« mais la création de l’argent a un impact certains sur nos sociétés »
Exactement. La création monétaire a des impacts sur toute l’économie.
Et c’est pour ca qu’on ne peut pas dire qu’en mode création d’argent
par l’Etat, il n’y aurait eu aucun impact.
On sait quels sont les impacts d’une création monétaire (on le vit tous les jours). Mais on ne sait pas quels sont les impacts si c’est l’Etat qui crée cet argent (avec une banque, on sait qu’il y a une contrepartie : un cout de l’argent créé).
Et surtout on ne
sait absolument pas si l’Etat aurait été moins ou plus dispendieux s’il
pouvait faire ce qu’il veut.
Pour la FED, on connait les banques fondatrices de la FED (un petit
tour sur wikipedia en langue américaine vous apprendra plein de chose).
On sait aussi que si la FED n’est pas directement sous le controle de
l’Etat, c’est parce que c’était le cas de 1913 à 1931, et que cette politique a permis la crise de 29. Du coup, l’Etat a laissé son autonomie à la
FED.
Quand au débat sur la place publique, ca fait quand meme un certain temps que certains parlent de la dette, du fait que les politiques utilisent trop facilement et sans réfléchir aux conséquences de l’outil dette, que c’est une hérésie de considérer en Investissement le remplacement du matériel ... C’est parce qu’il y a la crise que, tout a coup, plein de gens s’intéresse à un problème dont on se moquait il y a 10 ans, alors qu’il existait déjà.
"L’impôt sur le revenu en France sert uniquement à rembourser les
intérêts de la dette (au moins vous savez pour qui vous travaillez
maintenant).«
Actuellement oui. Mais ce n’était pas le cas en 93 lorsqu’un premier ministre a lancé un grand emprunt qui n’a servi à rien (sauf à augmenter la dette). Si dès le départ l’Etat avait été sérieux, il n’en serait pas là.
»en tout cas il n’aurait pas d’intérêts à payer, pour l’instant on a l’inflation plus les interêts.« Vous êtes capable de calculer l’inflation que nous aurions eu si l’Etat avait pu créé sa monnaie sur cette période ?
Mince alors, je parle au futur prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel.
Enchanté de pouvoir vous parler, fut-ce par forum interposé.
Soyons sérieux, personne ne peut prédire ce qui se serait passé. Mais ce n’est pas une raison pour simplifier, se prendre pour un bisounours, et dire »nos élus ont toujours été responsables, n’ont jamais fait de choix autre que pour le bien commun des citoyens, ont toujours bien géré leur argent et donc la création monétaire par les élus en vue de prendre des mesures selon leurs programmes électoraux n’aurait eu aucun impact sur la masse monétaire et la valeur accordée à nos francs par les pays étrangers".
AFT. Une obscure structure qui gère ... la dette de l’Etat.
La loi du tallion est la seule alternative au controle total par l’Etat ?
Vous y allez fort !
En gros, soit on est en dictature, soit on est dans la barbarie ?
Bienvenue dans le monde binaire : soit tout est bon, soit tout est mauvais. Vous forcez le trait pour rire, ou vous le pensez sérieusement ?
Pour le JI : il est garant d’un certain équilibre de la procédure. Il régule, en quelque sorte, cette procédure en vérifiant cet équilibre. Vous trouvez risqué, à juste titre, qu’un procureur non indépendant du gvt fasse ce travail. Mais vous trouveriez normal que l’utilisateur de l’argent soit celui qui le crée et qui garantit cet argent ?
Tant que nous avions la contrepartie physique, c’était défendable. On avait une sorte de régulateur : le tas physique.Toute émission modifiait la valeur de l’argent, et cela limitait la surutilisation de cet outil. Mais nous n’avons plus ce « régulateur*, alors comment faire pour qu’un, mettons Sarkoza, ne se mette pas à créer 120 milliards d’euros pour »investir dans l’avenir meme si on ne sait pas encore comment on va investir« ? Vous le limitez comment dans votre scénario »L’Etat est autonome pour fabriquer ce qu’il n’a pas dans son porte monnaie sans emprunter et sans taper sur le contribuale / électeur« ?
En laissant l’Etat s’autogérre ? Sur qu’il n’y aura aucune dérive démago, du genre »oh tiens, on passe le bouclier fiscal à 40%« .
En demandant au parlement de controler ? Il est vrai qu’ils sont très efficaces dans le controle des dépenses utiles, comme les niches fiscales pour favoriser la croissance, les déductions à une époque lointaine mais qui perdurent sans raison apparente, la limitation des dépenses des élus, la limitation des comités doublons ou inutiles, etc ... En demandant à la cour des comptes, qui publie des rapports mais n’a aucun pouvoir de faire quelque chose ?
En créant une banque indépendante seule habilitée à créer de l’argent pour l’Etat et qui se financerait (indépendance oblige) d’elle même, par exemple via des intérêts sur les prêts accordés à l’Etat ? Ah bin non. Un banquier, surtout pas. Mieux vaut se financer auprès du diable ou des producteurs de pavot que de demander à un banquier. Le banquier c’est le diable !
»mais on enrichit les banquiers, c’est mal"
Les banques francaises detiennent 16% de la dette (placements des fonds tier one typiquement), les particuliers en détiennent 20% et les etrangers 60.
A l’étranger, les banques font pareil : elles prennent de la dette de leur Etat, en tier one, et n’ont rien à faire des OAT des autres pays (ca ne rapporte rien par rapport à l’injection directe de l’argent disponible dans leur métier de base).
Alors ces étrangers, ce sont ... des particuliers (via des fonds de placements, des assurances vies, ou en direct).
C’est pas bien, on enrichit les étrangers. C’est mal.
4000 milliards, c’est le montant de l’épargne des francais. Vous pensez que sur ces 4000 miliards, seuls 250 sont en obligations garantis d’un Etat ? Dans un pays friand de placement sûr et qui raffole des obligations garanties (cf la facilité de placement des obligations d’EDF, garanties implicitement par l’Etat) ?
C’est peut être que les francais possédent, eux aussi, des OAT étrangères. Vous n’allez pas me dire que c’est bien d’acheter la dette des etrangers mais que c’est mal lorsqu’ils font la meme chose, tout de meme ?
oui oui que deux célibataires (je suis fatigué aussi)
« Serait-ce normal qu’un couple sans enfants ne paie pas davantage d’impôts qu’une famille nombreuse ? »
Non, ce n’est pas ce que je voulais dire. Je comprends la logique d’une réduction de l’impot pour enfant. Elle est directement lié à l’intérêt d’un Etat de voir sa population durer dans le temps.
C’est le fonctionnement du quotient familial qui me pose problème.
Prenons un cas « pas normal » de mon point de vue.
Un couple marié, sans enfant. Le mari déclare en salaire net imposable 70k. La femme ne travaille pas. Hors déduction, leur imposition est de 8000 euros. Sans mariage, leur imposition serait de 14000 euros. La différence ne me parait pas normale.
Si on prend en compte des enfants, dans une famille classique, la réduction d’impots en raison de ces enfants est de quelques centaines d’euros. Dans le cas précédent, s’ils ont deux enfants, c’est 5000 euros de réduction d’impot. Ca me parait ahurissant.
L’influence du quotient familial me parait mal répartie.
« Or ce bouclier fiscal est une insulte à la démocratie. »
Vous y aller un peu fort, là. C’est une mesure fiscal stupide, mais ca ne remet pas en cause votre droit de voter, de vous exprimer. Un peu de tenue, tout de meme. Nombre de pays parfaitement démocratique ont une imposition maximale par construction inférieure à 50%. Et une forte imposition n’est pas gage de démocratie.
Le bouclier est choquant parce qu’il induit une différence de traitement entre les boucliers fiscalisés et les autres (rupture d’égalité devant la méthode), et que c’est une mesure de faux jeton : si le gouvernement tient à la non imposition à plus de 50%, qu’il réforme la fiscalité pour prendre cela en considération une fois pour toute, au lieu de le faire en catimini avec un truc incroyablement compliqué.
Et dans ce cas, qu’il inclut dans sa rfonte les charges sociales puisque si la csg est un impot pour le bouclier fiscal, pourquoi donc les cotisations sociales ne le seraient pas ...
"Encore une fois, le système des tranches n’est qu’un mode de calcul :
c’est une approximation d’une fonction polynomiale"
On pourrait faire un calcul polynomial directemen, par exemple. Plus simple, pas de seuil, une progression qui s’accélère plus ou moins vite selon le polynome retenu, .... Ce serait ... plus simple, non ?
Le systeme de tranche n’est pas, en France, qu’un mode de calcul, puisque la tranche dépend des déductions ... Mais pour sa partie calcul pur, oui, c’est un bon systeme puisqu’il permet une progressivité par palier sans effet de seuil.
Je ne conteste pas le système de tranche pour sa partie calcul (qui est bonne). Ce que je conteste dans le
calcul des impots, c’est la manière dont on vous attribue une tranche
fiscale. Voir le cas plus haut. Si madame a des revenus du patrimoine, on fera 4 déclarations pour vérifier l’influence du choix du mode d’imposition de ces revenus (dans l’Ir, en PLF, si revenus fonciers en micro ou non, etc...).
"Je suis un
adversaire des effets de seuil parce que les politiques ne sont pas de
matheux, et qu’ils n’y comprennent rien.«
Pleinement d’accord. Les seuils »c’est le diable« . Mais les politiques adorent faire des mesure »jusqu’à un seuil« . C’est leur dada. Je me demande même si ce n’est pas voulu, ca leur permet de nous ressortir le cas »scandaleux" de bidule qui a franchi le seuil et qui est donc pénalisé (typiquement les aides qui sautent à la reprise d’emploi, ou la cantine qui devient payante parce que le RFR a progressé d’1 euro, etc...).
Que l’Etat crée sa monnaie ou l’emprunte ne change rien pour son utilisation. C’est l’utilisation qui est vertueuse ou non.
Mais dans l’emprunt, il y a une limite d’utilisation : il faut que quelqu’un prête ! Or l’Etat n’arrive pas à emprunter tout ce qu’il demande. Sur les 250 milliards demandés chaque année depuis 5 ans, la moitié est obtenue.
Qu un Etat crée sa monnaie ne pose pas de souci, s’il s’autolimite dans ce cadre à une création nécessaire de monnaie pour des investissements réels. Mais si l’Etat s’autolimitait ainsi, il n’aurait jamais emprunté tout cet argent.
C’est la limite de la vertue.
On ne peut pas dire d’un côté « la suppression du Juge d’instruction laisse l’Etat faire ce qu’il veut, ce n’est pas bien, l’Etat n’est pas impartial, il est teinté politiquement » et dire de l’autre « lorsque l’Etat crée tout seul son argent pour ses propres dépenses en liaison avec son propre programme politique il le fait avec un sérieux absolu et une vertue sans tache, sans opinion partisane, sans démagogie, ... ».