décembre 18:39

              @Jeekes

              il n’y avait pas 6000 policiers ?


            • Jeekes Jeekes 3 décembre 19:20

              @Xenozoid
               
              Ben il parait que si...
               


            • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 3 décembre 19:49

              @Jeekes
              Bonsoir Jeekes.
              Un signe, effectivement.
              Le signe d’une inquiétude qui monte et d’une sainte trouille...
              https://www.youtube.com/watch?v=XCTJQAadzFI

              Bien à vous,
              RB


            • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 3 décembre 20:06

              @Jeekes

              Cui bono ?

              Si vous avez une idée...
              RB


            • Jeekes Jeekes 4 décembre 18:32

              @Renaud Bouchard
               
              J’ai bien une idée !
               
              Mais, vous savez, je ne suis qu’un méchant complotiste, alors...
               


            • Julien S 3 décembre 18:34

              Renaud Bouchard va être président.

              Hou la la, quand je pense que sous d’autres pseudos je l’ai parfois blagué un peu ironiquement. 

              Mais comme il connaît l’histoire il sait que « le roi de France ne venge pas les injures faites au duc d’Orléans ». 


              • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 3 décembre 20:03

                @Julien S
                Je vous sens mutin...
                Mais vous pouvez (et devez) continuer à blaguer.
                Bravo pour votre référence, que je vous propose de citer dans son entier : « Il ne serait décent et à honneur à un roi de France de venger les querelles, indignations et inimitiés d’un duc d’Orléans. »

                Nous n’en sommes pas là et je ne vois pas qui pourrait jouer les rôles de Louis XII (Orléans, donc) et de Louis de la Trémoille.

                Nous avons affaire à un exemple parfait d’insuffisance professionnelle manifeste qui vient confirmer une erreur de casting magistrale.

                Les centaines de millions d’€ de dégâts présents et à venir sont à mettre au débit du mirliflore qui, à mon avis, va devoir rendre des comptes à ses commanditaires et à tous ceux dont les biens et affaires professionnelles sont en rideau pour plusieurs semaines.

                Le résultat n’augure rien de bon, à trois semaines de Noël...

                Sur le fond, et pour vous répondre, j’utiliserais plutôt le conditionnel (« j’aimerais »), ayant une idée assez précise de ce que je ferai.
                Nous en reparlerons.

                Bien à vous,
                Renaud Bouchard


              • popov 4 décembre 01:26

                @Renaud Bouchard
                 
                Bonjour et merci pour l’article.
                 
                Ce serait bien que Macron soit déboulonné avant qu’il ne puisse signer cette infamie qu’est le « pacte » onusien sur l’immigration. 
                 
                C’est, je pense, en partie pour financer ce plan de passage à une vitesse d’immigration supérieur qu’il veut augmenter les taxes. 
                 
                Il ne s’agit plus depuis longtemps d’importer de travailleurs, mais des assistés qui vont faire augmenter le PIB par leur consommation. Consommation rendue possible par un transfert de richesse de la population active ou à la retraite à la nouvelle population assistée.
                 
                Pour la finance, c’est le moyen de mettre en circulation les économies des derniers petits épargnants et d’endetter les autres pour les museler définitivement.


              • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 4 décembre 11:36

                @popov
                Bonjour et merci pour votre visite comme pour votre commentaire.

                La question migratoire sera le tombeau politique de M. Macron lorsque les Français découvriront enfin l’ampleur de la trahison et comprendront que leur pays aura été livré à une invasion devenue...légale.

                Nous y reviendrons.
                Cordialement,
                Renaud Bouchard


              • math math 4 décembre 07:30

                « le changement démocratique ?.. »

                heu..la démocratie de nos politiciens véreux, personne n’en veut plus...C’est pour ça que les gilets jaunes sont sur les barricades… !


                • Arnould Accya Arnould Accya 4 décembre 08:58

                  A terre Jupiter.

                  Macron, au pilon !

                  A faire tourner, il ne doit pas s’en tirer : démission !!


                  • Fergus Fergus 4 décembre 09:40

                    Bonjour, Renaud

                    « comment 6000 policiers n’ont-ils pu venir à bout de 1500 casseurs ? »

                    Il n’y avait pas 6000 policiers habilités au maintien de l’ordre mais 4500. Et la moitié d’entre eux étaient  faute stratégique  affectés à la garde statique des bâtiments officiels dont l’Elysée.


                    « Un président de la République qui a perdu toute légitimité, toute possibilité de se maintenir au pouvoir pour la durée légale du mandat qui lui reste à courir, ne peut plus valablement exercer ses fonctions. »

                    Fantasme ! Macron ne démissionnera évidemment pas. Au pire pour lui, il dissoudra pour provoquer des législatives. Et là, rien ne démontre qu’il ne retrouvera pas une nouvelle légitimité, peut-être pas sous la forme d’une assemblée majoritaire LREM mais d’une assemblée majoritaire de coalition LREM-LR-UDI avec Premier ministre issu des rangs républicains. (cf. les législatives de juin 68)


                    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 4 décembre 10:37

                      @Fergus
                      Bonjour et merci pour vos observations.

                      I-Correction après vérification sur l’effectif policier mobilisé.

                      Il n’en demeure pas moins que quelque chose n’a pas fonctionné, mais qui peut dire que quelques centaines d’hommes en plus auraient pu changer le déroulement des faits ? Je n’en sais rien, sauf à considérer qu’il est fort possible qu’une réaction violente desdites forces de l’ordre se serait probablement soldée par des blessures mortelles heureusement évitées.La question reste en l’état. cf.France 2France Télévisions MàJ 03/12/2018 | 23:47publié 03/12/2018 | 22:23

                      "Des affrontements violents en plein Paris et des forces de l’ordre parfois dépassées. Le dispositif de samedi 1er décembre était-il inadapté ? À Paris, 4 600 policiers et gendarmes étaient mobilisés. Parmi eux, des unités mobiles, avec 500 hommes place de l’Étoile et 1 600 autres pour gérer les points chauds dans les rues adjacentes, notamment dans les grands magasins, et aux Tuileries. Autour des Champs-Elysées, 2 500 hommes en statique, soit plus de la moitié des équipes, qui étaient là pour protéger les institutions sensibles et filtrer les manifestants.Selon certains syndicats, cette répartition n’était pas la bonne."

                      II Sur la démission du chef de l’État.

                      Il ne démissionnera pas. Pour le moment. Nul ne peut prévoir ce qu’il adviendra, pas même M. Macron. Dans pareil cas les événements tourneront à son désavantage car il est grillé et mort politiquement.Une dissolution de l’Assemblée nationale ? Toujours possible, avec d’ailleurs et pourquoi pas le résultat que vous décrivez. Tout est possible. A ceci près qu’il faudrait avoir le courage de revenir tremper une légitimité politique en remettant les compteurs à zéro et l’on voit mal comment les partisans de la REM pourraient accepter de quitter les situations acquises et se risquer dans l’inconnu...Je pense pour le moment que la situation va encore évoluer. Comme le dit l’auteur du billet ci-dessous en conclusion : les sorties de crise sont souvent difficiles. Surtout quand la crise suivante semble déjà s’esquisser. 

                      Voir aussi cette analyse :

                      https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0600263971707-gilets-jaunes-une-revolte-de-sortie-de-crise-2226724.php


                    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 4 décembre 10:39

                      @Fergus
                      Suite :

                      https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0600263971707-gilets-jaunes-une-revolte-de-sortie-de-crise-2226724.php

                      "La nuit fait de bien belles images. Il y a dix-huit mois, un homme jeune et seul traversait la cour du Louvre pour venir célébrer sa victoire, sous l’oeil des caméras . Emmanuel Macron, qui venait d’être élu président de la République française, regardait loin devant, plein ouest, du côté de la place de l’Etoile. Mais il ne pouvait pas voir les incroyables scènes de guérilla urbaine qui s’y dérouleraient dix-huit mois plus tard, avec des dizaines de voitures incendiées, un Arc de triomphe tagué, une Marianne énucléée.Les cavaliers de l’apocalypse, rue Roy, Paris, 1er décembre 2018 © Mathias Zwick https://t.co/UjD50FAmYM pic.twitter.com/uqunIsAEzr

                      Autant dire que le président a un problème majeur à régler. Paris a vécu l es émeutes les plus violentes depuis un demi-siècle. Il y a là une question essentielle de sécurité et de maintien de la paix civile. Pas simple à traiter : si les émeutiers ne sont pas des damnés de la terre (ils volent des bouteilles de whisky plutôt que des paquets de pâtes), ils n’en sont pas moins des milliers. Bien organisés, très outillés et extrêmement déterminés. C’est un problème technique, qui doit être résolu par les forces de l’ordre.Ignorés de la République.Le problème majeur, lui, est politique. Depuis mi-novembre, Emmanuel Macron affronte une révolte inédite. Les « gilets jaunes » voulaient d’abord protester contre la hausse des taxes sur les carburants, exprimer leur désespoir, réclamer de la considération. Ils n’en pouvaient plus d’être les ignorés de la République. Ils ont ensuite élargi leurs revendications et réclamé la démission de Macron.Mais ces « gilets jaunes » sont peu nombreux. Le ministère de l’Intérieur en a recensé 283.000 le 17 novembre, 166.000 le 24 et 136.000 le 1er décembre. Si ces chiffres sont discutables, d’autant plus que le mouvement est éparpillé, il paraît en revanche peu contestable que les manifestants sont beaucoup moins nombreux que ceux d’autres défilés. En 2010, le même ministère de l’Intérieur en avait recensé plus de 1 million contre la réforme des retraites, un million qui n’avait rien obtenu. Sur les images diffusées à profusion par les chaînes d’info apparaissent tout au plus quelques dizaines de « gilets jaunes » - sauf à La Réunion. Sans casse, le mouvement serait marginal.Très ciblée, très approuvée.
                      Pour l’équipe au pouvoir, le vrai problème est ailleurs : c’est le soutien massif des Français à ce mouvement marginal. Trois sur quatre , voire cinq sur six y seraient favorables ( selon la façon dont le sondeur pose la question ). Impossible pour le gouvernement d’ignorer la défiance du peuple. Surtout qu’il a encore dans ses cartons une palanquée de changements ambitieux.A vrai dire, ce n’est pas la première fois que survient une rébellion très ciblée qui est très largement approuvée par l’opinion publique. C’est même un classique. Les manifestations contre la réforme des retraites de 2010 avaient l’approbation de 70 % des Français. Tout comme celles de 2006 contre le contrat première embauche, réservé aux jeunes qui pouvaient être plus facilement licenciés. En 1995, les deux tiers des Français exprimaient leur sympathie pour la grève de la SNCF et de la RATP contre la réforme des régimes spéciaux de retraite.À lire aussi
                      Macron et la réforme de la SNCF

                      Ces mouvements ont un point commun : ça va plus mal au moment où ça devrait aller mieux. Le politique part dans le rouge alors que l’économie est revenue dans le vert. En 1995, la France commençait à peine à se remettre de la récession de 1993. Un nouveau président, Jacques Chirac, avait promis de lutter contre la fracture sociale. C’est le moment que choisit son Premier ministre, Alain Juppé, pour s’attaquer aux régimes spéciaux. Même si son projet était parfaitement justifiable pour des raisons de justice sociale, il devra retirer piteusement son projet. Deux ans plus tôt, son prédécesseur, Edouard Balladur, avait pourtant fait passer comme une lettre à la poste le durcissement des retraites du privé. Mais le pays était en pleine récession.Moyen inacceptable.Même scénario en 2006. L’économie avait frôlé la récession en 2003, dans la foulée de l’explosion de la bulle Internet. L’emploi avait beaucoup tardé à redémarrer. Et au moment où le chômage baisse enfin, le Premier ministre Dominique de Villepin invente un système où les entreprises peuvent mettre un jeune à la porte sans raison. Le but était de faciliter l’embauche des jeunes. Mais le moyen était inacceptable pour les syndicats d’étudiants qui menèrent la lutte - et la gagnèrent.L’histoire est un peu différente cette fois-ci. L’économie française a encaissé deux chocs en 2008 puis en 2011, suivis de trois années de stagnation sans précédent. Elle a commencé à frémir en 2015 avant de dépasser enfin les 2 % en 2017. Et c’est le moment que choisit le gouvernement pour accélérer la hausse des taxes sur l’essence, là encore avec d’excellentes raisons. La flambée du pétrole a accentué la pente. Et les petits revenus qui n’ont d’autre choix que de prendre la voiture pour aller travailler à 20 ou 50 kilomètres de chez eux ont enfilé leurs « gilets jaunes ».Revendications salariales.Pour le gouvernement, la sortie de crise s’annonce très, très compliquée. Les entreprises sont elles aussi concernées, même si elles ont été pour l’instant épargnées. Si les casseurs sont des milliers et les « gilets jaunes » des dizaines ou des centaines de milliers, il y a ici des millions d’hommes et de femmes. La grogne monte pour les mêmes raisons, sur fond d’inflation requinquée et de profits élevés. Les revendications salariales ont déjà provoqué des grèves dans les raffineries de Total et à la banque BNP Paribas . La tension monte chez Peugeot Citroën. Les sorties de crise sont souvent difficiles. Surtout quand la crise suivante semble déjà s’esquisser." Jean-Marc Vittori 


                    • Croa Croa 4 décembre 15:52

                      À Fergus
                      « Au pire pour lui, il dissoudra pour provoquer des législatives. »
                      Oui probable, d’autant que des faux opposants lui tendent déjà cette perche !
                      *
                      Comme les dés de la Ve République sont complètement pipés effectivement il peut s’en sortir par là (ou passer le témoin à un autre pantin du système.)
                      Mais je crains (j’espère plutôt) que les GJ ne ne voient venir. Suite à quoi les ronds points resteront occupés et que Macron n’ait plus comme solution que de démissionner !  smiley smiley smiley smiley


                    • Fergus Fergus 4 décembre 16:54

                      Bonjour, Croa

                      « Suite à quoi les ronds points resteront occupés et que Macron n’ait plus comme solution que de démissionner ! »

                      Cela risque de demander beaucoup trop de temps. Or, entre les avancées annoncées  aussi insuffisantes soient-elles  et la lassitude engendrée, surtout à l’approche des fêtes, par les mobilisations sur la voirie, il est probable que les choses se tassent quelque peu. Dès lors, Macron ne bougera sans doute pas avant les Européennes en croisant les doigts pour que le résultat n’en soit pas un rejet de LREM.

                      Cela dit, tous les scénarios sont désormais possibles.


                    • kalachnikov kalachnikov 4 décembre 17:04

                      @ Fergus

                      On te sent à peine soulagé, citoyen. Et toujours limite à désespérer les masses l’air de ne pas y toucher.


                    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 4 décembre 17:31

                      @Fergus
                      Bonsoir.

                      Vous écrivez : "Or, entre les avancées annoncées — aussi insuffisantes soient-elles — et la lassitude engendrée, surtout à l’approche des fêtes, par les mobilisations sur la voirie, il est probable que les choses se tassent quelque peu.

                      Dès lors, Macron ne bougera sans doute pas avant les Européennes en croisant les doigts pour que le résultat n’en soit pas un rejet de LREM.

                      Cela dit, tous les scénarios sont désormais possibles.« 

                      Tout est possible, effectivement, y compris la démission de l’intéressé qui s’y résoudra volontairement ou involontairement, poussé par les événements, car je ne le vois pas brûler un cierge et invoquer Ste Rita (Patronne des causes désespérées, comme chacun sait) et croiser les doigts aux élections européennes en espérant que tout ira bien »d’ici-là".

                      Les carottes sont archicuites et les cuisines de l’Elysée sont remplies de fumée : tout est cramé et est devenu immangeable, bon pour les poubelles.

                      Si M. Macron ne lit pas les journaux et n’écoute pas ce que lui dit la rue, s’il ne voit pas les images que les media relaient dans le monde entier, c’est que l’on a affaire à un suicidaire ou à un inconscient.

                      M. Macron, après avoir brocardé MM. Salvini et Conte en Italie, se trouve en train de jouer les Renzi dont il suivra le même chemin.

                      Je serais à sa place, il me semble qu’avec une pareille réputation d’incendiaire et après avoir réussi l’exploit de déchaîner des violences qu’il va être difficile de calmer sauf à cesser d’agiter un chiffon rouge devant mes concitoyens, je m’en irais. Vite et loin.

                      Bien à vous,

                      Renaud Bouchard


                    • Fergus Fergus 4 décembre 18:01

                      Bonsoir, kalachnikov

                      Désolé, mais en tant qu’électron libre, je suis plus observateur que militant !

                      Mais si Macron et son clan doivent tomber, je serais évidemment parmi les premiers à m’en réjouir !


                    • kirios 6 décembre 10:49

                      @Renaud Bouchard
                      "Je serais à sa place, il me semble qu’avec une pareille réputation d’incendiaire et après avoir réussi l’exploit de déchaîner des violences qu’il va être difficile de calmer sauf à cesser d’agiter un chiffon rouge devant mes concitoyens, je m’en irais. Vite et loin.« 
                      vous n’êtes pas à sa place et vous ne pouvez pas l’être :
                      Micron fait partie de ces individus à l »égo surdimensionné qui ne pensent qu’à écraser les autres .
                      il est prêt à jouer sur tous les tableaux pourvu que sa « noble personne » soit en situation dominante .
                      un espoir est que ses maîtres , si la situation actuelle nuit à leurs intérêts , ne le débarquent ???

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