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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 20 avril 2011 20:02

    Sujet difficile.
    Donc intéressant.

    Ce sujet fait peur, comme tous les sujets évoquant un désordre qui semble non arrangeable, déjà en raison de son invisibilité (Tchernobyl Fukushima sont de cet ordre)

    Un accident de train, 300 morts, ça ne fait pas peur. On pige tout, on est sûr que demain on aura bien réparé la panne, tout baigne.
     
    Une mère qui tue son enfant en le plaçant dans une machine à laver, même si on parvient à sauver le petit, ça fait peur. Rien n’est probant, rien n’est mesurable, alors quoi et comment réparer ? 


    Lorsque se pose un problème, en raison de notre peur de l’inexplicable, nous choisissons toujours les hypothèses et conclusions en rayon, standards, rassurantes car déjà utilisées. C’est aussi le moment où nous adorons les gens en blouse blanche puisqu’ils semblent avoir les explications et les médocs en stock. C’est donc aussi le moment où nous fonçons sur les lieux communs, les poncifs, les repères sûrs. 


    Ainsi, quand on découvre une violence dans un couple, nous préférons largement considérer le standard de l’homme plus fort et plus agressif pour dire tout de suite « Voilà, la victime est de ce côté et le méchant est de l’autre côté ». Ouf ! Je suis capable de voir.

    C’est pas croyable le nombre de choses qui, dans notre société sont construites sur ce standard (qui est très largement fondé, évidemment). Ainsi, on trouve logique de fabriquer des chaussures pour femmes à semelle, à tige, à dessus, à talons très fins et fragiles selon le schème de fragilité féminine
    Un slip pour homme c’est un gros tissu bien lourdingue avé un gros élastique alors qu’une culotte de femme c’est 20 grammes et transparent. Etc. 

    Bon, comme 99 % des matériels fabriqués le sont pour les deux sexes, les fabricants vont au moyen terme. Mais dès qu’un produit est dédié aux femmes, il exprime la fragilité. 

    Alors quand une bagarre éclate dans un couple, le constat que c’est la femme qui est la plus violente est renversant de valeurs et dur à avaler. Même la femme psy qui doit analyser un cas de violence féminine, se retrouve à l’envers car son propre sac à main, son tube de rouge à lèvre, son téléphone, expriment la plus grande fragilité de la femme.

    Les vêtements d’une femme, (donc son accoutrement, sa panoplie, son costume de scène) peuvent même apparaître plus fins et fragiles que ceux d’un enfant.

    Mais ce renversement des standards est tout aussi pénible pour beaucoup de spectateurs masculins. Très, très nombreux sont les hommes qui fantasment sur la fragilité de la femme et ignorent ou fuient celles qui font plus de 60 kilos


    Par exemple, un homme qui appelle sa compagne « ma puce » ou « mon poussin » ou « ma princesse » n’est pas du tout disposé à entendre qu’une compagne puisse être une furie dangereuse. Ca va le miner d’entendre aux infos qu’une mère a tué son enfant ou frappé son mari.


    Résultat, quand un homme veut dire la violence de sa compagne, il ne trouve que portes closes. 

    Ce ne serait pas trop grave si le problème s’arrêtait là. A la seule question de la violence physique. Hélas, le standard de la femme fragile et donc victime potentielle face à un homme, recouvre également le problème du machiavélisme (au sens commun donc péjoré). Et la perversité peut être mise en oeuvre même par une femme toute fluette.


    Quel renversement de valeur ça nous fait quand nous avons sous les yeux un cas flagrant de perversité féminine ! C’est tout notre château en images d’Epinal ou en amoureux de Peynet qui s’effondre.


    Exemple de perversité qui peut être mise en oeuvre par une femme fluette aussi bien que par un colosse : L’opération consiste à faire en sorte que la cible perde confiance en ses sens, en sa raison et en sa mémoire. Ce n’est pas difficile et ça comprend le déplacement d’objets pendant que l’autre dort. La cible se réveille, part au boulot et ne trouve pas ses clefs ou papier. Ca répété quelques fois, avec d’autres astuces aussi déstabilisantes, bin la cible pète les plombs, va se montrer agressive et ...hop, en tôle.


    Ce que les gens devraient comprendre, c’est que plus ils s’accrochent ou s’adossent à des standards plus ils tressent la corde qui les pendra.



    Sinon à part ça, concernant cette femme qui dit avoir entendu des voix lui ordonnant de défénestrer son enfant, c’est, à mes yeux un cas typique de crise schizophrénique délirante.

    Il ne fait aucun doute que le malade voit et entend réellement des choses qui ne sont que le fruit d’une hyper imagination non contrôlée. Il n’y a plus de contrôle sur l’imaginaire donc plus de contrôle du Nomos et il n’y a plus de frein, plus de tabou. Non seulement la malade entend des ordres fous mais il ne dispose d’aucune police.

    Lorsque nous grillons un stop, nous avons conscience de tous les paramètres, notre police intérieure nous dit que ce n’est pas bien. Mais nous raisonnons et nous considérons l’ensemble des paramètres pour décider de transgresser ;
    Un schizophrène en crise ne raisonne pas du tout. Golum Sméagol quand il se parle, quand il se discute, c’est entre tuer d’une manière et tuer d’une autre manière. Il choisit entre deux ruses car il voit la résistance de sa cible, il a conscience qu’elle ne veut pas se faire tuer.

    Un intégriste en furie va lui aussi choisir entre deux manières de tuer mais sa cible sera très choisie et puis il opère dans le cadre d’un courant idéologique partagé avec d’autres ; le schizophrène, quand il n’est pas en crise est des plus agréables mais en crise, il éclate de rire pour rien ou tue pour rien.




  • easy easy 20 avril 2011 17:54

    Le sujet était intéressant et vous l’aurez prouvé, Albar.

    Je profite de votre sillage, pour labourer peut-être plus profond.

    Notre Société dite occidentale panique (pour des raisons objectives et valables mais peut-être aussi par goût pour la panique car c’est très théâtral). Or une panique crée toujours une remise en cause des repères (c’est parce qu’il n’existe aucun repère ou sens absolu, en dehors de celui de notre mort, qu’il y a tant de repères ou sens de vie inventés et qu’ils sont si diversifiés)
    Il est normal que certains d’entre nous cherchent soit à se proposer en repère, soit à proposer des idées repères. Quand ils réussissent, ils deviennent des autorités et en vivent. Or en situation de panique, les repères voient leur autorité contestée par n’importe qui, par des non-autorisés (et sur ce plan Internet, notre forum, est une horreur pour ceux qui avaient tendance à s’installer sur le principe du livre).

    Jacques Attali s’était très clairement proposé en repère, comme Minc, comme Tapie autrefois, comme BHL toujours. 

    Or, aucune de ces Autorités n’avait osé s’attaquer à Freud qui nous tient par les couilles depuis un siècle. Onfray a très bien réussi sur un terrain qui fait peur à tout le monde et il a même réussi à tenir tête aux psychiatres et psychanalystes freudiens. Ce qui n’était pas une mince affaire face à « Si vous avouez c’est que vous êtes coupable, si nous n’avouez pas c’est que vous déniez votre culpabilité » 

    Mais en amont de tout, pour que Onfray se soit lancé dans une telle aventure, il a essentiellement fallu qu’il se sente sûr de lui. 
    Sûr de lui à un point qu’on a peine à imaginer quand on a l’habitude de rester ouvert à tous les courants d’opinions et qu’on est alors trop flexible. 

    Comme tout a commencé par le péché originel, par une culpabilisation sur la connaissance qui s’est vite transformée en culpabilité sur la connaissance sexuelle et que Onfray démonte les mécanismes millénaires de la culpabilisation, il est certainement celui qui est le plus sûr de lui jusqu’à dans son slip. Je veux dire que par exemple Zemmour, qui a l’air très sûr de lui sur des tas de sujets, redoute celui de la sexualité et plus exactement encore celui de la surprise sexuelle (car c’est en ce que notre désir dépasse notre contrôle qu’il nous démonte et nous inflige la honte).
    Pour se protéger du slip, Zemmour martèle donc des principes de norme, de règle du jeu, (classique en l’occurrence) alors que Onfray ne s’accroche à aucune norme hormis dans l’écriture afin d’être compréhensible. 


    Mais le pire, ou le mieux ; c’est que Onfray ne se contente pas de tout reconsidérer sur le plan psy, il a aussi des convictions politiques et il les applique dans son université populaire. Il serait un des seuls à faire fonctionner correctement un petit système qui ne soit pas assujetti en son fonctionnement et en sa valeur, au Grand Système. 

    Onfray est donc parti du bas, des pieds, du slip, du nombril pour remonter vers les mains et la tête alors que les autres n’osent pas aller sous le pur intellectuel. Face à Onfray, n’importe quel politique se sent vulnérable au sens où seul Onfray sait chatouiller sous la ceinture. 

    Alors quand Onfray dit quelque chose d’économique ou de politique, Attali est déstabilisé non seulement par le fait qu’un non économiste, qu’un non politique se permette de le contredire, mais aussi parce qu’il a peur qu’à tout moment Onfray dirige la partie sous le nombril. 


    En ce sens, il faut évoquer aussi le cas des rencontres entre un politique et un artiste, surtout comique, surtout Debbouze. Là aussi les Autorités redoutent un coup au niveau du corps, un coup qui chope aux couilles. Mais Onfray, c’est pire, car c’est pour de vrai.




  • easy easy 20 avril 2011 17:01



    @ Navis

    «  »«  »Allez donc voir les gamins étiques des slums de Calcutta, les petits Africains couverts de mouches qu’ils n’ont plus la force de chasser ou les enfants portefaix de charges plus lourdes qu’eux en Asie ou en Amérique du sud.
    Et pourtant ils survivent !
     ’’’’’’’’’’’

    Non ? Cévré, ça existe ?
    Non ? Cévré, ils survivent ? ... des charges plus lourdes qu’eux ...Ohlala, que m’apprenez-vous là, Navis ! J’en suis tout choqué.


     smiley

    J’apprécierais que les Français bien nourris, gros et gras, cessent d’utiliser le cas du Christ torturé ou celui du gamin misérable que j’ai été pour autoriser leurs dires en se posant comme leur avocat pour culpabiliser leur interlocuteur. Mouliner du sang et de la souffrance d’autrui pour s’autoriser, la belle affaire depuis 2000 ans !
     

    Non vraiment Navis, même à l’époque, je n’aurais pas supporté que vous vous serviez de ma misère comme piédestal à vos causeries.


    Je sais très bien que vous n’êtes pas le seul à recourir à cette astuce. Sur ce site, c’est la quasi totalité qui fait comme vous. Vous êtes comme les autres, pas pire du trou.
    Mais c’est à se demander comment font les gueux qui portent des charges plus lourdes qu’eux, qui ont des mouches plein les yeux, qui crèvent de faim, pour autoriser leur verbe.
    Hein, comment font-ils les misérables pour s’exprimer s’ils ne peuvent à tout bout de phrase évoquer quelque misère au loin ?

    Ô Archange-avocat-chevalier, bouche donc ton vide avec ton trou !



  • easy easy 20 avril 2011 15:59

    Concernant les histoires de loyauté, d’honnêteté et de courage, les politiques et de plus en plus de Bidochons préfèrent clamer « Je suis fidèle à mes idées (ou valeurs) » plutôt que « Je suis fidèle à Martine (ou Paul ou Jésus) »

    Cette trouvaille sémantique fait florès parce qu’elle associe en un astucieux raccourci, une chose creuse et une chose pleine ; la pleine valorisant la creuse.

    Il y a deux sortes d’idées (ou valeurs en l’occurrence). 
    Il y a celles qui tournent autour d’une personne et celles qui tournent autour d’un objet ou concept. 

    Se dire fidèle à la valorisation d’une personne, c’est très difficile. On ne maîtrise pas du tout la personne qu’on adule mais dont on peut être sûr qu’elle est jalouse. Ca implique une exclusivité, ça crée des rivalités et on peut alors subir toutes sortes d’attaques, de conspirations et de retournements mortels. La déclaration d’attachement à une personne est très hystérisante.

    Se dire fidèle à la valorisation d’un objet, c’est très facile. D’où le fait qu’on peut accumuler des voitures, des vidéos ou des comptes bancaires sans provoquer de jalousie entre ces objets élus. On est maître de la chose dont on se dit attaché.



    Se dire fidèle à une personne oblige à accepter de mourir pour la protéger, lui faire honneur ou plaisir. C’est alors de l’abnégation ou de la fusion et ça conduit à faire preuve du courage absolu, à accepter de mourir au nom de cet attachement.

    Se dire fidèle à ses propres idées évoque gratuitement ce courage mais ce n’est que du pipeau car ça équivaut à s’engager à aimer ses propres yeux, sa propre voix, son propre sourire.
    A l’instar de Nicolas Sarkozy, Rama Yade sait enfumer son monde en clamant à très bon compte qu’elle est fidèle à ses idées.



  • easy easy 20 avril 2011 13:34


    Dans un échec de ce genre, les responsabilités sont multiples mais la première est celle de l’architecte qui a conduit ce chantier.
    Un archi aura beau dire, après coup, que son client avait été trop radin, c’est lui qui aura été trop veule et qui aura accepté de construire l’erreur.

    Parce qu’il n’a pas été conçu pour être habité, les avantages qu’il y a à récupérer un container doivent être considérés avec la plus grande sévérité technique. 
    Il isole essentiellement son contenu de la pluie, des poussières, de la vue, des chocs et des vols. Ces caractéristiques semblent correspondre à certaines caractéristiques demandées au logement. Mais un container est mortel à l’homme et favorable aux moisissures, microbes et champignons.

    Il faut donc rajouter énormément d’éléments techniques pour le rendre vivable aux êtres humains (qui sont les plus exigeants, les plus fragiles des êtres vivants) et invivable pour ses rivaux biologiques.



    Outre ces modifications intrinsèques, comme pour tous les cas d’habitats, il faut considérer son extrinsèque.

    Une zone industrielle n’est pas conçue pour être habitée. Si l’on installe des habitations en zone industrielle, soit on soumet les habitants à des conditions de vie anormales (ce qui est possible pour quelques nuitées) soit on doit rendre la zone industrielle habitable (ce qui est un contresens et très coûteux). Vivre dans un Formule 1 ou dans un centre d’accueil pour réfugiés, toutes choses situées en limite de zone industrielle, n’est pas du tout agréable.


    Une des étudiantes interrogées dit que vivre là est dévalorisant. Il va de soi que si cette jeune femme a passé sa jeunesse dans la maison bien foutue de ses parents, elle peut trouver humiliant, au moment où son sort ne dépend plus que d’elle, d’habiter dans une boîte strictement égale aux autres et dans un ensemble « rejeté » en marge des secteurs cotés, près des usines d’incinération.

    La majorité des gens aiment être reconnus pour leur singularité, leur exception (il n’y a pas deux avatars identiques). Les plus singularistes trouvent humiliant de loger dans un habitat non exceptionnel alors que les plus timides préfèrent la discrétion de l’uniforme.
    Un architecte doit donc proposer des programmes offrant une réponse médiane aux besoin de singularisation des uns (majoritaires) et d’uniformisation des autres (minoritaires)


    Dans un programmme donné, à défaut de pouvoir offrir à chacun la possibilité de trouver le degré de singularisation qu’il désire, il faut au moins lui offrir la sensation que le groupe d’habitants dont il relève est considéré de valeur.
    Un ensemble de containers moisis implanté autour du Champ de Mars sera bien mieux vécu qu’un ensemble de containers non moisis implanté contre une usine d’incinération. 



     

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