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Accueil du site > Tribune Libre > Petit procès de l’insignifiance (4)

Petit procès de l’insignifiance (4)

IV : Du procès à l'expertise.

Dès le début de l'hiver, donc, j'allais mieux : la chape sur mes épaules avait diminué de moitié ; humainement je ne valais encore rien mais revenait doucement l'énergie de vivre. Une semaine plus tard, par hasard, je rencontrai Mistral, mon cheval. J'ai pu faire du bois, puis engager un gros chantier de clôtures, je fatiguais plus vite : c'est ce qu'on appelle « un coup de vieux » !

Cependant, chaque fois que je rentrais sous le porche pour prendre du bois, je repérais la marque rouge du bornage, elle était à elle seule tout mon espoir ; celle-ci s'effaçait peu à peu. La veille du soir de Noël, elle avait disparu, un coup de burin, assez violent semblait-il, avait éclaté la pierre sur laquelle elle avait été tracée. Ce n'est qu'au printemps que j'appelai le géomètre et, lui expliquant l'histoire, lui demandai de venir la refaire. Il m'envoya une convocation et une autre à la partie adverse.

Il arriva à l'heure dite mais la voisine n'était pas là.

Je m'étonnai de son absence et lui dit que ma demande était vaine du coup ; non, me répondit-il ! je ne suis pas venu pour rien ! J'avais l'impression, encore, de me faire avoir, mais n'ayant aucun argument à lui opposer, je le laissai faire. Il m'expliqua qu'elle lui avait écrit et envoyé un dossier gros comme le bras, et, levant le bras au ciel, il dit « Je me demande bien pourquoi ! ». Idiote née, je ne lui en demandai pas plus. Je n'en sais toujours rien aujourd'hui et cela me démange !

J'ai fait un beau jardin, l'année était bonne, j'avais plein de légumes et je m'y attisais plus de cinq heures par jour. Quelle thérapie !

Il m'arrivait d'avoir tellement pitié d'elle, avec sa petite vie, ses petits horaires, sa solitude haineuse, ses barbecues allumés au pétrole dont l'odeur me donnait envie de vomir, que rentrant le soir avec des paniers pleins de légumes, je me disais que pour faire la paix, la calmer, je devrais sonner et lui en donner. Mais quelque chose de plus profond en moi et de plus réaliste que ma connerie, toujours m'en empêcha. Je ne le regrette pas. Peut-on faire la paix avec quelques aubergines ?

À la fin de l'été, j'ai reçu une lettre de l'huissier qui m'intimait l'ordre d'aller retirer un papier de la plus haute importance chez lui, sous peine de conséquences graves . Je me suis mise à trembler d'une telle force que j'ai demandé le secours d'une amie qui, étant loin de cette histoire, depuis le temps, m'a fait poireauter tant, qu'il m'était plus douloureux d'attendre que me jeter à l'eau : j'y suis allée seule. J'étais convoquée au Tribunal de Grande Instance , trois semaines plus tard ! Pas vraiment le temps de se retourner. Prenant l'avis d'un copain avocat en visite chez ses parents, de l'autre côté de la rue, j'ai fait la demande d'un avocat commis d'office et j'ai posté la lettre moins de vingt heures après avoir reçu la convocation.

Et chaque jour j'attendais. Rien.

J'étais au rendez-vous à la bonne heure et m'assis dans cette salle éprouvante d'être close à ce point. Je n'étais jamais rentrée dans un tribunal, la fouille, le manque d'indication pour se repérer est un bon truc pour vous désarçonner, vous mettre en condition d'infériorité coupable. La séance commençait et, à force de regarder faire les autres, j'ai compris qu'il fallait que je pointe devant le petit bureau, en bas de l'estrade, pour décliner mon identité. J'en profitai pour demander où pouvait bien être mon avocat ! On me répondit que dès qu'il aurait été nommé, on me préviendrait.

La touffeur de cet aquarium calfeutré ou tous les bruits sont feutrés mettait à mal ma claustrophobie. Je me sentais sombrer dans un néant sans retour quand une petite malgache, haute comme trois pommes toute rondes s'avança vers moi avec un bon sourire. Elle m'invita à la suivre dehors, enfin hors de la salle, dans le hall d'accueil, et quel accueil. Je lui racontai en deux mots et lui dit- comme on m'avait conseillée de le faire- de reporter l'audience ; elle m'avertit que ce n'était pas gagné ! Allons bon !

Quand ce fut mon tour, je fus appelée à la barre, très proche de la plaignante qui l'avait été aussi. Et mon avocate souffla dans l'oreille de la Présidente ma requête, qui dût passer chez la Procureur sur la gauche et fut acceptée. La plaignante se plaignit qu'elle avait pris une journée de congé pour ce rendez-vous sacré, ce à quoi la juge répondit que les droits de la défense étaient sacrés, eux aussi. Bien sûr, celle-ci me parut sympathique , dans le désastre de mon désarroi, la moindre des choses dites qui me soutenait était un baume rare.

Nous sortîmes donc et l'avocate me dit qu'on prendrait rendez-vous une semaine avant la date donnée du prochain procès.

Arrivée sur le haut des marches, dehors, j'eus le sentiments de revenir de chez les morts. J'y retrouvai l'amie qui s'était gourée d'heure mais que je n'avais pas attendue, et celle qui m'avait accompagnée, devant se rendre au boulot, me fit la bise et partit.

Un délai, un sursis ; on ne sait jamais si cela est bon, mais pour l'heure j'en étais soulagée .

Et pourtant, je l'avais espéré ce procès où je pourrais, enfin, m'expliquer !

Une semaine avant la date prévue, je me retrouvai devant l'avocate qui avait regardé le dossier d'un œil, trois minutes avant de me faire rentrer dans son bureau, et j'étais écoutée avec la même attention que chez les flics ou chez le délégué du substitut ! Pour moi, l'affaire était complexe ; pour elle, pas le moins du monde. Je m'énervais de comprendre qu'on ne me donnait pas le temps de dire, et le seul conseil que je reçus fut de garder, et en toutes circonstances, mon calme.

J'ignorais tout du dossier que ces gens-là avaient en main. Elle me souffla qu'en plus de tout le reste- le devis dont j'avais pris connaissance-, elle demandait 500 euros de défraiements pour sa journée passée au tribunal ! Au point où j'en étais, je trouvais ça plutôt drôle !

Mais quand j'ai pris connaissance de son contenu, plus de trois ans après la plainte, j'ai pensé qu'il y avait carence dans la formation de ceux qui sont payés pour faire régner l'ordre dans notre cité, la police, et ceux qui y exercent la Justice ; ceux-ci devraient, au moins, croire autant une partie que l'autre ou bien ne rien croire du tout. Or, naturellement, ce n'est pas la cas.

La naïveté est ignorance ; mais pas seulement, il s'y ajoute une espèce de certitude de morale, d'intelligence, d'attention, et le naïf est toujours assis de constater qu'il n'en est rien. En fait, il s'agit plutôt d'un manque d'imagination perverse.

Car, le fil rouge qui sous tendait cette histoire, dite et écrite sous le sceau de la loi, dix, vingt fois, par cette femme, alors même que pas une seule fois, dans toutes les convocations que j'avais reçues, de la première à la dernière, et selon le changement de juridiction, ceci n'avait été retenu, c'était ma violence. Dans la première convocation au premier tribunal, avait été notifiée : une altercation. Sans témoin. Celle-ci avait disparu de celles qui ont suivi.

 

Mais à l'époque, je n'en savais rien. Je n'avais donc jamais pu m'en expliquer, car, cette avocate m'appris, que ma lettre au procureur, la longue lettre écrite en état de sidération, avait disparu. Cet état de sidération m'avait fait écrire dix pages , manuscrites d'une écriture large, donc à peine trois pages dactylographiées, en décrivant par le menu chaque instant de cette première semaine !

J'avais eu le temps de comprendre que la plaignante avait peur ; sincèrement peur. Peur d'une femme qui n'avait pas été impressionnée par son verbiage, peur d'une femme qui ne s'était pas couchée sous son autorité, peur de celle qui 'avait pas fait pas ce que, elle, voulait, peur d'une femme qui ne s'était pas soumise au verdict- pas au jugement puisqu'il n'y avait pas de défense-, au verdict donc, imposé par un quidam, certes payé par la princesse pour faire respecter la loi ! le père protecteur l'avait dit au cours de sa confrontation, sous l'autorité d'un officier de police, avec Laurent. Elle avait si peur que rentrant de nuit l'hiver, elle avait peur de faire les dix pas de sa voiture à sa maison, peur sans doute que je ne fusse embusquée, prête à lui sauter à la gorge. Sûre que le saccage de sa voiture – parmi d'autres au village- pendant que j'étais « en vacances en Corse » était de mon fait, elle était allée s'en plaindre en gendarmerie pour m'accuser. Une telle femme qui fait si peur à une gentille greffière est, forcément, nuisible et coupable.

À la fin de l'été et à l'occasion de la fête du village, elle avait rencontré un homme et était partie vivre avec lui assez rapidement. À l'automne, elle donnait sa maison en location.

Son départ ôta les trois quart de ce qui me restait de poids sur les épaules.

 

J'organisai le procès.

De fil en aiguille et par inadvertance au début, le rassemblement de tous mes proches, invités, qu'ils viennent de l'ouest de la France, de Belgique ou de Lyon, prit forme. J'ai eu plus de vingt témoignages de voisins, de copains, plus ou moins au fait de mon histoire.

Ils étaient neuf à me soutenir, alignés en rang d'oignons autour de moi, dans cet aquarium mortifère, à l'heure dite le jour dit .

J'avais acheté des tas de bouteilles de champagne, d'autres en porteraient, et avais convié tous mes témoins, le soir chez moi, en disant que, soit on fêtait soit on se consolait.

La plaignante était fichée d'un garde du corps - on ne le comprit qu'après -, probablement payé par le contribuable, celle-ci ayant depuis tout ce temps convaincu tout le monde de ma dangerosité.

Je passais en dernier ; cela faisait trois heures que nous étions quichés sur nos bancs durs, étouffants de cette chaleur animale accrue de tous les stress enfermés dans ce lieu. Nous avons eu droit à tous les cas de figures : viol d'une femme par son copain, accident d'ivrogne, jeune délinquant néanmoins blanc et fils d'une des familles les plus riches de la ville (riche à millions, mais pas éduquée !!).

Enfin ce fut mon tour.

Je m'étais habillée en noir et blanc ; mon plus gros souci après deux ans de dégringolade était de paraître digne, forte, ce qui m'avait coûté en courage et en détermination.

Elle, bizarrement, qui avait toujours été pimpante jusqu'à l'excès, était fagotée ; ses bas noirs plissaient sur ses jambes, sa jupe pendouillait, elle avait des petits gestes d'une humilité maladroite qui tire la jupe à droite, remonte les bas à gauche, pour avoir l'air quand même. Hallucinant.

Je fus appelée à la barre d'abord, et le Président commença par s'étonner d'avoir une telle affaire dans son tribunal ; il disait des choses qui me plaisaient : c'est la guerre dans votre village ? Il avait, semblait-il, pointé la démesure de l'histoire. Puis il en vint à moi ; il me dit d'abord que la plaignante réfutait le bornage et qu'alors je n'avais pas à faire mes clôtures ; je n'étais pas au courant ( qu'elle le contestait) et je m'arrêtais à ceci tandis qu'il continuait, pour finir par « pourquoi tant de haine ? ».

Ma sidération me sécha la bouche mais forte de la présence des miens, je réussis tout de même à parler : un bornage ne se réfute pas , dis-je ; mais vous l'avez fait avec l'ancien propriétaire, il aurait fallu faire revenir un géomètre... Mais c'est impossible, un bornage est définitif, on ne le refait pas à chaque fois. Au bout de trois fois où je répétais la même chose sous différentes formes, mes amis ont craint que je pète les plombs. Alors, voyant que je ne pouvais rien, je dis que dans ce cas, je n'avais plus de défense. Mon avocate prit la parole en dernier, après la partie adverse qui porta au comble la mauvaise foi, jusqu'au mensonge ; j'étais si proche d'elle que, quand elle expliqua qu'elle était si contente de s'être payée sa petite maison- elle tirait sur sa jupe en se penchant d'un air humble, un peu sur le côté- mais qu'elle avait si peur qu'elle avait dû lou(er).. me regardant, elle finit : aller habiter ailleurs. Elle mentait effrontément même sur des faits inscrits sur les déclarations officielles.

À un moment, le juge m'avait tutoyée, pas comme on tutoie un être que l'on méprise, mais comme on tutoie une copine ; tout le monde l'avait remarqué et en était sidéré. Décidément. Je ne sais pourquoi ce lapsus me parut un bon signe. Au bout de plus de trois quart d'heure de parlottes, mon avocate s'étant emmêlée les pinceaux avec cette histoire de portail, finit en faisant ce pour quoi elle avait été payée : elle demandait que rien ne soit retenu contre moi ! Après un court instant, ce fut au tour de la proc qui insista sur mon incivilité et déclara qu'elle retenait la violation de domicile, pas les deux pas dans la cour pour renouer le cordeau, dit-elle, mais le fait d'avoir fait les clôtures chez l'autre, dégradation du bien d'autrui.

Le délibéré serait rendu dans un mois.

Je savais qu'un bornage à l'amiable ne pouvait être remis en question ; je savais que la voisine avait reçu le document chez le notaire lors de la signature d'acquisition de la maison, je l'avais vu entre ses mains, mais comme le Président avait dit le contraire, tous mes amis me dirent que je devais me gourer. Cela m'agaçait. Après une soirée incroyable de chaleur humaine et de rigolade, autour d'une orgie de champagne et de peu de bricoles à grignoter, après le départ de tous mes amis enivrés, le lendemain, requinquée, ayant retrouvé l'affection, surtout en moi, je me mis en quête d'une preuve.

J'ai appelé mon géomètre qui fut plus qu'étonné de ce que je lui racontais, qui m'envoya à un géomètre spécialiste du droit civil ; celui-ci me répondit très gentiment, confirmant ma vérité. Mais je n'avais toujours aucune preuve écrite ; je pris rendez-vous chez le notaire et au bout de toutes ces recherches, il apparut que le juge du pénal ignorait la loi en matière de droit civil ; qu'il s'était planté.

Un mois plus tard j'allai au rendu du délibéré et fus condamnée à 1500 euros d'amende et 1500 euros de dommages et intérêts, pour dégradation du bien d'autrui, violation de domicile, plus tous les tracas que j'avais causés à la pauvre greffière. Comme je n'avais pas, au cours de cette audience, l'espace de m'exprimer, juste celui d'encaisser le verdict , j'annonçai que je faisais appel.

Les petites nanas qui officiaient dans les bureaux contigus à la salle d'audience, à qui j'exposai ma requête, et qui se foutaient comme d'une guigne de mon histoire, me mirent tout de même en garde : la Cour d'Appel, en général double les peines ; ça peut aller jusqu'à la prison me dit l'une d'entre elles.

Je ne voulais pas payer vingt euros, je n'allais pas lâcher l'affaire, arrivée à trois mille.

Je fis appel.

Et je trouvai un avocat. Je l'avais croisé des années auparavant pour une histoire, vitale pour moi mais bénigne au niveau judiciaire qui n'avait d'ailleurs pas eu lieu ; il avait travaillé pendant des années pour une association de défense des pauvres bougres.

J'avais confiance, je voulais avoir confiance, j'avais besoin de lui faire confiance.

J'en profitai pour demander une expertise, ce qu'il fit dans la foulée. Il me prévint que ce ne serait sûrement pas fait avant l'été, ce qui me paraissait loin, mais ne me dit pas quel été !

Il m'avait dit qu'il n'était pas nécessaire que je sois à la convocation pour la demande d'expertise. Je m'en abstins sans me forcer.

Seize mois plus tard, j'étais convoquée en Appel ; il fallut reporter l'audience !

 

Dix-sept mois plus tard, il m'appela pour me proposer plusieurs dates pour l'expertise ; le plus tôt sera le mieux dis-je. Et m'enjoignit d'être accompagnée. Il y aurait l'huissier, un géomètre-expert- pas le mien !-, la partie adverse et son avocat. Lui n'étant pas mandaté pour l'expertise mais seulement pour l'Appel, n'y serait pas. Et, mine de rien, il me dit « il faut que vous gardiez votre calme ! Cela peut être dur » ; Ah ! Lui dis-je, garder mon calme n'est pas le problème, c'est plutôt ne pas être abattue !

Ça avait l'air de « coincer » au tribunal, on tardait à lui faire parvenir les papiers urgents, on le faisait tellement à la dernière minute qu'il était au courant, après ! En tout cas trop tard pour réagir.

Mais je comprenais pourquoi, car quelques temps plus tôt, il m'avait fait parvenir l'intégralité du dossier, enfin l'intégralité, il manquait la moitié des pages de ma lettre au Procureur, ma correspondance avec le délégué du Substitut, pas mal de photos et quelques témoignages. Le témoignage le plus important, celui de Laurent qui avait fait le travail, n'avait jamais été lu !

Il faut dire qu'un témoignage doit être fait sur un papier fourni par le tribunal, celui-là était ligné, et qu'il doit être écrit à la main. J'avais admiré son courage, lui qui sait à peine écrire, de s'être lancé dans la description des faits mais, m'avait-il dit, il avait demandé aide et correction à la secrétaire d'un ami. N'empêche, il écrivait comme un cochon et personne n'avait pris les cinq minutes nécessaires pour le décrypter. Pas même l'avocate naturellement, qui n'avait pas, elle, la lettre au proc, et à qui j'avais dû donner le seul double que je possédais ; l'original s'étant perdu dans les bureaux du Greffe probablement.

Donc lui aussi était convaincu de ma violence, de mon manque de sang-froid ; alors que je suis tout le contraire, mais bon ! Viendra le jour où vérité sera faite.

Chaque page lue me demandait trois jours pour la digérer : j'étais replongée, après une grosse année d'oubli, dans l'horreur que j'avais vécue. Je découvrais les mensonges inscrits pour toujours et qu'apparemment on ne pouvait remettre en cause ; le petit papier plein de fautes du flic avait été la seule chose lue, me concernant.

À pleurer.


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23 réactions à cet article    


  • volpa volpa 29 juillet 2013 13:37

    J’avais cru poster un truc.

    J’y disais qu’ Alinéa devrait ne plus faire d’angélisme.


    • alinea Alinea 29 juillet 2013 14:17

      Volpa : ce n’est pas de l’angélisme ; il m’est extrêmement pénible de vivre dans l’inconfort de la haine et du conflit ; j’ai envie que ça cesse, mais je n’ai pas agi comme je dis que cela m’est venu à l’idée, parce que je savais que cela se retournerait contre moi !


    • Hervé Hum Hervé Hum 29 juillet 2013 13:47

      Bonjour Alinea,

      J’ai fait un petit tour sur internet voir ce qui se dit sur le bornage amiable et j’ai vu ceci d’écrit.

      "Dès lors que ce procès-verbal est accepté et signé, il a force de loi entre les parties. En clair, vous devez en respecter le contenu. En outre, pour le rendre opposable aux acquéreurs successifs de la propriété, n’oubliez pas de le faire publier à la conservation des hypothèques. A défaut de publication, il n’a de valeur qu’entre les signataires."

      Autrement dit, avez vous vérifiez que votre pv de bornage amiable à été publié à la conservation des hypothèque ?

      Si non, votre géomètre ne vous aura pas bien renseigné et il vous faut regarder essentiellement du coté de la jurisprudence. Ce que votre avocat aura sans doute fait.


      • alinea Alinea 29 juillet 2013 14:21

        J’avais oublié ce détail : je ne l’ai pas fait enregistrer parce que , après plusieurs coups de fils pour prendre rendez- vous, comme j’étais tombé sur « rien », pas de réponse quoi ; j’ai oublié. En plus ça coûte un bras !
        Me voilà bien ! Mais comme elle dit aujourd’hui qu’elle ne conteste pas le bornage ( qui n’est que la matérialisation de ce qui est écrit dans l’acte de propriété), j’espère que ça ira.
        De toutes façons, j’ai bien enregistré les conseils de Volpa ! ne suis pas près de les oublier, eux ;
        Merci Hervé


      • alberto alberto 29 juillet 2013 14:46

        Bonjour Alinea,

        Bon, ton histoire traine encore un peu, mais en discerne-t-on.bientôt la fin ?  smiley

        Tu vois les dégâts que peut faire une petite greffière (par connivence corporatiste ?) dans une petite procédure judiciaire, je te laisse imaginer les blocages engendrés par un plus gros poisson de la filière ! 

        Autrefois nos ancêtres paysans se référaient à ce proverbe :« mieux vaut un mauvais arrangement qu’un bon procès »...

         


        • alinea Alinea 29 juillet 2013 15:00

          Comme je l’ai dit dans le premier chapitre, j’ai loupé le conseil de Confucius !
          Je n’aurais rien dû faire voyant sa réaction ! Mais je crois que ça m’aurait taraudé quand même !
          En tout cas merci pour ta persévérance.. j’en touche un mot, demain ! D’ailleurs, je vous avais prévenus : rien de plus chiant que ce qui touche au Droit !!
           smiley


        • gaijin gaijin 29 juillet 2013 16:07

          quand j’ étais jeune j’ai lu le chateau de kafka ( bien avant l’âge ou on aborde ce genre de littérature )
          ça m’a traumatisé a vie !
          alors crois bien que je compatis a tes mésaventures ....


          • alinea Alinea 29 juillet 2013 22:51

            merci gaijin, l’intolérable déni désinvolte.... pas facile de refaire la pelote de son intégrité !


          • Fergus Fergus 29 juillet 2013 23:18

            Bonsoir, Alinea.

            Gaijin a raison, c’est effectivement à Kafka que l’on pense en suivant le fil de cette lamentable histoire. Pour l’avoir côtoyée et observée, je ne fais pas partie de ceux qui tirent à boulets rouges sur la Justice et ceux qui la rendent. La plupart des magistrats font en effet leur boulot en conscience et avec beaucoup de professionnalisme. Mais il en est qui, malheureusement, desservent l’institution, ici par incompétence ou perversité, là par négligence ou désinvolture. Dès lors, les conséquences peuvent être dramatiques pour les justiciables impliqués. Comme Gaijin, je compatis très sincèrement tout en ressentant un sentiment de colère né de la frustration ressentie à la lecture de ces tribulations judiciaires manifestement entachées d’incurie.

            Courage, Alinea. Et ne manquez pas de garder à l’esprit cette citation de Saint-Exupéry, car elle est porteuse d’espoir : « L’homme se découvre lorsqu’il se mesure avec l’obstacle ». Je souhaite que vous en sortiez grandie à vos propres yeux.


          • alinea Alinea 29 juillet 2013 23:32

            Je l’espère aussi Fergus, mais, peut-être parce que c’est une histoire « sociale » ( c’est flou mais je ne sais pas, à l’instant, comment dire autrement), je suis sûre que ce coup m’a atteinte pour toujours. Voyez-vous Fergus, on peut dire que je suis une marginale, mais une marginale plus morale que la société, plus respectueuse des autres, plus généreuse, bref, fidèle à un idéal parfaitement désuet, et c’est moi qu’on atteint ! Cela porte plus loin que mon orgueil blessé ; et je ne saurai pourtant jamais être comme eux !


          • gaijin gaijin 30 juillet 2013 08:40

            on ne se sort jamais sans blessure de ce genre de situation mais on peut se servir des blessures pour renforcer ce que nous sommes
            certains auraient cité nietzsche : « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » mais ce n’est pas ma tasse de thé je préfère comparer les choses a l’ art du raku
            http://www.google.fr/imgres?newwindow=1&hl=fr&tbm=isch&tbnid=BDf_hKDUh5Pd9M :&imgrefurl=http://www.vivreencomminges.org/spip.php%3Farticle714&docid=Yqyd5KFsKZx2uM&imgurl=http://www.vivreencomminges.org/IMG/png_raku.png&w=384&h=216&ei=IF33Ua2ZC8zz0gXW34HgCQ&zoom=1&iact=hc&vpx=832&vpy=188&dur=15123&hovh=168&hovw=300&tx=182&ty=93&page=1&tbnh=135&tbnw=221&start=0&ndsp=31&ved=1t:429,r:5,s:0,i:97&biw=1408&bih=738
            ce sont les craquelures aléatoires qui donnent a l’objet sa véritable richesse , un concept inconnu de l’occident pour qui tout doit être lisse, maitrisé, uniforme ..........mais au final sans saveur et sans vie ....


          • Fergus Fergus 30 juillet 2013 09:31

            Bonjour, Alinea.

            J’ai entendu le procureur Montgolfier ce matin sur France-Inter. Un Montgolfier dont le ton m’a semblé quelque peu désabusé, et l’on peut comprendre cela en constatant la lenteur avec laquelle la Justice se réforme.

            Montgolfier a évoqué le manque d’humanité que l’on peut parfois ressentir dans le fonctionnement de la Justice. Il a raison, évidemment. L’un des principaux griefs que l’on peut adresser à l’institution et à ses acteurs est en effet celui-là : parfois, et sans doute trop souvent pour ceux qui ont à en pâtir, les aspects techniques prennent le pas sur les considérations humaines. C’est moins vrai aux Assises, où l’on prend le temps d’étudier à la loupe le passé des justiciables et les raisons qui les ont amenés dans le box qu’en correctionnelle (et notamment en comparution immédiate) où les faits, plus ou moins bien digérés par les protagonistes (juges, procureur et avocats) sont trop souvent dissociés du contexte au moment de la commission du délit présumé.

            Reste également que les avocats commis d’office sont une véritable plaie du système, de même que la désignation au dernier moment d’un substitut de remplacement pour requérir aux audiences.


          • alinea Alinea 30 juillet 2013 09:45

            Bonjour Fergus,
            Le « tout judiciaire » est une plaie qui nous vient des US ; il y a des milliers de petites affaires qui encombrent les tribunaux et qui ne devraient pas y être ; la lenteur est une plaie mais je me suis surprise à lui savoir gré car, au fil du temps, on sort peu à peu de son abattement, on peut aligner trois souvenirs et deux idées tandis que si tout se fait « en état de sidération », on a peu de chances de faire valoir son «  innocence ».
            Les avocats commis d’office, c’est incompréhensible ! Les jeunes avocats devraient se faire la main sur des petites affaires, mais non, ils sont peu payés mais à ce que j’ai vu, leur tarif horaire est quand même d’un haut niveau !! Finalement on demande aux avocats de savoir parler de ce qu’ils ne connaissent pas ! Jusqu’à ce qu’une affaire « prestigieuse » excite leur ambition, et qu’ils s’y donnent !
            C’est au fond un des plus moches métiers du monde alors qu’il devrait être un des plus beaux !


          • volpa volpa 29 juillet 2013 16:10

            Alinéa est touchée dans ses convictions les plus profondes.

            Elle est blessée et je la comprends.

            Ce n’est plus une affaire d’argent, c’est autre chose de plus intime.

            J’espère que cette greffière aura une leçon de vie.

            http://www.youtube.com/watch?v=0fJKTtYOqbg

            Ca me fait penser au bouclier de la Loi cette histoire.


            • alinea Alinea 29 juillet 2013 22:43

              Bien vu volpa ; je voulais porter plainte pour haine raciale, puisque je n’ai pas trouvé d’autres mots ; haine sociale si on pouvait le dire, car le noeud de l’histoire est bien là !


            • egos 29 juillet 2013 16:57

              Chère Alinea

              Chaque étape de ce dossier, marqué par les silences et les omissions de l’administration semble destiné à vous enfoncer un peu plus au plan juridique et psycholgique.

              Dans la nature le silence est signe de menace,
              au tréfonds de nos provinces aussi,
              tout se sait et pourtant rien ne se dit,
              sauf par égarement, rélachement, jamais par lassitude.

              Des bulles nauséanbondes remontent invariablement percer la surface en apparence apaisée du temps,
              des histoires d’indics, délateurs, collabos, milices, d’anciennes fredaines, des histoires de braconnage, bêtes empoisonnées, viandes frelatées ?

              Vous aimez la nature,
              alors méfiez vous de la campagne et de ses occupants,
              et surtout des petits se(a)igneurs locaux.

              Le dossier parait mal engagé, une véritable zône de sables mouvants,
              de procédures enchainées sans logique juridique, la mutiplicité des avocats et conseils en ce qui vous concerne,
              l’expertise naturelle ou induite de la partie adverse
              le mur (Valérien) opposé par l’administration

              Tentez de plaider le vice de procédure,
              la Justice ne se remet pratiquememnt jamais en cause,
              le recours à une assoc si tant est ...
              et préparez vous à un Trafalgar (je n’ose employer une autre image)

              Quittez cet endroit, il ne vous mérite pas
              « live with us, forget the nigth ... »

              nb (certaines abréviations étant proscrites)
              en cas de souscription de soutien (restons réalistes)
              pensez à vos lecteurs !

              d’aucuns aiment à chasser les monstres (dam) et dragons,
              quand bien même ce dernier spécimen serait de nos jours repertorié au registre des espèces protégées
              et St Geoges placé en gav. pour l’acte qui lu valut sa promotion.

              take care Alinea


              • volpa volpa 29 juillet 2013 19:07

                Je suis assez d’accord avec Egos.

                Il semblerait qu’il y ait une affaire dans cette affaire.

                Ce qui est très grave et punissable sont les collusions de toutes sortes, disparitions de pièces apportées pour la procédure et bien d’autres choses.

                Un avocat qui ne reçoit pas les pièces de son confrère en temps et en heure c’est déjà pas normal.

                Il faut porter plainte devant le doyen des juges d’instruction et changer de juridiction sinon ils vont faire comme ils voudront.

                Il est très possible que dans ce tribunal certaines personnes n’approuvent pas et se taisent pour ne pas avoir d’ennuis.

                C’est çà le genre humain.

                Je te souhaite de gagner ce combat.

                Tu es acculée à manœuvrer et non attendre et te faire manœuvrer.

                Si tu perds, même en ayant raison, ils vont te dire « ça s’est mal goupillé depuis le début ».Facile.

                On connait la musique surtout quand on connait les musiciens.


                • alinea Alinea 29 juillet 2013 22:28

                  egos et volpa : à vous lire, j’ai l’impression de pêcher, encore par optimisme ! Mais puisque je suis l’attaquante maintenant, et je ne doute pas d’être blanchie en appel, puisqu’il y sera juste nécessaire de prouver que je suis chez moi, ( je vais quêter encore deux témoignage pour « ma destruction » !), donc comme je suis attaquante ( ce que je voulais faire le premier été et qui m’a été empêchée par cette foutue signature et ce con d’avocat qui suintait le fric), je ne risque rien ; c’est la logique d’un procès après expertise. Je veux rentrer dans mes frais, l’expertise est à sa charge et je demande le maximum pour avoir un peu. Mais je suis sûre que toute la bande de vendus du tribunal ni le flic ne pourra pas être mise en cause ! J’ai conscience que demander réparation de ce côté là m’entraînerait trop loin. Si en revanche, il me sorte encore un lièvre, j’emploierai tous les moyens que je trouverai.
                  Merci à vous en tout cas


                • volpa volpa 29 juillet 2013 22:53

                  Je voudrais bien que ça se réalise comme tu le dis.

                  Je préfère me tromper.


                • Captain Marlo Pilou Camomille 29 juillet 2013 20:02

                  Comme quoi les ennemis du genre humain ne sont pas seulement les Maîtres de la Finance et du MEDEF... , on en trouve à tous les coins de rue, pour vous pourrir la vie.

                  J’attends le dénouement..., et les leçons tirées par Alinéa. Ce qui ne tue pas rend plus fort...


                  • alinea Alinea 29 juillet 2013 22:35

                    Ça c’est sûr Pilou : combien de dénonciations calomnieuses, d’incarcérations, d’innocents en prison.. j’y pensais tous les jours pour relativiser mon cas ! Cela ne console pas, je dirais même au contraire car on ne peut pas compter sur la Justice ! On se dit que s’il y en a qui ont pourri en taule, se sont fait exécuter, comme on le sait aux US, : pourquoi pas moi !


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