Les dégâts d’un impérialisme totalitaire sont sans doute plus important que les dégâts d’un régime totalitaire isolé. L’Allemagne nazie était un impérialisme totalitaire, tout comme les Etats-Unis le sont devenues à leur manière à la fin de la guerre. Je ne connais pas dans le détail le nombre de morts causés par les politiques guerrières successives des Etats-Unis depuis la fin de la Première Guerre Mondiale, mais le bilan doit être impressionnant. Rien qu’au Vietnam ou au Cambodge, un tel bilan semble impossible à réaliser, maintenant même avec du recul.
Vous parlez de corruption et d’intérêts financiers, ces composantes existent effectivement et sont importantes, mais elles ne sont que le corrélat d’une idéologie scientifique qui a permis ce développement industriel et financier, et c’est cette idéologie qui est décrite dans l’article, celle qui dit que l’homme est maître du vivant, grâce au contrôle du génome des organismes, et qu’il peut modifier l’évolution de ces organismes par de simples moyens techniques, en laboratoire : Darwin se retournerait dans sa tombe (s’il en a une).
D’autre part, je n’ai pas dit que les maires et les élus étaient des dictateurs technocrates, mais bon nombre d’entre eux, sans doute sans le savoir, sont les outils de ce dogme génético-centrisme, qui a investi la société. Ecoutez les députés UMP votant pour la loi OGM, ils s’en réfèrent pour la plupart aux arguments d’autorité, sur la question. « Tel chercheur est pour les OGM, ou telle institution est pour les OGM donc il faut leur faire confiance. » Or l’article montre que l’Institut de France lui-même, représentant l’Académie des Sciences mais aussi l’Académie des sciences morales et politiques, a réalisé un partenariat avec une multinationale des biotechnologies produisant également des organismes GM à dissémination (semences Aventis Crop Sciences), ou qui souhaitent développer la moléculture en plein champ.
Aussi ne confondez pas dictature en tant que régime politique, et dictature idéologique, résultant d’un diktat, c’est-a-dire une volonté dictée, extérieurement et sur laquelle on ne peut revenir ou il n’y a pas débat, contredisant les principes fondamentaux de la démocratie dans les diverses institutions.
D’autre part, je ne sais pas pourquoi vous parlez de « complot », peut-être êtes-vous personnellement porté sur la chose ? Il s’agit simplement de décrire des faits sociologiques repérables, à l’oeuvre dans la société, la communauté scientifique, l’industrie et les institutions politiques, mais vous avez tout à fait raison d’employer le mot « secte » en ce sens que j’ai utilisé le mot « hérésie » dont la traduction latine est secta, secte, pour évoquer la doctrine de la technoscience des OGM, reposant sur le mythe de la maîtrise du vivant et de ses processus fondamentaux.
Je ne défends aucune « cause », et contrairement à votre synthèse, je trouve que la propagande de ces réseaux, malgré leurs millions ou milliards de dollars, est de bien piètre qualité. Comme disait Moonz plus haut, « plus c’est gros plus ça passe »... et c’est ce qui semble être le cas avec les lobbyistes promoteurs des OGM qui font passer dans l’opinion publique des énormités scientifiques que de simples lycéens sont capables de démonter.
Il n’y a personne pour rattraper quoi que ce soit, vu que personne n’est tombé, excepté peut-être le personnage de la photo de l’article de Morice.
Le premier régime totalitaire dans le monde est celui qui entend imposer son propre concept de liberté au reste du monde. En ce sens, il s’agit actuellement de la coalition occidentale dominée par la première puissance économique actuelle, à savoir les états-unis. Cela dit la Chine est aussi une grande puissance investissant dans les biotechnologies : aux Etats-Unis, la contestation citoyenne et scientifique au dogme génético-progressiste est étoufffée par les processus de corruption légaux (ou illégaux), et la collusion politique et industrielle, déjà démontrés par le travail de Marie-Monique Robin. En Chine, c’est la censure qui s’en charge, car la contestation par les voies démocratiques traditionnelles n’y est pas réellement possible. Quand la majorité d’une population ne veut pas de certains produits, et que l’état en favorise la dissémination, sous pression économique ou de lobbying, comment appelez-vous cela : démcoratie, liberté ? Non, il existe des mots : dictature idéologique, dogme...etc
« Le dogme génético-progressiste, reposant sur le mythe du contrôle du vivant par la compréhension et la manipulation des gènes, est tentaculaire et a infiltré toutes les composantes de la démocratie »
Cette phrase n’est pas « plus gros plus ça passe », elle ne fait que traduire des faits : partout dans toutes les institutions (françaises et européennes) le principe du « cas par cas » légitimant la modification génétique pour produire de « nouveaux organismes » disséminés est acceptée, sans qu’il y ait eu le moindre débat à ce niveau : il s’agit bien d’une dictature technoscientifique, et d’un dogme particulier qui a investi les décisions en cette matière et qui permet le développement de ces produits, y compris leur régulation dans les textes de loi.
Votre argumentation est assez incroyable, Voltaire, cet article ne traite pas des OGM, mais du dogme idéologico-scientifique à l’origine du développement de l’industrie de ces produits. Une publicité vend un produit, une image, un concept, et elle n’expose pas de faits, contrairement à ce que fait, justement, cet article. D’autre part, vous refusez encore une fois de signaler précisément les contre-vérités ou les éléments érronés, ou hors-contexte que vous reconnaissez, dois-je en déduire qu’ils ne le sont, ou n’existent que dans votre imagination ?